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La Commission européenne a adressé à Rome et à Madrid des avertissements concernant l’inadmissibilité de toute ingérence dans les fusions et acquisitions bancaires. Bruxelles a intensifié ses efforts en faveur de la consolidation bancaire et exige des gouvernements nationaux qu’ils n’entravent pas ce processus, ont indiqué des sources.

Bruxelles intensifie la pression sur les gouvernements nationaux, exigeant qu’ils cessent d’entraver la consolidation des banques, écrit le Financial Times en citant des interlocuteurs au sein de la Commission européenne (CE). Elle a fait deux déclarations virulentes contre l’ingérence des gouvernements italien et espagnol dans les fusions bancaires, mais n’a pour l’instant pris aucune mesure à l’encontre des autorités allemandes.

Les sources ont lié les avertissements adressés à Rome et Madrid aux efforts de Bruxelles pour stimuler la consolidation bancaire et assainir l’économie de l’Union européenne. « Le problème, c’est qu’il s’agit purement et simplement de gesticulations politiques, les règles sont claires et les gouvernements n’ont pas le pouvoir officiel d’empêcher de telles fusions », a déclaré un haut fonctionnaire européen. « Nos concurrents ne se trouvent pas dans l’UE, mais en dehors », a-t-il ajouté.

Au début de la semaine dernière, la CE a envoyé une lettre privée au gouvernement de Giorgia Meloni, indiquant que la commission était parvenue à la conclusion préliminaire que Rome avait « enfreint » les lois européennes sur les fusions en utilisant ses « pouvoirs spéciaux » dans le cadre de l’opération UniCredit visant à racheter son concurrent Banco BPM pour 10 milliards d’euros.

Trois jours plus tard, la CE a adressé à l’Espagne une « notification officielle » concernant sa décision de bloquer la fusion entre BBVA et Banco Sabadell pendant au moins trois ans. La Commission a exigé que cette décision soit réexaminée et que les lois qui donnent à Madrid le droit d’intervenir dans les transactions bancaires soient modifiées. Au cours de l’année dernière, de nombreuses tentatives de fusions et acquisitions ont été entreprises dans le secteur bancaire européen.

Cependant, des transactions telles que l’offre de BBVA pour l’achat de la banque locale Sabadell, l’offre d’UniCredit pour l’achat de BPM et ses tentatives d’acquisition de Commerzbank en Allemagne se sont heurtées à une forte opposition au sein de leurs propres pays. Bruxelles estime qu’un réseau composé d’un nombre réduit de banques plus importantes est nécessaire pour créer un secteur financier compétitif au niveau mondial, car les institutions financières européennes sont de plus en plus à la traîne par rapport à leurs homologues américaines.

La Commission européenne n’est pas encore prête à prendre des mesures officielles contre le gouvernement allemand, car UniCredit n’a pas fait d’offre complète pour le rachat de Commerzbank, ont déclaré des sources du journal. La banque italienne s’est toutefois heurtée à une forte opposition de la part du gouvernement allemand concernant l’augmentation de sa participation dans Commerzbank. Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré le 18 juillet qu’il s’opposerait à la fusion si UniCredit ne parvenait pas à le convaincre que la banque fusionnée ne présenterait pas de risque significatif pour le système financier.