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PRÉHISTOIRE DE LA LOI SUR LES 35 HEURES

Ce texte est paru dans Echanges n° 87 (été 1998), page 8.

publié le mardi 14 février 2006

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En 1983, un article de la Revue française des affaires sociales fait un bilan des conflits du travail en France de 1950 à 1982 : cet article décompte, durant cette période, quatre “ grèves nationales multisectorielles ”, “ grèves simultanées dans un grand nombre d’activités des secteurs nationalisé et privé sur des revendications communes, principalement d’ordre salarial, et pouvant s’étendre sur plusieurs semaines ”. Les dates en sont : 1950, 1953, 1968, 1982. L’article signale qu’à l’origine ces mouvements n’ont pas été déclenchés par un mot d’ordre syndical. 1982. Qui a su qu’il avait existé en 1982 une “ grève nationale multisectorielle ” ?

Certes 1982 n’eut pas la même ampleur, et de loin, en nombre de journées de tra­vail per­dues que 1950, 1953 et 1968. Mais, pour l’année 1982 (sans que le mou­ve­ment soit “ relayé ” par un mot d’ordre de “ grève géné­rale ” à l’appel des orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les) le déco­mpte (offi­ciel) donne un nombre deux fois plus impor­tant de journées de grèves que pour les années 1969 à 1977, et cinq à six fois plus impor­tant que pour les années 1978 à 1981.

Rappelons le contexte (et le voca­bu­laire, les “ croyan­ces ”) de l’époque. Le 10 mai 1981, pour la pre­mière fois en France, la gauche unie PS-PC arrive seule au pou­voir. L’adhésion popu­laire est considérée comme si impor­tante que l’on parle pour ce nou­veau pou­voir de gauche d’un “ état de grâce ”. La pre­mière grande mesure sociale prise sera une loi sur “ la réd­uction du temps de tra­vail ” à 39 heures. Tout paraît clair. Et il est bien pos­si­ble qu’une raison pour laquelle on trouve peu de traces de l’impor­tant mou­ve­ment social de 1982 dans les jour­naux (natio­naux) vient de l’incom­préh­ension qui va saisir la presse devant un mou­ve­ment qui va être dirigé contre cette mesure “ sociale ” de “ réd­uction du temps de tra­vail ”.

Dans Libération du 19 février 1982, on trouve un des rares arti­cles sur ce qui s’est passé. Sous le titre “ Cent trente emplois ne valent pas un samedi sans rugby ”, et le sous-titre “ Le PDG de Roudière pro­pose la semaine de tra­vail à 36 heures et d’embau­cher 130 per­son­nes. Les sala­riés refu­sent cette nou­velle orga­ni­sa­tion : il fau­drait tra­vailler le samedi ”, on peut lire :

“ Ce sont des égoïstes, ils se fichent des chômeurs ”, mur­mure la popu­la­tion du Pays d’Olmes en Ariège (1 600 chômeurs recensés). “ Leur refus est scan­da­leux ”, gém­issent les élus locaux et les mem­bres du Comité local de l’emploi. “ Les archaïsmes ont la vie dure ”, phi­lo­so­phe de son côté Jean Arpentinier, PDG de Roudière, la plus impor­tante entre­prise tex­tile de la région avec ses 1587 sala­riés... la ten­sion a com­mencé à monter le 11 février... un contrat de soli­da­rité - “ un contrat sur mesure ”, cla­mait La Dépêche du Midi -, prévoyait une réd­uction du temps de tra­vail à 36 heures pour les postés, la création d’une troi­sième équipe de jour et l’embau­che de 130 per­son­nes, une ving­taine de sala­riés sous contrat à durée dét­erminée pas­sant sous contrat à durée indét­erminée... On aurait pu croire que les sala­riés se seraient réjouis d’avoir un PDG touché par “ l’état de grâce ”. Eh bien non ! Depuis deux mois la colère gronde et les ouvriers se déc­larent prêts à la grève si un tel contrat était signé. Ils ne veu­lent pas tra­vailler le samedi après-midi, comme le prévoit la nou­velle réor­ga­ni­sation du tra­vail. “ On s’est déjà fait avoir en 1978 avec le samedi matin, on ne recom­men­cera pas ” dit Gilbert, our­dis­seur. L’oppo­si­tion est encore plus vive chez les femmes, qui com­po­sent pour moitié l’effec­tif des tra­vailleurs postés. “ On n’a déjà pas de vie. Si en plus on tra­vaille le samedi, on sera les seuls dans cette ville à ne pas se repo­ser le week-end. Déjà par rap­port aux enfants, les cou­ples font contre-équipe (quand l’un com­mence à 5 heures l’autre part à 13 heures) et ne se voient plus. Là, on sera en plus coupés de tout le monde. ” La nou­velle orga­ni­sa­tion du tra­vail prévoit en effet que 6 same­dis sur 8 sont tra­vaillés jusqu’à 20 heures. En éch­ange, on leur offre 2 jours de congés consé­cut­ifs pris dans la semaine et 2 week-ends de 3 jours toutes les 8 semai­nes. Mais rien à faire. Les postés veu­lent garder leur samedi ... et tra­vailler le samedi, “ c’est aussi accep­ter de tra­vailler le diman­che. On est dans le tex­tile et pas dans la sidér­urgie. Aucune contrainte tech­ni­que ne nous oblige à faire tour­ner les machi­nes 24 heures sur 24 ” dit Jean-Pierre, our­dis­seur. ”

La direc­tion a tout au long des mois de février et de mars amélioré les com­pen­sa­tions sala­ria­les pro­po­sant de payer 40 heures les 36 heures, un trei­zième mois com­plet fin 1984, déclaré qu’il “ n’est pas ques­tion de faire tra­vailler les gens le diman­che ”. “ Je tiens à vous ras­su­rer tout de suite, expli­que le PDG, le 10 mai n’est pour rien dans la pro­po­si­tion de signer un contrat de soli­da­rité. Dans le sec­teur tex­tile la compé­ti­tivité passe par une meilleure pro­duc­ti­vité. Comme le gou­ver­ne­ment annonce les 35 heures pour 1985, je pré­fère y aller d’emblée. Car une heure en moins chaque année dés­or­ga­nise toute la pro­duc­tion. De toutes façons, il était prévu de longue date d’aug­men­ter la durée d’uti­li­sa­tion du matériel. Si en plus, il y a moyen de déc­rocher des aides de l’Etat, pour­quoi les refu­ser ? ... cela cor­res­pond à une amél­io­ration de la pro­duc­ti­vité de 4,35 %. C’est faible si on considère que 200 emplois sont créés pour cela ”. ...

L’arti­cle se conclut ainsi :

“ L’oppo­si­tion entre les sala­riés et la direc­tion est caté­go­rique ... L’enjeu est d’impor­tance, car deux entre­pri­ses tex­ti­les de la région atten­dent le déno­uement de ce qui n’est pas encore un conflit ouvert pour signer à leur tour le même contrat de soli­da­rité. ”

Un jour­nal local se posa la ques­tion : les ouvriers sont-ils réacti­onn­aires ? Des sala­riés de l’entre­prise Roudière firent, pen­dant le mou­ve­ment, cir­cu­ler un texte dont nous citons des extraits :

“ 500 tra­vailleurs refu­sent le projet d’un PDG qui créerait 200 emplois. Ces ouvriers sont-ils des réacti­onn­aires ? Qu’est-ce qui motive leur oppo­si­tion à un diri­geant du CNPF qui “joue le jeu” d’un pou­voir aujourd’hui de gauche ? ... Quel est ce projet ? Passage aux 36 heures avec réd­uction de salaire pro­grammée sur plu­sieurs mois et pro­lon­ga­tion de la durée d’uti­li­sa­tion des machi­nes jusqu’au samedi soir. Conséquence chif­frée par lui : création de 200 emplois. Refus des ouvriers : 36 heures c’est bien, mais pas n’importe com­ment ! La réd­uction de salaire, avec le pou­voir d’achat qu’ils ont, est inac­cep­ta­ble. La pro­lon­ga­tion de la semaine de tra­vail pour n’avoir qu’un samedi tous les 2 mois est intolé­rable contri­buant à ren­for­cer la dyshar­mo­nie du dés­emploi de leurs vies avec l’ensem­ble social. Le chan­tage au chômage est indécent : les ouvriers ne se sen­tent pas res­pon­sa­bles de cette “ indi­gnité ” mais les prin­ci­pa­les vic­ti­mes. ...

La presse locale apporte sa contri­bu­tion dans le conflit d’opi­nions sans rien dire de ce qui motive la “ réaction ”. Rien dans tout cela ne prend en compte et n’exprime le vécu par­ti­cu­lier de ces ouvriers qui savent que le délire éco­no­mique tron­que leur vie, qu’un jour dans la semaine n’est pas aussi riche de pos­si­bi­lités de loi­sirs et de ren­contres que le samedi. Situation locale, conflit par­tiel, qui par delà les stratégies syn­di­ca­les et les manœuvres patro­na­les pose le pro­blème de l’expres­sion et de la reconnais­sance du vécu ouvrier ailleurs que dans les tables sta­tis­ti­ques de l’éco­nomie d’un monde qui fait l’éco­nomie de leur vie. ”

“ Situation locale, conflit par­tiel ” ? Des mil­liers de conflits, tous dirigés contre la mise en place au niveau de chaque entre­prise de la loi sur “ la réd­uction du temps de tra­vail ”, furent vécus ainsi.

Les jour­naux locaux en ren­di­rent compte. La presse natio­nale ne parla que d’une poi­gnée d’entre eux. Les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les négocièrent au cas par cas l’amé­na­gement de la loi, évitant d’infor­mer les sala­riés de chaque entre­prise que leurs pro­blèmes n’étaient pas locaux, spé­ci­fiques, par­ti­cu­liers. Les syn­di­cats étaient glo­ba­le­ment favo­ra­bles à la loi, dans une situa­tion géné­rale où la gauche leur per­met­tait d’être asso­ciés plus étr­oi­tement à la ges­tion des entre­pri­ses. Ce que la gauche a pro­ba­ble­ment le mieux réussi en ces années-là, ce fut la “ dés­inde­xation ” des salai­res, c’est-à-dire obte­nir le déc­roc­hage des salai­res par rap­port à l’infla­tion. La gauche, sous les applau­dis­se­ments à peine dis­crets du patro­nat, réussit ce que la droite n’avait pas réussi à faire : une baisse du pou­voir d’achat des sala­riés, une redis­tri­bu­tion de la valeur ajoutée en faveur du patro­nat.

C’est là après tout le jeu normal de la démoc­ratie, qui consiste pour ceux qui sont élus à se retour­ner contre leur propre élec­torat (les agri­culteurs amé­ricains auront ainsi payé au prix fort leur vote massif en faveur de Reagan) ; inver­se­ment, on vit la droite, quand elle fut au pou­voir en France dans les années 1980-1990, recu­ler à toute vitesse devant des mou­ve­ments sociaux d’ampleur : des hommes comme Chirac et Balladur ont visi­ble­ment été trau­ma­tisés par mai-juin 68, qu’ils vécurent dans les allées du pou­voir de l’époque.

La loi sur les 39 heures fut un élément de cette baisse des salai­res ; et la ques­tion des salai­res fut à l’ori­gine de beau­coup des conflits. Mais on peut remar­quer sur l’exem­ple de l’usine tex­tile de Lavelanet que le recul de la direc­tion sur cette ques­tion n’a pas suffi à faire passer l’appli­ca­tion d’une loi, qui fut d’abord de “ moder­ni­sa­tion ” des entre­pri­ses.

***

Quelle est donc cette “ moder­nité ”, à laquelle des sala­riés, qua­li­fiés alors de “ réacti­onn­aires ”, s’oppo­sent ? C’est celle de la loi fon­da­men­tale de l’indus­trie “ moderne ” : l’aug­men­ta­tion de la pro­duc­ti­vité. En éch­ange de l’abais­se­ment d’une heure de la durée du tra­vail, il fal­lait d’abord obte­nir des sala­riés une réor­ga­ni­sation du tra­vail, per­met­tant un allon­ge­ment de la durée d’uti­li­sa­tion des machi­nes à la fois sur la journée, et sur la semaine. Sur ce pro­ces­sus, l’exem­ple de Lavelanet est typi­que.

Des lois d’abais­se­ment du temps de tra­vail sont présentées par la gauche comme visant à la réd­uction du chômage. L’étude de leur logi­que interne montre que c’est l’aug­men­ta­tion de la pro­duc­ti­vité qui est leur res­sort essen­tiel. L’aug­men­ta­tion de la pro­duc­ti­vité, c’est-à-dire la pro­duc­tion des mêmes mar­chan­di­ses par moins de sala­riés, a comme conséqu­ence évid­ente l’aug­men­ta­tion du chômage. Devant ce cons­tat, les patrons aiment à expli­quer que l’entre­prise a le rôle éminent de créer des emplois, et donc que tout ce qui amél­iore la compé­ti­tivité irait dans le sens d’une amél­io­ration de l’emploi.

Cette pro­pa­gande patro­nale s’efface dès qu’il y a conflit pour en reve­nir à la réalité de la loi du capi­tal. Ainsi on a pu voir en 1998 le patron d’EDF, comme tout bon patron, tenir un dis­cours qui ne s’embar­rasse pas de velléités huma­ni­tai­res, et rap­pe­ler aux chômeurs qui occu­paient le siège d’EDF que le but d’une entre­prise n’est pas de créer des emplois mais de faire des béné­fices.

L’argu­ment de la lutte contre le chômage pour jus­ti­fier les lois de réd­uction du temps de tra­vail qui ne sont que des lois d’aug­men­ta­tion de la pro­duc­ti­vité et de baisse du coût du tra­vail ne serait que de la sauce idéo­lo­gique, si elle ne s’appuyait pas sur la réalité du chômage : c’est l’angoisse réelle du chômage qui permet d’impo­ser ces lois, et non pas l’adhésion des sala­riés à la néc­essité de se détr­uire un peu plus la vie, pour per­met­tre aux chômeurs de retrou­ver du tra­vail.

Un autre enjeu de la réd­uction du temps de tra­vail est passé encore plus ina­perçu. Un aspect en a été connu : la loi fixant la durée légale du tra­vail à 39 heures a été uti­lisée, dans des sec­teurs où la durée était inféri­eure à 39 heures, pour tenter d’aug­men­ter la durée du tra­vail. Ce fut en par­ti­cu­lier le cas pour les sala­riés de l’Etat. Ainsi la presse se fit-elle l’écho de conflits en iro­ni­sant sur les “ pri­vilèges ” des fonc­tion­nai­res, oubliant que les condi­tions spé­ci­fiques en matière d’horai­res de tra­vail ser­vaient antéri­eu­rement à jus­ti­fier le faible niveau des salai­res.

Mais ce n’est qu’un cas par­ti­cu­lier : les lois de réd­uction du temps de tra­vail sont en réalité des lois d’aug­men­ta­tion du temps réel de tra­vail. Car si le temps formel de tra­vail est de 40 heures, de 39 heures aujourd’hui (nous ne par­le­rons pas des heures sup­plém­ent­aires, mais l’annua­li­sa­tion du temps de tra­vail est un élément essen­tiel de ces lois, dans la mesure où elle permet de ne pas payer d’heures sup­plém­ent­aires lors des pics de la demande aux­quels l’entre­prise doit rép­ondre), le temps effec­tif - que ce soit en sa mesure ou en son inten­sité - est l’objet d’un conflit per­ma­nent. La rés­ist­ance à la domi­na­tion du capi­tal ne se réduit pas aux pér­iodes de luttes ouver­tes, elle est quo­ti­dienne. C’est une lutte col­lec­tive quo­ti­dienne, qui peut être vécue indi­vi­duel­le­ment ou dans des les struc­tu­res loca­les de tra­vail, et qui vise à rés­ister à la domi­na­tion du capi­tal par tous les moyens pos­si­bles - et, en par­ti­cu­lier, par l’allon­ge­ment des pauses. Par exem­ple, les pauses col­lec­ti­ves, liées aux repas, etc. , peu à peu, s’allon­gent, sans que le rap­port de forces per­mette à l’enca­dre­ment de les réd­uire. La rené­goc­iation des horai­res de tra­vail est l’un des moyens essen­tiels pour les direc­tions pour remet­tre en cause ces pauses.

Or, et ce fut peut-être là l’une des moti­va­tions les moins connues des mou­ve­ments de 1982 et des années sui­van­tes contre les appli­ca­tions de la loi de “ réd­uction du temps de tra­vail ”, mais les plus prés­entes, et vécues comme les plus spé­ci­fiques : car la loi de réd­uction du temps (légal) de tra­vail, entre autres, permit de sup­pri­mer des pauses qui s’étaient pro­gres­si­ve­ment ins­taurées - et ce fut là un des moyens d’aug­men­ta­tion du temps réel de tra­vail. Le conflit sur les pauses, vécu dans chaque entre­prise comme par­ti­cu­lier et sou­vent non expli­cité, fut l’une des causes les plus géné­rales des mou­ve­ments de 1982 et des années sui­van­tes.

Si nous reve­nons ainsi seize ans en arrière, ce n’est pas pour faire de l’his­toire, ou de la socio­lo­gie des conflits, mais parce que vient d’être votée une loi de réd­uction du temps de tra­vail à 35 heures (il était ques­tion dès 1982 du pas­sage aux 35 heures pour 1985). Depuis seize ans, beau­coup de ce qui était envi­sagé s’est appli­qué. La pres­sion du chômage a réduit les capa­cités de rés­ist­ance des sala­riés. Mais la grève géné­rale “ invi­si­ble ” de 1982 a bien eu lieu, et depuis les conflits sur l’orga­ni­sa­tion du tra­vail n’ont pas cessé. Si le capi­tal tend à étendre sa domi­na­tion, cette exten­sion reste rela­tive. Nous igno­rons si la loi sur les 35 heures entraî­nera des mou­ve­ments d’ampleur. Mais l’enjeu reste le même : la domi­na­tion du capi­tal sur le temps de vie qu’il a acheté. Il n’est qu’à voir avec quelle pru­dence gou­ver­ne­ment et patro­nat cher­chent à ne pas trop parler des bons rés­ultats (au moins finan­ciers) des entre­pri­ses, pour savoir qu’ils crai­gnent les “ réactions ” des sala­riés aux “ pro­grès ” de la “ moder­nité ”.

C., juin 1998

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