Accueil > Ni patrie ni frontières > 40-41 : Soulèvements arabes : Tunisie, Egypte (mai 2012) > Ni patrie ni frontières N° 40-41 : Soulèvements arabes. Tunisie, Egypte (...)

Ni patrie ni frontières N° 40-41 : Soulèvements arabes. Tunisie, Egypte (mai 2012)

samedi 5 mai 2012, par Yves

Présentation

Ce numéro porte essentiellement sur les révoltes dans les pays arabes. La première partie, la plus longue, contient deux imposantes brochures du groupe Mouvement communiste (« Tunisie : Restructuration à chaud de l’État après une tentative d’insurrection incomplète » et « Egypte : Compromis historique sur une tentative de changement démocratique »), qui tentent de nous donner quelques clés sur ce qui s’est passé dans ces deux pays en 2011.

En dehors de nous fournir une chronologie précise, une bibliographie, et de nombreuses données statistiques, ces articles essaient de décrire et comprendre les forces sociales et politiques en présence. Les auteurs partent d’un point de vue de classe et non de considérations sur le « conflit des civilisations » ou le retard « culturel ou anthropologique » des Arabes comme le font certains esprits distingués.

Qu’ils approuvent ou pas le parti-pris marxiste orthodoxe de Mouvement communiste et le fait que ces camarades placent au centre de leurs espérances l’auto-organisation et les luttes des prolétaires, les lectrices et lecteurs de cette revue disposeront d’analyses sociales, historiques et économiques solides, loin de tout triomphalisme gauchiste et de toute naïveté tiersmondiste.

L’idéal aurait sans doute été de publier un recueil de traductions d’articles écrits par des groupes ou des individus militant sur place, malheureusement cela ne nous a pas été possible – cette fois-ci.

La seconde partie de la revue, beaucoup plus polémique que la première, commence par souligner la complicité des régimes de Chavez et Castro avec les dictatures de Bachar al-Assad et Mouammar Kadhafi, complicité dont les fondements économiques et financiers ont apparemment échappé aux « anti-impérialistes », aux altermondialistes de tout poil, au Monde diplomatique, à Acrimed, etc. Bref, à tous ces militants qui sont prêts à payer 1 500 billets d’avion pour montrer leur solidarité avec les Palestiniens soumis au colonialisme israélien, mais pour qui les 10 000 morts (et le compteur macabre continue à tourner à toute vitesse) massacrés en quelques mois par le régime « anti-impérialiste » syrien, soutenu par Castro et Chavez, leurs idoles, n’est qu’un « point de détail »...

Un article rappelle la complicité de tous les partis de l’Internationale socialiste avec les régimes de Ben Ali et de Moubarak, car les militants ont souvent la mémoire courte, très courte.

Deux textes proposent quelques définitions provisoires des modalités du racisme, des différentes formes de discriminations, mais aussi de termes comme ceux de culture, peuple et civilisation.

Enfin, nous nous interrogeons sur la pertinence de certaines déclarations du philosophe Cornelius Castoriadis à propos du monde arabo-musulman. Cette réflexion est née d’une discussion avec un collectif de « castoriadiens » (Lieux Communs). Le débat a tourné court et s’est mal terminé, mais il aura au moins permis de révéler que, même chez des individus « radicaux » qui prétendent avoir un esprit critique ; qui affirment échapper à tous les pièges des modes intellectuelles réactionnaires ; qui dénoncent ce qu’ils appellent avec hauteur le simplisme, l’inculture et le sectarisme de l’extrême et de l’ultra gauche, eh bien, même chez ces individus-là, on trouve des pulsions xénophobes bien enracinées et des raisonnements racialisants, parfaitement ordinaires, sous un vernis intellectuel propre à épater les gogos.

Au nom du droit à la critique de la religion, de l’islam et de l’islamisme, d’une dénonciation justifiée des régimes dictatoriaux dans les pays dits arabo-musulmans, et au nom d’une prétendue nouvelle pensée « révolutionnaire » favorable à « l’autonomie » (tarte à la crème, déjà avariée, venue remplacer l’autogestion des années 60 et 70, idéologie désormais inutilisable) et à la « démocratie », ces individus tombent en fait dans les pièges les plus grossiers que nous tendent les politiciens, les médias et les intellectuels au service du pouvoir.

Triste époque...

Ni patrie ni frontières !

***************

Sommaire

Présentation 3

Premiers points fermes sur les dernières révoltes dans les pays arabes (Mouvement communiste) 5

TUNISIE : Restructuration à chaud de l’État après une tentative d’insurrection incomplète (Mouvement communiste et Kolektivně proti Kapitălu) 11

Introduction 12

Chronologie 13

Aperçu économique 23

Aperçu historique 39

Le RCD et l’UGTT, les deux jambes de l’Etat tunisien 43

Les autres forces en présence 47

L’offensive de la diplomatie américaine 51

Revendications ouvrières et aspirations libertaires 53

Les luttes ouvrières 56

Conclusion 59

ÉGYPTE : Compromis historique sur une tentative de changement démocratique (Mouvement communiste et Kolektivně proti Kapitălu) 63

Ce qui s’est passé en 2011 - Introduction 64

Chronologie 66

Mouvement social 75

Arrière-plan de la situation égyptienne - Quelques données économiques clés 77

L’oppression rampante des femmes 92

Un peu de géopolitique 97

Pourquoi la Turquie et pas l’Egypte 99

Les piliers du compromis social 102

Les Frères musulmans 105

Opposition : le vide 117

Du côté de la classe ouvrière - Une brève histoire des luttes ouvrières en Égypte 121

Les luttes ouvrières 127

Conclusion - Revendication démocratiques, liberté et communisme 147

Que peut-il se passer ? 151

Établissements appartenant à l’armée 155

Chronologie des grèves 161

POLEMIQUES 167

Tunisie, Égypte, l’Internationale socialiste, ferme soutien des dictatures, du népotisme et de la corruption 168

De la nouvelle vague de désinformation sur l’islam politique… 171

Chavez, Castro et le gentil Kadhafi 174

Chavez/Kadhafi : les véritables raisons de leur complicité 176

Chavez et le « pacifique » Bachar al-Assad 178

En guise d’introduction à un débat mort-né 183

« Soulèvements arabes » : Il est temps de dire « Bye, bye, Castoriadis ! » 185

A propos des saintes nitouches castoriadiennes de Lieux Communs 198

Lettre à Lieux Communs 200

Haine de l’Autre, racisme et religion. Racisme ordinaire, racisme pseudo-scientifique et xénophobie 208

Quelques définitions provisoires : race, racisme, peuple, culture, civilisation 215

Le « Crépuscule de l’Affabulation », ou Quand Guy Fargette étale son ressentiment 222

Lettre à Guy Fargette 227

Luftmenschen : Fargette, claquettes et lieux communs, 231

Mohamed Merah, Houria Bouteldja et la compassion à deux vitesses (suite du numéro précédent) 236

240 pages, 10 euros (frais de port compris)

Pour toute commande prière d’écrire à yvescoleman@wanadoo.fr