mondialisme.org

La falsification de « L’Universaliste »

jeudi 11 mai 2006

Réponse à un faussaire sectaire dont la prose sévit sur Internet.

« Yves Coleman, le responsable de Ni patrie, ni frontière, la revue précitée, durant la grande manif du 15 février pour la paix, s’est avisé de diffuser un tract qui visait au premier chef Saddam, le sous-fifre et faire-valoir de l’impérialisme U.S. aujourd’hui tombé en disgrâce. Pour une fois qu’une unanimité se dégageait sur la cause principale du mal, ce n’était peut-être pas très habile : toute la grande presse nous gave des atrocités de Saddam en passant sous silence ceux qui l’ont porté au pouvoir. Coleman, qui s’est fait méchamment apostropher, observe que la plupart de ses contradicteurs "étaient d’origine maghrébine, moyen ou proche-orientale" ([dans l’article « Un bain de haine chauvine », Ni patrie ni frontières n°3, récit de la manif antiguerre du 15 février 2003 à Paris, NDLR] p. 118) et décrit la tonalité "raciste ou raciale" des attaques dont il fut l’objet : la xénophobie semble ici bien partagée : islamophobie pour les uns, judéophobie pour d’autres. Mais, est-il très glorieux de critiquer le caractère primaire de ceux que le système exploite et abrutit honteusement ? Mieux vaut éviter de mêler sa voix à celles de loups : "Le pharisien capitaliste dénonce lui-même la bestialité qu’il a créée, qu’il éternise et exploite" écrivait déjà Marx (Le Capital, livre I, chapitre XV). ».

Voilà les lignes pleines de fiel que déversait L’Universaliste en juin 2003, dans un texte mensonger et calomniateur repris sur a-infos et donc diffusé aux quatre (petits) coins de la planète anarchiste et libertaire.

Je n’avais pas jugé utile de répondre à l’époque tant l’accusation de xénophobie et d’islamophobie, c’est-à-dire de racisme « anti-arabe » (car on sait que le fait de critiquer l’islam et d’être athée est fallacieusement assimilé aujourd’hui au racisme) me semblait ridicule.

De plus l’auteur se montrait dans sa polémique particulièrement méprisant vis-à-vis de mes contradicteurs dont il ignore tout, puisqu’il n’était pas présent, mais sur lequel il se permet d’émettre des jugements péremptoires. J’ignore la profession de mes interlocuteurs, mais vu leur technique et leurs arguments ils ressemblaient plus à des sbires stipendiés de l’ambassade d’Irak - les mêmes qui, lors d’une autre manifestation antiguerre, brandissaient des portraits de Saddam Hussein devant des gauchistes et des libertaires silencieux - ou à des militants politiques aguerris qu’à des prolétaires « abrutis » par le Capital.

De toute façon, le Capital n’ « abrutit » pas que les prolétaires à en lire la prose de certains...

J’aurais sans doute laissé cette affaire sans suite, tant le fait de répondre à ce type de polémique coûte d’énergie inutile vu la mauvaise foi de mon "contradicteur", mais l’auteur de cet articulet est venu me chatouiller les moustaches en m’écrivant le 10 mai 2006 le petit mot suivant (j’ai enlevé son nom car j’ignore s’il souhaite être connu) :

Lettre de L’Universaliste

Dans toutes les critiques que j’ai adressées à ta personne, à celle de ton ami Fargette et plus généralement à « Sans patrie, ni frontières », il n’y a pas plus de diffamation que de falsification. Je n’ignore pas que vos thèses rencontrent un certain écho dans le milieu de la gauche radicale. Raison de plus pour les dénoncer car si vos positions sont peut être tolérables du point de vue de la gauche caviar ou stalinienne, je les trouve inadmissibles du point de vue de militants qui prétendent appartenir à la gauche radicale. A ce titre, j’estime qu’elles doivent être combattues sans faiblesse. C’est ce que je fais et continuerai de faire. Par ailleurs, tu as de la chance que je ne sois pas du genre procédurier car tu m’as traité de falsificateur, donc de faussaire, et ça c’est une vraie diffamation. Avec mes meilleurs souvenirs relatifs à un militant que j’ai connu, qui concentrait de nombreuses qualités, au niveau intellectuel, spirituel, de l’enthousiasme encore... et qui a bien changé... L’Universaliste

**************

Réponse de Ni patrie ni frontières

Monsieur, Je constate que votre lettre ne constitue qu’un tissu d’affirmations inexactes, comme votre texte précédent d’ailleurs

1) « Sans patrie ni frontières » est un livre écrit par un stalinien du nom de Jan Valtin.

« Ni patrie ni frontières » est la revue auquel je participe.

Première erreur qui augure mal de la suite de votre courrier.

2) « vos thèses rencontrent un certain écho dans le milieu de la gauche radicale », écrivez-vous

Merci pour le « certain écho », mais cet écho est assez limité, du moins si j’en crois les chiffres de vente de Ni patrie ni frontières (environ 70 exemplaires payants par numéro au minimum et 140 au maximum). De plus, le « vos » faisant allusion à Guy Fargette et moi indique vous êtes visiblement mal informé et surtout malintentionné.

- Guy Fargette n’est pas un collaborateur de "Ni patrie ni frontières" donc il n’y a pas de « vos » qui tienne - en dehors de nos liens d’amitié. Mais, que je sache, l’amitié n’entraîne pas forcément une identité de vues politiques, sauf dans les partis staliniens et dans certains groupuscules dont vous et moi avons fait partie, et dont j’ai été exclu il y a plus de 30 ans pour ma part.

- "Ni patrie ni frontières" a reproduit des textes de Guy Fargette dans les numéro 2, 3, et 4. Cette revue reproduit des textes CONTRADICTOIRES, exprimant des points de vue OPPOSES, et à propos desquels Ni patrie ni frontières n’exprime pas toujours systématiquement tous ses désaccords. Par exemple des articles d’anarchistes pacifistes, des textes de Trotsky, d’ultragauches de différentes tendances, des Partis communiste ouvrier d’Irak et d’Iran, de l’AWL, des courants de la LCR ou de LO, etc.

Je comprends que l’idée d’une revue non partidaire et non sectaire vous choque. Je constate que vous êtes toujours englué dans votre éducation politique passée et n’admettez que l’existence d’une seule ligne politique dans une revue... Curieux « universalisme » que celui dont vous réclamez : celui de la marche au pas derrière un Général Idéologique - vous-même. Rassurez-vous, vous êtes en bonne compagnie, beaucoup de "cadres" et de dirigeants de groupes d’ultra ou d’extrême gauche ont les mêmes schémas mentaux que vous. Ils croient détenir la Vérité et se cachent derrière des citations de Marx, Trotsky ou Bordiga pour éviter de penser par eux-mêmes. Et quand, dans ces groupes, un militant de base essaie de remettre en cause une partie du dogme, ces gens-là utilisent les mêmes procédés que vous : discréditer personnellement leurs interlocuteurs (ici l’accusation de racisme) et falsifier leurs propos (ici votre découpage malhonnête d’une phrase).

- Dans le numéro 4 de "Ni patrie ni frontières" daté de juin-septembre 2003 , j’ai indiqué une partie de mes réserves vis-à-vis des hypothèses qu’avançait Guy Fargette. Or vous n’en faites aucune mention. Peut-être n’aviez-vous pas lu ce deuxième texte au moment où vous avez rédigé votre article. Je l’ignore et - pour vous dire la vérité - je m’en tamponne le coquillard, tant il est évident que vous ne souhaitez pas discuter des idées des uns et des autres, mais discréditer des personnes par une série d’amalgames fantaisistes (Huntington=Fargette=Coleman=racistes).

Réfuter ces trois amalgames l’un après l’autre mobiliserait une énergie gigantesque et inutile. En effet, elle ne déboucherait pas sur une meilleure compréhension des questions évoquées dans les deux articles de Guy Fargette sur les problèmes posés par Huntington, vu votre état d’esprit et vos accusations absurdes et infondées.

- Je n’ai pas à répondre à la place de Guy Fargette. Tout ce que je peux dire c’est que vous déformez ses positions et ses hypothèses en vue de régler je ne sais quels comptes mystérieux et de le discréditer, pour inciter le lecteur à ne pas se poser de questions. Vos accusations sont totalement invraisemblables, comme peuvent le constater les lecteurs à la lecture des textes publiés dans "Ni patrie ni frontières" n°3 et 4, textes qui ne prétendaient pas épuiser la discussion, seulement lancer quelques pistes de réflexion sur des sujets complexes.

3) « Par ailleurs, tu as de la chance que je ne sois pas du genre procédurier car tu m’as traité de falsificateur, donc de faussaire, et ça c’est une vraie diffamation », écrivez-vous.

Que vous ne compreniez pas le caractère pluraliste de la revue, que vous soyez en désaccord avec tel ou tel article, voire avec tous, c’est votre droit le plus strict et ce pourrait même se révéler très salutaire dans le climat d’atonie actuelle si vos critiques visaient à engager un dialogue, à dissiper des malentendus, à proposer de nouvelles hypothèses, à remettre en cause le ronron gauchiste, altermondialiste ou post-stalinien que l’on entend dans les milieux qui se piquent de radicalisme.

Par contre, ce qui est inadmissible c’est que vous ayez découpé sciemment un bout de phrase d’un article et omis délibérément de citer la suite, dans le but de me faire dire le contraire de ce que je pense. En effet, dans ce texte, j’expliquais que, vu mon apparence physique, (je suis métis, « descendant d’esclaves » qui plus est - comme il est « chic » de le proclamer désormais), j’ai été souvent été pris pour quelqu’un d’origine soit antillaise, sud-américaine, africaine, nord-africaine, proche ou moyen-orientale, suivant les fantasmes d’empathie ou d’antipathie de mes interlocuteurs.

A propos de la manifestation antiguerre du 15 mars 2003 j’évoquais le fait que mon apparence physique avait fait penser à mes « contradicteurs » qui se disaient eux-mêmes (sans que je le leur demande, élément aussi que vous dissimulez aussi sciemment pour les besoins de votre "démonstration") Tunisiens, Irakiens, etc., que j’étais un traître à la « nation arabe », puisque selon eux j’étais un Arabe vendu aux « Blancs » (un harki en quelque sorte ?). L’intertitre s’intitulait d’ailleurs "Une politique du faciès ?", ce qui indiquait bien l’objectif visé, exactement à l’opposé des positions que vous me prêtez.

Vous avez gommé toutes ces explications « contextuelles » (comme dirait Tarik Ramadan) qui figuraient pourtant clairement dans l’article que vous citez de façon tronquée, et vous avez découpé la citation de façon à me faire passer pour un raciste anti-Arabes.

En cela, vous êtes, monsieur, un minable falsificateur, un faussaire d’autant plus impardonnable que vous me connaissez.

Vous agissez comme d’autres individus qui se prétendent « antiracistes » et « antisionistes » et qui sur Indymedia m’ « accusent » (car pour eux c’est une accusation) d’être « Juif », « Blanc » et « Européen ». Or il se trouve que ces trois "identités" ne me caractérisent absolument pas. De plus, pour moi, elles n’ont aucune valeur en elles-mêmes - nous sommes d’abord et avant tout des êtres humains . Enfin elles ne sauraient constituer des insultes. Je suis en effet, par mes origines familiales multiples, par mes expériences personnelles et par mes idées, un vrai « universaliste », pas comme vous, monsieur, un sectaire et un faussaire.

C’est pour cette raison, monsieur, que vous ne méritez pas le tutoiement que je réserve à mes amis et pas aux falsificateurs minables de votre espèce.

Yves Coleman

ANNEXE : LES PREUVES DU FAUX QUE VOUS AVEZ FABRIQUE

« La plupart de mes contradicteurs étaient d’origine maghrébine, moyen ou proche-orientale », avez-vous cité dans votre article mais pas la suite de la phrase qui disait « comme ils me l’ont précisé au cours de la “discussion“. Ils m’apostrophaient en me lançant : “T’es de quel pays, toi ? T’es pas Français“, comme s’il fallait être Irakien ou ressembler physiquement à un Irakien (porter la moustache ?) pour avoir le droit de condamner la dictature sanguinaire de Saddam Hussein. »

Et vous avez omis aussi la note qui indiquait d’où je parlais puisque désormais le monde est divisé entre « Blancs » et « non-Blancs » pour certains. Note que voici :

« Sur le coup, je n’ai pas compris mais ensuite je me suis souvenu d’incidents multiples qui me sont arrivés lorsque je travaillais à l’aéroport d’Orly puis de Roissy. Beaucoup de Nord-Africains, d’Egyptiens, et même de personnes originaires des pays du Golfe étaient persuadés que j’étais Arabe et que je les snobais en faisant semblant de ne pas comprendre leur langue. J’avais même appris à leur intention une petite phrase (« Je vous aime beaucoup mais je ne suis pas Arabe ») qui était si ridicule et si mal prononcée qu’elle détendait l’atmosphère. Mes interlocuteurs du 15 février étaient sans doute dans le même trip identitaire... Dans un registre assez identique sur le fond, les Juifs antisionistes se voient systématiquement reprocher d’être victimes de la « haine de soi », tarte à la crème commode qui permet à un Juif d’en disqualifier un autre, quand ils ne sont pas d’accord entre eux. »

Est-il besoin de davantage de preuves de votre capacité à fabriquer des faux et à répandre des rumeurs calomnieuses ?

Yves Coleman

PS. : Dans une brève réponse L’Universaliste de Pacotille m’écrit innocemment :

« Je n’ai rien omis. J’ai simplement reproduit ce que j’entendais critiquer ! »

Deux phrases qui devraient figurer dans une "Anthologie de la langue de bois et de la mauvaise foi politique". Notre polémiste venimeux a bien compris le principe de la falsification d’un texte : il a découpé les extraits qui l’arrangeaient puis s’est mis à critiquer une position fabriquée de toutes pièces par ses soins pour m’accuser de xénophobie et d’« islamophobie » - en clair de racisme anti-arabes - et en plus de mépris pour les exploités.

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0