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J.P. Cruse, D. Collin, C. Preve : souverainisme (1) et xénophobie vont de pair ! Réponse aux dérobades du Militant

mercredi 10 juillet 2013, par Yves

Pour lire les textes dans l’ordre il faut commencer par

- D. Collin, J.P. Cruse, Le Militant : la confusion se porte bien, merci

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1939

- poursuivre par

Insinuations malveillantes contre Militant

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1941

- et enfin terminer par le texte ci-dessous... auquel Le Militant répondra peut-être.

Bonne lecture !

Cher Olivier, Cher Vincent,

Vous avez tout à fait raison je suis un « idiot inutile » : je ne suis pas conseiller municipal, je n’ai pas de responsabilités syndicales ou associatives, contrairement à vous. Et je ne paie pas de cotisation à l’un des partis de gauche (PC, PS, PG) auxquels vous appartenez et qui ont l’intention de gérer – ou qui gèrent déjà d’ailleurs – l’Etat au service des... travailleurs.

Je suis d’autant plus un « idiot inutile » que j’ai pensé naïvement que vous pourriez reconnaître votre erreur d’avoir fait une publicité incongrue à une conférence et aux ouvrages du social-chauvin Denis Collin (« bon connaisseur de Marx » (2) selon vous !) et de signer un appel avec le stalinien social-patriote (un pléonasme) Jean-Paul Cruse, partisan de la thèse de l’hitléro-trotskysme (il dénonce ainsi sur son site « la gauche pacifiste et bientôt collaborationniste de Jospin (Robert), Boussel-Lambert et consorts » (3)), et prônait, en 1995, dans L’Idiot International, la constitution d’un « Front national » allant de Charles Pasqua aux « ultranationalistes » en passant par le PCF.

Je vais donc devoir vous rappeler (puisque apparemment vous les ignorez ou les considérez comme absolument secondaires) et rappeler surtout à vos lecteurs les positions réactionnaires de Denis Collin et de Jean-Paul Cruse, vos deux compères.

Contrairement à ce que vous affirmez, le débat ne porte pas sur un « passé » lointain ou sur l’antisémitisme supposé de X ou de Y, mais sur de nombreuses autres questions traitées par ces deux individus suspects et Costanzo Preve, le pote à Collin :

– le prétendu lien entre immigration et criminalité (Cruse),

– les alliances politiques avec l’extrême droite (Preve, Cruse) et avec la bourgeoisie maurassienne-gaulliste (Cruse, Preve),

– la réhabilitation, au sein de la « gauche », de notions comme celles de peuple et de nation (Collin, Cruse, Preve) mais aussi de communauté (4) (Collin, Preve),

– la défense plus ou moins avouée du stalinisme (Cruse, Preve),

– le prétendu lien entre chômage, remise en cause des acquis sociaux et immigration (Collin, Cruse), etc.

Il s’agit de comprendre et d’analyser une conjoncture idéologique mortifère (ce qu’un copain anarchiste appelle très justement un « marécage »). Conjoncture dans laquelle l’extrême droite (de la droite populiste aux néofascistes ou néonazis), secondée plus ou moins consciemment par des intellos réactionnaires et confusionnistes comme Preve et Collin, mène une offensive idéologique habile, aux contours multiformes (revues, livres, sites Internet, blogs, vidéos, etc.), dans les médias mais aussi dans les syndicats, les manifestations et même les mouvements sociaux (par exemple, chez les Indignés et les altermondialistes). Face à cette offensive tous azimuts, vous avez choisi la politique de l’autruche, tout en comparant ce que vous appelez mes « méthodes » (vérifier le contenu des écrits politiques de vos amis et ne pas s’en tenir à leur verbiage marxisant) avec des « provocations guépéoutistes » et les méthodes de Vychinski, procureur meurtrier de Staline. Vous poussez même le ridicule jusqu’à prétendre :« tu nous as fait un peu ressentir ce qu’un accusé des procès de Moscou pouvait éprouver » ! Contrairement à moi, vous n’avez jamais dû vous faire casser la gueule par des militants staliniens, sinon vous connaîtriez la différence entre un article virulent (fût-il « malveillant ») et des coups de poing et de barres de fer – pour ne pas parler d’un peloton d’exécution vychinskien...

Trêve de plaisanteries et de digressions polémiques, oser parler de « Front unique », comme vous le faites, avec quelqu’un comme Denis Collin qui accepte de discourir devant des fascistes et de préfacer un auteur (Preve) copain avec « l’ethnodifférencialiste » Alain de Benoît et qui de plus, (Preve toujours), se vante que ces textes soient publiés dans des revues d’extrême droite (Rébellion et celles du GRECE) ; ou oser parler de "Front unique" avec un individu (Cruse) qui voulait créer en 1995 un « Front national » avec les « ultranationalistes », le PCF et Pasqua, ce n’est pas sérieux.

Je commencerai par effectuer un petit détour par Costanzo Preve dont vous prétendez (toujours mal informés ?) que ses amitiés avec l’extrême droite dateraient seulement de 2012 et ne tiendraient qu’à UN seul article « provocateur ».

Au passage, je note que cet argument de la « provocation » est aussi l’argument favori des Dauvé-Quadruppani, quand ils justifient leurs textes scandaleux dans La Banquise sur les déportés et les camps d’extermination, ou leurs rencontres avec Faurisson (cf. l’encadré ci-dessous). C’est aussi l’argument de ceux qui défendent les raisonnements xénophobes de certains ultragauches à propos de l’immigration (cf. « Les dix commandements du petit xénophobe “radical” » http://www.mondialisme.org/spip.php?article1935). Vous auriez pu trouver un argument plus subtil que ce poncif de la « provocation » à propos du philosophe réactionnaire Costanzo Preve, d’autant que c’est justement son système de défense préféré dans ses interviews publiées dans Éléments et Rébellion, interviews que vous n’avez visiblement pas lues. Aux yeux de ses lecteurs d’extrême droite, Preve aime à se présenter comme un novateur « anticonformiste », victime du « dogmatisme » et d’une « chasse aux sorcières » dans les milieux de la « gauche politiquement correcte ». Exactement comme Soral, Nabbe, Renaud Camus, Houellebecq, etc., en France.

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COPINAGE ET DERIVES A L’EXTREME GAUCHE : DE L’AFFAIRE FAURISSON AUX « MUTATIONS » ITALIENNES

Voici par exemple ce qu’écrit Quadruppani à ce propos : « Sur Faurisson, nous aurions dû être beaucoup plus virulents beaucoup plus rapidement. C’était une erreur et une faute, de le renvoyer dos à dos avec Vidal-Naquet, qui est un chercheur rigoureux et honnête, alors que Faurisson est un faussaire antisémite. Si, au début, les déclarations humanistes et antinazies de Faurisson avaient pu faire illusion, si ses acoquinements avec l’extrême droite et les néo-nazis ne nous étaient pas encore apparus, très vite, à travers ses écrits, ce personnage nous avait été antipathique. Ses manières de comptable des cadavres et ses ricanements sur les récits des rescapés nous avaient fait sentir, en dehors même de tout le reste, que cet individu n’avait pas la même attitude que nous devant la saloperie du monde. Néanmoins, nous avons, un moment, continué à le traiter comme un hurluberlu qui, malgré tout, avait peut-être mis le doigt sur des failles de l’histoire officielle. »

Le seul problème avec cette version complaisante de l’histoire d’une infime partie de l’ultragauche est qu’il était impossible, déjà à l’époque, d’ignorer que Faurisson était un fasciste, comme le démontre Valérie Igounet dans son livre sur ce sinistre personnage. Certes, Internet n’existait pas, mais le bonhomme avait un long parcours public à l’extrême droite. La confiance aveugle en un vieil ami (Pierre Guillaume, qui deviendra ensuite un ennemi politique) explique sans doute beaucoup mieux l’attitude de Dauvé et Quadruppani que le manque d’informations disponibles... Ce copinage sans principes et ces demi-ruptures continuent à semer la confusion aujourd’hui dans les milieux de gauche, d’extrême gauche, d’ultragauche ou anarchistes quand certains « camarades » évoluent vers des positions xénophobes, racistes, antisémites ou d’extrême droite. Et généralement ces « ex » se démènent de façon très efficace pour mouiller leurs copains...

Cette dérive ne s’est pas seulement produite en France mais aussi en Italie comme en témoigne une note dans « Démocratie et fascisme » (1997) du groupe Mouvement communiste. « En Italie aussi, par exemple, on a assisté à la conversion à la fétide idéologie du fascisme “révolutionnaire” des origines d’anciens camarades, dont certains ont pratiqué la lutte armée dans les années 70 (cf. Enrico “Chicco” Galmozzi, l’un des fondateurs de Prima Linea). Pour ceux-ci, le vecteur matériel de la “mutation” a été la prison, où, au nom de la constitution d’une communauté fusionnelle “irréductible” de guerriers contre l’Ordre constitué, des militants emprisonnés ont fraternisé avec les quelques rares fascistes tombés dans la nasse des organes de répression officiels de l’État. Au plan théorique, le levain de cette nouvelle union a été notamment l’étude des écrits de Gabriele D’Annunzio et de Carl Schmit. »

Carl Schmitt cité élogieusement par Costanzo Preve. Le monde est petit, n’est-ce pas, camarades du Militant ?

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Costanzo Preve : des liens éditoriaux avec les néofascistes italiens et la Nouvelle Droite française (2004) au soutien à Marine Le Pen (2012) (5)

Dès 2008, la revue fasciste Rébellion dans son numéro 33 publiait un entretien traduit en français avec Costanzo Preve. Vous ne l’avez certainement pas lu et c’est bien dommage, cela vous aurait évité d’écrire des choses factuellement inexactes sur Preve et son ami Collin.

Rébellion est éditée par l’Organisation socialiste révolutionnaire européenne dont le slogan est « Ni de droite, ni de gauche la nation aux travailleurs » ! Ses militants viennent d’Unité radicale, des Jeunesses identitaires, ont collaboré avec Égalité et réconciliation d’Alain Soral et bossent désormais avec le Mouvement national-bolchevique français. Depuis 2008 ils ont publié plusieurs textes de Preve. Et récemment (mai 2013) ils ont organisé une réunion sur « Racisme et libéralisme » avec notamment Alain de Benoist et Alexandre Douguine, réunion pendant laquelle de Benoist ne put s’empêcher de rendre hommage à plusieurs reprises au fasciste Dominique Venner. On est donc très loin de votre « mouvement ouvrier » et du « marxisme » quand on parle des publications de Costanzo Preve et de ses amis !

Ces contributions (en français) de Preve à des revues de la Nouvelle Droite (Éléments, Nouvelle Ecole) depuis l’hiver 2004 et à une revue fasciste (Rébellion) depuis 2008 ne sont pas le fruit d’un simple repiquage de textes sans l’autorisation de l’auteur, puisque le « camarade » Costanzo s’en vante dans une longue lettre à son traducteur (6) qui date de 2009 (sur le site d’extrême droite l’esprit européen) et qui est aussi reproduite sur le site fasciste Rébellion.

Dans la présentation à cette lettre de 2009, Branca explique qu’en 2006 (donc bien avant la préface de Denis Collin à la traduction française de son livre en 2011) Preve avait explicité « sa profonde affinité spirituelle avec Alain de Benoist (7) ». Or qui est Alain de Benoist ? Un fasciste qui est passé d’un racisme fondé sur les "races" à un racisme, plus soft en apparence, plus facile en tout cas à faire passer subrepticement dans les médias, fondé sur les cultures (ce qu’il appelle prudemment l’ « ethno-différentialisme »). Cette évolution lui a permis de séduire Pierre-André Taguieff et de bénéficier ainsi d’une caution antiraciste dans l’intelligentsia française.

Dans un entretien publié sur le site fasciste de Rébellion, Preve explique en 2009 que les revues d’Alain de Benoist dans lesquelles il a publié (Éléments, Nouvelle École) ne sont pas « de droite » mais « critiquent l’actuelle évolution “mercantiliste” de la droite » ! Il prétend aussi que, s’il a publié chez des éditeurs « de droite » en Italie (les guillemets sont du « camarade » Costanzo), c’est parce qu’il n’établit aucune différence entre les éditeurs « de gauche » ou « de droite », et veut être jugé au contenu de ses livres et non à leur couverture.

Malheureusement ses explications sont mensongères : les trois maisons d’édition dont il s’agit, Noctua, Settimo Sigillo (le Septième Sceau) et All’insegna del Veltro (Le signe du lévrier) ne sont pas simplement « de droite ». Elles ont publié une pléiade d’auteurs d’extrême droite : AlexandreDouguine, théoricien du national-bolchevisme et qui a curieusement participé aussi à la rédaction du programme du Parti communiste russe, les fascistes Corneliu Codreanu, dirigeant de la Garde de fer roumaine, Ferenc Szalasi, dirigeant des Croix fléchées hongroises, etc. Settimo Sigillo est liée au néofasciste Franco Freda. All’insegna del Veltro est liée au nazi-maoïste Claudio Mutti, défenseur de la « race aryenne-païenne » et du « nationalisme anti-impérialiste ». Quant à Noctua, elle a édité des textes de Julius Evola, Francesco Ingravalle (pote avec le néofasciste Franco Freda), du Parti national-fasciste, de Carlo Terraciano (théoricien du national-communisme), mais aussi de... Lin Piao et Mao, tout cela bien avant 2011 et la préface du sieur Collin au livre de Preve

Preve prend donc ses lecteurs et lectrices français et italiens pour des imbéciles. Et a su vous mystifier avec sa réputation de marxologue averti....

L’intérêt de Preve pour le maoïsme vient de sa conviction qu’une révolution sociale serait devenue impossible dans les pays impérialistes occidentaux, que les classes sociales et la lutte des classes seraient en train de disparaître en Occident. Il a décidé de reporter tous ses espoirs sur les « peuples périphériques » (ce que le fascisme appelait les « nations prolétaires » et ce que la maoïsme avait remis à la mode dans les années 60) et sur une évolution « intelligente » du nationalisme. L’idée « communautariste » qu’il défend en ce moment (en attendant sa prochaine volte-face) était défendue avant lui en Italie par des militants qui ont fait leurs classes dans les groupuscules d’extrême droite, influencés par le « nationalisme révolutionnaire » du Belge Jean Thiriart (théoricien du national-communisme européen), le mouvement international Jeune Europe et les groupes nazimaoïstes des années 1960 et 1970. Preve collabore à un mouvement (le Campo anti-imperialista) qui, à l’occasion de l’intervention américaine contre l’Irak en 2003 a noué des liens avec des militants fascistes : cette alliance a provoqué une polémique médiatique en Italie (un peu comme l’affaire Faurisson en France en 1979) donnant à quelques dizaines de fascistes une audience inespérée grâce à l’aura intellectuelle de Preve dans les milieux de gauche et d’extrême gauche.

Mais tout cela, bien sûr, vous l’ignorez.

En 2009, dans une traduction parue en français et donc accessible à Collin et aux membres de Militant, Preve se vantait aussi de collaborer à Eurasia (cette collaboration a en fait commencé en 2004), revue d’études géopolitiques où l’on retrouve le national-bolchevik russe Douguine (pote un temps avec les fascistes belges Jean Thiriart et Robert Steuckers), les complotistes Meyssan et Webster G. Tarpley (ce dernier longtemps membre du groupe raciste et antisémite Larouche), Henri de Grossouvre (8) (soutien de Chevènement en 2001-2002 et animateur du site Carolus, site créé par l’UMP François Loos, aujourd’hui à l’UDI de Borloo), le négationniste Serge Thion (membre de la Vieille Taupe n° 2 avec Pierre Guillaume), Aldo Braccio (spécialiste de Julius Evola et collaborateur des éditions Ar du néo-fasciste Franco Freda), Tibero Graziani (éditeur de Drieu la Rochelle et Brasillach), l’antisémite Israël Shamir et évidemment.... Alain de Benoist. En pleine évolution, sur le plan de ses conceptions géopolitiques, Preve oscille entre l’idée d’une Europe militairement forte et indépendante (une confédération des nations européennes, Russie incluse), un impérialisme européen donc qui pourrait faire face au Grand Satan américain, et celle d’une alliance entre l’Europe, l’Asie et les pays arabes, d’où ses convergences idéologiques avec toutes sortes de néofascistes, populistes ou simplement réactionnaires.

Costanzo Preve fait partie de ces intellectuels qui après avoir soutenu le stalinisme presque toute leur vie, sont engagés dans une longue « déconstruction » idéologique passant de la « déconstruction du marxisme » à une involution national-communiste. Ces gens-là ne sont ni-de-droite-ni-de-gauche (à l’instar de tous les fascistes (9) ), ni-idéalistes-ni-matérialistes (comme tous les réactionnaires en philosophie ils sont favorables à « l’abandon du stupide athéisme scientifique », dixit Costanzo). Preve nous vante les mérites de la « réaction solidariste (10) et communautaire pour contrecarrer la décomposition privative et mercatique »...

Derrière ce galamatias « communiste-communautaire » (sic), on retrouve les thèmes pseudo « anti-impérialistes » et « anticapitalistes » du national-bolchevisme allemand et de l’aile gauche du fascisme italien, assaisonnés de quelques idées prises aux mouvements altermondialistes ou anti-impérialistes réactionnaires actuels :

– la « religion de l’Holocauste qui donne aval au sionisme et l’américanisme » (dans les années 20 cela aurait été le « complot juif mondial », aujourd’hui Preve dénonce plus prudemment le « sionisme mondial » ou le « sionisme hystérique » mais l’idée est la même, bien qu’il s’en défende vigoureusement),

– la glorification des « peuples », des « nations » et des « patries »,

– la thèse des « nations prolétaires » (relookée en 2013 par Preve en « nations opprimées » « peuples envahis » ou « peuples périphériques », cette dernière étant une vieille idée maoïste),

– la dénonciation de « l’antifascisme entretenu en l’absence complète de fascisme » (cf. l’encadré ci-dessous),

– la « théologie interventionniste des droits de l’homme » et du « code politiquement correct »,

– la défense des « communautés d’individualités libres et critiques » (pour éviter d’être assimilé aux défenseurs des communautés autoritaires fascistes), etc.

Il existe d’ailleurs une revue Comunismo e communita dont Preve est l’âme et le principal contributeur (voir http://www.comunismoecomunita.org/?page_id=21) qui jette le pont entre partisans du communisme et ceux de la communauté et donc en défendant cette dernière rejette les autres (entendre les immigrés). C’est essentiellement la base du fascisme et du nazisme.

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ON PEUT DISCUTER DE TOUT... MAIS PAS AVEC N’IMPORTE QUI !

Tout comme la critique de la dichotomie droite/gauche, l’idée qu’il n’existe plus de « mouvement fasciste pur » aujourd’hui peut être un élément de débat et de réflexion.

Il est exact que les partis de gouvernement de droite et de gauche défendent des programmes très proches, voire similaires dans de nombreux pays, à commencer par la France. Mais en même temps militer à la base du PS, du PCF ou de l’UMP ce n’est pas la même chose et ne conduit pas toujours aux mêmes positionnements concrets dans les grèves ou les luttes sociales.... De plus on ne peut fermer les yeux sur les origines et l’usage historiques du slogan « Ni droite ni gauche ». Et quand on voit Riposte Laïque s’allier au Bloc Identitaire, on comprend pourquoi ces gens autrefois de gauche dénoncent désormais « l’imposture du clivage gauche-droite ». Donc prudence...

De même, il n’existe pas, pour le moment en Europe, aucun parti fasciste de masse, semblable aux partis fasciste italien et nazi allemand des années 30, et le FN ne fonctionne pas encore comme un parti fasciste classique. Cela pose au moins trois questions :

1. Le concept classique du fascisme est-il encore opératoire ?

2. Faut-il l’élargir et jusqu’où ? (par exemple, le sionisme d’extrême droite de Jabotinsky et de ses héritiers politiques israéliens est-il une forme de fascisme ?)

3. Quel contenu politique donner à l’antifascisme aujourd’hui ?

Mais ce type de discussion ne peut être mené avec des fascistes avérés comme ceux de Rébellion, avec les intellectuels fascisants de la Nouvelle Droite, ou avec des populistes réactionnaires comme ceux de la Ligue du Nord en Italie ou du Parti des Libertés aux Pays-Bas, qui ont évidemment tous intérêt à plaider pour la disparition de tout danger fasciste...

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On comprend donc parfaitement ce qui rassemble le fasciste Alain de Benoist et le « spécialiste de Marx » (dixit Le Militant), le philosophe réactionnaire et obscurantiste Costanzo Preve....

Soucieux, selon ses dires, de ne pas être traité de « fasciste infiltré » et d’éviter d’ « agir comme une sorte de monstre brun-rouge, fasciste communiste », Preve n’hésite pas, en 2005, à dénoncer la « confusion, savamment entretenue dans les milieux les plus divers, entre islam, islamisme et terrorisme » (« La “menace islamique” est l’équivalent postmoderne de l’antisémitisme moderne : quelque chose de sale et d’inacceptable auquel on ne doit faire aucune concession »). Mais, sept ans plus tard, en 2012, il soutient Marine Le Pen qui compare les prières de rue musulmanes à l’Occupation allemande, la même Marine Le Pen qui ne rate pas une occasion pour dénoncer l’islamisme, et pratique l’amalgame entre les musulmans et Al Quaida !!! La cohérence n’a jamais été la vertu première des confusionnistes d’extrême gauche (11) et surtout de leurs amis fascistes ou fascisants. Lisez Alain de Benoist et vous serez surpris du nombre de ses références « de gauche ». Il faut être particulièrement ignorant de la production des intellectuels fascistes new look pour croire que ces salauds-là n’ont pas lu les classiques du marxisme !

Vous m’assenez comme argument décisif que le soutien de Preve à Marine Le Pen daterait SEULEMENT de 2012, serait une petite "provocation", et que de toute façon la préface de Denis Collin à l’Histoire critique du marxisme de C. Preve date de 2011. Collin aurait donc tout ignoré de l’évolution ultérieure de Preve, et les voilà tous deux blanchis par vos soins, au mépris de la vérité.

Je crois avoir démontré que vous vous trompez lourdement, car vous n’avez même pas pris la peine de vérifier votre assertion : vous ignorez les liens politiques qu’a noués Preve avec des maisons d’édition néofascistes en Italie dès 2004, avec des représentants de l’extrême droite européenne « intelligente » et qui cherche à être présentable dans le cadre de la revue Eurasia, avec les revues Krisis*, Nouvelle Ecole, Eléments et Alain de Benoist dès 2004, et avec les fachos plus classiques, du type ceux de l’OSRE et la revue Rébellion, dès 2008, le tout bien avant l’appel de Preve à voter Marine Le Pen en 2012.

(* Il ne s’agit pas de la revue allemande de Anselm Jappe et Robert Kurz Krisis (Kritik der Warengesellschaft) dont beaucoup de textes apparaissent sur le site palim-psao.over-blog.fr, mais de celle – scandaleusement homonyme parce que postérieure – d’Alain de Benoist dans laquelle Costanzo Preve a publié trois articles : "La lutte des classes : une guerre des classes ?" (Krisis n° 33), "Communautarisme et communisme. Une réflexion historique et philosophique sur deux termes" (Krisis n° 32), "Communautarisme et communisme. Une réflexion historique et philosophique sur deux termes (Krisis n° 31) !!! Denis Collin, son préfacier pour "L’histoire du marxisme critique" s’est bien gardé de signaler qu’il ne s’agissait pas du Krisis allemand et nettement plus à gauche, mais du Krisis franco-fasciste du théoricien de la Nouvelle Droite. Et apparemment personne n’y a vu que du feu, à commencer par Vincent Présumey du groupe Militant dans son compte rendu fleuve où il s’ébaubit sur le style et la culture de Preve sans même noter les amitiés de ce dernier avec l’extrême droite européenne depuis au moins 2004 !!! Ajout du 14/07/2013 )

Cette extrême droite partisane de la « métapolitique (12) », qui se revendique de Gramsci, qui veut conquérir « l’hégémonie culturelle » avant de conquérir le pouvoir, a influencé le Front national (notamment la tendance de Marine Le Pen), les Identitaires et même les nationalistes révolutionnaires comme Serge Ayoub alias Batskin, gérant du Local. Il n’est donc pas étonnant que ce dernier, en bon tâcheron de la confusion, ait invité Denis Collin en 2009 pour parler d’un thème comme celui de « Marx et la Nation » (la première partie de sa conférence est visible sur Internet, et l’ensemble peut être écouté sur plusieurs sites d’extrême droite).

Serge Ayoub ne faisait qu’appliquer les consignes de ses maîtres à penser de Alain de Benoist et Dominique Venner (ce dernier s’est suicidé d’une balle dans la tête à Notre-Dame-de-Paris le 22 mai 2013 après avoir formé des générations de fascistes). Denis Collin ne pouvait décemment ignorer ces manoeuvres typiques de l’extrême droite dès 2004/2005, en France et en Italie, à moins qu’il n’ait vécu sur une île déserte depuis quelques décennies.

En effet, les débats médiatiques sur les « rouges bruns » et la « Nouvelle Droite » ont eu lieu trente ans auparavant, et de nombreux intellectuels dits de gauche ont fricoté avec le GRECE et Alain de Benoist : Roger Garaudy philosophe officiel du PCF ; Jean-Michel Palmier spécialiste de Heidegger, Marcuse, Benjamin et Jünger ; le philosophe André Comte-Sponville ; Jean-François Kahn et Régis Debray ; Jean-Marie Domenach (directeur d’Esprit, revue des chrétiens de gauche puis soutien de la CFDT la plus droitière) ; Gisèle Halimi, l’avocate des militants du FLN et des porteurs de valises ; Jacques Julliard (à l’époque proche de la CFDT) et Bernard Langlois (au PSU puis à l’hebdo Politis), etc.

Olivier et Vincent prétendent qu’ils ne savaient pas que Collin avait donné une conférence dans un local tenu par des fascistes. Mais lui, Collin, le sait parfaitement et ne s’en est pas expliqué, du moins à ma connaissance. J’ai du mal à croire à une telle ignorance de la part des rédacteurs du Militant, tant aujourd’hui les moteurs de recherche permettent de vérifier ce genre d’info en quelques secondes...

Admettons qu’ils aient été négligents et aient fait confiance à un « ancien dirigeant de l’OCI », un ancien camarade, apparemment sympathique, du moins si l’on en juge au ton de sa voix durant sa conférence enregistrée au Local...

Mais que pensent-ils – MAINTENANT QU’ILS LE SAVENT – d’un marxiste qui va discuter tranquillement avec des fascistes et qui préface le livre d’un pote d’Alain de Benoist dont plusieurs textes sont publiés depuis 2004 dans des revues ou chez des éditeurs fascistes ou d’extrême droite ?

Aucun commentaire sérieux de leur part dans leur texte, hormis des réflexions que je pourrais résumer, en substance, à des phrases banales du type « C’est du passé », « Remuer le passé d’un individu est un procédé stalinien » ou « C’est une erreur regrettable ». Mais quand Cruse, Preve ou Collin ont-ils fait table rase de leurs positions « passées » (1995, 2004, 2009), voire de leurs positions actuelles (cf. les nombreuses citations présentées dans cet article) ? Quand sont-ils revenus sur leurs propos sociaux-chauvins à propos de l’immigration, par exemple ?

Denis Collin, ex- dirigeant de l’OCI (13) ? Oui, mais encore...

Denis Collin est l’animateur d’un site, La Sociale, sur lequel des racistes peuvent s’exprimer sans susciter le moindre commentaire de sa part. En témoigne ce mail d’il y a QUATRE ans (http://lasociale.viabloga.com/news/revolutionnaires-et-conservateurs) « Jeudi 05/02/2009 à 11:32 Excellente intervention. Il faudrait créer le NPC (Nouveau parti colliniste) : j’adhèrerais immédiatement. S’il est un mérite que l’on peut reconnaître au règne du nabot malfaisant, c’est bien celui de faire apparaître aux yeux de tous la mort manifeste des valeurs bourgeoises traditionnelles (catholicisme, nation, réaction, élitisme culturel) au profit d’un vague salmigondis métissolâtre, compassionnolâtre, consommatossolâtre et pipeulolâtre. »

« Métissolâtre », cela ne vous rappelle rien, camarades du Militant ?

C’est une des expressions favorites du fasciste Renaud Camus et de ses amis du Front national : « Il est très frappant, écrit par exemple Renaud Camus, d’observer la coïncidence structurelle, idéologiquement inévitable, entre la haine des frontières, l’immigrationnisme à tout crin, la métissolâtrie psittaciste, qui sont médiatiquement l’idéologie dominante et quasiment unique de la petite-bourgeoisie au pouvoir. » On retrouve cette expression fréquemment sur des sites d’extrême droite comme Novopress, la Sororité Aryenne, Défrancisation, agoravox, fdesouche.

Denis Collin peut-il l’ignorer ? Lisez-vous vraiment les articles de Denis Collin ?

Le commentaire raciste que je viens de citer figure sous un article de votre ami Collin, au titre significatif, « Immigration, sans-papiers, xénophobie et “sans-papiérisme” » (c’est moi qui souligne cette expression qui est, comme par hasard, le titre d’un livre de Luc Gaffié vanté sur tous les sites d’extrême droite). Son contenu est édifiant. Dans son texte, Denis Collin explique qu’il n’aime pas l’image d’un « monde ouvert et “métissé” » : les guillemets à « métissé » sont de lui, et il ne nous dit pas vraiment pourquoi ce monde métissé le débecte. Ou plutôt il prétend que le métissage ferait le jeu d’une prétendue « mondialisation heureuse », écarterait « toute idée de transformation sociale » et ferait « de l’inégalité, de l’exploitation et de la domination des données “naturelles” auxquelles on ne peut rien changer ». A mon humble avis (malveillant me direz-vous), c’est le mélange (le métissage) des peuples qui ne semble pas « naturel » au sieur Collin comme à tous les sociaux-chauvins et les souverainistes,.

Son internaute groupie qui dénonce la « métissolâtrie » est un fan de la prose de Renaud Camus... Et ce même individu au trajet politique très sinueux, auteur par ailleurs d’un livre publié dans une maison d’édition radicale, recommandait en 2009 à Collin la lecture de – devinez qui ? – Costanzo Preve (« le Jeudi 05/02/2009 à 13:21 Sur la question des valeurs, lire l’entretien accordé par Costanzo Preve à la revue Éléments) ». Il s’agissait d’un article au titre confusionniste typique : « Quand la culture de gauche légitime le capitalisme » (n° 116, printemps 2005) qui avait été précédé, dans un autre numéro d’Eléments, d’une interview réalisée par Alain de Benoist et intitulée « Relire Marx avec Costanzo Preve » (n° 115, hiver 2004/2005) (disponible elle aussi sur Internet depuis quelques années, du moins pour ceux qui veulent se donner la peine de chercher un peu).

Éléments, donc la revue du maître à penser de l’extrême droite relookée. Et ce en 2009 sur le site même de Denis Collin !!!

Mais le sieur Collin, grand défenseur des pouvoirs de l’Etat national (cf. l’article précité sur son site la sociale et la citation suivante qui illustre la vacuité de son « républicanisme communiste » (sic) : « À un certain fétichisme du “mouvement social”, il s’agit d’opposer la définition d’un système législatif capable d’assurer à long terme la protection des citoyens contre toutes les formes de la domination »), ne s’arrête pas là.

Tout comme de Benoist et Cruse, il considère l’immigration comme un problème ; il attaque les travailleurs immigrés, les « sans papiers » et leurs soutiens « petits-bourgeois » avec de pseudo arguments de gauche ou d’ultragauche (voir encore une fois notre texte sur « Les dix commandements du petit xénophobe “radical” ») : « Les pourfendeurs du « sans-papiérisme » (ainsi Éric Zemmour, journaliste au Figaro, devenu un des éditocrates en vue) n’ont pas tort quand ils font remarquer que l’immigration et spécialement l’immigration clandestine jouent un rôle important comme arme du patronat pour faire pression sur les salariés et démanteler les acquis sociaux. » Se rendant compte qu’il est allé trop loin pour une partie de son public de gauche, il affirme le contraire quelques lignes plus loin : « Tout d’abord, la concurrence que les immigrés font aux travailleurs nationaux ne joue qu’un rôle tout à fait secondaire dans la croissance du chômage et la destruction des acquis sociaux. » Mais, en bon social-chauvin qui préfère les ouvriers « autochtones » aux ouvriers « étrangers », les patrons français de souche aux patrons américains ou allemands, il ne peut s’empêcher de revenir à la charge en usant benoîtement du conditionnel : il dénonce « la concurrence que ces travailleurs ultra-précaires pourraient faire aux travailleurs nationaux ou bénéficiant d’un titre de séjour de 10 ans ».

La mention de la carte de résident peut sembler un détail mais elle est très significative. En effet, les sociaux-patriotes comme Collin divisent les travailleurs « étrangers » en trois catégories : les bons immigrés (titulaires d’une carte de 10 ans) qu’on ne peut pas moralement expulser surtout s’ils ont des enfants scolarisés ou nés en France ; les moins bons immigrés (titulaires d’une carte d’un an et qui devront retourner chez eux si la conjoncture économique est défavorable et que l’on veut, comme le social-patriote Collin, protéger les travailleurs français contre les effets négatifs supposés de leur présence sur le territoire national) ; et les mauvais « étrangers » (les « sans papiers » qui font le jeu du Capital, la ritournelle xénophobe est connue).

C’est vraiment avec ce genre d’intellectuel confus, « issu du mouvement ouvrier », que vous pensez pouvoir entamer un « débat fructueux » ? Fructueux pour qui ?

Il n’est donc pas étonnant qu’un philosophe de « gauche », ex- dirigeant de l’OCI, devenue la plus sociale-patriote des organisations trotskystes, reprenne les arguments fallacieux des nationalistes franco-gaulois contre l’immigration et pour le contrôle des flux migratoires ; il n’est pas étonnant qu’il puisse se rendre dans un local fasciste pour y faire une conférence sur les bienfaits de la nation selon saint Marx ; il n’est pas étonnant qu’il préface les écrits d’un « spécialiste de Marx » qui flirte avec l’extrême droite, « intellectuelle » ou militante en France et en Italie, et qui publie dans des maisons d’édition et revues xénophobes et néofascistes ; et il n’est pas étonnant qu’il laisse passer des commentaires racistes sur son site sans réagir et condamne le « sans-papiérisme » (ce que le fasciste Renaud Camus appelle « l’immigrationisme » c’est-à-dire les défenseurs des travailleurs « sans papiers » qui doivent combattre tous les jours le même type d’arguments xénophobes que ce « bon connaisseur de Marx » – selon vous – nous assène en faisant référence au grand penseur ...Eric Zemmour !!!)

Terminons par Jean-Paul Cruse et votre front unique...virtuel.

Vous me dites que c’est à Cruse de me répondre et qu’il serait un grand défenseur des « travailleurs immigrés » et fait partie du « mouvement ouvrier ». Pourtant dans son appel à un Front national paru dans l’Idiot International en 1995 (ce texte est reproduit intégralement, avec une approbation inconditionnelle, sur le site du fasciste Alain Soral, Egalité et Réconciliation) il prônait un « violent sursaut de nationalisme industriel et culturel », affirmait que « Pasqua, Chevènement, les communistes et les ultranationalistes » allaient bientôt « se trouver plus proches les uns des autres ». Qui étaient ces ultranationalistes à votre avis ? Et Qui était Charles Pasqua ? N’était-ce pas l’ex-patron des nervis du SAC, un ministre de l’Intérieur et l’auteur de lois en 1986 et 1993 qui avaient frappé durement les travailleurs immigrés juste avant cet appel à l’Union nationale ?

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QU’EST-CE QU’ÉTAIT L’IDIOT INTERNATIONAL ?

Ce journal fut animé par Jean-Edern Hallier entre 1969 et 1994. Comme l’écrivait la revue Mauvais Temps en 1999 : « Cet hebdomadaire était un véritable laboratoire idéologique où, sous couvert d’anti-américanisme, d’anti-mitterrandisme, d’antisionisme, on redonnait des couleurs neuves à l’antisémitisme, où sous les apparences de la phraséologie révolutionnaire, on réhabilitait en fait la vieille pensée de l’extrême droite française, celle de Barrès, de Maurras, de Daudet fils, de Drieu La Rochelle. » Hallier publia un livre d’Alain de Benoist tout en affirmant ne pas partager les positions de la Nouvelle Droite (on remarquera que le système de défense des intellectuels fascistes ou fascisants est toujours le même : c’est au nom de la liberté d’expression qu’ils propagent des idées réactionnaires ou défendent le droit de certains à les exprimer). La liste des collaborateurs de l’Idiot International est édifiante : Patrick Besson, Marc-Édouard Nabe, Gabriel Matzneff, Jean Dutourd, Michel Déon, Jacques Laurent, Jean Cau, Philippe Sollers, Philippe Muray, Thierry Séchan, Michel Houellebecq, Edouard Limonov, Jacques Vergès, Alain de Benoist, Alain Soral, etc.

On retrouve là une pléiade d’écrivains ou d’individus qui se sont signalés par leurs propos réactionnaires ou antisémites, à un moment ou un autre depuis trente ans, et/ou ont soutenu Milosevic. Quelques jeunes écrivains arrivistes (et ouvertement réac pour deux d’entre eux) qui sont devenus célèbres ensuite, genre Beigbeder, Nabe ou Houellebecq. Et aussi quelques types « de gauche » comme Marc Cohen (PCF) ou Gilbert Mury (fondateur du PCMLF maoïste).

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Dans L’Idiot International, Jean-Paul Cruse, ce grand défenseur de l’immigration, selon vous, écrivait en 1995 : « Pas de réponses aux problèmes effectivement liés, de l’immigration, de l’insécurité, du chômage et de la criminalité urbaine, sans une politique volontariste, autoritaire et de longue portée, d’aide aux jeunes Etats forts du tiers monde, seuls aptes à briser le cycle mortel de la famine. » Une politique « autoritaire » ne reposerait-elle pas sur les contrôles au faciès et la chasse policière aux clandestins ? Ce lien entre immigration, chômage et criminalité vous semble-t-il être le fait d’un défenseur sincère des prolétaires immigrés ou d’un « gauchiste décomposé » (un terme que vos camarades trotskystes de l’OCI utilisaient dans les années 70 et qui pour une fois convient parfaitement à ce monsieur Cruse) en pleine involution national-populiste ?

Son raisonnement en 1995 est d’ailleurs le même que tient Alain de Benoist aujourd’hui. Après avoir expliqué qu’on peut très bien être français et musulman, le théoricien de la Nouvelle Droite tombe son masque xénophobe en nous présentant un raisonnement « de gauche » : « On peut en revanche très bien considérer qu’il y a “trop d’immigrés” en France, en ce sens que l’immigration massive à laquelle nous avons assisté depuis trente ans excède désormais largement nos possibilités d’accueil, et qu’il en résulte toute une série de pathologies sociales dont les premières victimes sont les classes populaires. » Et d’ajouter comme certains petits chauvins de « gauche » : « Je ne condamne pas cette immigration trop massive par chauvinisme ou par xénophobie, mais parce que j’y vois un déracinement forcé dont le seul bénéficiaire est le patronat. L’immigration, c’est l’armée de réserve du capital. » Ben voyons !

Dans le même texte de 1995, Cruse saluait dans la Résistance « l’alliance des communistes et de la droite catholique, nationale, militaire et maurrassienne du général de Gaulle ». Contrairement à ce que cache le Militant, Cruse appelle régulièrement sur son site à la fondation d’un « nouveau Conseil National de la Résistance », sans mentionner que l’Union nationale gaullo-socialo-stalinienne servit à faire marner les travailleurs jusqu’à l’épuisement et au risque de leur vie pendant les trois années qui suivirent la Libération pour rétablir les profits des capitalistes gaulois et pour redresser l’Empire colonial français (14) . Dans son appel à un nouveau Front national de 1995, Cruse alla jusqu’à affirmer que « la liquidation du vieil Empire [français], fondatrice de la République moderne » fut le résultat d’un processus qui vit « là encore, le rouge du drapeau flirter avec la Croix de Lorraine, et l’ombre de Jeanne d’Arc danser avec le spectre de Louise Michel » !

Vous dites que vous avez des « divergences » avec Jean-Paul Cruse mais, tout comme pour Denis Collin, vous n’expliquez pas lesquelles. Partagez-vous les positions de Cruse et Collin sur le prétendu danger pour la cohésion de la nation française et les acquis sociaux que représenterait l’immigration, oui ou non ? Et souhaitez-vous entretenir la confusion avec de tels individus, justement dans les quartiers populaires, oui ou non ?

Vous invoquez le « Front unique ». Mais de quoi s’agit-il exactement ? De se battre concrètement sur le terrain contre l’exploitation, de lutter efficacement contre la répression policière, les discriminations racistes ou de signer UN simple appel avec des individus qui tiennent un double langage ?

On connaît l’efficacité très limitée de cet outil militant sur le sort réel des travailleurs. Faisant partie d’un réseau militant au service des « sans papiers » qui utilise systématiquement l’arme des appels et des pétitions, je peux témoigner que leur efficacité est très limitée, voire nulle, s’ils ne sont pas accompagnés d’actions concrètes visibles et médiatisées (ou au moins dérangeantes pour les autorités locales) : manifestations dans les écoles, devant les commissariats ou les centres de rétention, délégations surprises auprès du préfet ou du maire, banderoles déployées dans toutes sortes d’endroits inattendus, présence dans les aéroports au moment des expulsions, contacts et actions avec les militants d’autres associations, syndicats, partis, articles dans les médias, etc.

Vous conviendrez avec moi que le « Front unique » ne se réduit pas à un... appel sur Internet.

Par contre aller chercher la signature de Jean-Paul Cruse quand on connaît l’ensemble de ses positions politiques (y compris celles de 1995 qu’il n’a, à ma connaissance, jamais reniées ni surtout analysées sous un nouvel angle pour montrer à quel point elles relevaient et relèvent toujours de la plus plate xénophobie social-chauvine) n’est pas du tout innocent et ne peut que contribuer à le rendre plus respectable.

Le « souverainisme », surtout dans une période de montée de l’extrême droite (fascisante, fasciste ou simplement populiste réactionnaire à la Geert Wilders aux Pays-Bas (15) ) est le meilleur appui idéologique que la gauche puisse apporter à la propagande de l’extrême droite : défendre « notre » patrie, « notre » industrie, « nos « patrons, CONTRE QUI ?

Quand on est de « gauche », on prétend qu’il s’agit des méchantes multinationales américaines, de l’horrible Allemande Angela Merkel, des eurocrates ou de l’infâme « Troïka » apatrides.

Quand on est Jean-Paul Cruse, on se passionne pour les patrons du Sentier qui ont des liens religieux, culturels ou politiques avec Israël. S’il était mieux renseigné (ou plutôt s’il se livrait à des insinuations moins « malveillantes ») il saurait que désormais les patrons franco-français, franco-chinois et franco-turcs ont supplanté depuis longtemps dans la confection les patrons français juifs. Mais sur ces patrons-là (non juifs) de la confection il n’a rien à dire sur son blog ; pourtant la surexploitation, les horaires démentiels, les salaires payés en retard ou jamais versés, les faillites frauduleuses à répétition, le paiement illégal à la pièce, les violations du Code du travail continuent de plus belle dans le Sentier et touchent particulièrement les travailleurs immigrés dont Cruse serait, selon vous, un grand défenseur. Pourquoi, à votre avis, son site focalise-t-il seulement sur les patrons juifs du Sentier et leurs amitiés « sionistes » ?

Pour moi l’explication est simple : certaines habitudes mentales ont du mal à disparaître « à gauche », à l’extrême gauche et à l’ultragauche. Hier, seuls les Rothschild incarnaient le Capital et la Banque pour la « gauche » (comme s’il n’y avait pas à l’époque une majorité de banquiers et de capitalistes catholiques ou protestants en Europe et en Amérique !), aujourd’hui ce sont les patrons « sionistes », les rabbins filous et les escrocs juifs du Sentier qui incarneraient le mieux le Capital... Cruse n’a même pas pour excuse d’avoir dévoilé sur son blog un scoop, un scandale qui aurait été caché par les médias puisque toute la presse s’en est fait l’écho...

D’autre part, vous savez parfaitement que de nombreux travailleurs français (et aussi de nombreux travailleurs étrangers en « situation régulière » ou même récemment naturalisés) considèrent que s’il y avait moins d’« étrangers » en France, notamment de « sans papiers », il y aurait moins de concurrence sur le marché du travail, donc moins de chômage. Cet argument fallacieux selon lequel la présence d’« allochtones » ferait baisser la valeur de la force de travail des prolétaires « autochtones » est un credo à gauche et dans les syndicats depuis un siècle (seul l’historien Gérard Noiriel a montré que l’immigration a au contraire permis l’ascension sociale progressive des différentes couches du prolétariat franco-français, l’amélioration de ses conditions de vie et de travail et le maintien de l’existence d’une petite paysannerie jusqu’au début des années 50 voire au-delà, mais ses écrits n’ont guère eu d’influence apparemment sur vos amis Collin et Cruse). Dans son texte de 1995, Cruse ajoutait à cet argumentaire fallacieux d’autres arguments ineptes sur la criminalité supposée des immigrés et l’insécurité provoquée par leur présence... En cela il se montrait un bon disciple du Front national (pas le sien, fantasmé et inexistant, mais l’autre, bien réel, celui de Le Pen qui recueille désormais plus de 6,5 millions de voix aux élections).

Le « souverainisme », fût-il de gauche ou d’extrême gauche, n’est que l’autre face, complémentaire et symétrique, du souverainisme de droite et d’extrême droite. C’est d’ailleurs ce que vos Pères fondateurs Lénine et Trotsky appelaient du « social-patriotisme » ou du « social-chauvinisme ». Mais apparemment vous l’avez oublié, ce qui ne m’étonne pas vraiment, vu vos affinités avec le Parti de Gauche (16) , « digne » successeur de ce courant néfaste au sein du « mouvement ouvrier ».

Y.C.

10/07/2013

PS. Je dois admettre que vous avez raison au moins sur un point : puisque je vous connais personnellement, j’aurais dû vous demander des explications par mail avant d’écrire mon billet au ton agressif. Mea culpa. Mais serez-vous capables de reconnaître que Collin et Cruse ne sont pas des alliés fréquentables ? Et que Preve n’est qu’un piètre-penseur réactionnaire même si ces articles paraissent dans des revues marxistes et si ces livres sont préfacés (pas toujours d’ailleurs...) par des philosophes se réclamant du grand Karl ?

Sinon, vous prouverez que l’extrême droite a déjà gagné son combat idéologique, son combat « métapolitique » puisque, pour vous, discuter gentiment avec des militants fascistes, publier des textes marxistes sur des sites, chez des éditeurs ou dans des revues fascisants ou fascistes, préfacer un auteur qui a des amitiés avérées à l’extrême droite ferait désormais partie des mœurs du « mouvement ouvrier » – aux contours de plus en plus flous si j’en crois les Collin et les Cruse, avec qui vous réalisez un « Front unique » sans principes...

NOTES

1. Le souverainisme n’est qu’un terme politiquement correct pour désigner la version contemporaine du social-patriotisme. Cf. « Sociaux-patriotes d’hier et d’aujourd’hui : permanence et récurrence des idées réactionnaires » http://www.mondialisme.org/spip.php?article1835 . A ce propos, un article récent de Frédéric Lordon sur le site du Monde diplomatique (http://blog.mondediplo.net/2013-0 ?-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas) tente désespérément d’introduire une différence fondamentale entre « souverainisme de droite » et « souverainisme de gauche », sous prétexte que le second s’appuierait sur le peuple et les élections, mais pas le premier. Rappelons à ce monsieur que tous les partis populistes d’extrême droite en Europe depuis quelques années arrivent à peser sur les politiques de leur gouvernement en s’appuyant sur le « peuple » et la « démocratie parlementaire » (Hongrie, Italie, Pays-Bas, Danemark, etc.). En France, seule l’absence de proportionnelle empêche le Front national de profiter à plein de la « démocratie » (enfin, côté pognon, ils ne peuvent pas vraiment se plaindre, les contribuables raquent pour qu’ils aient la possibilité de déverser leur bile...) et du soutien d’une partie du « peuple » (il n’y a quand même pas 6,5 millions de bourgeois en France) pour peser encore plus sur l’orientation xénophobe des politiques publiques. Lordon prétend que la régularisation des sans-papiers résoudrait le problème du prétendu « dumping social » causé par l’immigration mais en même temps il se dit favorable à la régularisation des flux migratoires. On ne peut donc lui faire aucune confiance, ni à lui ni à tous les souverainistes de gauche ou de droite.

2. Je ne suis pas « marxiste », quel que soit le sens que l’on donne à ce terme. Mais je suis quand même capable, contrairement aux rédacteurs du Militant, de détecter les charlatans et les faussaires qui utilisent le prestige révolutionnaire de Marx pour faire passer en contrebande leurs idées réactionnaires, xénophobes ou réformistes honteuses.

3. Pierre Lambert, alias Boussel, a été pendant cinquante ans le dirigeant historique des trotskystes de l’OCI (Organisation communiste internationaliste), aujourd’hui POI (Parti ouvrier indépendant). On remarquera que le « I » de internationaliste a été remplacé par « indépendant » et que la référence au communisme a disparu. Tout un symbole. (Un lecteur m’a fait remarquer que ma remarque était de mauvaise foi parce que je dissimulais le fait que le Courant communiste internationaliste faisait partie du POI. Dont acte. Malheureusement je crains que cela ne change rien au contenu de la politique de plus en plus nationaliste du POI..)

4. Dans sa conférence sur « Marx et la nation » au Local en 2009, Denis Collin, après avoir présenté à ses auditeurs une interprétation de Marx tout à fait dans la lignée nationale-communiste-stalinienne (passage pacifique au socialisme, neutralité de l’Etat, importance de la nation, etc.), glisse de notions comme celles de l’association ouvrière et de la coopération des producteurs à la notion de communauté, offrant ainsi un terrain d’entente idéal avec la pensée réactionnaire, populiste ou fasciste.

5. Sur ce dernier point on lira l’article qui a déclenché cette polémique : « Cruse, Collin, Preve, la confusion se porte bien, merci » http://www.mondialisme.org/spip.php?article1939 et qui contient les références des propos de Preve sur les élections de 2012.

6. Son traducteur et ami Yves Branca explique, dans un texte de 2009, qu’il a été maoïste dans sa jeunesse. A ce propos, il se plaint naïvement que, lors de son licenciement par les Éditions de Pékin, son employeur lui ait payé seulement un billet d’avion pour revenir en France et non un billet de train par le Trans-sibérien ! Plus important, mais moins comique, il nous confie qu’il s’est rapidement passionné pour le GRECE, Julius Evola et René Guénon (trois références classiques pour l’extrême droite et qui ne suscitent aucune critique dans la réponse que lui adresse Preve), et a traduit des articles de Preve pour les revues d’extrême droite Krisis, Nouvelle Ecole et Rébellion.

7. « Affinité spirituelle » sans faille puisque les éditions Krisis, dirigées par Alain de Benoît ont publié en 2012 Éloge du communautarisme - Aristote - Hegel - Marx, un essai de Costanzo Preve préfacé par Michel Maffesoli, réac médiatique bien connu. Ce « communautarisme » new look qui prétend s’inspirer des philosophes grecs (chers à la Nouvelle Droite qui a toujours vu chez les Grecs anciens une race supérieure, virile, détrônée par le judéo-christianisme « oriental » considéré comme une religion dévirilisante) et de la « communauté humaine » de Marx est en fait une réhabilitation des « communautés nationales » et des « frontières nationales » (chères aussi à Denis Collin qui cite le nationaliste Renan comme une référence !).

8. Henri de Grossouvre est l’un des fils de François de Grossouvre qui fut successivement, royaliste, pétainiste, résistant, cadre du réseau antisoviétique Gladio au service de l’OTAN, ami et financier de Mitterrand, conseiller de Dassault et mystérieusement « suicidé » en 1994. Avec un tel père, on peut être sûr que ce Henri de Grossouvre, dont Costanzo Preve apprécie les écrits, a été à bonne école pour ce qui concerne la confusion droite/gauche.

9. Le site fasciste Rébellion a publié en 2008 une interview de Preve « Que veut dire être marxiste de nos jours ? » reproduite, entre autres, sur le site du PCF du Bassin d’Arcachon et sur le site Rouge Midi, à la tendance Rouges Vifs du PCF,sans le moindre commentaire ! Le marécage de la confusion pullule d’exemples similaires.

10. Le « solidarisme » est un terme particulièrement apprécié à l’extrême droite... On trouve un portrait de Chavez sur le site d’Alain Soral et de l’OSRE, et bien sûr Preve fait l’éloge du « solidarisme populaire » de Chavez. Quant à la défense des « communautés » naturelles, ethniques, régionales, raciales, elle a toujours été au centre de la réflexion fasciste, même si on trouve le terme de « communauté humaine » (Gemeinwesen, essence humaine) chez Marx et des auteurs marxistes.

11. Une des tactiques des confusionnistes qui viennent de l’extrême gauche ou des partis staliniens est de tenir des propos réactionnaires tout en mentionnant le nom de leurs amis marxistes en guise d’alibi. Un peu comme Le Pen qui venait toujours à ses procès pour racisme ou antisémitisme en compagnie d’un ami africain, arabe ou juif, pensant ainsi être immunisé contre toute critique. Ainsi Preve mentionne « mon défunt ami Jean-Marie Vincent », « mon ami disparu Georges Labica », « mon ami André Tosel » et bien sûr... Denis Collin qu’il « l’un des penseurs marxistes français les plus intéressants ». S’adressant au fasciste Alain de Benoist, Preve affirme également : « Actuellement, Etienne Balibar et toi-même sont les deux intellectuels qui, en France, me semblent être les plus intéressants. Tu as osé briser le tabou de la notion d’identité », etc. Vous avez le tournis et ne comprenez plus qui défend quoi ? Ne vous inquiétez pas, c’est l’effet recherché par les professionnels de la confusion.

12. Ce mot sophistiqué désigne le combat culturel mené par la Nouvelle Droite qui a tenté de récupérer des concepts empruntés à la gauche, et de se réclamer de Debord, Foucault, Deleuze, Guattari, Marx, Lénine, Babœuf, Blanqui, Proudhon, etc.

13. L’OCI, est parmi les « trois soeurs du trotskysme » celle qui a entamé depuis longtemps le virage le plus manifeste vers le nationalisme et le social-patriotisme. Elle partage tout à fait l’opinion d’Alain de Benoist selon laquelle « les grands acquis sociaux ont toujours été obtenus dans le cadre national » et que « l’internationalisme n’a jamais signifié l’abolition des nations ». C’est très exactement ce que Denis Collin expliqua dans la conférence qu’il donna aux fascistes du Local en 2009. A propos de l’OCI-PT on lira les articles de Karim Landais (notamment « Le lambertisme à la croisée des chemins » http://www.mondialisme.org/spip.php?article838 et « Le Parti des travailleurs et l’Europe ») dans la deuxième édition de son livre (De l’OCI au Parti des travailleurs) qui paraîtra en juillet 2013 aux éditions Ni patrie ni frontières.

14. Cf. le numéro 30/31/32 de Ni patrie ni frontières, et notamment les articles sur la Libération et les grèves de 1947, pages 310 à 364.

15. Cf. à ce sujet les articles des groupes De Fabel van de illegaal et Doorbraak traduits par Ni patrie ni frontières.

16. Le programme de ce parti sur l’immigration est certainement le moins pourri parmi ceux des trois partis de « gauche » – PS, PG, PCF –, mais les positions de Mélenchon lorsqu’il était au Parti socialiste – c’est-à-dire durant l’essentiel de sa vie politique – ne peuvent que nous inciter à la méfiance. Et le fait que votre ami, le social-chauvin Collin, ait voté Mélenchon ne me rassure guère !

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Post-scriptum du 11 juillet

La non-réponse insultante et dilatoire à notre article ne s’est pas faite attendre. Elle se trouve ici pour celles et ceux que cela intéresse....

http://www.le-militant.org/Militant/Gauche/Entrees/2013/7/10_Passons_a_lordre_du_jour.html

précédée d’une autre série de mensonges éhontés ici

http://www.le-militant.org/Militant/Gauche/Entrees/2013/7/6_Complement___un_echange_de_mails_tronque_par_Yves_Coleman.html

POST SCRIPTUM DU 16 JUILLET

Mais le pire est à venir. Un camarade dont je reproduis ici l¹analyse
m¹a signalé un dernier point, le plus important :

«  Il suffit de se référer
à cet article récent, qui évoque l’assassinat de Clément Méric [signé d¹un
certain Francis et publié sans le moindre commentaire critique sur le site
du Militant sous le titre http://www.le-militant.org/Militant/courrier/Entrees/2013/6/20_Lettre_a_une_amie_dEspagne.html ], article qui reprend exactement la version de Serge
Ayoub. Une bagarre entre mômes, un fait divers malheureux , où Esteban
Morillo et Clément Méric sont d’abord renvoyés dos à dos, des mecs qui
allaient acheter des sapes, où la préméditation est d’emblée écartée
(Militant a accès à la procédure judiciaire ? ) avant que le texte en vienne
à évoquer les « andouilles » qui crient encore No Pasaran, et accuse
l’antifascisme de masquer les causes réelles du fascisme. Quand on n’a que
ça à publier, quelques jours après la mort d’un camarade, tué par la
mouvance qui a tué également dans les années 80 et 90, quand on ravale la
mort d’un des nôtres au rang d’anecdote malheureuse, mais non significative
parce qu’elle ne correspond pas à nos précieuses analyses politiques,
franchement, tout est dit, définitivement.
En matière d’antifascisme, comme sur tout autre sujet, la solidarité
n’exclut pas la critique, et d’ailleurs des critiques ont été faites sur les
stratégies des uns et des autres . Mais bon, y’a un truc tout con :
normalement, quand même, si tu te vis comme militant révolutionnaire ou
juste progressiste, la solidarité quand un camarade est tué par des
néo-nazis, c’est pas une question de compassion, c’est une question
d’identification immédiate : tu te dis forcément que ça aurait pu être toi,
que ces brutes barbares auraient pu ou pourront désormais te tomber sur le
râble et te flinguer, parce que tu as osé faire une remarque sur leur
appartenance ou juste parce qu’ils t’ont reconnu. Ca te passe forcément par
la tête, et tu ne vas pas accabler d’office le camarade sur ses idées ou son
goût pour la sape redskin ou je ne sais quoi, le commun entre vous est
tellement évident, dans ces moments- là. Donc perso, quand cette réaction
est absente, je me dis qu’il y a déjà un énorme problème. »

Effectivement, il n’y a rien à ajouter, d’autant plus que le 12 juin Militant écrivait sous le titre « Clément et les tueurs » : « Clément Méric était l’un des nôtres : nous ne le connaissions pas, mais c’est une évidence. (...) quand la presse glose sur le fait que les uns et les autres aiment les fringues Fred Perry et laisse entendre qu’Antifa et Fafs seraient des frères ennemis, c’est inadmissible. »
Gageons qu’on nous rétorquera "liberté d’expression", mais l’absence de tout chapeau critique à cette lettre laisse un goût plus qu’amer.
Y.C.

Fin du "débat".