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Révolte des cités / émeutes de banlieue / mouvement anti CPE

Selon que vous serez puissant ou misérable...

traitement judiciaire des émeutierset des manifestants

mercredi 18 avril 2007

Les condamnations prononcées par la justice ne sont pas les mêmes pour les « émeutiers » de novembre 2005 que pour les manifestants anti-CPE.

Ce texte est paru dans Echanges n° 120 (printemps 2007).

- Le 10 novembre 2006,le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a condamné quatre militants anti-CPE, accusés de rébellion et de violence envers des agents de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, à des peines de prison avec sursis, respectivement quatre mois pour l’un d’eux et deux mois pour les autres. En outre, ils devront payer solidairement une amende de 5 800 euros et éventuellement le salaire des policiers pour une prétendue incapacité de travail.

- Le 29 novembre 2006, huit « émeutiers » de 2005 sur douze ont été condamnés par le tribunal correctionnel d’Evreux à des peines allant de dix-huit mois à cinq ans de prison ferme sous l’accusation d’avoir blessé des policiers et incendié des commerces lors de l’affrontement de 200 jeunes d’une cité de la ville avec trente flics dans la nuit du 5 au 6 novembre 2005. Pourtant, le directeur départemental de la police avait déclaré au cours du procès qu’il était impossible d’identifier les prévenus comme coupables des infractions retenues. L’un d’entre eux qui n’avait pas de casier judiciaire a été relaxé. Le procureur a justifié la condamnation en déclarant au cours du procès que ces jeunes avaient « des habitudes de vie qui ne sont pas en harmonie avec le fonctionnement ordinaire d’une société..., un mode de vie qui mérite qu’on s’attache à le remettre en ordre... »

On pourrait citer bien d’autres exemples de la différence de traitement de la « justice » suivant l’origine sociale des « manifestants » et des « émeutiers » et conclure sur le point de savoir par lesquels le système s’est estimé le plus menacé.