mondialisme.org
Accueil du site > Ni patrie ni frontières > Documents utiles > Un nouveau bulletin d’information sur les luttes ouvrières (...)

Un nouveau bulletin d’information sur les luttes ouvrières internationales

mercredi 30 mars 2005

Prol-position News : un nouveau bulletin d’information sur les luttes ouvrières internationales

Le premier numéro du Prol-position Newsletter vient de paraître en anglais. Ce bulletin publie des articles provenant de différentes régions du monde pour promouvoir l’action et le débat. Traduits de diverses langues, les textes décrivent et analysent différentes sphères d’exploitation et les luttes des prolétaires à l’échelle internationale.

Pourquoi un tel projet ?

Aujourd’hui, de nombreuses luttes ont une dimension internationale. Les salariés impliqués doivent faire face à un contexte social et international profondément hostile où le Capital est à l’offensive. Les ouvriers - et les capitaux - se déplacent beaucoup rapidement que ne se généralisent leurs luttes :

- Les saisonniers agricoles immigrés sont remplacés par des migrants originaires de nouveaux pays.

- Les ouvriers subissent de fortes pressions et des menaces de délocalisation ou de fermeture de leurs entreprises dans les industries de base traditionnelles.

- Les salariés des nouvelles entreprises et ceux des zones de développement récentes sont menacés par la flexibilité de l’organisation du travail et par le chômage,

- Les chômeurs se voient eux-mêmes forcés d’accepter une flexibilité accrue et contribuent à la détérioration des conditions de travail.

- Les nouvelles techniques de transport et de communication contribuent à opposer les travailleurs les uns aux autres dans de nombreuses unités de production.

Si nous voulons comprendre ces tendances et soutenir les luttes qui se déroulent dans de telles circonstances, nous devons reconnaître et analyser leur dimension internationale et organiser un débat international autour de ces conditions. Les syndicats et les autres formes de représentation des travailleurs constituent clairement un obstacle pour un développement ultérieur des luttes. En se concentrant exclusivement sur les intérêts de telle ou telle entreprise, profession ou nationalité, les syndicats ne peuvent qu’approfondir les divisions à l’intérieur de la classe ouvrière. Ils ont besoin de maintenir des formes de représentation et de délégation pour négocier et donc combattre, et si possible étouffer, les tendances à l’auto-organisation et à l’autonomie à l’intérieur des luttes. C’est pourquoi, par exemple, ils retiennent et manipulent l’information ou font circuler des comptes rendus qui ne font que glorifier les luttes (qu’elles se terminent par un échec ou une victoire).

Il existe des possibilités croissantes pour établir des liens entre les prétendus « mouvements sociaux », les nouvelles formes d’organisation qu’ils développent et l’action directe des luttes prolétariennes. Certaines de ces tendances peuvent être observées dans le mouvement dit « altermondialiste ». Nous voulons faire circuler des informations sur les expériences d’auto-organisation à l’intérieur de ces conflits, pour comprendre leurs conditions matérielles et reconnaître leurs possibilités et leurs difficultés.

Plusieurs projets, journaux, revues, etc., fonctionnent aujourd’hui au niveau régional ou national ; ils s’impliquent dans des luttes et font circuler des textes à leur sujet. Mais la plupart d’entre eux s’expriment dans la langue dominante de chaque pays. Jusqu’à maintenant, les échanges transnationaux sur ces expériences sont limités par la barrière linguistique ou se déroulent de façon individuelle entre ceux qui maîtrisent au moins une langue étrangère. Ces échanges sont rarement l’objet d’un travail de coordination ou n’ont que peu de conséquences pratiques. Malgré les réunions internationales, Internet, etc., il est difficile d’obtenir des informations sur les luttes dans de nombreux pays. Bien sûr, nous ne résoudrons pas ces problèmes en traduisant simplement davantage d’articles dans une langue (l’anglais) parlée par de nombreuses personnes dans le monde, mais nous pensons que ce bulletin peut contribuer à diffuser des idées élaborées par les participants au cours de certaines luttes et faciliter les débats autour des questions qu’elles soulèvent.

Quel sera le contenu de ce bulletin ?

Nous traduirons en anglais et écrirons des articles sur les luttes dans différentes régions du monde. En ce qui concerne le bulletin lui-même, nous nous concentrerons sur les luttes ouvrières, sur l’analyse des conditions matérielles des travailleurs, des expériences de lutte et des difficultés rencontrées, plutôt que de nous contenter d’annoncer l’existence de ces conflits. Nous publierons des informations de base et d’autres matériaux de référence utiles dans la section archives de notre site Web (www.prol-position.net). Nous voulons rassembler suffisamment de matériaux d’information pour publier ce bulletin tous les deux mois, en faisant paraître des suppléments entre deux numéros, si nécessaire. Nous tiendrons une réunion éditoriale avant chaque édition pour discuter des articles proposés, des problèmes politiques soulevés, de la situation de la classe ouvrière, etc.

Comment pouvez-vous participer ?

Vous pouvez nous envoyer des articles (en français ou en anglais), des interviews, des comptes rendus, etc. Nous avons écrit un questionnaire préalable sur les luttes qui peut ( ?) être utilisé comme une base de travail (voir sur notre site www.prol-position.net ou le questionnaire ci-dessous). Nous sommes également intéressés par des informations élémentaires qui permettent de mieux comprendre les conflits, que nous archiverons ou utiliserons pour introduire les articles. Vous pouvez aussi nous aider à traduire en anglais, relire ou corriger les articles. L’anglais n’est pas la langue maternelle de la plupart d’entre nous (et nous ne parlons que quelques langues), il serait donc fort utile que vous nous aidiez dans ces tâches. Vous pouvez envoyer l’adresse de notre site web et notre e-mail à d’autres personnes et vous pouvez imprimer et photocopier le bulletin et en donner des copies à des amis, des collègues de travail, des grévistes et d’autres travailleurs. Ou vous pouvez en déposer dans des librairies, les faire circuler à l’occasion de meetings, de colloques, de congrès, etc. Enfin, vous pouvez participer à la discussion et aux échanges par email. Le bulletin sera notre principale activité pour le moment mais si un nombre significatif de gens sentent le besoin de discuter et de partager des informations par l’intermédiaire d’une liste de discussion, nous réfléchirons à la possibilité d’en créer une. En attendant vous pouvez nous écrire à ppnews@prol-position.net.

Sommaire de ce numéro

Les articles de ce premier numéro concernent des luttes en Europe occidentale durant la seconde moitié de 2004. Les textes sur la grève sauvage chez Opel-General Motors, à Bochum, en Allemagne, la politique de Saab-General Motors en Suède et le nouveau modèle salarial imposé à Volskwagen en Allemagne décrivent des attaques menées contre des forteresses ouvrières et des centres de l’accumulation du capital qui ont une longue histoire, attaques que, au moins en Allemagne, les ouvriers de l’industrie automobile ont été capables de contrer. En 2004, l’Allemagne a connu une avancée importante pour le Capital. Celui-ci a réussi à imposer des horaires de travail plus longs et des salaires plus bas dans des bastions industriels importants et de grandes entreprises comme Siemens, Daimler-Chrysler, la DeutscheBahn (les chemins de fer allemands) et Karstadt. La grève sauvage à Opel-General Motors (dans la ville de Bochum) a constitué une réponse inattendue de la part des ouvriers et a suscité la création d’un front uni des patrons, des hommes politiques et des responsables syndicaux qui ont réussi à l’écraser en employant la manière forte.

Tandis que les capitalistes utilisent le chômage de masse pour renforcer la pression sur la main-d’œuvre légale et illégale, nous n’avons pas encore assisté à une réaction collective de résistance parmi ceux qui sont temporairement au chômage. Les « manifs du lundi » en Allemagne contre la réforme Hartz IV ont surpris tout le monde et, au départ du moins, elles étaient organisées en grande partie de façon spontanée. Elles ont attiré l’attention à l’échelle internationale mais peu d’articles, parmi ceux qui ont circulé dans d’autres pays, ont saisi la force et la spontanéité initiale des manifestations, leur dynamique interne et leurs faiblesses fondamentales. Cet article résume les différentes étapes du mouvement dans différentes villes et décrit sa composition interne. Nous avons inclus un petit additif pour actualiser les données sur la situation présente, notamment en ce qui concerne la réduction des allocations chômage, les « boulots-à-un-euro », et les tentatives de combattre ce projet.

L’analyse du comité de soutien aux grèves des travailleurs immigrés travaillant dans les cuisines des restaurants Frog à Paris montre clairement l’interaction entre les différentes communautés immigrées, la grève elle-même, les syndicats et les soutiens extérieurs. Nous pensons qu’il est important de rouvrir le débat sur le soutien externe aux grèves, débat soulevé à un niveau plus développé durant les grèves des salariés d’Arcade, McDonald’s et Pizza Hut à Paris en 2002. Ces grèves se sont produites dans de petites unités de travail et ont souvent été dirigées par des salariés issus de l’immigration.

L’article intitulé Voyage militant en France décrit trois luttes qui se sont déroulées au printemps 2004 : un piquet de grève devant un McDonald’s à Paris, la lutte contre la fermeture d’une usine Nestlé dans le Sud et une grève avec occupation dans un centre informatique de Schneider Electrics, à Grenoble.

Les articles brefs consacrés aux manifestations des employés de DHL à Bruxelles et aux piquets de grève des bagagistes de l’aéroport de Gatwick décrivent deux conflits qui se sont déroulés dans le secteur aérien au cours des dernières années. Dans l’introduction, nous soulevons quelques questions sur l’importance politique croissante du secteur aérien dans la lutte des classes mondiale.

Le dernier article décrit la lutte des ouvriers de la construction en Grande-Bretagne qui travaillent sur des sites importants comme l’installation de voies pour le transport des marchandises dans le tunnel sous la Manche. Une entreprise, Laing O’Rourke, a essayé de changer le statut des travailleurs en transformant des ouvriers indépendants ou des artisans en salariés de Laing. Pour ces travailleurs ce changement de statut signifiait une baisse importante de leurs revenus, une aggravation des conditions de travail et des moyens de pression accrus pour les patrons de s’opposer à la résistance des travailleurs. Après avoir réuni les ouvriers, certains militants du mouvement « anticapitaliste » ont soutenu la lutte en occupant des grues sur l’un des sites de construction.

Bonne lecture !

Contact : ppnews@prol-position.net

Pour recevoir le bulletin électronique en anglais... en attendant sa traduction en français.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0