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Collectif autonome de la Barona (troisième partie)

jeudi 17 février 2005

NOTES des auteurs et de Ni patrie ni frontières

(Les notes explicatives de Ni patrie ni frontières sont suivies des initiales NPNF pour les différencier de celles des auteurs de l’article. Quand elles sont insérées dans une note des auteurs elles sont en caractères gras.)

1. La DIGOS (Divisione Investigazioni Generali e Operazioni Speciali, Département Enquêtes Générales et Opérations Spéciales) est un service de police politique qui combine les activités des RG à celle de la police judiciaire. (NPNF).

2. Pour tout militant français se rendant en Italie dans les années 70, une des différences frappantes avec la situation dans l’Hexagone était à quel point les organisations politiques de gauche, d’extrême gauche, anarchistes, etc., avaient une implantation locale étendue. Cela se traduisait notamment par la présence de multiples sièges d’organisations, y compris dans des villes moyennes, ou dans des cités ouvrières. (NPNF).

3. Sei giorno troppo lunghi, texte dactylographié, inédit, de Umberto Lucarelli, p. 92. 4. Occupation commencée en 1974 dans les établissements de l’IACP et organisée principalement par Lotta Continua et Avanguardia Operaia (deux groupes maoïsants, comptant des milliers de membres à l’époque et ayant même, dans le cas de Lotta Continua, un quotidien. Lotta Continua était considérée comme plus « spontanéiste » que Avanguardia Operaia. Ces groupes ont aujourd’hui disparu, et une partie de leurs « cadres » se retrouvent, après bien des avatars, dans le PRC, Rifondazione communiste ou dans les Tute bianche, NPNF). Elle dura plusieurs années et devint un point de référence pour toute l’aire de la zone Sud. En mars 1975, quatre cents familles environ participèrent à l’occupation des immeubles de l’IACP, piazza Negrelli, et se coordonnèrent avec les occupants de viale Famagosta. A partir de 1975, les occupations s’étendirent à tout le quartier, et concernèrent tout particulièrement les immeubles de l’IACP mais aussi des habitations privées. On enregistra ainsi quinze occupations via Teramo, à Stadera, Gratosoglio, Chiesa Rossa, Moncucco, Gallaretese, via Conchetta, via Torricelli, etc. Beaucoup de « Centres sociaux » et de « Cercles autogérés » se trouvaient dans les maisons occupées, consolidant par là leur rapport organique avec le quartier.

5. Le Movimento Studentesco (Mouvement Etudiant) est un groupe maostalinien né à l’Université d’Etat de Milan en 1969. Les fondateurs du Movimento Studentesco lui donnèrent dès le début un caractère maoïste et stalinien, tout en refusant d’entrer dans les organisations stalino-maoïstes existants. Dans la deuxième moitié de 1970 le MS se plaça à mi-chemin entre le PCI et la « nouvelle gauche » et eut une audience nationale. Durant des le MS combattit les autres groupes de l’extrême gauche - y compris physiquement -, notamment Avanguardia Operaia, groupe tout aussi maoïste, mais considerée par le MS comme « trotskyste » (un militant de ce groupe fut blessé gravement pendant une manifestation en décembre 1973). L’enjeu des bagarres était l’hégémonie sur le mouvement milanais dans son ensemble. Le MS fut également durement frappé par l’ob la répression policière (assassinat d’un étudiant en janvier 1973, irruptions continuelles des flics dans l’université, arrestation de plusieurs dirigeants du MS). Cette double usure politique - affrontements avec les autres groupes et répression policière -, se conjugua à une crise du mouvement étudiant dans toute l’Italie. aménèrent Une crise se produisit à l’intérieur de l’équipe dirigeante qui entraîna notamment l’expulsion-scission d’un groupe autour de Mario Capanna en mars 1974 (ce groupe devint le Movimento Studentesco Autonomo, mais quelques mois plus tard, en novembre, il adhéra au PdUPpiC). Le MS se transforma en 1976 en Movimento Lavoratori per il Socialismo (MLS, qui allait adhérer lui aussi au PdUPpiC de Lucio Magri en 1980). PDUP-Manifesto lui-même a fusionné avec les ex-staliniens repentis de Rifondazione comunista. Le PRC exerce une influence non négligeable en Italie et est beaucoup plus habile que le PCF. Il a participé au gouvernement avec le Parti des démocrates de gauche (DS), puis en est parti pour chercher à faire une OPA sur le mouvement altermondialiste, et envisage maintenant de revenir au pouvoir dans un gouvernement de gauche, au grand dam de ses opposants « gauchistes »… Le PRC accueille en effet plusieurs groupes trotskystes (Livio Maitan dirigeant historique du trotskysme italien, récemment décédé, était même sénateur du PRC !). Il est amusant de constater que les restes des groupes trotskystes et maoistes « extraparlementaires » des années 60 et 70 font aujourd’hui partie d’un parti parlementaire tout ce qu’il y a de plus respectable… (NPNF)

6. « Extraparlementaires » : expression désignant les groupes d’extrême gauche ainsi que les autonomes, mao-staliniens, trotskystes, anarchistes, conseillistes, bordiguistes, etc. (NPNF).

7. Né en1933 à Padoue, Antonio Negri commencer par militer à l’Action catholique dans les années 1950. Devenu marxiste dans les années 60 il participe à deux revues qui jouèrent un rôle important dans la théorie de l"opéraïsme" : les Quaderni Rossi et Classe Operaia. En 1969, Negri est l’un des fondateurs de Potere Operaio organisation qui se dissout en 1973 et donnera naissance en partie à ce qu’il est convenu d’appeler l’Autonomie ouvrière. Arrêté le 7 avril 1979, avec des dizaines d’autres militants, Toni Negri est emprisonné, notamment parce que le juge Calogero le considère comme le chef des Brigades rouges ! Elu député en juillet 1983 sur les listes du Parti radical il sort de prison et en profite pour se réfugier en France en septembre de la même année. En juillet 1997, Toni Negri rentre volontairement en Italie où il doit finir de purger ses peines. En août 1999, il obtient un régime de semi-liberté (il sort de prison le matin pour y rentrer le soir). Après avoir été vanté la « centralité » de la classe ouvrière, Toni Negri a opéré un virage à 180 degrés et est aujourd’hui le point de référence théorique des Disobbedienti, ex-Tute bianche.

8. Il s’agissait d’une vieille usine de la via Tortona, désaffectée depuis des années et occupée en 1975 par le Coordinamento Inquilini Ticenese-Genova (Coordination des locataires de Ticinese-Genova). L’occupation était née en réaction à l’expulsion par la police du Teatro Uomo du corso Manusardi, sur la requête du prêtre de l’église San Gottardo, contigüe au théâtre. Le Teatro Uomo était de fait destiné à devenir, avec l’église de San Lorenzo alle Colonne, l’un des centres moteurs du groupe en formation Comunione e Liberazione [Comunione e Liberazione est une organisation italienne née en 1969 et fondée par un prêtre Luigi Guissani (aujourd’hui évêque) qui s’inquiète de la déchristianisation de la jeunesse et de l’influence du marxisme. Elle fait partie des nombreux mouvements « traditionalistes favorables au « renouveau charismatique » et appuyées par Jean-Paul II. Officiellement le mouvement se bat pour "défendre la présence des catholiques dans la vie publique" - tout un programme. Chaque été, un grand meeting pour l’Amitié entre les peuples » est organisé à Rimini. Celui de 1987, dont le thème était "Art, Création, Économie » a rassemblé plus de 500 000 personnes. Ce courant est à l’origine également des Journées mondiales de la jeunesse (les JMJ), vaste entreprise de propagande pour l’Eglise catholique. Communion et libération compte 100 000 membres en Italie et plusieurs dizaines de milliers de membres dans 77 pays. Quelques groupes sont actifs dans les grandes villes de France, NPNF.] L’occupation du Fabbrikone se poursuivit quelques mois, à travers des incidents perpétuels entre les diverses composantes qui s’étaient rapidement rassemblées là, surtout entre les militants du Coordinamento qui se référaient à l’Assemblée autonome de l’Alfa Romeo, et ceux de Rosso. Les premiers voulaient utiliser l’endroit comme un centre d’impulsion pour les luttes, selon une vision typiquement ouvrière, tandis que Rosso tendait à justifier une série de réactions subjectives et de comportements d’un type « nouveau » que la partie ouvrière refusait de reconnaître comme « autonome » et rejetait en les taxant de Fricchettoni (petits freaks, hippies, zonards, NdT). Au cours d’une fête où les joints circulaient à discrétion, on vit apparaître des comportements destructeurs du lieu lui-même et des « expropriations » des équipements. Cet épisode, ajouté à une polémique interminable sur l’attribution des responsabilités, entraîna une décadence progressive du Fabbrikone, qui devint de plus en plus un repère de « toxicos ».

9. Les Weathermen (les « Météorologues » ?) étaient pour la plupart des fils de bourgeois allumés, qui, se rendant compte qu’ils ne voulaient pas devenir l’élite de cette société pourrie, tentèrent d’être l’élite de la Révolution. Aucune tendance apparue à la fin des années 60 aux Etats-Unis ne comptait autant de membres issus de la classe dirigeante et des classes moyennes supérieures. (Leur nom vient d’un vers de Bob Dylan « You don’t need a Weatherman to know which way the wind is blowing. ») Ils exprimaient la fin du mouvement de masse des années 60. En plus des bombes qu’ils posèrent, ils applaudirent l’assassinat de l’actrice Sharon Tate et de sept autres personnes par la bande de Manson comme un « acte révolutionnaire ». (NPNF).

10. George Jackson se politise en prison mais sera abattu par un gardien au cours d’une prétendue tentative d’évasion. Ses deux livres écrits sous les barreaux ont été traduits dans de nombreuses langues. (NPNF).

11. Black Panther Party (Parti des Panthères noires) : parti à la rhétorique maoiste et tiers-mondiste créé en 1966 dans un quartier noir d’Oakland par Huey Newton et Bobby Seale. Il prône l’autodéfense des Noirs contre la police et avance un programme minimum en dix points qui cristallise toute une partie des revendications élémentaires des Noirs américains. Devant son succès parmi la jeunesse des ghettos, il fut rapidement infiltré par le FBI, qui provoqua scissions et querelles personnelles. Le BPP fut également l’objet de nombreuses descentes de police meurtrières qui le décimèrent. (NPNF).

12. Dans le vocabulaire maoiste ou maoisant de l’époque le terme de « révisionnistes » (ou, mieux, de « révisos ») désignait les membres des partis communistes prosoviétiques. Les maoistes considéraient en effet que les Soviétiques avaient « révisé » le marxisme après la mort de Staline. En clair, les maoistes n’adressaient aucune critique au stalinisme russe, au système des camps, à la dictature du Parti sur le prolétariat, à la politique de l’impérialisme russe (du moins avant 1945), etc. Ils ne se posaient aucune question sur Lénine, l’écrasement de Cronstadt, etc. Par contre, ils étaient violemment antitrotskystes, le trotskysme constituant selon eux une variante du « révisionnisme » et ils reprenaient à leur compte les pires calomnies staliniennes sur Trotsky et les trostkystes. Le maoisme dominait totalement l’extrême gauche italienne des années 60 et 70, et les trotskystes italiens n’avaient qu’une influence ridicule (quelques dizaines de membres), en rien comparable à celle dont ils bénéficiaient en France, même à la « belle époque » de la Gauche prolétarienne, du PCR et du PCMLF, organisations aujourd’hui disparues. (NPNF)

13. La politique du compromesso storico (du « compromis historique ») fut lancée par le secrétaire national du PCI Enrico Berlinguer en septembre 1973, au lendemain du coup d’État au Chili. Ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle version de la vieille politique stalinienne des Fronts populaires, c’est-à-dire de collaboration de classe avec la bourgeoisie. Dans deux numéros de l’hebdomadaire du parti, Rinascita (28 septembre et 12 octobre), Berlinguer publia ses réflexions sur l’Italie après les événements chiliens, proposant un « nouveau et grand "compromis historique" entre les forces qui groupent et représentent la grande majorité du peuple italien », notamment le PCI et la Démocratie chrétienne (DC). À son avis, le cas du Chili démontrait qu’il était « complètement illusoire » de penser qu’on pouvait gouverner le pays même avec 51% des voix. Autrement dit, alors que l’influence électorale du PCI s’élargissait, le chef de ce parti affirmait que la gauche parlementaire (PCI et PSI) ne pouvait pas prendre le pouvoir gouvernemental toute seule même si elle avait la majorité des suffrages. Le compromis historique proclamait en fait la nécessité d’une sorte d’union nationale incluant non seulement les grands partis (PCI, PSI, DC) mais aussi les petit partis démocratiques (libéral, républicain, etc.). Cette politique culmina avec le grand succès électoral du PCI en juin 1976 et ensuite avec le vote parlementaire de « non-méfiance » donné par le PCI afin de soutenir un gouvernement dirigé par la Démocratie chrétienne, une trahison ouverte de l’électorat de gauche. Durant l’ère berlinguérienne le PCI utilisa sa grande force électorale pour maintenir l’ « unité nationale » (sous la Démocratie chrétienne), ce qui apparut très clairement à l’époque de l’enlèvement et de l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades rouges en 1978-79, et qui marqua le début de la fin du PCI lui-même et de sa transformation en parti social-démocrate tout court.

14. Black Out, numéro zéro, 1er février 1977, page 6.

15. Comitato Comunista (m.l) di Unita di Lotta, dont le siège se trouvait via Vigevano, dans le quartier Ticinese, où il fonda le Cercle Siqueiros. Il publia jusqu’à la fin de 1979 le journal Addaveni et, au moment de la crise organisationnelle, Controvento. Le Co-Cu-Lo était formé de militants ouvriers provenant de diverses usines de la zone sud et d’intellectuels connus, de formation marxiste léniniste, qui faisait un usage dialectique et original de la culture maoiste (?!? : NdT). Il participa à la fondation des Coordinamenti Autonomi zona Sud (« Coordinations autonomes de la zone sud ») et se retrouva fréquemment dans les initiatives de masse de la deuxième moitié des années 70. On peut le situer dans la tendance « marxiste-léniniste » de l’aire de l’autonomie, mais avec de fortes divergences politiques et organisationnelles vis-à-vis de l’autre composante « m.-l. » qui se référait au journal Voce Operaia.

16. Siège historique du journal Rosso dans sa seconde version, qui naquit en 1975 et dura sans interruption jusqu’à 1979, lorsque pratiquement toute la rédaction fut arrêtée. Siège des CPO (Colletivi Politici Operai, Collectifs politiques ouvriers) et des CPS (Colletivi Politici Studenteschi, Collectifs politiques étudiants), il peut être considéré comme l’un des sièges les plus stables de l’aire de l’autonomie au cours des années 70. A divers moments, dans les périodes de multiplication des Collectifs autonomes, il devient même une « structure ouverte » de coordination de situations de lutte (usine, école, quartier). Une grande partie des structures de l’autonomie milanaise sont passées par ce siège, à travers une mosaïque complexe de débats-heurts-ruptures, qui a permis aux magistrats et aux « repentis » les interprétations les plus diverses. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a jamais existé de structure centralisée de l’autonomie milanaise et que même si Rosso était doté d’une capacité de projet politique, qui s’est souvent durement opposée aux autres tendances, cette publication tenait son siège « ouvert » en tentant de le mettre au service du mouvement.

17. Le mot d’operette tire son nom du local L’Operetta du corso di Porta Ticinese, ouvert vers 1977 par un commerçant sournois qui avait interprété et compris les premiers signes de reflux et de désagrégation. Le modèle a été ensuite repris par beaucoup d’autres (il en existe actuellement une trentaine dans le quartier de Ticinese), qui proviennent en général de formations de gauche et très souvent de l’usine. Dans ce dernier cas, les capitaux initiaux ont été principalement obtenus grâce au rôle d’avant-garde de lutte que les futurs gérants de ces snacks jouaient sur leur lieu de travail. Le phénomène s’est diffusé parallèlement à la crise des modèles politiques et à la fermeture de nombreux sièges de Collectifs qui en est résultée. Le cynisme et la fourberie des propriétaires qui utilisent surtout des travailleurs précaires (souvent des immigrés africains sans permis de séjour), la diffusion d’une philosophie de la « différence » basée sur des aspects extérieurs, l’éthique du « entreprendre, c’est super », ont réduit ces lieux à n’être que des machines à faire de l’argent. Des plats à peu près infects, des boissons d’un prix exagéré sont acceptées au nom du besoin éperdu de « communauté » : les gérants, qui proviennent de la culture politique, réussissent à jouer avec profit sur ce besoin. La multiplication de tels lieux a été l’un des signes moteurs des mécanismes de désolidarisation ultérieurs.

18. Stammheim : prison allemande où furent emprisonnés, torturés puis assassinés plusieurs membres de la Fraction Armée Rouge. (NPNF).

19. Voir Laura Grimaldi, Processo all’istruttoria, Milano Libri Edizioni, Milan 1981.

20. PdUP : Partito di Unità Proletaria (Parti d’unité prolétarienne). Né en novembre 1972 de l’unification entre le « Nouveau PSIUP » (le PSIUP - Parti socialiste italien d’unité prolétarienne, un parti social-démocrate de gauche influencé par le PCI - s’étant dissous à son IVe Congrès national en juillet) avec l’aile gauche du MPL (Movimento Politico dei Lavoratori, catholique de gauche). Le PdUP reçut l’adhésion de tout un courant syndical et de quelques fédérations régionales du vieux PSIUP (dont la Toscane, la Calabre, les Marches, Turin), et absorba ensuite le Movimento Studentesco Autonomo de Mario Capanna (scission de mars 1974 du Movimento Studentesco de l’Università Statale de Milan). On doit au PdUP la première élaboration d’une formule alternative au « compromis historique », sous la forme du slogan « Uniti sì, ma contro la DC » (Tous unis oui, mais contre la Démocratie chrétienne). En juillet 1974, après deux ans de collaboration, le PdUP fusionna avec le groupe du Manifesto pour donner naissance au Partito d’Unità Proletaria per il Comunismo (toujours appelé PdUP, parfois PdUPpiC), passant de 17 500 membres en 1974 à plus de 20 000 en 1975. Il a un journal quotidien, Il Manifesto, et une revue théorique, Unità Proletaria. Mais déjà vers la fin de 1974 des différences commencèrent à se manifester entre les deux « âmes » du groupe dirigeant du parti : Lucio Magri s’attaqua à la ligne « conseilliste » de l’ancien PdUP, puis, aux élections universitaires, les anciens du Manifesto arrivent à imposer une politique abstentionniste. Aux élections administratives de 1975 le PdUP eut ses propres listes dans quelques régions (Toscane, Calabre, Marches, Emilia-Romagna), tandis que dans les autres régions il se rallia au bloc électoral dit Democrazia Proletaria (DP), qui comprenait notamment Avanguardia Operaia et quelques autres groupes dont le Movimento Lavoratori per il Socialismo (MLS) stalino-maoïste. Mais les différences entre les deux « âmes » du PdUP ne cessèrent de se manifester dans la période qui suivit entre le « centre » de Lucio Magri et la gauche de Vittorio Foa et Silvano Miniati, entraînant des crises et des ruptures surtout après l’échec de DP aux élections de juin 1976 qui culmina dans la crise finale en février 1977 avec scission définitive du parti en quatre tronçons, dont deux groupes principaux : 1. le groupe Lucio Magri- Rossana Rossanda-droite d’AO, qui maintint le nom du PdUPpiC et continua à être ravagé par des crises intérieures, mais qui absorba aussi le MLS en 1980 et se rapprocha de plus en plus au PCI jusqu’à se dissoudre dans ce dernier en novembre 1984 (un petit groupe dirigé par Lidia Menapace n’accepta pas cette dissolution et fonda alors le Movimento Politico per l’Alternativa) ; et (2) le groupe de gauche (Foa) qui participa en 1977 à la création du parti Democrazia Proletaria avec la majorité d’AO et la Lega dei Comunisti de Romano Luperini. Sur l’histoire du PdUP cf. notamment Rocco Pellegrini-Guglielmo Pepe, Unire è difficile. Breve storia del PdUP per il comunismo, Savelli, Roma 1977. (NPNF)

21. Tract du 26 janvier 1980 du Centre social du quartier San Ambriogio, via S. Paolino, 18.

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