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HONG KONG, UNE LUTTE POUR LES LIBERTES BOURGEOISES ENFERMEE DANS LES LIMITES DU CAPITALISME ET DE LA SOUMISSION POLITIQUE A L’IMPERIALISME ANGLO-SAXON

vendredi 27 décembre 2019, par Yves

Mouvement Communiste/Kolektivně proti Kapitălu
Lettre numéro 47 décembre 2019

Un mouvement démocratique bourgeois parmi d’autres…
En 2014, lors de la dernière manifestation d’OCLP (Occupy Central with Love and Peace), le mouvement des parapluies , des militants portaient une banderole sur laquelle était inscrite une promesse, « Nous reviendrons ». Promesse tenue, et bien au-delà, puisque les manifestations contre un projet de loi visant à permettre des extraditions vers la Chine ont réuni jusqu’à 2 millions de participants. Un chiffre conséquent pour Hong Kong qui compte 7,5 millions d’habitants.
L’actuel mouvement de protestation à Hong Kong ressemble fortement à de nombreux autres mouvements démocratiques bourgeois apparus ces dernières années , dont il partage les faiblesses, aggravées par l’incapacité du prolétariat à s’affirmer comme une force indépendante, et même à user de son arme défensive la plus élémentaire, la grève. Comme lors d’autres mouvements démocratiques bourgeois, un grand nombre de prolétaires ont participé, mais pas en tant que classe pour soi. Ils ont juste, avec de trop rares exceptions, fait partie de la masse des manifestants.
À cela s’ajoute l’inaptitude du mouvement, toute forme d’expression et toute organisation ou tendance confondues, à formuler des revendications ne serait-ce que défensives portant sur les conditions matérielles de vie de la majorité de la population. En particulier, le logement cher (loyers inabordables et surpeuplement massif), mais aussi le coût élevé de la vie en général et, donc, le niveau relativement bas des salaires ne semblent guère intéresser le mouvement. Quand les conditions de vie sont mentionnées, c’est pour alimenter l’illusion qu’elles pourraient être améliorées s’il y avait davantage de démocratie bourgeoise. Paradoxalement, ce sont les classes dominantes, voire l’État chinois, qui proposent d’améliorer les conditions de vie (en particulier le logement) pour mettre fin au mouvement en ne faisant que des concessions politiques mineures et certainement pas celle du suffrage universel.
Le mouvement est également infecté par la soumission politique aux puissances capitalistes concurrentes de la Chine, le Royaume-Uni, l’ancien pays colonial qui occupait Hong Kong, jusqu’en 1997, et les États-Unis, considérés par des segments importants de la rébellion comme le garant global des libertés démocratiques bourgeoises.

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