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Au Bangladesh : Luna, la « chance » de gagner 25 euros par mois

vendredi 20 avril 2007

Ce texte est paru dans Echanges n° 119 (hiver 2006-2007), avec Bangladesh : quelle suite aux émeutes généralisées de 2006 ? . Voir aussi Une révolte ouvrière au Bangladesh.

La BBC et le quotidien britannique The Guardian, tout comme certaines ONG, se sont penchés en décembre sur les conditions de travail et de vie des ouvrières de la confection au Bangladesh, tentant de vérifier les affirmations des multinationales de la distribution britanniques Tesco, Primark et Asda relatives à leurs engagements de ne se fournir qu’auprès de firmes garantissant des « conditions de vie décentes » à ceux qu’ils exploitaient.

Le rapport de la BBC, fondé sur une enquête menée auprès de 60 travailleuses de six usines fournissant les chaînes mentionnées, montre que les ouvrières de la confection au Bangladesh gagnent 8 centimes d’euro de l’heure.

Un rapport de "War on Want" de décembre 2006 évoque entre autres l’exemple de Luna, une de ces millions d’ouvrières surexploitées pour le relatif bon marché du textile des pays développés (notamment Europe et Etats-Unis) :

« Luna a commencé à travailler dans une usine de confection à 13 ans. Elle est l’aînée de huit enfants ; ses parents se sont trouvés incapables de payer pour son éducation lorsque son frère est tombé malade. Partie alors pour Dacca, la capitale, afin d’aider sa famille à survivre, elle travaille maintenant, alors qu’elle a 22 ans, dans une usine approvisionnant les trois chaînes de supermarchés précitées.

Elle considère qu’elle a de la chance, ayant pu apprendre à travailler sur une machine à coudre : elle gagne 25 euros par mois, travaillant de 60 à 90 heures par semaine. D’après les estimations les plus basses, il faut pour vivre 33 euros par mois.
Son mari, qu’elle a épousé il y a trois ans, est malade et ne peut plus travailler. Elle doit payer ses soins et se trouve aujourd’hui incapable d’envoyer de l’argent à sa famille restée au pays. »