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Sur l’Idiot International

mardi 6 décembre 2011, par Yves

Journal animé par Jean-Edern Hallier entre 1969 et 1994, qui soutint les maos au départ puis se livra à toutes sortes de provocations, dignes de la presse de caniveau.

Comme l’écrivait la revue Mauvais Temps en 1999 : « Cet hebdomadaire était un véritable laboratoire idéologique où, sous couvert d’anti-américanisme, d’anti-mitterrandisme, d’anti-sionisme, on redonnait des couleurs neuves à l’antisémitisme, où sous les apparences de la phraséologie révolutionnaire, on réhabilitait en fait la vieille pensée de l’extrême droite française, celle de Barrès, de Maurras, de Daudet fils, de Drieu La Rochelle. »

Fils de général, Hallier était fortement suspecté d’avoir sympathisé avec l’OAS avant 1968, mais cela ne gêna pas ses amis maoïstes après Mai.

Il publia un livre d’Alain de Benoist tout en affirmant ne pas partager les positions de la Nouvelle Droite (on remarquera que le système de défense des intellectuels fascistes ou fascisants est toujours le même : c’est au nom de la liberté d’expression qu’ils propagent des idées réactionnaires ou défendent le droit de certains à les exprimer). La liste des collaborateurs de l’Idiot International est édifiante : Patrick Besson, Marc-Édouard Nabe, Gabriel Matzneff, Jean Dutourd, Michel Déon, Jacques Laurent, Jean Cau, Philippe Sollers, Philippe Muray, Thierry Séchan, Michel Houellebecq, Edouard Limonov, Jacques Vergès, Alain de Benoist, Alain Soral, etc.

On retrouve là une pléiade d’écrivains ou d’individus qui se sont signalés par leurs propos réactionnaires ou antisémites, à un moment ou un autre depuis 30 ans, et/ou ont soutenu Milosevic. Quelques jeunes écrivains arrivistes qui sont devenus célèbres ensuite, genre Beigbeder, Nabe ou Houellebecq.

Et aussi quelques types « de gauche » comme Marc Cohen (PCF) ou Gilbert Mury (fondateur du PCMLF maoïste).

Rien de très concluant sur un complot « rouges-bruns » mais plutôt la preuve que, dans les milieux intellectuels, comme dans les milieux politiques (cf. Mitterrand), les positions politiques comptent beaucoup moins que les amitiés, intéressées ou pas.