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Au-delà de l’émotion, et si on réfléchissait un peu ? (Marie-Cécile Plà)

jeudi 8 janvier 2015

Reçu un énième sms avec « Je suis Charlie » en 25 langues, qui me demande d’allumer une bougie à ma fenêtre et je n’en ferai rien. Je vais peut-être me faire des ennemis mais tout ce compassionnel m’insupporte.

Je ne suis pas Charlie, j’ai un nom à moi merci et je suis une citoyenne de ce pays, enfin j’essaie.

Je n’ai aucun souci à défendre la liberté d’expression et je suis comme vous, horrifiée par ce qui vient de se produire . Cela dit, je tente de réfléchir un peu à cette question dérangeante : « Mais à qui profite le crime ? »

Alors je n’irai pas manifester avec les hérault de l’unité nationale, tous unis contre la barbarie, suivez mon regard. Je ne dis pas comme un gentil toutou : « Oui je suis Charlie », parce que ça ne signifie absolument rien. Je n’étais pas plus juive allemande que je suis une sans-papiers , je ne suis pas sans droit ou sans toit mais je suis avec eux . Howard Zinn disait que dans l’histoire il y a les victimes, les bourreaux et les passants, ceux qui jettent un œil avec « objectivité « sur le monde et ses horreurs. Moi je suis en mouvement, en action, enfin j’essaie.

Je n’accepte pas qu’au nom d’une prétendue liberté qu’on se garde bien de définir, on transforme mes rues, ma ville, mon quartier en forteresse assiégée. Croiser des uniformes avec des gros fusils, moi, ça m’angoisse. Et puis j’aimerais bien qu’on m’explique un jour en quoi des types armés de fusils mitrailleurs pourraient bien empêcher une bombe d’exploser ou en quoi multiplier les contrôles au faciès augmenterait ma sécurité ; je ne sais pas vous, mais moi ça augmente désespérément mon sentiment d’insécurité.

Pour info les consignes reçues sur les mails Education nationale le jour même de l’attentat : – « pour les écoles maternelles, les parents sont autorisés à continuer d’accompagner leurs enfants le matin dans les classes et de venir les chercher le soir. – Il est par ailleurs demandé de porter une attention particulière à tous propos déplacés qui pourraient être éventuellement tenus et de les faire remonter s’ils étaient avérés. » Je vous laisse apprécier.

Alors je reviens à ma question : au moment où la loi Macron va précipiter un peu plus notre pays dans la misère et la précarité, au moment où la France qui fait fi des traités internationaux qu’elle a pourtant signés se permet de laisser des centaines de mômes dormir dehors, sans nourriture, sans scolarisation ni protection d’aucune sorte, et le mot « centaines » n’est pas une exagération, au moment où la dégradation calculée et voulue des services publics : écoles , hôpitaux, etc. commence à nous rendre la vie proprement insupportable : à ce moment-là justement : mais à qui profite le crime ?

Marie-Cécile Plà 8/01/2015

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