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Bulletin de Juin 2004 (2)

publié le mardi 20 juillet 2004

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MONDIALISATION DE LA MANIPULATION

GRANDE-BRETAGNE - *avril 2003 : une autre manière d’intro­duire la flexi­bi­lité. Une loi votée il y a un an auto­ri­sait les employeurs à modu­ler le tra­vail des parents d’enfants de moins de 6 ans ou d’enfants han­di­capés en intro­dui­sant la flexi­bi­lité du temps de tra­vail, y com­pris le tra­vail à domi­cile si cela était pos­si­ble. C’est ainsi que British Telecom a mis sous régime flexi­ble 8 000 tra­vailleurs sur 100 000 et s’est aperçu que la pro­duc­ti­vité des « favo­risés » aug­men­tait de 20%, à un tel point qu’il se pro­pose de l’étendre à l’ensem­ble de ses exploités. Cela tenta aussi d’autres employeurs qui n’y trou­vent que des avan­ta­ges quant (à ce qu’il disent) au moral des trou­pes, à la dimi­nu­tion de l’absenté­isme pour mala­die et à de meilleu­res per­for­man­ces pro­fes­sion­nel­les (FT).

ALLEMAGNE - *6/4/04 - La qua­dra­ture du cercle : des accords contrac­tuels réglant la durée du tra­vail, qui va de 35 à 48 heures selon les bran­ches d’indus­trie, avec une prime spéc­iale pour les tra­vailleurs d’Allemagne de l’Est qui tra­vaillent plus (40 heures mini­mum) pour des salai­res inférieurs jusqu’à 20% à ceux de leurs homo­lo­gues de l’Ouest. Poussés par la crise et la concur­rence asia­ti­que, les entre­pri­ses se livrent à un chan­tage : délo­ca­li­sation ou aug­men­ta­tion de la durée du tra­vail, sans com­pen­sa­tion pour heures sup­plém­ent­aires ; ce qui, en clair, signi­fie une uti­li­sa­tion plus ren­ta­ble des inves­tis­se­ments en capi­tal fixe. Mais cela sup­pose que la pro­duc­tion puisse être écoulée même si le prix uni­taire du pro­duit peut être abaissé ; cela sup­pose aussi que l’accrois­se­ment du temps de tra­vail n’abou­tira pas à accroître le chômage puis­que une pro­duc­tion accrue sera assurée par la même effec­tif de tra­vailleurs et que ce chômage sup­plém­ent­aire ne réd­uira pas la consom­ma­tion avec impos­si­bi­lité d’écouler le sup­plément de pro­duc­tion ? (L,M.)

- *15/3/04 - Avec beau­coup moins de remous qu’en France, la réf­orme du régime de retraite vient d’être défi­ni­ti­vement votée par le Parlement avec les mêmes méde­cines qu’en France et qu’ailleurs. Plafond des coti­sa­tions porté à 22% du salaire, âge de la retraite porté pro­gres­si­ve­ment de 60 à 65 ans, pres­ta­tions liées annuel­le­ment au volume des coti­sa­tions, exclu­sion dans le temps dét­er­minant les droits des études supéri­eures et limi­ta­tion de la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle à trois années, abais­se­ment pro­gres­sif du mini­mum de retraite de 52% du salaire moyen actuel­le­ment à 46% et à 43% en 2020. (M.)

COREE DU NORD - *Les tra­vailleurs de « l’axe du Mal » intér­essent les trusts mon­diaux car ils seront garan­tis doci­les et peu dou­teux : à l’abri du fracas ato­mi­que méd­ia­tique, une bonne partie ins­tal­lent en douce des représ­en­tations com­mer­cia­les et déjà des joint-ven­tu­res (filia­les com­mu­nes à 50/50) voient le jour (L).

AFRIQUE DU SUD -* 12/2/04 - Qu’est-ce qui est le plus viva­ble sous le ciel capi­ta­liste sud afri­cain ?  ou être lavé de l’apar­theid racial offi­ciel mais garder l’apar­theid social avec, en prime, devoir payer l’eau et l’élect­ricité (comp­teur ins­tallé avec la bénéd­iction de Suez, spéc­ial­iste du ramas­sage du fric dans la dis­tri­bu­tion des eaux) tout en vivant dans les mêmes bidon­vil­les avec un taux de chômage de 60% et une insé­curité crois­sante ;

 ou rester sous le joug de l’apar­theid offi­ciel, avec l’eau et l’élect­ricité gra­tuite mais sans entre­tien, et le reste à l’ave­nant ? (L, FT.)

RUSSIE - *7/4/04 - Effet boo­me­rang de l’éco­nomie de marché qui a succédé au capi­ta­lisme d’Etat : l’ouver­ture de l’Union sovié­tique a entraîné une concen­tra­tion capi­ta­liste inconnue à l’Ouest. Normal, le capi­ta­lisme d’Etat était déjà orga­nisé en struc­tu­res ver­ti­ca­les ultra-concen­trées qui n’ont eu qu’à chan­ger de statut juri­di­que et de nom, sou­vent acca­parées par les mêmes diri­geants. Pour les tra­vailleurs, cela a signi­fié une chute ver­ti­gi­neuse du niveau de vie et la dis­pa­ri­tion de tout ce que l’unité de tra­vail leur pro­cu­rait contre la sou­mis­sion totale aus diri­geants du parti et de l’éco­nomie. (FT.)

FRANCE - *Dés-intég­ration : en 2000, 40 % des détenus dans les geôles de France avaient un père né à l’étr­anger, dont 25 % au Maghreb. Une étude réc­ente menée dans le dép­ar­tement de l’Isère a montré que 66 % des mineurs pour­sui­vis ont un père étr­anger, dont 50 % venant du Maghreb, et ont subi tout le cortège rituel de la pau­vreté et de l’exclu­sion : alcoo­lisme, échec sco­laire, racisme, rackets, etc. (M.)

Etats-Unis - *5/5/04 - On nous rebat les oreilles avec la « crois­sance amé­ric­aine » qui serait le signe d’une nouvel essor du capi­ta­lisme mon­dial. Croissance dopée soi-disant par la consom­ma­tion intéri­eure et la reprise des expor­ta­tions due à la fai­blesse du dollar. Mais on ne dit pas :

 que la consom­ma­tion est due à une aug­men­ta­tion des crédits aux par­ti­cu­liers, gagée sur la spé­cu­lation immo­bi­lière, plus qu’à la baisse des impôts,

 que le boom des arme­ments compte plus que les expor­ta­tions dues à la fai­blesse du dollar.

On nous vante de nou­veau la pro­duc­ti­vité mira­cle des Etats-Unis due au fait que les usines tour­nent à leur capa­cité nor­male : les inves­tis­se­ments devien­nent plus ren­ta­bles sans qu’il soit néc­ess­aire d’embau­cher, en aug­men­tant sim­ple­ment la durée du tra­vail (ce qui n’a pra­ti­que­ment pas de limi­tes aux Etats-Unis) sans que les tra­vailleurs intéressés puis­sent reven­di­quer une aug­men­ta­tion de salai­res en raison du chômage (pour une bonne part camou­flé der­rière la pré­carité des emplis à temps par­tiel).

Selon les éco­nom­istes, le par­tage de la valeur ajoutée (la plus-value) est rede­venu favo­ra­ble au capi­tal au dét­riment du tra­vail. Le rés­ultat est que les entre­pri­ses ont, dans les der­niers mois, accru leurs pro­fits de 27 % (on peut voir une situa­tion simi­laire en France où, en dépit de la crise, les ban­ques avouent que leurs pro­fits en 2003 ont aug­menté entre 10% et 60% sui­vant les établ­is­sements). (FT, M.)

MONDE -* 8/5/04 - Dilemme - La fin de la cons­crip­tion dans la plu­part des pays occi­den­taux a privé l’armée d’une main-d’œuvre bon marché. Tout le monde y devient pro­fes­sion­nel et, à défaut de recrues pour le job de tuer, des tâches autre­fois mili­tai­res sont de plus en plus « pri­va­tisées », c’est-à-dire sous-traitées (exter­na­lisées) à des sociétés privées, ce qui est de plus bien conforme à l’idéo­logie du capi­tal et four­nit de nou­vel­les sphères d’exploi­ta­tion capi­ta­lis­tes. Cela concer­nait d’abord l’inten­dance, mais cela s’est étendu à l’ensem­ble des tâches : logis­ti­que, ren­sei­gne­ment, sur­veillance, inter­ro­ga­tions, pro­tec­tion. Et main­te­nant on voit naître de véri­tables armées parallèles « privées » bien dis­tinc­tes des « mer­ce­nai­res » bri­co­leurs d’autre­fois. Aux Etats-Unis, les « pri­vate mili­tary firms » cons­ti­tuent un sec­teur éco­no­mique considé­rable (20 000 prés­en­tement en Irak) éch­appant de fait à tout contrôle (M).

MONDE - *24/4/04 - Fracture sociale - La pau­vreté mon­diale (définie par moins de 1 dollar par jour) aurait décru en vingt ans de 1 mil­liard et demi de pos­tu­lants à 1,1 mil­liard essen­tiel­le­ment à cause de l’élé­vation du niveau de vie en Chine, mais ce taux aurait recom­mencé à s’accroître. Pour les pays indus­tria­lisés, les dép­enses mili­tai­res cons­ti­tuent en 2002 11% des dép­enses des Etats soit 2,4 % du PIB. Le total des dép­enses mili­tai­res, tous pays confon­dus représ­ente 10 fois le mon­tant de l’aide publi­que au dével­op­pement. Nécessaire sans aucun doute pour main­te­nir les pau­vres à leur place. (M, FT.)

*-13/3/04 - Mines anti-per­son­nel - 20 000 vic­ti­mes chaque année - : si 91 Etats prét­endent les avoir détr­uites et ne plus en fabri­quer, quatre Etats les uti­li­sent encore (Birmanie, Russie, Inde et Pakistan), ainsi que de nom­breux grou­pes rebel­les dans de nom­breux autres pays. Stocks avoués : 110 mil­lions en Chine, 60 mil­lions en Russie, 11 mil­lions aux Etats-Unis, et 11 autres Etats en déti­ennent chacun moins de 20 mil­lions. Mais d’autres armes « légales » dis­per­sent des dis­po­si­tifs tout aussi dan­ge­reux, qui ne tom­bent pas sous le coup des inter­dic­tions des mines anti-per­son­nel. Il y a de l’avenir pour la bar­ba­rie à retar­de­ment. (M.)

COREE DU SUD - *25/5/04 - Les patrons coréens étant trop pri­son­niers des cou­tu­mes, la Corée envi­sage de recru­ter des diri­geants étr­angers, du style de Ghosn, le redres­seur de Nissan pour Renault qui a réussi à licen­cier 15% des effec­tifs. Les patrons étr­angers ont beau­coup moins de com­plexes pour impo­ser aux tra­vailleurs les impé­rat­ifs capi­ta­lis­tes. Mais il y a un pro­blème : plus ils sont qua­li­fiés et célèbres pour ce sale boulot, plus ils sont gour­mands, au-delà de ce que la Corée peut leur offrir (FT).

MONDE - *25/3/04 - La machine infer­nale. Quand une firme délo­ca­lise et pro­duit à meilleur prix tout en engran­geant des pro­fits, les concur­rents doi­vent soit impo­ser à leurs tra­vailleurs sur place les mêmes condi­tions, ce qui n’est guère pos­si­ble, soit délo­ca­liser dans les mêmes condi­tions. C’est ce qui se passe actuel­le­ment, sauf pour ce qui néc­es­site le tra­vail sur place (et encore, on peut faire venir des immi­grés). Après l’habille­ment et l’élect­ro­nique à la recher­che de tra­vailleurs non qua­li­fiés à exploi­ter, c’est main­te­nant tout le tra­vail qua­li­fié transfé­rable qui file, en Inde notam­ment (cen­tres d’appel, infor­ma­ti­que, recher­che, etc.). Avec l’élarg­is­sement de l’Europe s’accé­lère un trans­fert vers les ex-pays de l’Est. Qui peut dire quand cela s’arrê­tera ? Quand les tra­vailleurs de tous ces pays reven­di­que­ront des condi­tions de tra­vail et de vie simi­lai­res à celles des tra­vailleurs des pays indus­tria­lisés. (FT, M)

FRANCE - *14/4/04 - Celui qui paie les vio­lons mène le bal. Avec moins de 10% de syn­di­qués en France (y com­pris 2% de retraités), tous syn­di­cats confon­dus et toutes pro­fes­sions mélangées, les syn­di­cats ne peu­vent comp­ter sur les coti­sa­tions de leurs mem­bres pour finan­cer leur bureau­cra­tie et leur matériel d’enca­dre­ment des manifs, d’autant moins que les chan­ge­ments de statut d’EDF, GDF ou SNCF ris­quent de leur faire perdre de juteu­ses préb­endes. Bien sûr, les représ­entants syn­di­caux jouis­sent de maints pri­vilèges lorsqu’ils sont en « mis­sions syn­di­ca­les » et uti­li­sent lar­ge­ment les différents orga­nis­mes gérés pari­tai­re­ment, comme les cais­ses de retraite ou les orga­nis­mes de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, sans comp­ter les astu­ces plus ou moins illé­gales qui ont défrayé la chro­ni­que (comme le chauf­feur de Blondel, secrét­aire général de FO, payé par la Mairie de Paris sous Chirac ou celui des secrét­aires généraux suc­ces­sifs de la CFDT dont Notat (main­te­nant à la tête d’une entre­prise de mora­li­sa­tion du capi­tal) payés par une banque, le Crédit lyon­nais). Pour éviter ces déb­oires et incer­ti­tu­des, de dis­crètes dis­cus­sions se sont déroulées et se dér­oulent encore au ministère du tra­vail entre le minis­tre de droite et tous les tré­soriers de tous les syn­di­cats « reconnus » pour établir les moda­lités d’un mode de finan­ce­ment par l’Etat c’est-à-dire par les contri­bua­bles. Faut-il ajou­ter autre chose ? voir le début de ce texte (M).

- * Un avant-projet de loi ten­drait à créer des CDD de cinq années ; il ne ferait en fait qu’enté­riner une pra­ti­que cou­rante, par une exten­sion abu­sive des contrats de chan­tiers en vigueur et légaux dans le BTP, où la durée du contrat de tra­vail était dét­erminée par la durée du chan­tier. STMicroélectronics (voir dans ce même bul­le­tin la lutte des tra­vailleurs contre la fer­me­ture de l’usine de Rennes) essaie d’étendre cette notion à la mise en œuvre d’un nou­veau procès de fabri­ca­tion fai­sant durer le contrat de tra­vail des tra­vailleurs œuvrant pour cette tâche à la durée de cette mise en œuvre. Quatre syn­di­cats ont accepté de signer ainsi un CDD de quatre ans pour l’usine du Rousset (Bouches-du-Rhône). Ce qui permet d’éch­apper à toute obli­ga­tion légale en cas de licen­cie­ment. (M)

CHINE - *10/3/04 - 100 000 orphe­lins du SIDA, enfants de cen­tai­nes de mil­liers de pay­sans conta­minés lors de la vente de leur sang pour sur­vi­vre, aban­donnés à la cha­rité publi­que et à de rares soli­da­rités.

-* 18/3/04 - 10 000 condamnés à mort exécutés chaque année, 5 fois plus que dans tous les autres pays confon­dus ; le chif­fre réel serait beau­coup plus élevé suite aux condam­na­tions pro­noncées par plus de 300 tri­bu­naux locaux ou des cours spéc­iales popu­lai­res (FT, M).

MOLDAVIE * - 26/3/04 - Trafic d’orga­nes, ce n’est pas nou­veau mais des gangs liés à des cli­ni­ques tur­ques opèrent dans ce pays où la misère et des pra­ti­ques dou­teu­ses contrai­gnent des cen­tai­nes de pay­sans gagnant 20 euros par mois à vendre le plus sou­vent un rein (pour 10 000 dol­lars) qui gagne ensuite Israël ou l’Occident (M).

ARGENTINE * - La misère (plus de 50% de la popu­la­tion sous le seuil de pau­vreté) fait monter la cri­mi­na­lité. Pour faire face à cette « insé­curité crois­sante » et en raison de la cor­rup­tion de la police, le gou­ver­ne­ment met à contri­bu­tion l’armée pour tenter de « rétablir l’ordre ».

En prin­cipe, il ne s’agira que d’une « aide tech­ni­que et logis­ti­que ». Mais les exem­ples his­to­ri­ques abon­dent qui mon­trent que lorsqu’un gou­ver­ne­ment civil appelle l’armée à la res­cousse, cela signi­fie tôt ou tard un trans­fert de pou­voir à l’armée. D’autant plus que l’insé­curité est avant tout sociale et que les actions des pique­te­ros (les chômeurs) peu­vent faci­le­ment être classés dans la zone insé­cu­rit­aire) et, par des glis­se­ments suc­ces­sifs, enfer­mer tout ce qui est à la limite de la légalité, ce qui est sou­vent le cas en Argentine dans les deux der­nières années.

La situa­tion éco­no­mique n’est nul­le­ment résolue et promet au contraire des res­tric­tions accrues pour les plus pau­vres (hausse des tarifs de l’élect­ricité, du gaz et des pro­duits pét­roliers). (M, L, FT.)

SANTE

SWAZILAND - * 24/2/04 - Une grève illi­mitée des infir­mières dure depuis trois jours, deman­dant le paie­ment d’heures sup­plém­ent­aires arriérées depuis 2001. Déclarée illé­gale elle entraîne un appel de la Croix Rouge locale à des jaunes pour assu­rer le fonc­tion­ne­ment des hôpitaux. (c)

GRANDE-BRETAGNE -* 5 000 employées des crèches et mater­nel­les (toutes dép­endant des col­lec­ti­vités loca­les) d’Ecosse en grève illi­mitée depuis quatre semai­nes le 13 mai. Elles ont orga­nisé, en dehors d’un syn­di­cat inexis­tant, des piquets tour­nants d’une crèche à l’autre que les parents refu­sent de tra­ver­ser. Les reven­di­ca­tions concer­nent essen­tiel­le­ment les salai­res. Une mani­fes­ta­tion en regroupe 4 500 à Glasgow. Une ten­ta­tive d’accord négocié par le syn­di­cat inexis­tant reste lettre morte et la grève conti­nue. (SW.)

SERVICES PUBLICS

FRANCE - *8/4/03 - Après trois mois de lutte menée par un col­lec­tif de savants et de cher­cheurs « Sauvons la recher­che » le gou­ver­ne­ment finit par céder en annu­lant les res­tric­tions de crédit et prévoyant la création de 1 000 postes uni­ver­si­tai­res de recher­che et la mise en chan­tier d’une loi d’orien­ta­tion et de pro­gram­ma­tion consa­crée à la recher­che. (L,M.)

*25/3/04 - Sur appel syn­di­cal, 6 000 pom­piers mani­fes­tent à Paris pour que leur pro­fes­sion soit classée dan­ge­reuse, ce qui les auto­ri­se­rait à partir en retraite à 50 ans. Ils doi­vent se battre avec les CRS autour de la place de l’Opéra. (L, M.)

GRANDE-BRETAGNE - *14/4/04 - Dans le cadre de toute une série d’actions tou­chant tous les corps de fonc­tion­nai­res, 90 000 fonc­tion­nai­res du ministère du tra­vail enta­ment deux jours de grève ; après une pre­mière grève en février ,cela touche tous les bureaux de l’emploi, du ser­vice des retrai­tes et des allo­ca­tions diver­ses de l’ensem­ble de la popu­la­tion. Les plans du minis­tre du budget prévoient la sup­pres­sion de 40 000 fonc­tion­nai­res dans l’immédiat et de 90 000 dans les quatre pro­chai­nes années.. Le 29 mars, 3 000 ins­pec­teurs pour l’hygiène et la sécurité sont en grève d’une journée pour les salai­res. Les mena­ces de sanc­tions contre ceux qui ont mené des grèves syn­di­ca­les légales limitées qui se mul­ti­plient depuis le début de l’année décL­enchent sou­vent des grèves sau­va­ges qui durent plu­sieurs jours. (SW.)

TEXTILE - HABILLEMENT

FRANCE - *8/5/04 - Deux entre­pri­ses de confec­tion du Maine-et-Loire en redres­se­ment judi­ciaire, Pindière SA (Saint-Macaire-en-Mauges, 420 ouvrières) et Barbant (La Tessonale, 77 ouvrières), fer­ment et licen­cient : 100 sala­riés de Pindière coûtent autant que 3 300 tra­vailleurs en Chine. Toutes les entre­pri­ses tex­ti­les de la région crai­gnent que s’accen­tuent les rava­ges des délo­ca­li­sations avec la sup­pres­sion en 2005 des quotas d’impor­ta­tion.

Pour aug­men­ter leurs indem­nités de licen­cie­ment, les ouvrières de Pindière ont, avec l’accord du syndic, procédé à la vente d’un stock. Dans toute la région, plus de 12 700 emplois de la confec­tion ont été sup­primés en dix ans. Le plus sou­vent, pour éviter d’avoir à finan­cer des plans sociaux, les patrons licen­cient par paquets de 9 tra­vailleurs. (M.)

-* 26/3/04 - Patrons sus­cep­ti­bles - Dans les pré­cédents bul­le­tins, nous avons évoqué la lutte éner­gique des Mossley Filature) à Hellèmes (Nord près de Lille) qui leur avait acquis des indem­nités de licen­cie­ment de 12 000 euros que le patron n’a jamais payées et qui ont dues être versées par les col­lec­ti­vités loca­les. Un des prin­ci­paux action­nai­res de la firme, éga­lement vice-pré­sident de l’Union des entre­pri­ses du tex­tile, mis en cause pour cette « défaill­ance » par un député PS, entame des pour­suite judi­ciai­res en dif­fa­ma­tion. Précisons que la moitié des Mossley poin­tent tou­jours au chômage. (L.)

HAÏTI - *25/3/04 - La firme Grupo M tra­vaille pour Levi’s. Le tissu vient de la voi­sine République domi­ni­caine pour attein­dre la zone fran­che fron­tière de Ouanaminta où 300 ouvrières pro­dui­sent 8 000 jeans par semaine pour 16 euros par semaine (bien payé car c’est deux fois le salaire moyen haïtien mais 40% du salaire moyen domi­ni­cain). Les jeans pres­que ter­minés repas­sent la fron­tière pour fini­tion et envol vers les Etats-Unis sous la marque pres­ti­gieuse.

Une ten­ta­tive d’orga­ni­sa­tion syn­di­cale ten­dant à « mora­li­ser » cette fabri­ca­tion sim­ple­ment en fai­sant appli­quer le strict mini­mum de rég­lem­en­tation sociale s’est soldée, après un sem­blant de conces­sion, par le tabas­sage du prin­ci­pal res­pon­sa­ble syn­di­cal et son expul­sion de l’usine. La grève qui a suivi a entraîné 37 licen­cie­ments et, après des ater­moie­ments embar­rassés de Levi’s, l’appel à des mili­ciens « dis­po­ni­bles » pour faire régner l’ordre social. (FT.)

SALVADOR - *18/4/04 - Dans les bagnes de la confec­tion, essen­tiel­le­ment des femmes pro­dui­sent pour les gran­des mar­ques pour 120 euros par mois. A 35 ans, jugées « moins pro­duc­ti­ves » elles sont jetées sans aucune pro­tec­tion sociale et sans un espoir quel­conque de trou­ver un autre tra­vail (NYT).

TRANSPORTS AERIENS

FRANCE *- Les baga­gis­tes d’Euronetec chargés du tri des baga­ges à Roissy (aéroport nord de Paris) en grève pour les condi­tions de tra­vail (L, Metro).

TRANSPORTS MARITIMES

FRANCE - *Trafic bloqué à la SNCM, qui assure la liai­son entre la Corse et le conti­nent, par une grève d’une semaine, à l’appel du Syndicat des Travailleurs Corses qui demande un quota de 30% dans les effec­tifs pour les Corses. Le mou­ve­ment est sou­tenu par les marins-pêcheurs qui blo­quent avec leurs bateaux tous les ports de l’île. En arrière-plan, la concur­rence d’une société privée, Corsica Ferries, qui bat en brèche les posi­tions pri­vilégiées de la SNCM qui détenait jusqu’à réc­emment un mono­pole sur cette liai­son. (L.)

TRANSPORTS TERRESTRES

GRANDE-BRETAGNE - 19/6/04 - grève sau­vage de London Bus contre la sus­pen­sion d’un délégué syn­di­cal parce qu’il avait pris la déf­ense d’un conduc­teur menacé de licen­cie­ment. (SW.)

Un exem­ple parmi de nom­breux conflits locaux contre les com­pa­gnies de bus pri­va­tisées dans tout le pays.

***

Plusieurs moyens pour se pro­cu­rer le bul­le­tin :

— Service indi­vi­duel à domi­cile : envoyer à Echanges (men­tion­ner l’adresse com­plète et non « Dans le Monde ») 6 enve­lop­pes adressées et tim­brées à 0,58 euro, les rap­pels en fin d’uti­li­sa­tion de ces enve­lop­pes se fait auto­ma­ti­que­ment par une men­tion sur le bul­le­tin envoyé avec la der­nière enve­loppe. Service arrêté si aucune enve­loppe n’est par­ve­nue lors de la paru­tion du bul­le­tin sui­vant.

— Service super­mar­ché : dans les librai­ries "mili­tan­tes" ou col­lec­tifs autogérés de France, Belgique, Suisse et Canada

— Service gros­siste de dis­tri­bu­tion col­lec­tive : envoi gra­tuit du nombre d’exem­plai­res fixé par ceux qui en font la demande. Prévenez si pour une raison quel­conque vous devez cesser cette dis­tri­bu­tion ou si vous chan­gez d’adresse pour éviter tra­vail et frais inu­ti­les.

Le but de cette publi­ca­tion est de faire connaître, indép­end­amment de toute reven­di­ca­tion, les luttes telles qu’elles se dér­oulent dans le monde entier. Nous savons que son contenu est forcément incom­plet à la fois quant aux luttes ainsi recensées et quant à une des­crip­tion ana­ly­ti­que de leur dér­ou­lement. Ce sont essen­tiel­le­ment des rai­sons pra­ti­ques qui cau­sent ces imper­fec­tions : il ne tient qu’à ceux qui peu­vent avoir ces pages entre les mains d’y remédier tant soit peu. Chacun peut y appor­ter des infor­ma­tions même brèves sur les luttes dont il peut avoir connais­sance soit direc­te­ment, soit par tout autre moyen. Chacun peut s’y asso­cier de la manière qui lui convient (aide réd­acti­onn­elle ou matéri­elle, sug­ges­tions et cri­ti­ques bien­ve­nues). Nous savons que, pour dis­pa­ra­tes, contin­gen­tes et spé­ci­fiques qu’elles soient, ces luttes n’en par­ti­ci­pent pas moins à la rés­ist­ance à la domi­na­tion du capi­tal. C’est ce que nous vou­lons sou­li­gner, même si les pro­blèmes matériels nous empêchent de dével­opper leurs par­ti­cu­la­rités comme nous le sou­hai­te­rions.

Les infor­ma­tions figu­rant dans ce bul­le­tin pro­vien­nent de sour­ces diver­ses. Nous avons men­tionné par des let­tres les sour­ces les plus fréqu­emment uti­lisées :. M, L, FT, SW, WSJ, LN, P, IHT, S, res­pec­ti­ve­ment pour Le Monde, Libération, Financial Times, Socialist Worker, Wall Street Journal, Labor Notes, Parisien, International Herald Tribune, Solidaire, I pour Internet, (C) d’un cor­res­pon­dant de DLM (pas forcément direct mais ayant eu accès à une autre source) A pour les dépêches d’agence et par le nom com­plet pour les publi­ca­tions citées moins fréqu­emment. Nous pou­vons adres­ser les pho­to­co­pies des arti­cles dont nous avons tiré les brèves figu­rant dans ce bul­le­tin.

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