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Une anthologie de "Socialisme ou Barbarie"

mardi 28 novembre 2006, par Nico

A paraître en février 2007

aux éditions Acratie :

Socialisme ou Barbarie

- Anthologie -

380 pages format 24 /16

Dans les années 70 l’intelligentsia redécouvre la “démocratie” et les “droits de l’homme” et se sent saisie d’une nouvelle mission : dénoncer le totalitarisme communiste. Alors, elle se reconnaît des précurseurs, entre autres Lefort, Lyotard Castoriadis... Le groupe S. ou B. s’est ainsi trouvé, des années après sa dissolution, nimbé d’une gloire et d’une légende aussi aveuglantes sur sa réalité que les ténèbres dans lesquels il avait été confiné de son vivant. Cette légende est mensongère sur deux points essentiels. D’abord, le groupe critiquait tout autant les sociétés occidentales dites libérales et il n’a cessé de travailler à l’élaboration d’une critique unitaire des deux types de régimes. Deuxièmement, ce n’était pas un cénacle d’intellectuels mais un groupe de révolutionnaires pour qui le travail théorique n’a de sens qu’en vue de l’action sur le plan social et politique. C’est pourquoi quelques anciens membres du groupe Socialisme ou Barbarie* ont décidé de réunir en un volume un certain nombre d’articles de la revue du même nom, donnant un aperçu des idées développées tout au long du parcours de cette revue. Entreprise d’autant plus utile que la plupart de ces textes sont pratiquement introuvables

* Ont participé aux choix des articles, à la rédaction de la préface ainsi qu’aux textes de présentation : Hélène Arnold, Daniel Blanchard, Enrique Escobar, Daniel Ferrand, Georges Petit, Jacques Signorelli.

Textes de Daniel Mothé, Claude Lefort, A. Véga, Castoriadis, J.F. Lyotard, Paul Romano, Hugo Bell, P. Brune, S. Chatel, Souyri, etc.

Pour aider à faire paraître ce livre vous pouvez souscrire dès maintenant et jusqu’au 31 décembre, au prix de 22 euros (port compris)

(Le livre sera vendu 27 euros en librairie)

Chèque à l’ordre d’Acratie

Acratie - L’Essart 86310 - La Bussière

En ces temps où le capitalisme étend sur le monde une domination de plus en plus déshumanisante et destructrice au nom d’une prétendue fatalité économique, quand ce n’est pas d’une mission divine, il est urgent de se souvenir que “ ce sont les hommes qui font leur propre histoire ”, que l’état du monde résulte de leur action et non pas de forces économiques ou naturelles - et encore moins surnaturelles - sur lesquelles ils n’auraient aucune prise, et que seule leur action, encore et toujours, peut changer la situation dans un sens désirable.

Ce principe n’a cessé d’inspirer le groupe Socialisme ou Barbarie tout au long de son parcours de 1949 à 1967, ainsi que chacun des quarante numéros de la revue du même nom qu’il a publiée. Convaincu de la nécessité de comprendre la réalité pour œuvrer à sa transformation, il a développé une critique radicale des sociétés modernes. Récusant l’alternative entre les deux blocs qui prévalait alors, il s’est efforcé au contraire de mettre en évidence l’unité profonde entre le capitalisme privé de l’Occident et les systèmes bureaucratiques des “Pays de l’Est”, sans toutefois, certes, aller jusqu’à prévoir leur descendance actuelle, mélange de nationalisme et de dérive mafieuse. Les révoltes ouvrières et antibureaucratiques, dans les pays de l’Est, en 1953 et 1956, ignorées ou calomniées ailleurs, ont été placées au centre de ses réflexions.

Abandonnant progressivement les travers dogmatiques du marxisme, le groupe a donné une large place à des analyses concrètes - dues notamment à P. Romano et à D. Mothé - dévoilant ce que l’attitude des ouvriers, dans leur travail même, avait de créatif et de fondateur ; plusieurs élaborations théoriques d’un Castoriadis ou d’un Lefort partent de ces analyses. Plus généralement, c’est en s’inspirant des créations pratiques - revendications, formes d’organisation, modes de combat... - surgies dans les luttes sociales autonomes et particulièrement dans les crises révolutionnaires, que le groupe a élaboré une conception du socialisme fondée sur l’autogestion effective et généralisée, conception qui s’opposait en tous points à celle du stalinisme comme à celle de la social-démocratie. Et ce sont les mêmes idées qui ont guidé les interventions du groupe dans les mouvements politiques et sociaux de son époque.

Quarante ans après, il serait absurde de vouloir plaquer ces idées telles quelles sur la réalité d’aujourd’hui, bien qu’elles restent, pour l’essentiel, valables et peuvent apporter une contribution éclairante aux débats et aux mouvements en cours aujourd’hui. L’histoire de ce groupe, ce qu’il a dévoilé et ce qu’il a manqué, son évolution théorique, ses tensions internes, et même ses erreurs, tout cela est source de réflexion et mérite d’être connu. Animés par cette conviction, quelques anciens membres du groupe Socialisme ou Barbarie* ont décidé de réunir en un volume un certain nombre d’articles, ou d’extraits d’articles, donnant un aperçu des idées développées tout au long du parcours de la revue et dans les différents domaines abordés. Entreprise qui est apparue d’autant plus utile que la plupart de ces textes sont pratiquement introuvables.


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