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Or et dollar, les reliques de la barbarie capitaliste

lundi 9 novembre 2009

Ce texte est paru dans Echanges n° 130 (automne 2009), avec plusieurs textes sur la crise : La crise économique : en France, le rôle des amortisseurs sociaux, La crise économique : en Espagne, des palliatifs improvisés et La crise : aux Etats-Unis, conséquences sociales, restructurations et mesures d’adaptation (I).

« Avec le développement du système de crédit, la production capitaliste cherche continuellement à lever cette barrière de métal, cette barrière à la fois matérielle et imaginaire de la richesse et du mouvement de celle-ci, mais revient toujours se buter la tête contre ce mur. Dans la crise on voit se manifester cette revendication : la totalité des lettres de change, des titres, des marchandises doit pouvoir être tout d’un coup et simultanément convertible en argent bancaire et tout cet argent à son tour en or. »

Karl Marx, Le Capital, t. III, chap. XXXV .p. 607, Editions de Moscou)

1. Les préliminaires au G20 :

la danse du scalp contre le dollar roi

La danse du scalp contre le billet vert est de nouveau active et de nouvelles tribus tournent autour du feu pour liquider le roi dollar et adorer de nouveau le veau d’or.

Ce n’est certes pas nouveau. Depuis l’abandon de l’étalon-or en 1914 (1), jusqu’aux accords de Bretton Woods (2) après la seconde guerre mondiale, la gestion financière de la planète fut l’objet de nombreuses remises en question. Le Bancor (3), proposé comme monnaie internationale, fut rapidement mis au rancart par les Etats-Unis qui imposèrent alors le dollar. Tant que les Etats-Unis disposaient dans les coffres de Fort-Knox d’importantes réserves en or, il n’y avait pas de problème. C’est seulement quand la croissance économique se déplaça des Etats-Unis vers l’Europe, que les réserves d’or des Américains s’amenuisèrent et se traduisirent par un déficit de plus en plus important de la balance des paiements des Etats-Unis. C’est à ce moment que les premières remises en cause du dollar comme monnaie universelle commencèrent. En dépit de diverses mesures de « replâtrage » le dollar se maintiendra. C’est en mars 1968 qu’une nouvelle crise monétaire éclate, qui se soldera par la mise en place d’un double marché de l’or (4).

Depuis que le dollar est devenu l’étalon monétaire de la planète, aucun de ceux qui ont essayé de le détrôner n’y est parvenu. En France, De Gaulle puis Giscard ont essayé, ils ont été évincés. Quand Saddam Hussein voulut payer le pétrole en euros, il mettait en place une arme de « destruction massive » qui lui coûtera la vie.

Depuis, la crise financière a considérablement réduit la puissance de la City et de Wall Street. Le dollar n’est même plus une monnaie suspecte, il n’est plus une monnaie ou, si l’on préfère, il est une « monnaie hélico » (5) alimentée par la planche à billets.

Alors les détenteurs de dollars s’énervent un peu plus et prennent des initiatives. Les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Bahrein, Emirats arabes unis, Koweit, Oman, Qatar) envisageaient, pour 2010, une monnaie unique sur le modèle de l’euro. ; au moment de signer l’accord, elles n’étaient plus que quatre. Puis ce fut le tour des détenteurs de matières énergétiques, qui ne veulent pas être les dindons de la farce, de passer à l’offensive. L’OPEP et la Russie veulent marcher sur les traces de Saddam Hussein ; elles comptent mettre en place une monnaie unique pour honorer les contrats pétroliers. Le Kazakhstan et l’Iran veulent une monnaie régionale, la Chine propose la mise en place d’une monnaie universelle via un instrument de paiement dont la valeur serait déterminée à partir d’un panier de monnaies, et non plus fixée sur celle du dollar américain. Or cet instrument existe déjà, mais pas pour cet usage : ce sont les droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de monnaies utilisé par le Fonds monétaire international (FMI). Fin mars, Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, déclarait « légitimes » les discussion sur une nouvelle monnaie de réserve.

Michael Hudson (6), dans son article « Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain » (17 juin 2009) va jusqu à écrire : « La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé par les Etats-Unis d’Amérique a été mis à bas. »

La remise en cause des Etats-Unis sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 juin 2009, rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS). Cette alliance regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi 16, le Brésil s’y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). »

Suite à cette réunion, Nicolas Sarkozy s’est dit en accord avec l’esprit de Iekaterinbourg, dans la logique du gaullisme. Et lors du G8 qui s’est tenu à L’Aquila (Italie), plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement ou leurs représentants ont clairement remis en cause l’ordre monétaire existant depuis les accords de Bretton Woods, ainsi que la prédominance du dollar dans les échanges mondiaux. Le président français a appelé à un débat sur la monnaie de réserve. Le représentant chinois a évoqué, pour sa part, « un régime monétaire international de réserve diversifié et rationnel » sur la base des droits de tirage spéciaux.

Le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück (social-démocrate), a tenu à prendre ses distances en informant la presse que l’Allemagne restait farouchement favorable au dollar comme monnaie de réserve. Selon lui, « le rôle dominant des marchés financiers anglo-saxons » demeure, mais il s’est « relativisé » avec la crise financière. M. Steinbrück a indiqué, dans un entretien avec l’hebdomadaire Manager Magazin, que « le dollar va certainement garder son rôle particulier », mais « dans une proportion moins importante ».

La réponse américaine ne s’est pas fait attendre.

Le président Obama, au cours d’une conférence de presse tenue le 25 mars à Washington, a défendu le dollar : « En ce qui concerne la confiance dans l’économie américaine ou dans le dollar, je ferais remarquer que le dollar est extraordinairement fort en ce moment. Et la raison pour laquelle le dollar est fort en ce moment, c’est que les investisseurs considèrent que les Etats-Unis ont l’économie la plus forte du monde, avec le système politique le plus stable du monde. Je ne crois pas à la nécessité d’une monnaie mondiale. »

2. Le sommet du G20 à Pittsburgh

consacre l’hégémonie américaine

Derrière le hochet des bonus, que le gouvernement français en la personne de Nicolas Sarkozy agite pour impressionner la finance américaine qu’il veut mettre au pas, le chasseur de prime est revenu bredouille. Tout au plus fut-il question que les Etats-Unis adoptent en 2011 les règles de Bâle II (7). Le sommet prétend se « démocratiser » en suicidant le G8 au profit du G20, nouvelle structure permanente de l’ordre mondial, où tout se passe avant les assemblées officielles, dans des réunions plus intimes. Qui empêchera le G8 (sous un autre nom) de se réunir pour s’entendre ?!!

L’élargissement se fait au détriment, des pays de l’Union. Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne verront leur pouvoir diminué. Quant aux Etats-Unis, ils ne seront pas affectés. Ils ont simplement accordé à leur principal créancier, la Chine le droit de continuer à être créancière, alors qu’avant le G20, nous l’avons vu, la Chine se voulait l’avant-garde des pays émergents pour une nouvelle monnaie universelle autre que la « monnaie hélico ».

La Chine restera muette sur la remise en cause de ce « dollar hélico », ayant sans nul doute trouvé un compromis provisoire avec les Etats-Unis, notamment sur une hause des taux d’intérêt et le renoncement à des mesures protectionnistes. C’est curieusement Ben Bernanke, président de la Fed, qui devant des parlementaires américains indiquera après le G20 que le rôle du dollar comme monnaie de réserve était menacé à long terme. Ce n’est donc pas l’hégémonie du dollar qui fut la cible du G20, mais le nucléaire iranien. Dès l’ouverture du sommet, une déclaration fracassante contre l’Iran et la prolifération de sites nucléaires fut émise. Nicolas Sarkozy s’est même fortement distingué par son attaque véhémente contre le régime de Téhéran. Attaque qu’il avait déjà prévue avec la chancelière allemande, Angela Merkel, fin août.

Il faut tout de même souligner que le groupe Total s’est fait rafler sa place sur le projet iranien South Pars (un important site d’exploitation offshore de gaz naturel, à la frontière du Qatar) par le groupe pétrolier chinois CNPC. Ce qui explique l’attitude plus offensive de Sarkozy et l’extrême discrétion de la Chine sur le problème du nucléaire iranien.

Comme la Bourse est toujours sensible aux déclarations guerrières, la déclaration de Pittsburgh n’est pas faite pour déplaire au président Mahmoud Ahmadinejad et Wall Street qui espèrent une remontée des cours du pétrole qui vient de se produire (8).

3. Du veau d’or à la « relique barbare »

Alors que le dollar rechute, l’or – « la relique barbare », comme devait l’appeler Keynes – vient de franchir les 1 000 dollars l’once (9). Tout laisse à penser que la relique est de nouveau la valeur refuge la plus sécurisante, un moindre mal face à son ombre le dollar qui n’est plus qu’un « chiffon de papier ». Et, comme l’avait en son temps constaté Karl Marx, le capitalisme en arrive toujours en période de crise à se buter la tête contre l’or, cette barrière de métal (10).

Si la référence à l’or était le plus grand signe de richesse d’un Etat à l’époque du mercantilisme, époque encore sous la domination de rapports féodaux et du capitalisme marchand et commercial ; celui ci fut progressivement abandonné du fait du développement du capitalisme industriel qui exigeait pour son expansion d’importantes liquidités.

Mais ce ne fut pas la seule raison. Les tricheries et altérations sur le poids de la monnaie or étaient nombreuses. En effet dans sa fonction de moyen de circulation, l’or était devenu numéraire et dès lors il fut monnayé selon l’étalon de la monnaie de compte. Des pièces d’or étaient mises en circulation selon un certain poids d’or – livre sterling, shilling, etc. –, sous la forme de numéraire. L’Etat, qui venait à peine de sortir des langes du féodalisme, décida de frapper la monnaie. Seulement, la contradiction entre l’or trésor et l’or numéraire sera l’objet de tricheries (11).

Mais cette falsification ne devait pas suffire. Elle va même se perfectionner par rapport à l’ancien régime. Comme dans l’ancien régime, il est nécessaire de lever des impôts et taxes en tout genre sur le citoyen, en procédant à l’éternel affaiblissement de la monnaie.

Avec le billet de banque, « l’ombre de l’or » comme le dira Marx, l’altération des monnaies métalliques recula quelque peu. Ce ne fut pas d’un point de vue moral ou religieux, mais tout simplement parce que les gouvernements trouvèrent des moyens plus perfectionnés pour pomper le citoyen.

L’un de ces moyens fut le remplacement de la monnaie métallique par le papier monnaie. Avec celui-ci, on retirait à la monnaie toute valeur intrinsèque ; on avait cet avantage sur l’or que son étoffe (12), sa matière, n’avait plus de valeur en elle-même. Le billet de papier n’est plus qu’un signe qui peut être totalement dévalorisé, alors que sous le métallisme la valeur ne pouvait se déprécier que du montant de la différence entre la valeur intrinsèque de sa matière et sa valeur monétaire.

4. Un bref rappel historique

Si en 1609 les banques d’Amsterdam remplacèrent la monnaie métallique par des billets de banque qui n’étaient, que des certificats de dépôt en or, ceux-ci ne pouvaient être considérés comme monnaie, mais comme de simples titres de propriété sur de l’or. Nous pouvons dire que le billet comme monnaie symbole prend véritablement naissance en 1656, initiative prise par Johan Palmstruch, fondateur en 1657 de la Banco de Stockholm (banque de Suède).

Johan Palmstruch fit imprimer des billets sous le nom de « Kreditivsedlar » une unité monétaire de papier crédit. La banque très rapidement eut des problèmes à cause de l’impression d’un trop grand nombre de billets. Palmstruch fut retenu comme responsable des dommages et condamné à la prison (le Madoff de l’époque). En France,la banqueroute du financier Law (13) en 1720 et l’expérience frauduleuse des assignats de la révolution, qui avait gagé les biens du clergé devenus biens nationaux, ne fit que renforcer la méfiance vis à vis de la monnaie papier.

Cette méfiance vis-à-vis du papier monnaie, aujourd’hui le dollar, explique l’engouement pour la relique barbare, « le vrai argent », qui en réalité tout au plus ne vaut « que le temps de travail socialement nécessaire à son extraction ». Ce qui veut dire en clair, que la hausse vertigineuse du prix de l’once d’or, au-dessus de sa valeur, connaîtra un atterrissage brutal dès qu’une autre valeur refuge se présentera comme plus sécurisante et rentable.

La hausse du cours de l’or est particulièrement intéressante pour les Etats endettés. Ceux-ci peuvent de temps en temps vendre ou louer une partie de leur stock d’or à des prix inespérés en prenant bien garde de ne pas faire tomber les cours, mais en maintenant une fluctuation haussière de ceux-ci. Le Figaro ne parle-t-il pas d’une once d’or à 2 000 dollars pour bientôt ? Quant au Gold Anti-Trust Action Committee (GATA), une organisation privée fondée par des analystes financiers, il affirme que la stratégie de manipulation du prix de l’or par le gouvernement américain a commencé à échouer ; pour cet organisme, il y a un plan d’étouffement du prix de l’or, visant à cacher une mauvaise gestion du dollar américain, afin que celui-ci conserve son statut de monnaie de réserve mondiale.

Il y a en apparence du vrai dans la réflexion du GATA, mais la raison des ventes et des prêts d’or est bien plus motivée par le désir que l’argent doit rapporter de l’argent ; en système capitaliste on ne s’assied pas sur son tas d’or, on cherche à le valoriser en permanence. Donc il est parfaitement normal que les banques centrales vendent de l’or quand il y a un pic du prix de l’once. Par contre, ce qui est plus original et qui porte à réflexion, c’est le « carry trade » (14). Comme tous les « carry trade » il s’agit de jouer sur des différentiels, ici une banque centrale prête son or à un très faible taux à une banque amie, qui se charge de mettre cet or sur le marché. La vente de l’or étant réalisée les fonds recueillis sont alors placés dans des fonds plus rémunérateurs (type emprunts d’Etat).

L’affaire est particulièrement juteuse : quand le loyer de l’or est déduit, les rendements sont de 3 % à 4 %, un bon pécule. Seulement le prêt d’or se négocie pour une certaine durée (un mois à dix ans) et à échéance il faut restituer l’or physique. Si le cours de l’or triple au moment où il faut restituer l’or, il est bien évident que nos banques se retrouveront avec une difficulté de plus. Selon les rumeurs, 15 000 tonnes d’or auraient été prêtées (la quantité totale d’or extrait depuis que l’homme s’y intéresse et l’accumule est estimée entre 145 000 et 155 000 tonnes seulement). Il n’est donc pas de l’intérêt des banques de laisser s’envoler au-delà d’un certain seuil le cours de l’once d’or.

A partir de là, il est possible d’imaginer divers scénarios. Quand l’or emprunté refluera vers les banques centrales, celles-ci pourront alors le vendre de nouveau à un bon cours, tout en faisant baisser les cours en fonction de la masse d’or mise sur le marché, ce qui provoquera un effondrement du prix de l’or, à la grande satisfaction des banques emprunteuses et aux détriments de ceux qui pensent que l’or va atteindre le nirvana.

Avant le G2O de Pittsburgh, le ministre des finances chinois a fait publier dans le Wall Street Journal une lettre ouverte félicitant Ben Bernanke pour sa reconduction à la tête de la Réserve fédérale. Mais passé les politesses, la lettre prend l’allure d’un avertissement : elle accuse des politiciens irresponsables de vouloir monétiser la dette. « Nous avons donc décidé de protéger nos avoirs en dollars et d’acheter de l’or ou des matières premières dont les cours monteront si le dollar baisse », indique la lettre (La Tribune du 11 septembre 2009, p. 9) . Tout laisse à penser que nous entrons dans une nouvelle phase de la crise dont Marx disait :

« C’est là la phase particulière des crises du marché mondial que l’on appelle crise monétaire. Le summum bonum [le bien suprême] que, dans ces moments, on demande à grands cris comme l’unique richesse, c’est l’argent, l’argent comptant, et toutes les autres marchandises, précisément parce que ce sont des valeurs d’usage, semblent auprès de lui inutiles, des futilités, des hochets, ou encore, comme dit notre docteur Martin Luther, simples parures et ripailles. Cette brusque conversion du système de crédit en système monétaire ajoute la crainte théorique à la panique pratique, et les facteurs de la circulation frémissent devant l’impénétrable mystère de leurs propres rapports économiques (15). » (Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique, Editions sociales, p. 109.)

Il apparaît donc que la question du dollar comme monnaie universelle est au centre des contradictions du monde capitaliste, au centre de leurs rivalités. Comme l’histoire de l’argent nous l’enseigne, il arrive toujours un moment ou il faut passer sous les fourches caudines du « paiement au comptant », ce moment semble arrivé.

En ce qui nous concerne, nous ne pensons pas que le retour à l’étalon-or change les paramètres de la crise du capital, ni un système basé sur les DST et autres monnaies.

Il nous faudra revenir sur cette question dans un prochain article.

Gérard Bad septembre 2009

NOTES

(1) Le système de l’étalon-or a fonctionné de 1879 à 1914. Issu de l’échec du système bimétallique, il ne survivra pas à la crise économique et financière créée par la première guerre mondiale.

(2) Du 1er au 22 juillet 1944, les représentants de quarante-quatre pays se réunirent à Bretton Woods (ville du New Hampshire aux Etats-Unis), afin d’instituer un nouvel « ordre monétaire » suite à la deuxième guerre mondiale. Les accords conclus là sont à l’origine de la création du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD).

(3) Etalon monétaire international dont la création fut proposée par John Maynard Keynes lors de la conférence de Bretton Woods (1944) et qui aurait servi de référence pour déclarer les taux de change.

(4) L’or monétaire ne représentait plus, en 1968, que la moitié des réserves mondiales, contre les deux tiers en 1958. L’économie mondiale manquait de liquidités, ce qui favorisera le passage de l’étalon de change-or à l’étalon dollar.

(5) En novembre 2002, Ben Bernanke (qui n’était alors qu’un des gouverneurs de la Réserve fédérale) a prononcé un discours célèbre dans lequel il déclarait qu’au cas où la déflation aux Etats-Unis serait semblable à celle du Japon, le gouvernement américain devrait imprimer de l’argent à l’infini (faire marcher la planche à billets) et le déverser par hélicoptère. Depuis on le surnomme « helicopter Ben ». Les marchés le soupçonnent d’être un inflationniste.

(6) Michael Hudson, économiste brillant et, jusqu’à récemment, tout à fait marginal (pas marxiste, plutôt hudsonien). Son livre Super imperialism (1972) décrivit si bien la stratégie américaine de l’« Imperial Management Through Bankrupcy » (gestion impériale par la faillite) que le gouvernement Nixon s’en servit pour affiner sa stratégie. Il démontra que l’« aide » américaine subventionnait les exportations américaines et rien de plus, ce qui obligea le ministère du Commerce à réviser et même à supprimer les statistiques sur lesquelles Hudson s’appuyait. Super Imperialism a été réédité en 2002 par Pluto Press (Londres) avec une nouvelle préface et un nouveau chapitre final qui remettent l’analyse à jour.

(7) Les règles « Bâle II » sont un ensemble de directives concernant les risques bancaires, et principalement le risque de crédit ou de contrepartie et les exigences en fonds propres. Elles ont été préparées depuis 1988 par le Comité de Bâle, créé en 1974 et composé des gouverneurs des banques centrales de treize pays de l’OCDE.

(8) Le 1er octobre, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » pour livraison en novembre a coté 70,82 dollars. A Londres, sur l’InterContinental Exchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance novembre s’est établi à 69,19 dollars. Plus globalement, le prix du pétrole a doublé depuis décembre 2009.

(9) L’once d’or pèse 28,3499 grammes, ou encore 141,7498 carats.

(10) « Avec le développement du système de crédit, la production capitaliste cherche continuellement à lever cette barrière de métal, cette barrière à la fois matérielle et imaginaire de la richesse et du mouvement de celle-ci, mais revient toujours se buter la tête contre ce mur. Dans la crise on voit se manifester cette revendication : la totalité des lettres de change, des titres, des marchandises doit pouvoir être tout d’un coup et simultanément convertible en argent bancaire et tout cet argent à son tour en or. » Karl Marx, Le Capital, t.III, chap. XXXV (p. 607, Editions de Moscou).

(11) « Jacob [W. Jacob : An Historical Inquiry into the Production and Consumption of the Precious Metals, Londres, 1831, vol. IL chap. XXVI, p. 322.] estime que, par suite du frai, sur 380 millions de livres sterling existant en Europe en 1809, en 1829, soit en vingt ans, 19 millions de livres sterling avaient complètement disparu. Si donc la marchandise sort de la circulation dès le premier pas qu’elle fait pour y entrer, le numéraire, lui, après avoir fait quelques pas dans la circulation, représente plus de teneur métallique qu’il n’en contient. Plus le numéraire circule longtemps, la vitesse de circulation restant constante, ou encore, plus sa circulation devient active dans le même laps de temps, plus son existence fonctionnelle de numéraire se détache de son existence métallique d’or ou d’argent. Ce qu’il en reste est magni nominis timbra [l’ombre d’un grand nom]. Le corps de la monnaie n’est plus qu’une ombre. Alors que le procès la rend plus lourde à l’origine, il la rend maintenant plus légère, mais elle continue de valoir dans chaque achat ou vente isolés la quantité d’or primitive. Devenu un souverain fantôme, un or fantôme, le souverain continue à remplir la fonction de la pièce d’or légitime. Alors que les frictions avec le monde extérieur font perdre à d’autres leur idéalisme, la monnaie s’idéalise par la pratique, son corps d’or ou d’argent devient pure apparence. Cette deuxième idéalisation de la monnaie métallique, opérée par le procès de circulation lui-même, ou, encore, cette scission entre son contenu nominal et son contenu réel, est exploitée en partie par les gouvernements, en partie par les aventuriers privés, qui se livrent aux falsifications les plus variées de la monnaie. Toute l’histoire de la monnaie, du commencement du moyen âge jusque bien avant dans le xviiie siècle, se ramène à l’histoire de ces falsifications d’un caractère double et antagonique, et c’est autour de cette question que tournent en grande partie les nombreux volumes de la collection des économistes italiens de Custodi. » (Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique, Editions sociales, p. 77-78 ).

(12) Ce mot désuet d’étoffe pour désigner la matière dans laquelle est fabriquée la monnaie est employé par Gustave de Molinari dans son Cours d’économie politique vol. 2 [1854], accessible en ligne : http://oll.libertyfund.org/?option=...

(13) John Law, protestant écossais émigré en France, avait dès 1705 émis l’idée que le papier monnaie serait bien supérieur aux métaux précieux comme instrument d’échange, à condition d’en gager l’émission sur des terres.

(14) Le carry trade est une technique financière qui consiste à profiter des écarts de rendement entre différents types d’actifs. Concrètement, cette opération consiste à emprunter dans une monnaie dont les taux d’intérêt sont bas (comme le yen) et à placer cette somme dans des pays qui rapportent beaucoup plus.

(15) Boisguillebert, qui voudrait empêcher les rapports de production bourgeois de se cabrer devant les bourgeois eux-mêmes, marque, dans ses idées, une prédilection pour les formes de l’argent où il n’apparaît qu’idéalement ou de manière fugitive. Ainsi avait-il fait pour le moyen de circulation. Ainsi fait-il pour le moyen de paiement. Ce qu’une fois encore il ne voit pas, c’est le passage immédiat de l’argent de sa forme Idéale à sa réalité extérieure, c’est que la mesure des valeurs, imaginée seulement, recèle déjà le dur argent à l’état latent. Le fait, dit-il, que l’argent est une simple forme des marchandises elles-mêmes apparaît dans le grand commerce, où l’échange s’effectue sans intervention de l’argent après que « les marchandises sont appréciées ». (Le détail de la France, ibid., p. 210.) [Note de Marx dans la Contribution à la critique de l’économie politique, op. cit.]

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