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2 textes de militants de la LCR sur les caricatures de Mahomet

(extraits de Avanti et Socialisme International)

lundi 27 février 2006

(Les deux textes qui suivent expriment parfaitement les positions d’un courant que, faute de meilleur terme, nous qualifierons de "multiculturaliste islamophile". La confusion entre la critique justifiée de l’islam et de l’islam politique, d’un côté, et , de l’autre, le racisme inadmissible et criminel contre les Maghrébins, les Turcs, les Iraniens, les Berbères ou les Arabes est ici grossièrement entretenue. On remarquera qu’aucun de ces textes ne s’intéresse aux vrais actes antimusulmans commis par ceux qui dynamitent des mosquées, tuent des civils chiites ou des sunnites par centaines dans des attentats suicides, des enlèvements ou des rafles, en Irak, le tout au nom d’Allah. Ces textes ne s’intéressent pas non plus aux véritables pogrommes commis par les hindouistes contre les musulmans (2000 morts) en Inde. Enfin, les auteurs de ces deux textes ne mentionnent pas que les caricatures danoises ont été publiées dans des pays dits musulmans (Jordanie, Egypte), que les musulmans ne forment pas un bloc homogène et que les avis sur ces caricatures ont été divers voire opposés. Tout comme ceux qui détestent l’islam, les islamophiles "athées" occidentaux ne s’intéressent pas aux débats au sein de l’islam, ils ne connaissent pas la religion musulmane et son histoire contrastée, et ne se demandent même pas si dans les pays où la religion musulmane est religion d’Etat il existe des athées ou des laïques qui sont persécutés voire exécutés pour leurs points de vue. La dénonciation de ce que ces antiracistes de carnaval appellent indument "l’islamophobie" n’est donc qu’un rideau de fumée pour cacher maladroitement leur soutien à l’islam politique, idéologie totalitaire qui n’a qu’un très lointain rapport avec la religion musulmane, ou en tout cas avec ses interprétations les plus éclairées et respectueuses de la séparation entre l’Etat et les religions. Ni patrie ni frontières)

Avanti ! Bulletin n° 31 - Février 2006 L’affaire des caricatures : une nouvelle offensive raciste

L’idéologie du « Choc des Civilisations » connaît presque chaque mois de nouvelles incarnations, parfois déconcertantes1. La dernière en date a fait se déverser des flots d’encre pour discuter, reproduire et défendre des caricatures d’un niveau intellectuel et artistique assez faible parues trois mois auparavant dans le Jyllands-Posten, un journal réactionnaire danois. Avec un temps de retard, les grands médias européens, et parmi eux les grands médias français se sont pris d’une passion soudaine pour « la liberté d’expression ». Il est vrai que la publication de ces dessins avait suscité quelques protestions en Palestine ou au Pakistan - assez molles dans un premier temps. Les révolutionnaires doivent bien entendu ne soutenir en aucun cas la censure étatique ou religieuse, censures qui auraient tôt fait de s’abattre sur toute expression subversive. Il n’empêche qu’on peut être étonné d’une telle énergie pour défendre les caricatures danoises alors que dans mille et un autre cas, on ne constate pas un tel zèle de la part des grands médias ! Il est impossible de faire abstraction du contexte. Cette nouvelle campagne s’est engagée précisément au moment où les gouvernements de l’Union européenne ont décidé de durcir le ton vis-à-vis de l’Iran et de mettre en quarantaine l’autorité palestinienne après la victoire électorale du Hamas ; sans parler de l’offensive en cours contre le régime syrien et des nouvelles politiques anti-immigrés coordonnées au niveau européen.

Liberté d’expression à géométrie variable On attend toujours de voir des premières pages dénonciatrices fleurir pour condamner le ministère de l’Éducation qui a suspendu récemment un proviseur pour avoir publié un blog explicite sur son homosexualité2, ou encore pour soutenir ce citoyen de Puteaux critique de sa municipalité poursuivi par son maire3. Il serait tout aussi intéressant de voir Le Monde, France- Soir et Libération unis pour défendre la liberté d’expression de Monsieur R, le rappeur poursuivi par des syndicats policiers et un député UMP pour outrage aux bonnes mœurs, incitation à la haine et au meurtre pour sa chanson FranSSe, en reproduisant bien sûr les paroles en première page pour marquer le coup ! On pourrait multiplier les exemples à l’infini de cette hypocrisie. Comble du comble, le Jyllands-Posten lui-même a par ailleurs refusé en 2003 des dessins humoristiques représentant Jésus par peur d’offenser ses lecteurs4 ! C’est donc bien la défense de la liberté d’une expression très particulière qui a motivé les plumes et les caméras, celle d’une expression assimilant islam et terrorisme, islam et violence, islam et sexisme, autrement dit l’expression de l’idéologie raciste dominante en France comme au Danemark. Loin de lutter courageusement contre les pouvoirs institués, il s’agissait au contraire de relayer leur idéologie. On ne peut pas y voir plus de courage et plus de mérite que quand un Finkielkraut gémit d’être bâillonné, lui qui réside à demeure dans les journaux, à la radio et à la télévision, et y déverse depuis des années ses élucubrations réactionnaires. On ne peut pas oublier que la liberté d’expression s’exerce toujours dans des cadres définis par les rapports de domination, que comme l’indiquait Marx « les idées dominantes n’ont jamais été que les idées de la classe dominante ». Ce n’est donc pas la liberté d’expression en soi qu’il faut défendre, mais la liberté d’expression des opprimés et des exploités. Pour des révolutionnaires agissant dans les démocraties bourgeoises, le combat contre l’obscurantisme religieux est d’abord un combat de classe, pas un combat en état de lévitation sociale, dans le ciel des idées, au nom de la liberté tout court. Sans doute cette nouvelle stigmatisation des musulmans ne suffisait pas, on s’est donc empressé de stigmatiser aussi la réponse à la stigmatisation5 ! En grossissant le trait si besoin : parmi les 1 200 000 000 musulmans dans le monde, l’écrasante majorité n’y a vu qu’une insulte de plus, guère plus digne d’attention que tant d’autres. Il est d’autant plus intéressant de noter comment ont été mis en avant les petits groupes qui ont protesté, la plupart du temps de façon pacifique. On peut retrouver sans difficulté dans la façon dont ces protestations ont été dépeintes les vieux clichés orientalistes faisant des musulmans des créatures irrationnelles, fanatisées, plongées dans une transe meurtrière dès que leurs idoles sont brocardées. Ainsi, après avoir défendu en long et en large le droit d’insulter les musulmans, certains journalistes européens condamnent l’usage par des musulmans du droit démocratique de protester comme l’action de fous fanatiques... Brûler un drapeau n’aurait aucune commune mesure avec la publication d’une caricature ! D’un côté les lumières, la civilisation, la Loi, de l’autre le fanatisme, la violence aveugle, la haine ! On peut citer parmi mille exemples cet éditorial du quotidien Métro, assez représentatif du genre : « On peut détester les caricatures mettant en scène un Mahomet belliqueux. Mais nous devons tous être d’accord sur une même chose : on ne répond pas à la violence des mots ou des dessins par la violence des armes. Dans une société, la liberté d’expression remplace la loi de la jungle. S’il est vrai que la religion musulmane est injustement déformée, s’il est vrai que la culture arabe est sous-estimée, rabaissée, simplifiée, c’est par le débat qu’il faut lui rendre sa juste place. Les manifestations, on peut parler de déferlement de haine, qui ont suivi la publication des caricatures dans un quotidien danois et reprises par d’autres publications en Europe, ne sont pas admissibles. Et si les mots ne suffisent pas, alors il y a le recours à la Loi. »6

Pas dupes Faut-il le préciser ? Parmi les protestations, il y en a de réactionnaires, qui défendent le principe du délit de blasphème comme justifié, ou qui amalgament les ressortissants d’un pays ou d’un autre comme collectivement responsables. Dans la réaction de plusieurs régimes dictatoriaux du Moyen-Orient, on peut aussi déceler la tentative de se refaire une vertu et de détourner l’attention populaire de leur propre incurie. Trouvant chacun leur compte à l’idéologie du Choc des Civilisations, impérialistes et islamistes se renvoient la balle en se renforçant les uns et les autres. Mais cela ne peut pas servir d’alibi pour refuser de prendre position. En tant que révolutionnaires dans un pays impérialiste et raciste, notre première tâche est de combattre notre propre impérialisme et notre propre racisme, ce qui veut dire être particulièrement vigilants à ne pas être dupes de l’utilisation frauduleuse des « grands principes » par notre classe dirigeante. L’idéologie raciste en France a toujours usé de ruses pour se faire accepter comme facteur de progrès : pseudo-science, besoin de civiliser des peuplades obscures, de lutter contre la guerre, le totalitarisme, ou contre le fanatisme. Depuis plusieurs années le supposé combat contre l’obscurantisme permet de véhiculer un discours colonial-raciste contre des populations issues de l’immigration post-coloniale dans les pays capitalistes avancés, discours que la presse d’extrême droite ne prend même plus la peine d’attiser puisque la presse réactionnaire bien-pensante s’en fait elle-même le relais : il lui suffit désormais de moissonner ce que d’autres ont semé pour eux. Aujourd’hui on voudrait faire passer pour une campagne pour la liberté d’expression et pour la démocratie la dissémination de la propagande la plus nauséabonde, on voudrait nous faire croire que ceux qui n’applaudissent pas à ces caricatures racistes sont forcément des défenseurs de l’inquisition et de la mise à l’index. Il est important de le dire clairement : nous ne sommes pas dupes ! Sylvestre Jaffard

1 On se souvient par exemple qu’en 2004 un ministre de l’éducation considérait qu’on pouvait déceler une manière religieuse de porter la barbe, et que cela pouvait constituer un motif d ’exclusion de l’école publique... 2 http://www.france.qrd.org/actualite... 3 http://www.monputeaux.com/ 4 Voir le Guardian du 6 février 2006 (http://www.guardian.co.uk/internati...) 5 Gary Young dans le Guardian peut citer à raison le militant contre l’apartheid Steve Biko : « Non seulement les blancs nous frappent, mais ils nous disent aussi comment nous devons réagir. »

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Extrait du site de Socialisme international, qui regroupe des militants de la LCR

Le guide de l’antiraciste sur l’affaire des caricatures de Mohammed

Charlie Hebdo a rejoint France Soir dans la publication des fameuses caricatures de Mohammed - dont la plus choquante montre le prophète coiffé d’un turban en forme de bombe. Les mêmes caricatures se vendent désormais sur des T shirts aux Pays Bas. Au Nigeria de graves conflits entre musulmans et chrétiens ont fait plusieurs morts de chaque côté. A Damas l’ambassade danoise a été incendiée. En Libye les forces de police ont tué onze manifestants musulmans. Ici en France, SOS-Racisme organise des meetings dans les universités pour soutenir la publication des caricatures. Que doit en penser un antiraciste ?

S’agit-il vraiment de dessins racistes ? Oui. Les journaux ont voulu émettre un écran de fumée en publiant une série de dessins dont certains seulement sont racistes. Mohammed avec un turban en forme de bombe en est le pire. Le sens est absolument clair - les musulmans ne seraient plus nos voisins, mais des terroristes. Quel est ce journal Danois et pourquoi a-t-il voulu publier les caricatures ? Le Jyllands-Posten, le journal danois qui a publié les caricatures dit défendre la liberté de la presse. C’est entièrement faux. En 2003 le même journal a refusé de publier un dessin de la résurrection de Jésus pour ne pas offenser les Chrétiens. En 1984, le journal a fait campagne contre un artiste, Jens Jorgen Thorsen, dont les oeuvres montraient Jésus tout nu. Qui plus est, la publication des caricatures fut accompagnée d’un article anti-musulman « Il y a des musulmans qui rejettent la société moderne et laïque, » écrit-il « Ils exigent une position privilégiée, voulant une considération exceptionnelle de leurs sentiments religieux, ce qui est incompatible avec la démocratie moderne. » La démocratie n’a pourtant pas toujours été chère à ce journal. Dans les années 1920, le journal soutenait Mussolini, et en 1933 il proclamait que la dictature était la solution aux problèmes du Danemark ! La publication des caricatures fait partie d’une campagne anti-musulmane au Danemark. Selon M. Burcharth, correspondant américain d’un quotidien danois « Depuis vingt ans, les 200 000 musulmans au Danemark n’ont jamais eu un permis de construire pour une mosquée dans la capitale, et au Danemark, il n’y a pas de cimetière musulmane. »

La publication des caricatures défend-elle la liberté de la presse ? La liberté de la presse est un droit démocratique fondamental. Mais son existence ne démontre pas la supériorité des sociétés dites « occidentales ». Cette liberté a été arrachée de haute lutte par le mouvement ouvrier et populaire, contre nos propres classes dirigeantes. Mais dans les faits elle bénéficie essentiellement à ceux qui, jour après jour, l’utilise pour dénigrer des syndicalistes, des paysans ou des altermondialistes en lutte et répandre l’idée qu’ « il n’y a pas d’alternative » aux politiques néo-libérales. Les moyens d’expression et de communication appartiennent, dans leur immense majorité, à ceux-là même qui ont intérêt à nous diviser sur des bases ethniques ou religieuses. Défendre la liberté d’expression signifie d’abord lutter contre la mainmise de quelques grands groupes capitalistes, qui sont chacun propriétaires de plusieurs dizaines de titres nationaux et régionaux, ainsi que de chaînes de télévision, et qui sont loin d’être « neutres ». Elle ne signifie pas voler au secours de n’importe quel organe de presse, surtout quand il choisit de cibler, non pas les puissants de ce monde, mais les membres d’un groupe social discriminé !

Transformer France-Soir en premier combattant du progrès et de la liberté est un peu fort de café ! A travers le monde les tenants de la « guerre contre le terrorisme », vite confondue avec « le choc des civilisations » et « la guerre contre les musulmans » se réjouissent. Aux Etats-Unis, la revue de droite le Weekly Standard publie les dessins avec le commentaire suivant « C’est un moment de vérité dans la lutte mondiale contre l’extrémisme islamique - Est-ce que le Hamas réussira à installer un Etat terroriste en Cisjordanie ? Est-ce qu’un régime iranien qui soutient le terrorisme réussira à se doter d’armes nucléaires ? Est-ce que des Imams danois réussiront à intimider ... le monde libre. » Depuis des années (en particulier depuis le 11 septembre) une grande partie de la presse, y compris de « gauche », publie régulièrement de prétendues « enquêtes » , titres racoleurs et photos de femmes voilées et hommes barbus à l’appui, pour démontrer l’existence d’un « complot » islamiste qui menacerait les valeurs occidentales. Elle souffle ainsi sur les braises des tensions, pour des raisons politiques inavouées - ou plus cyniquement parce que cela vend des journaux. Cette campagne honteuse n’a presque jamais été dénoncée par la gauche. Ceux qui protestent ne sont-ils pas des intégristes ? Pour l’essentiel, non. On n’est pas obligé d’être intégriste pour être choqué par la publication de provocations racistes. Des millions de musulmans ordinaires, qu’ils soient très pratiquants ou non ont été choqués. Car ils ont compris l’objectif des dessins. Si les attentats suicide en Irak ou en Palestine sont seulement le résultat de la folie de l’islam et dans la nature même du prophète, cela signifie que l’Occident a raison d’occuper l’Irak, qu’Israël a raison d’écraser le peuple palestinien. Les dessins sont publiés dans une tentative claire de soutenir les armées occidentales en Afghanistan et l’Etat d’Israël dans ses violences.

Bien évidemment, des régimes dictatoriaux dans certains pays à majorité musulmane sont ravis de la provocation. Ils peuvent se présenter comme les meilleurs défenseurs de l’islam. Dans les pays occidentaux aussi, quand la gauche abandonne la lutte antiraciste, des forces réactionnaires intégristes, même petites, peuvent en profiter à coeur joie. Dans des pays comme le Nigeria, ceux qui veulent diviser le peuple sur des bases religieuses profitent de la situation pleinement. Mais ils sont loin de représenter la majorité pacifique et tolérante des musulmans dans le monde. Que fait la gauche ? Des journalistes à la recherche d’un bon « coup » publient des dessins qui identifient Mohammed à un terroriste, et la gauche en France est marquée avant tout par ... son silence, à part quelques dénonciations symboliques. Lors d’une manifestation à Paris appelée par des organisations musulmanes, la gauche est entièrement absente. Pire, SOS-Racisme a tenté d’organiser des meetings pour... défendre ceux qui publient ces dessins. C’est un journal habituellement de gauche, Charlie Hebdo, qui suit l’exemple de France Soir en sortant les caricatures mi-février. Pour les antiracistes, c’est une catastrophe ! Quasiment seul, le MRAP a tenté de sauver l’honneur de la gauche, en annonçant son intention de poursuivre en justice France Soir pour « incitation à la haine raciale ». Mais une procédure judiciaire ne peut pas remplacer une réaction massive pour dire à tous les musulmans « les antiracistes rejettent ces provocations islamophobes ». Pourquoi la gauche est-elle paralysée ?

Malheureusement, ce n’est pas la première fois que la gauche montre qu’elle ne veut pas ou ne sait pas réagir contre le racisme anti-musulman. La triste affaire de l’exclusion de jeunes femmes portant le foulard à l’école a été la honte de la gauche française. Heureusement un certain nombre d’antiracistes non-musulmans ont défendu par solidarité la communauté musulmane. A Londres, 20 000 personnes ont manifesté dignement et dans le calme contre les dessins, avec le soutien de grandes organisations politiques telles que la coalition contre la guerre en Irak et la campagne pour le désarmement nucléaire. Ils ne revendiquaient ni la censure, ni des représailles, mais la simple reconnaissance d’une faute et d’une provocation. En Autriche, à Graz, soixante-deux vendeurs du journal Kleine Zeitung ont fait grève quand leur journal a publié les caricatures. En Palestine, le Mouvement pour la solidarité internationale a condamné les dessins. Sa fondatrice, Neta Golan, militante israélienne-canadienne a déclaré « Les dessins publiés au Danemark ont provoqué une colère profonde dans le peuple palestinien... en disant que Mohammed est un terroriste, ils disent que tous les arabes, tous les musulmans sont terroristes. Tout cela renforce l’idée que la vie d’un Palestinien vaut moins que celle d’un occidental.... »

Il faut en France aussi que tous les antiracistes conséquents montrent leur solidarité avec la communauté musulmane, contre ceux qui veulent faire des musulmans des boucs émissaires, et qui soutiennent ainsi les massacres en Irak et en Palestine.

John Mullen (Montreuil), Colin Falconer (Saint Denis), militants de la LCR,gg février 2006

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