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Derrière la dégradation économique et sociale du Chiapas : le pétrole

publié le lundi 3 mai 2004

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Texte paru dans Echanges n° 89 (hiver 1998-1999).

Le texte qui suit nous est par­venu par des voies détournées, grâce à une cama­rade amé­ric­aine, mili­tante de tou­jours des IWW et qui, bien qu’actuel­le­ment à la retraite en Alaska, reste très active au niveau local dans les diver­ses orga­ni­sa­tions de sou­tien aux mou­ve­ments de libé­ration d’Amérique latine.

L’ori­gine de ce texte peut paraître inso­lite dans Echanges, mais il nous a paru un bien meilleur tém­oig­nage que bien des textes sur le Chiapas, et appor­ter des éléments per­met­tant de com­pren­dre la genèse des évé­nements, dont on parle d’ailleurs beau­coup moins aujourd’hui, par-delà les engoue­ments sur les­quels nous avons pris posi­tion par ailleurs. Le jés­uite Mardonio Morales a passé trente années au Chiapas parmi la com­mu­nauté indigène Tzeltal et son rap­port date de mai 1995. Nous le livrons tel quel, tra­duit d’un arti­cle en anglais, lui-même tra­duit d’un texte en espa­gnol paru dans Proceso, 5 juin 1995.

Il est dif­fi­cile de dis­cu­ter la situa­tion intéri­eure au Chiapas à cause de l’éventail com­plexe d’inte­rac­tions. Depuis la deuxième ten­ta­tive de dia­lo­gue à San Andres (1), il est clair que le caractère des batailles menées des deux côtés est celui d’un conflit de basse inten­sité. D’énormes intérêts sont en jeu. D’un côté, la survie des com­mu­nautés indigènes, pas seu­le­ment au Chiapas mais dans tout le pays ; de l’autre, le contrôle sans rés­erve sur les matières pre­mières, qui sont le sang du néoli­bér­alisme éco­no­mique qui nous rév­olte tous et qui a de loin­tains pro­lon­ge­ments dans ses rami­fi­ca­tions inter­na­tio­na­les.

Mon seul but était de séjo­urner dans les com­mu­nautés Tzeltal, dans les muni­ci­pa­lités de Sitala et des zones d’Ocosingo, hors de la mis­sion de San Bachajon. Pendant toute cette pér­iode, je fus le témoin de l’appa­ri­tion et du dével­op­pement de ces forces qui main­te­nant s’affron­tent dans une lutte à mort.

Je met­trai l’accent sur un fac­teur impor­tant qui, je pense, guide l’action du gou­ver­ne­ment et peut expli­quer sa conduite actuelle, qui peut nous paraître procéder d’une men­ta­lité très obtuse et d’une grande étr­oit­esse d’esprit. Ce fac­teur est le pét­role. Je par­le­rai de ce que j’ai vu. C’est un tém­oig­nage, pas une étude tech­ni­que. Je sui­vrai ces étapes : la déc­ouv­erte du pét­role, l’exploi­ta­tion fores­tière, le peu­ple­ment, la « cat­tli­za­tion » (2), les infra­struc­tu­res (routes, eau, élect­ricité), la recher­che et l’exploi­ta­tion du pét­role.

1. - LA DÉCOUVERTE DU PÉTROLE

Au cours des pre­miers mois de 1964, je visi­tai pour la pre­mière fois les basses terres de Bachajon, dans la muni­ci­pa­lité de Chilon, qui était alors tota­le­ment sau­vage et très peu peu­plée. J’arri­vai dans la vallée de Sacun et là, dans le cours de la rivière Sacunil, à Cubwits, je trou­vai une plaque de bronze de la Pemex (la société pét­rolière mexi­caine) scellée dans un plot en ciment et por­tant l’ins­crip­tion 1961. Quand je des­cen­dis dans la vallée, on me dit, à Alan Sacun qu’il y avait là aussi d’autres repères de la Pemex. Ce furent les pre­miers éléments qui m’intri­guèrent. Ainsi, dès 1961, dans les régions les plus reculées de la jungle, les rés­erves pét­rolifères étaient déjà clai­re­ment connues.

Mieux encore, le long des routes prin­ci­pa­les tra­ver­sant la jungle, depuis les zones basses vers Palenque et menant à Ocosingo, je trou­vai des mar­ques à la pein­ture rouge tous les cent mètres sur des rochers et sur les troncs des grands arbres. Elles por­taient toutes les deux let­tres EP et un nombre. Mes com­pa­gnons me dirent qu’occa­sion­nel­le­ment des « ingénieurs » vien­draient et pren­draient des mesu­res.

Dans les années qui sui­vi­rent, au cours d’autres périples dans la région, je vis que ces mesu­res s’étaient étendues à toutes les routes et sen­tiers. Dans les mon­ta­gnes plus hautes près de Coquilteel au-dessus de Chichi, je vis du pét­role brut qui suin­tait des fis­su­res dans les rochers durant la saison chaude. Mes com­pa­gnons de voyage m’affirmèrent que cela pou­vait être observé dans beau­coup d’endroits et qu’autre­fois, c’était uti­lisé dans cer­tains médi­caments.

Comme les années s’écoulaient, il se confirma que les ingénieurs de Pemex dével­oppaient leurs acti­vités. Ils me dirent alors que la plu­part des gise­ments pét­rolifères avaient été loca­lisés comme à Jetha et le long de la rivière Paxilha. Sous l’admi­nis­tra­tion de Lopez Portillo, lors du boom pét­rolier, on parla même du site de Jetha à la télé­vision.

2. - L’EXPLOITATION FORESTIÈRE

En parallèle à ces tra­vaux d’explo­ra­tion, depuis les années 50 déjà, l’exploi­ta­tion fores­tière bat­tait son plein, notam­ment pour l’acajou (3) et autres bois durs ou ten­dres, tous aussi précieux les uns que les autres, trans­portés par des étr­angers uti­li­sant les scie­ries de Chancala et com­merçant avec des firmes qui n’avaient de mexi­cain que le nom.

Les conces­sions accordées par le gou­ver­ne­ment sti­pu­laient qu’elles pou­vaient pren­dre tout ce qui les intér­essait dans un rayon de 500 mètres le long des routes ou sen­tiers qu’ils pou­vaient ouvrir. Naturellement ils pri­rent tout ce qui leur plai­sait. La jungle ins­pi­rait la peur. D’abord, je pou­vais mar­cher des jours entiers dans l’ombre et ne pou­vait voir ni le ciel ni le pay­sage ; tout était vert.

Alors que l’exploi­ta­tion fores­tière bat­tait son plein, le pro­ces­sus de peu­ple­ment com­mença. Alors les com­pa­gnies fores­tières durent établir des rela­tions avec les nou­veaux mem­bres des ejidos ou eji­da­ta­rios (4). Avec pour conséqu­ence qu’il en rés­ulta un par­te­na­riat étr­ange. Comme ils man­quaient tota­le­ment de connais­san­ces tech­ni­ques et de conseils, les eji­da­ta­rios tirèrent profit de l’assis­tance des firmes pour l’éra­di­cation des arbres des terres qui leur avaient été concédées par le gou­ver­ne­ment pour plan­ter du maïs. De plus, les che­mins que les com­pa­gnies fores­tières avaient tracés étaient très utiles pour les com­mu­ni­ca­tions inter­nes des eji­da­ta­rios.

Avec les machi­nes moder­nes et l’énorme scie­rie de Chancala, la des­truc­tion de la jungle marcha à pas de géant, mêlant le tra­di­tion­nel brûlis qui ache­vait de détr­uire ce que les firmes fores­tières avaient délaissé dans les ejidos. Je pus voir ainsi com­ment le mas­sa­cre pro­gressa pen­dant dix années.

De 1968 à 1978, on put voir ainsi son exten­sion depuis les terres de Tulilha jusqu’à celles de Pico de Oro. Cela s’étendait sur près de 200 km. Il y a quinze jours (5), j’ai voyagé à bord d’un gros camion qui venait de Mazatlan pour aller pren­dre un char­ge­ment d’acajou à Pico del Oro. En dépit de toutes les réc­la­mations for­mel­les émanant à la fois d’ins­ti­tu­tions et d’indi­vi­dus, adressées tant à l’opi­nion publi­que qu’aux res­pon­sa­bles gou­ver­ne­men­taux, les des­truc­tions conti­nuèrent leur cours comme aupa­ra­vant. L’expli­ca­tion en est simple : les res­sour­ces en bois sont uti­lisées et le ter­rain est préparé pour la phase sui­vante, la recher­che pét­rolière et l’exploi­ta­tion du pét­role.

3. - LE PEUPLEMENT

Au début des années 60, le gou­ver­ne­ment ouvrit les « terres natio­na­les » aux grou­pes pay­sans indigènes des hautes terres et même aux pay­sans d’autres lieux comme Vera Cruz, Puebla et Guerrero. Des spéc­ial­istes agri­co­les cri­ti­quèrent vive­ment l’ouver­ture de la jungle à l’agri­culture. La jungle n’est pas un ter­rain pour la culture mais pour la forêt. On ne prêta guère atten­tion à ces argu­ments. Au lieu de ça, cette terre impro­pre à la culture fut en toute irres­pon­sa­bi­lité transférée à des cen­tai­nes d’ejidos.

La raison de cette stratégie est main­te­nant par­fai­te­ment claire. D’un côté on avait besoin de main-d’œuvre bon marché ; de l’autre on avait besoin de par­faire la pré­pa­ration du ter­rain pour la recher­che et l’exploi­ta­tion pét­rolière. On avait besoin de main-d’œuvre bon marché, c’est-à-dire de gens qui étaient contrô­lables, et contrôlés, qui accep­te­raient tout ce qui pou­vait sur­ve­nir. C’est pour cela qu’il n’y eut aucun plan pour prévoir l’orga­ni­sa­tion de colo­nies de peu­ple­ment. C’était une bombe à retar­de­ment.

Dans chaque colo­nie de peu­ple­ment vivent des indigènes et des pay­sans venus de différents endroits, tous à la recher­che de la pos­ses­sion de la terre. Tout d’abord ils furent unis par ce besoin qu’ils avaient en commun ; puis différents intérêts, cou­tu­mes et besoins com­mencèrent à appa­raître. Il est extrê­mement dif­fi­cile de les orga­ni­ser et il y a tou­jours quelqu’un qui cher­che à servir les intérêts des plus puis­sants. C’était ce que le gou­ver­ne­ment cher­chait : des gens dés­or­ganisés donc contrô­lables. De plus, à partir de 1975, on vit arri­ver par vagues des grou­pes de sectes diver­ses qui furent un obs­ta­cle majeur à toute ten­ta­tive d’orga­ni­sa­tion.

4. - CATTLIZATION

L’étape sui­vante qui para­cheva la des­truc­tion totale et finale de la jungle fut de per­sua­der les ejidos d’aban­don­ner la culture du maïs pour l’éle­vage du bétail. Pour ce faire au milieu des années 60, les ban­ques offi­ciel­les et privées offri­rent du crédit à faible taux d’intérêt et une pro­fu­sion de conseils tech­ni­ques. Dans cette voie, le ministère pour la réf­orme agraire qui pen­dant des années avait exploité sans répit les ejidos offrit aussi des conseils généreux de sorte que le plus grand nombre d’ejidos se conver­tit à l’éle­vage du bétail.

Ceux qui s’étaient embar­qués dans cette voie dans les quatre ou cinq pre­mières années devin­rent de riches éleveurs. Ceci condui­sit ceux qui avaient hésité à courir vers les ban­ques pour emprun­ter.

Mais cette seconde vague fut contre-pro­duc­tive pour les eji­da­ta­rios. Le crédit était un piège et les dettes accu­mulées laissèrent des mil­liers de pay­sans sans méfi­ance sous la coupe rigide des ban­ques. Maintenant, l’objec­tif a été atteint : celui qui cher­che la jungle de Lacandon ne trou­vera qu’un énorme pâturage. Vous n’avez qu’à regar­der une pho­to­gra­phie aéri­enne réc­ente de la fron­tière entre le Guatemala et le Mexique le long de la rivière Usumacita. La jungle guatémaltèque contraste avec la ligne aride du Mexique de l’autre côté de la rivière.

5. - INFRASTRUCTURE

L’exploi­ta­tion pét­rolière néc­es­site de toute évid­ence de gran­des infra­struc­tu­res : routes, élect­ricité, eau, des popu­la­tions pour four­nir du tra­vail bon marché, des cen­tres d’appro­vi­sion­ne­ment en nour­ri­ture, des villes qui peu­vent être conver­ties en lieu de résid­ence pour les tech­ni­ciens et tra­vailleurs qua­li­fiés. Partout où les vagues du pét­role mexi­cain déf­erlent, d’énormes machi­nes appa­rais­sent et font dis­pa­raître les sen­tiers tor­tueux. Par exem­ple, tout le monde fut sur­pris par la route qui fut bâtie à Chichi, près de Bachajon, et par la cons­truc­tion d’un immense pont pour tra­ver­ser la rivière et attein­dre la région où j’avais vu le pét­role suin­ter de la sur­face du sol. Le plus sur­pre­nant fut que cette cons­truc­tion fut bru­ta­le­ment stoppée, une fois le pont cons­truit, et ne fut pas reprise. Pourquoi ? Naturellement, per­sonne ne donna d’expli­ca­tion. Les routes sont bâties et, en attente d’un usage offi­ciel, sont laissées à l’aban­don, se détér­iorant même jusqu’à la des­truc­tion, jusqu’à ce que l’indus­trie pét­rolière en ait l’uti­li­sa­tion.

L’eau pota­ble avait été une bataille menée dans les com­mu­nautés indigènes pen­dant des années et des années. Les quinze pre­mières années de mon séjour, c’était une recher­che inces­sante pour trou­ver le finan­ce­ment seu­le­ment des tuyaux d’adduc­tion d’eau ; les com­mu­nautés fai­saient le reste, mais l’Etat ne don­nait aucune suite aux requêtes en ce sens. Puis, tout d’un coup, les vil­la­ges furent appro­vi­sionnés en eau pota­ble, comme par magie.

Les entrepôts de Conasupo sont situés à un point straté­gique, d’où l’on peut appro­vi­sion­ner rapi­de­ment et effi­ca­ce­ment toute la région pét­rolière. Pour voir si ce phénomène s’est pro­duit aussi dans la région de Los Altos, on doit seu­le­ment lire les rap­ports de ceux qui sont allés dans la zone de conflit et les com­pa­rer aux pro­gram­mes sociaux du gou­ver­ne­ment. Ici, dans la jungle, des­truc­tion éco­lo­gique et mani­pu­la­tion des popu­la­tions loca­les et là-bas aban­don, faim et mala­dies.

Il est nota­ble aussi que le réseau élect­rique a cou­vert la région entière en l’espace de dix années. C’est sans aucun doute l’indi­ca­tion la plus claire de la hâte avec laquelle on met­tait en place l’infra­struc­ture essen­tielle à une recher­che pét­rolière rapide et effi­cace.

Nous fûmes aussi tous sur­pris de la dili­gence mise à ins­tal­ler le télép­hone dans la région pét­rolière. Pour ceux qui avaient lutté pen­dant des années et des années pour faire ins­tal­ler les ser­vi­ces les plus essen­tiels, la stratégie du gou­ver­ne­ment dans la région était par­fai­te­ment claire. La modi­fi­ca­tion de l’arti­cle 27 de la cons­ti­tu­tion four­nit l’expli­ca­tion logi­que qui fait prévoir ce qui nous attend dans un futur proche.

6. - LA RECHERCHE PÉTROLIÈRE

Il y a envi­ron six ans, le long des routes prin­ci­pa­les de la région basse, on com­mença à voir des cam­pe­ments pro­vi­soi­res de tra­vailleurs d’ori­gine pay­sanne. Ces camps, appar­te­nant à une com­pa­gnie étrangère, étaient loués par la Pemex pour com­men­cer les recher­ches pét­rolières. Ils se mul­ti­plièrent rapi­de­ment et je les vis appa­raître même le long de routes secondai­res.

Quelque chose d’admi­ra­ble ! Ils ont tracé des lignes droi­tes par­tant des vil­la­ges de la région basse vers la ville d’Ocosingo. Une voie d’un mètre de large cou­rant à tra­vers les mon­ta­gnes, les ravins et les vallées, ne se déto­urnant devant aucun obs­ta­cle. Cela causa plus d’un acci­dent fatal chez les tra­vailleurs, la plu­part indiens, qui y étaient employés, ce dont bien sûr per­sonne n’a jamais entendu parler.

Tous les vingt mètres ils creu­saient un puits, le dyna­mi­taient et recueillaient des infor­ma­tions avec des appa­reils trans­portés sur leur dos pen­dant des jours et des mois jusqu’à ce qu’ils attei­gnent Ocosingo. C’est comme cela qu’ils laissèrent leur marque dans la jungle. Naturellement, ils ne demandèrent jamais la per­mis­sion d’entrer dans les ejidos ou dans les pro­priété privées. Les explo­sions firent dis­pa­raître bien des sour­ces d’eau pota­ble ; à la source de la rivière Tuliha, ils tuèrent tout le pois­son et pol­luèrent tout le système d’irri­ga­tion qui court sur près de 80 km, cau­sant de sérieux pro­blèmes dans les ejidos qu’il appro­vi­sion­nait. Les pro­tes­ta­tions et les réc­la­mations des ejidos de Chol et Tzeltazl ne donnèrent rien.

Alors que cette acti­vité bat­tait son plein, le 1er jan­vier 1994 sur­vint (6) et, avec lui, la sus­pen­sion bru­tale de toute acti­vité d’explo­ra­tion. Il y a quinze jours (mai 1995) après la ren­contre de San Andres, les ins­tal­la­tions réap­pa­rurent le long de la grande route près de Chancala.

7. - L’EXPLOITATION PÉTROLIÈRE

Dans la région où je me dép­lace habi­tuel­le­ment je n’ai pas encore vu de puits en train d’être forés. Mais du bus, alors que je voya­geais sur la route de San Miguel à Ocosingo, j’ai vu des puits en train d’être forés et des routes menant à d’autres fora­ges. Et nous savons qu’il y a une grande acti­vité dans la région de Pico de Oro. Naturellement tout n’a pas été stoppé. C’est la raison pour laquelle nous avons l’armée for­te­ment prés­ente par­tout même si nous sommes très loin de la zone de conflit.

Je crois que ce tém­oig­nage sur ce que j’ai vu depuis 1964 jusqu’à main­te­nant et la déc­ouv­erte des rela­tions entre le pét­role, l’exploi­ta­tion du bois, le peu­ple­ment, la cat­tli­za­tion et les infra­struc­tu­res expli­que l’atti­tude inflexi­ble du gou­ver­ne­ment

S’ils cher­chent du pét­role et autres riches­ses du sous-sol, com­ment un accord peut-il être trouvé, dans lequel les popu­la­tions indigènes pour­raient avoir une auto­no­mie ter­ri­to­riale ? Aussi long­temps que les indigènes sont regardés comme des bêtes de somme, com­ment peut - on trou­ver un accord qui res­pecte leur dignité ?

5 juin 1995

(Nous avons laissé de côté la conclu­sion de ce texte qui n’apporte rien de plus que les dével­op­pements qui pré­cèdent et qui attri­bue - l’auteur prêche pour son Eglise - la rév­olte du Chiapas à l’influence d’une évan­gé­lisation de trente-cinq années dans les popu­la­tions indien­nes qui, avec la foi, leur aurait apporté la cons­cience de leur exploi­ta­tion et la force de leur rév­olte. Autrement dit, l’apo­lo­gie de l’idéo­logie de la Libération prônée par cer­tains sec­teurs de l’Eglise catho­li­que et désavouée par la hiér­archie. - Note d’Echanges).

NOTES

(1) Il s’agit de l’insur­rec­tion de l’EZLN qui marqua le 1er jan­vier 1994 par l’occu­pa­tion de cinq villes du Chiapas dont San Cristobal de las Casas. La ren­contre de San Andres de 1995 dont il est ques­tion est le lieu d’une des ren­contres/pala­bres entre le gou­ver­ne­ment mexi­cain et les zapa­tis­tes.

(2) Nous avons gardé le terme « cat­tli­za­tion » qui vient de l’anglais cattle (bétail) pour expri­mer la trans­for­ma­tion de l’agri­culture qui vit la culture (essen­tiel­le­ment du maïs) rem­placée par l’éle­vage du bétail (essen­tiel­le­ment la vache pour la viande).

(3) Nous avons tra­duit l’anglais maho­gany par « acajou », bien qu’il s’agisse d’un ensem­ble d’essen­ces fores­tières tro­pi­ca­les d’une même famille d’arbres.

(4) Les mots « Ejidos » (terres com­mu­na­les) et « eji­da­ta­rios » (leurs habi­tants) ren­voient à une notion com­plexe dif­fi­cile à expli­quer suc­cinc­te­ment, qui concerne le lien entre les com­mu­nautés indien­nes d’Amérique latine et la terre, lien modi­fié par des réf­ormes agrai­res boi­teu­ses tou­jours remi­ses en cause. En 1980, le Mexique comp­tait 3 mil­lions d’ejidos, exploi­ta­tions indi­vi­duel­les de terres attri­buées col­lec­ti­ve­ment et ina­lié­nables.

(5) En 1995.

(6) Voir note 1.

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