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Bulletin ouvrier : Lutte de classe dans le Léon (3) - Grève à la CBA

publié par Yves, le jeudi 27 octobre 2005

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Organisation de la lutte et dur­cis­se­ment

La dyna­mi­que de la grève per­met­tra aux prolét­aires de la CBA de dép­asser les pres­sions subies le week-end. Les rap­ports avec la famille sont par­fois tendus, par­ti­cu­liè­rement quand des pro­ches - frères, parents, amis ou voi­sins - sont des agri­culteurs. Ils ont appris à orga­ni­ser une grève. Sur ce ter­rain, ils ne ces­sent de pro­gres­ser tout au long de l’agi­ta­tion.

Le mou­ve­ment a eu lieu en pleine haute saison des arti­chauts, dans des jours de forte cha­leur. Si les légumes n’étaient pas condi­tionnés rapi­de­ment, ils étaient perdus. Au départ de la grève, l’usine conti­nue de tour­ner avec 30 per­son­nes qui par­vien­nent à condi­tion­ner des pro­duits. Toutefois, une partie impor­tante est perdue. Bien sûr, la direc­tion ne com­mu­ni­que pas sur le sujet. Les sala­riés ont cons­cience qu’ils sont dans la meilleure pér­iode pour faire grève. Un élu fai­sait un point régulier sur l’état de la pro­duc­tion.

Le rap­port de force établi par les tra­vailleurs en mou­ve­ment a été véri­tab­lement effi­cace seu­le­ment lorsqu’ils ont été à même de blo­quer com­plè­tement l’usine de pro­duc­tion d’arti­chauts et de l’occu­per. Les négoc­iations avec la direc­tion connaîtront alors une brus­que accé­lé­ration. Le pré­sident de la SICA s’est rendu imméd­ia­tement sur le site pour s’entre­te­nir avec les grév­istes.

L’orga­ni­sa­tion du tra­vail à l’usine se repro­duit dans le mode d’orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment. Les repas sont par­ti­cu­liè­rement par­lants. Ainsi, lors du pre­mier repas, les femmes sont d’un côté les hommes de l’autre. Les grou­pes d’actions (dis­tri­bu­tions de tracts, ges­tion et dépôt des cais­ses de sou­tien…) sont cons­ti­tués la plu­part du temps par groupe de sexe mais pro­gres­si­ve­ment, ils vont un peu se mél­anger. Il en a été de même entre les adhérents syn­di­caux, plus par­ti­cu­liè­rement entre les deux femmes lea­ders FO et ex CFDT qui vont pro­gres­si­ve­ment se rap­pro­cher dans la lutte.

Dans la pre­mière semaine du conflit, conformément aux indi­ca­tions des syn­di­cats CFDT et FO - puis seu­le­ment de FO car la CFDT se dis­cré­di­tera assez vite -, les grév­istes ont essayé de faire pres­sion sur le pré­sident de la CBA en impo­sant une ren­contre dans sa mairie. Ils ont éga­lement eu un entre­tien avec le sous-préfet. Le 4 juillet, ils abor­dent Mme Lebranchu, députée socia­liste du Finistère et le maire de Cléder. Par la suite, les tra­vailleurs ont cher­ché le sou­tien des maires d’autres com­mu­nes où ils habi­tent.

Même si tout au long de la grève, les sala­riés conti­nuent d’espérer une avancée du côté des représ­entants poli­ti­ques locaux de l’Etat, ils ont développé, au fil du temps, des moyens d’actions plus per­cu­tants. Les éch­anges avec les mili­tants révo­luti­onn­aires extérieurs à l’entre­prise et l’absence de rép­onse à leurs dém­arches les ont amené à cela. Leur cons­cience évolue dans l’éla­bo­ration de leur lutte. Ils appren­nent à se tour­ner vers d’autres prolét­aires pour popu­la­ri­ser leur grève. Ils orga­ni­sent une caisse puis des ban­quets tous les midis. Ce pro­ces­sus ren­force leur cohésion et déb­ouche sur l’écri­ture col­lec­tive d’un tract. Ce tract col­lec­tif et les dis­cus­sions pour sa réa­li­sation, ainsi que les éch­anges entre grév­istes, les ont conduit à décider de reve­nir en force à l’intérieur de l’usine.

L’action auto­nome des prolét­aires a sen­si­ble­ment pro­gressé quand le combat a été recen­tré sur leur usine. Au cours de la troi­sième semaine de grève, l’idée du blo­cage de la pro­duc­tion a té sou­vent évoquée et a fait son chemin. Pourtant, cette pro­po­si­tion n’a jamais véri­tab­lement été faite sienne par le syn­di­cat FO. Le leader dép­ar­tem­ental de cette confé­dé­ration ne l’a reprise qu’en fin de la troi­sième semaine, sous l’impul­sion des grév­istes. Le non-res­pect des accords de la part de la direc­tion de la SICA a conduit les ouvriers au blo­cage total effec­tif de la pro­duc­tion. Les méca­niciens ont joué un rôle cen­tral dans cette action.

Le désaveu par la CFDT des posi­tions sou­te­nues par ses adhérents de la boîte a ren­forcé la capa­cité de ces der­niers à pren­dre en main leur lutte. Certains grév­istes ont aussi perçu clai­re­ment le rôle d’accom­pa­gna­teur passif de FO. Cependant, aucun leader ouvrier réel­lement exprimé par le mou­ve­ment n’est par­venu à s’affir­mer de façon stable et dura­ble. Les assem­blées ont été systé­ma­tiq­uement ouver­tes et clôturées par le délégué dép­ar­tem­ental de FO et l’un de ses exé­cutants sur place. Le pre­mier a gardé, tout au long du mou­ve­ment, le rôle de leader expli­cite et de référent pour la direc­tion.

En revan­che, dans toutes les dis­cus­sions trans­ver­sa­les, les quel­ques élus en rup­ture avec les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les ont déf­endu les idées de l’occu­pa­tion, du blo­cage de la pro­duc­tion, de l’expres­sion sou­ve­raine de l’assem­blée des grév­istes. Ces tra­vailleurs ont déf­endu l’impor­tance de dével­opper la lutte au sein de l’entre­prise et vers l’extérieur. Ils se sont opposés à la différ­enc­iation du trai­te­ment de fin de conflit et ont cher­ché à élargir le front de lutte en s’adres­sant sans cesse aux non-grév­istes pour les convain­cre de rejoin­dre le combat.

Le CE est resté l’organe de négoc­iation. Lors des ren­contres offi­ciel­les avec la direc­tion, les sala­riés n’ont jamais été consultés. Les délégués éla­borent entre eux les stratégies de négoc­iation et main­tien­nent bien haut le statut offi­ciel du CE d’inter­lo­cu­teur unique de la direc­tion. Cette fonc­tion ins­ti­tu­tion­nelle sera ren­forcée par la menace d’employer des moyens juri­di­ques pour par­ve­nir à ses fins. C’est seu­le­ment le ven­dredi de la troi­sième semaine, lors du blo­cage total de la pro­duc­tion, qu’une dis­cus­sion s’est tenue entre sala­riés et direc­tion de la SICA et de la CBA. Les grév­istes rejet­tent leur pro­po­si­tion de 5 000 € de prime de départ. Le lundi sui­vant, des grév­istes essayent de s’impo­ser dans les trac­ta­tions offi­ciel­les. Ils sont rejetés par le syn­di­cat. Bien que les ouvriers de la CBA n’aient pas pris direc­te­ment part aux négoc­iations, ils se sont exprimés au jour le jour sur les pro­po­si­tions de la direc­tion par le vote en assem­blées géné­rales.

Malgré toutes les dif­fi­cultés liées au manque d’expéri­ence et de tra­di­tion de lutte auto­nome, les grév­istes ont vécu col­lec­ti­ve­ment un pro­ces­sus dyna­mi­que de lutte de classe indép­end­ante. Ils ont avancé, tout au long de la grève, vers l’auto­no­mie ouvrière. Ils ont cons­ti­tué le véri­table moteur du mou­ve­ment. En dépit des différ­entes stratégies syn­di­ca­les pour cana­li­ser le conflit, les grév­istes ont gardé leur indép­end­ance dans les décisions fina­les.

A la fin de la grève, des sen­ti­ments de fierté et de vic­toire sont exprimés par les par­ti­ci­pants actifs au mou­ve­ment. Soulagés que le conflit s’arrête enfin, ils sont néanmoins cons­cients d’avoir résisté, tenu le coup, de s’être orga­nisés et de s’être battus pour la déf­ense de leur condi­tion de vie et de tra­vail. Un grand nombre d’entre eux en reti­rent une expéri­ence impor­tante. Certains le res­sen­tent de façon lucide. Ils par­ta­gent ce cons­tat : « On aurait dû blo­quer la pro­duc­tion plus tôt et on aurait obtenu beau­coup plus ».

Deux stratégies syn­di­ca­les pour assu­rer leur fonc­tion de régu­lation de la grève

Les deux syn­di­cats présents, la CFDT et FO, ont appli­qué des stratégies radi­ca­le­ment différ­entes.

La CFDT

La CFDT s’est rapi­de­ment dis­créditée en appe­lant à la reprise alors que la grève était en plein essor. Leur affir­ma­tion men­songère et pro­vo­ca­trice sur les avancées obte­nues (les emplois prét­en­dument sauvés se sol­daient en fait par 40 CDI inter­mit­tents de 900 heures par mois) a dét­erminé son rejet par les sala­riés. Ces contrats ne per­met­tent pas de vivre. Et, de toute façon, ils seront pro­posés par la CBA quand ils auront besoins de main-d’œuvre. C’est dans l’action que le véri­table visage de la CFDT s’est dévoilée : le visage du déf­ait­isme et de l’accep­ta­tion du dictat patro­nal, le visage du sabo­tage de la grève.

FO

FO a fait tout son pos­si­ble pour rester le seul inter­lo­cu­teur pour le patron. Si, à plu­sieurs repri­ses, ce syn­di­cat a encou­ragé et impulsé la lutte, à d’autres moments, quand son rôle de syn­di­cat ins­ti­tu­tion­nel ris­quait d’être remis en dis­cus­sion, il a repoussé toutes les ten­ta­ti­ves des grév­istes de gérer seuls leur mou­ve­ment. Au ven­dredi de la troi­sième semaine, FO s’est opposée à la demande de convo­quer une assem­blée afin de dét­er­miner précisément la reven­di­ca­tion d’une prime. Son délégué dép­ar­tem­ental a tenté à plu­sieurs repri­ses de semer l’idée, erronée, que les grév­istes étaient fati­gués, qu’ils ne vou­laient plus lutter. Il a été systé­ma­tiq­uement contre­dit par les faits, par les votes et les actions mas­si­ves des grév­istes.

Si les grév­istes n’avaient pas été le véri­table moteur du mou­ve­ment, FO aurait décidé la fin de la grève bien plus tôt. C’est-à-dire dès le début de la deuxième semaine (lundi ou mardi). En réaction à la pre­mière entrée dans l’usine, FO a essayé de négocier la reprise le jeudi matin. En ce moment par­ti­cu­liè­rement délicat, son rôle a été encore plus nocif pour la grève que celui joué par la CFDT aupa­ra­vant. Tout en accom­pa­gnant la grève, le syn­di­cat a baladé les ouvriers. Il n’a rien entre­pris pour dével­opper et élargir l’action, ni pour encou­ra­ger les prises de cons­cience.

Force Ouvrière a joué son rôle d’organe syn­di­cal : gérer et conte­nir la grève, mener seul les négoc­iations et enfin ter­mi­ner en beauté en signant l’accord de fin de conflit avec le patro­nat. Partenaire incontour­na­ble du patron, FO a été un boulet per­ma­nent aux pieds des tra­vailleurs.

Les sala­riés de la CBA dans la lutte de clas­ses

Dans cette pér­iode où la lutte de clas­ses est de faible inten­sité, peu de sala­riés déf­endent leurs intérêts comme l’ont fait ceux de la CBA. Ces der­niers ont eu la capa­cité de cons­truire un véri­table rap­port de force qui leur a été rela­ti­ve­ment favo­ra­ble. Isolés, ils n’ont cepen­dant pas reculé face à la rude tâche d’orga­ni­ser leur grève de façon auto­nome. Petit à petit, ils ont été amenés à déceler les meilleurs moyens pour attein­dre leurs objec­tifs, neu­tra­li­ser les freins syn­di­caux. Ici et là, ils sont par­ve­nus à pren­dre les décisions impor­tan­tes pour la pro­gres­sion de leur lutte. Cela nous permet d’en tirer des ensei­gne­ments précieux en vue de mou­ve­ments futurs.

Contrairement à de nom­breu­ses grèves décl­enchées à l’annonce de plans de licen­cie­ment, les tra­vailleurs de la CBA ne se sont pas accro­chés à l’illu­sion du reclas­se­ment. Ils se sont imméd­ia­tement battus pour obte­nir le maxi­mum d’argent avant de partir. Ils n’ont pas non plus cédé à l’illu­sion de la déf­ense de l’entre­prise qui les virait, de l’outil de tra­vail, c’est-à-dire de l’exploi­ta­tion.

Les modes d’orga­ni­sa­tion de l’action col­lec­tive ont été dès le départ l’objet de leur plus grande atten­tion. La cons­truc­tion de leur assem­blée s’est faite à partir des grév­istes eux-mêmes. Malheureusement, le CE est resté l’organe ins­ti­tu­tion­nel de décision. L’assem­blée a été trop sou­vent animée par une partie de ses mem­bres, dont la place de maîtres d’œuvre n’a pas été suf­fi­sam­ment contestée par les grév­istes. Malgré plu­sieurs cri­ti­ques infor­mel­les sur l’orga­ni­sa­tion de la grève ou envers ces Messieurs des syn­di­cats, il n’y a pas eu de remise en cause du CE. Cette fai­blesse majeure n’a pas permis aux tra­vailleurs en lutte de pous­ser leur expres­sion d’auto­no­mie jusqu’à pren­dre en main direc­te­ment les négoc­iations avec l’adver­saire de classe. Par contre, par des nom­breux votes à main levée, ils ont tenté de condi­tion­ner les dis­cus­sions entre par­te­nai­res syn­di­caux et patro­naux. Les grév­istes ont éga­lement réussi à déjouer les différ­entes tac­ti­ques syn­di­ca­les visant à leur faire repren­dre le tra­vail. Leur dét­er­mi­nation à conti­nuer la lutte a obligé FO à les accom­pa­gner en les bor­dant jusqu’au bout. C’est le der­nier ven­dredi, lors­que les ouvriers ont bloqué la pro­duc­tion et imposé des trac­ta­tions à l’intérieur de l’usine que leur orga­ni­sa­tion auto­nome est res­sor­tie réel­lement ren­forcée.

Un der­nier élément impor­tant concerne la sépa­ration de cer­tains élus mem­bres des deux syn­di­cats représentés à la CBA de leurs orga­ni­sa­tions confé­dé­rales res­pec­ti­ves. Ces tra­vailleurs ont choisi sans hésiter le camp de leur classe en aidant à déjouer les manœuvres bureau­cra­ti­ques des syn­di­cats. Ils ont aussi par­ti­cipé acti­ve­ment à la dét­er­mi­nation d’une ligne de conduite indép­end­ante des grév­istes fondée sur le combat intran­si­geant contre le patron et sur la pers­pec­tive de l’arrêt total effec­tif de la pro­duc­tion. La rela­tion que ces ouvriers ont entre­te­nue avec les mili­tants révo­luti­onn­aires extérieurs a été de tout pre­mier ordre. La confiance récip­roque a été un fac­teur cru­cial dans leurs éch­anges conti­nus.

L’élément fon­da­men­tal qui res­tera dans l’esprit de la majo­rité des grév­istes, c’est qu’en blo­quant la pro­duc­tion on établit un rap­port de force favo­ra­ble aux tra­vailleurs.

La fin du mou­ve­ment des sala­riés de la CBA ne s’est certes pas soldée par un grand gain d’argent pour les tra­vailleurs. Mais il serait pro­fondément erroné de juger de la qua­lité et des poten­tia­lités de cette lutte à l’aune des objec­tifs matériels rem­portés. Ce qui va comp­ter bien davan­tage en pers­pec­tive, est que les com­bat­tants ouvriers sont sortis la tête haute et ensem­ble d’un conflit qu’ils ont pro­gres­si­ve­ment arra­ché aux mains des syn­di­cats de coges­tion. Le mou­ve­ment de grève de la CBA est une lutte de prolét­aires qui déf­endent leurs intérêts matériels dans le cadre du système capi­ta­liste. C’est dans ces moments que le prolé­tariat se cons­truit et apprend à mener les batailles futu­res qui seront, nous en sommes sûrs, bien plus ambi­tieu­ses et déci­sives pour leur libé­ration com­plète et défi­ni­tive de l’escla­vage du sala­riat.

LES ATELIERS DE PRODUCTION DE LA CBA

La CBA dis­pose de deux sites de pro­duc­tion sur les com­mu­nes de Saint-Pol-de-Léon et de Plouénan :

Le site de Plouénan qui com­prend :

- 2 surgé­lateur de 7 tonnes/ heure
- 1 chaîne d’étrog­nage de choux-fleurs
- 1 chaîne hari­cot vert
- 1 ate­lier purée/soupe
- 1 ate­lier de mél­ange de légume
- 1 sto­ckage de 20 000 m3 en froid négatif
- condi­tion­ne­ment de sachets
- condi­tion­ne­ment sacs/car­tons

Le site de Saint-Pol-de-Léon qui com­prend :

- 3 surgé­lateurs de 6 tonnes/heure,
- 1 chaîne d’étrog­nage de choux-fleurs,
- 1 chaîne d’arti­chaut,
- 1 sto­ckage de 50 000m3 en froid négatif,
- condi­tion­ne­ment de sachets,
- condi­tion­ne­ment étuis.

Communiqué du 29 juin 2005

Les sala­riés de la CBA, adhérents de la CFDT, affir­ment que le délégué CFDT ne les représ­ente en rien.

Les adhérents n’ont été consultés sur aucune des posi­tions déf­endues par le délégué CFDT lors des der­nières réunions et déc­la­rations à la presse. Les adhérents de la CFDT sont soli­dai­res de la grève avec FO et les non syn­di­qués. Ils conti­nuent le mou­ve­ment pour des indem­nités de départ à la hau­teur de leur exi­gence. Les sala­riés esti­ment que les reclas­se­ments sont illu­soi­res car il n’y a aucun docu­ment écrit. Le délégué CFDT a été contacté au télép­hone ce matin par ses adhérents et n’a pas voulu se dép­lacer. Pour les adhérents de la CFDT, le délégué qui n’est plus l’expres­sion de leur reven­di­ca­tion n’a plus de légi­timité pour les représ­enter lors des réunions.

Les adhérents CFDT en grève Communiqué du 1er juillet 2005

Dans le cadre du conflit des sala­riés de la CBA avec leur direc­tion, les sala­riés CFDT en grève se sont réunis :

Au cours de cette réunion, les sala­riés CFDT de la CBA en grève ont exprimé leur indi­gna­tion et l’absence de sou­tien de leur délégué syn­di­cal CFDT concer­nant leur reven­di­ca­tion (à savoir entre autre une prime de licen­cie­ment à la hau­teur de leur exi­gence : 10 000 €)

« Rappelons que le combat que nous menons est auto­nome et se veut en dehors de tout conflit inter-syn­di­cal et que chaque décision est prise par voix de vote à la majo­rité par l’ensem­ble des sala­riés en grève, qu’ils soient syn­di­qués CFDT, FO ou non syn­di­qués »

Parmi les mem­bres présent à cette réunion tous (sauf un) ont décidé d’annu­ler leur adhésion à la CFDT.

Plouénan, le 1er juillet 2005

Les sala­riés CFDT de la CBA en grève Plouénan, le 5 juillet 2005

13e jour de grève

Pourquoi la grève s’éter­nise ?

190 sala­riés Ÿ 135 licen­ciés

È Parce qu’à l’heure actuelle, la demande des sala­riés licen­ciés afin d’obte­nir une prime de licen­cie­ment à la hau­teur de ce qu’ils méritent, n’a pas encore été satis­faite par la CBA et la SICA, son action­naire prin­ci­pal (à 99,70 %) ;

È Parce que la pers­pec­tive de retrou­ver un emploi en CDI dans le bassin de Morlaix est plus qu’aléat­oire ;

È Parce que depuis le mois de novem­bre 2004, ils ont subi de nom­breu­ses semai­nes de chômage par­tiel, entraînant des pertes de salaire allant jusqu’à 200 € men­suel ;

È Parce qu’ils pen­sent que cette prime n’est pas un cadeau, mais un dû.

Dans ce conflit, qui a le plus à perdre ? Qui risque de mettre en péril la CBA ?

L’entê­tement orgueilleux des diri­geants de la SICA à ne pas vou­loir négocier cette prime risque d’engen­drer d’impor­tan­tes pertes de pro­duc­tion pour la CBA, avec pour conséqu­ence la fer­me­ture défi­ni­tive de l’entre­prise.

Les grév­istes ont tou­jours en tête les 1,3 mil­lions d’euros de perte suite à une pro­duc­tion de bocaux n’ayant pas tenu compte du cahier des char­ges imposé par le client. D’ailleurs, les res­pon­sa­bles sont tou­jours en place et leur licen­cie­ment à eux n’est pas prévu…

Les grév­istes sou­hai­tent que le per­son­nel non-grév­iste tra­vaillant dans l’entre­prise ait un geste de soli­da­rité, car, comme eux, ils pro­fi­te­ront des avancées du plan social.

Les grév­istes remer­cient les cama­ra­des du comité de chômeurs de Morlaix (MNCP) pour leur sou­tien actif, ainsi que l’Union Départementale FORCE OUVRIERE du Finistère.

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