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De Geert Wilders à Riposte laïque, l’Internationale de la xénophobie

mardi 9 novembre 2010, par Yves

Aux Pays-Bas, le PVV (Parti libéral conservateur) vient de remporter les élections municipales à Almere (une banlieue d’Amsterdam) et d’arriver second à La Haye. Cette formation créée en 2006 a actuellement neuf sièges de députés sur 150 au parlement néerlandais. Elle avait obtenu 16,7% des voix aux élections européennes de juin 2009, arrivant deuxième derrière le parti chrétien-démocrate (CDA). Et il est à craindre que ce parti soit en deuxième position aux élections nationales de juin 2010 aux Pays-Bas. Ce parti xénophobe dispose d’une antenne complaisante en France, dans une partie de la « gauche laïque et républicaine » en l’occurrence lRiposte laïque.

Qui est donc ce Geert Wilders dont Riposte laïque fait régulièrement la promotion et que ce site a même interviewé ?

Voilà ce qu’en disent nos camarades de De Fabel van de illegaal (qui militent maintenant au sein du groupe Doorbracht), dans deux articles qu’ils ont publiés dans le cadre de la campagne qu’ils mènent depuis plusieurs années contre ce député raciste et « néolibéral » , qui veut

- faire voter au Parlement une loi imposant le paiement de 1000 euros par an à celle qui veulent porter le hijab dans la rue

- former des « commandos urbains » qui patrouillent dans les rues pour « augmenter la sécurité »

-  priver les gens ayant des problèmes psychologiques, et ceux travaillant depuis moins de 5 ans, de la Sécurité sociale,
- 
-  réduire les impôts, ce qui aurait pour effet de licencier un tiers des fonctionnaires (300 000),
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-  supprimer l’article n° 1 de la Constitution des Pays-Bas qui défend le principe d’égalité entre tous et interdit les discriminations
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-  enlever la nationalité néerlandaise aux personnes naturalisées qui ne s’intègrent pas assez vite et les expulser
- 
-  réduire le montant du salaire minimum
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-  appliquer le principe du « 3 strikes, you are out », selon lequel toute personne qui enfreint la loi à trois reprises est automatiquement condamnée à une peine d’emprisonnement à perpétuité, quel que soit le délit commis,
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-  diviser par deux la (maigre) aide au tiers monde, etc.
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Tout comme Riposte laïque, Wilders mène croisade contre l’islam depuis des années. Pour arrêter l’« islamisation de la culture néerlandaise », il faut, d’après lui, stopper l’immigration ; de plus, tout immigrant qui n’est pas intégré doit quitter les Pays-Bas. « Adaptez-vous ou partez ! », proclame-t-il. Wilders justifie également le racisme : « Si des émeutes raciales devaient se produire, ce que je ne souhaite pas, elles n’auront pas forcément des conséquences négatives. »

Ces articles dévoilent la nature réactionnaire du chouchou des xénophobes de Riposte laïque (*), et surtout le danger que représente le populisme de droite xénophobe dans toute l’Europe. De Berlusconi et Fini à de Villiers et Le Pen, de l’UDC suisse au BNP britannique, la droite et l’extrême droite xénophobes continuent à sévir sur le terrain électoral et leur influence risque d’augmenter avec le vieillissement démographique et donc celui du corps électoral dans toute l’Europe.

(*) On ne peut que s’étonner que des militants de Riposte laïque soient invités sur Radio libertaire sans que cette radio ne souligne leur complaisance pour un parti xénophobe et raciste comme le PVV néerlandais.

Ni patrie ni frontières (4/03/2010)

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Geert Wilders, un politicien populiste et d’extrême droite

La carrière politique de Geert Wilders a commencé en 1990, quand il est devenu assistant parlementaire du Parti libéral conservateur (le VVD) au parlement et était chargé d’écrire les discours du chef du parti : Frits Bolkestein. En 1998, il a lui-même été élu député. Il s’est bientôt fait connaître pour ses plaidoyers en faveur d’une politique plus stricte en matière de Sécurité sociale pour les personnes incapables de travailler. Les gens ayant des problèmes psychologiques ne devraient pas, selon lui, bénéficier de la Sécurité sociale. Et cette mesure devrait également s’appliquer à tous ceux qui ont travaillé moins de 5 ans.

Ses positions ont été qualifiées d’« antisociales » par de nombreux députés et par les syndicats. Mais Wilders a répondu qu’il « détestait fortement la Gauche ». Si la Gauche était au pouvoir, a-t-il déclaré, les cotisations de la Sécurité sociale augmenteraient et les « demandeurs d’asile seraient logés dans des palaces ».

Au cours de ces dernières années la renommée de Wilders a augmenté à cause de sa croisade contre l’islam. Il a, par exemple, affirmé : « Notre culture est en danger à cause de la présence de plus d’un million de musulmans dans notre pays. » En outre, au cours de l’été 2003, il a avoué qu’il n’était jamais entré dans une mosquée néerlandaise. Pour arrêter la progression de l’islam aux Pays-Bas « nous devrions appuyer fermement sur la pédale de frein quand il s’agit d’autoriser les étrangers à entrer aux Pays-Bas. Nous ne devrions pas avoir peur de fixer un maximum pour le nombre d’entrées des étrangers, les choisir en fonction de leur âge, et avoir des exigences plus strictes en ce qui concerne leurs revenus ». Wilders a aussi plaidé pour des mesures encore plus strictes en matière d’intégration. « Je veux que toute personne qui demande à devenir néerlandaise soit soumise à des tests beaucoup plus stricts qu’actuellement, qu’elle chante l’hymne national, la main sur le cœur et des larmes dans les yeux. » Wilders prend souvent pour cible ce qu’il appelle les « criminels marocains » : « S’ils ne veulent pas être de bons garçons, mettez-les dans des camps. Laissez-les goûter aux travaux forcés. »

Certains imams sont des « hommes des cavernes »

Dans un entretien (1) en février 2004 Wilders a affirmé que Pim Fortuyn avait raison quand il avait parlé de « la culture arriérée » des musulmans. « Pourquoi avons-nous peur de dire que les musulmans doivent s’adapter à nous, parce que nos normes et nos valeurs sont tout simplement d’un niveau de civilisation plus élevé, meilleur, plus tolerant et plus humain ? Non à l’intégration, vive l’assimilation ! S’ils le veulent, ils peuvent porter des foulards chez eux et abattre leurs moutons à la maison, mais à l’extérieur ils doivent se comporter comme tout le monde. » S’il devenait ministre, Wilders interdirait immédiatement le hijab. « Laissez-les venir et manifester à La Haye avec leurs foulards. Je vais les manger vivants. » Les imams, qui « lancent quasiment des appels à la guerre sainte devraient être immédiatement renvoyés dans leurs grottes en Arabie saoudite, ou ailleurs ». Wilders se dit prêt à justifier de futures émeutes raciales. « Si jamais des émeutes raciales se produisaient, ce que je ne souhaite pas, elles n’auraient pas automatiquement des résultats négatifs. »

Le 2 juillet 2005, conjointement avec son collègue député du VVD Jan Oplaat, Geert Wilders a présenté un manifeste en dix points. Avec ce document, les deux politiciens voulaient pousser leur parti encore plus à droite. Ils pensent que la Turquie ne doit jamais devenir membre de l’Union européenne parce qu’il s’agit d’un pays islamique. Ils veulent passer à la vitesse supérieure, en divisant par deux le montant de l’aide au tiers monde et en expulsant les imams radicaux, sans aucune procédure juridique. Ils ont en outre défendu le principe du « 3 strikes, you are out », selon lequel toute personne qui enfreint la loi à trois reprises est automatiquement condamnée à une peine d’emprisonnement à perpétuité, quel que soit le délit commis. Wilders et Oplaat veulent aussi enlever la nationalité néerlandaise aux personnes naturalisées qui ne s’intègrent pas assez vite, et les expulser.

La fermeture des frontières

Après son départ du VVD, Wilders a fait un autre pas vers la droite. Selon lui (2), les partis de droite « n’ont pas fait assez pour limiter l’immigration et stimuler l’intégration. Les mesures prises pour assurer la sécurité et lutter contre la criminalité sont également beaucoup trop molles ». Pour Wilders, on ne peut nier « que les Pays-Bas ont largement dépassé les limites de l’hospitalité pour les immigrés non occidentaux, en particulier ceux d’origine musulmane ». Les Pays-Bas affichent « plus que complet ». Il a donc plaidé pour « arrêter totalement, et pendant cinq ans, l’immigration des familles et la création de nouvelles familles pour les immigrés non occidentaux ». Il prône la « fixation d’un nombre maximum de demandes d’asile – quelques milliers – chaque année ». En outre, « les immigrants criminels devraient perdre leur carte de séjour après avoir accompli leurs peines d’emprisonnement et être ensuite expulsés ».

Selon Wilders et Spruyt, l’islam est inconciliable avec la « culture néerlandaise » et l’« État de droit démocratique ». De plus en plus de femmes porteraient le hijab aux Pays-Bas, ce qui symboliserait leur rejet de l’Occident. L’Islam serait même « impérialiste » car « ses minarets dominent la ville de Rotterdam ». Pour arrêter « l’islamisation de la culture néerlandaise », Spruyt veut stopper l’immigration. Tous les immigrés qui ne sont pas intégrés devraient quitter le pays. « Soit vous vous adaptez, soit vous partez d’ici », a-t-il déclaré. Il a également affirmé que les Pays-Bas s’« appauvrissaient » parce que le nombre de gens riches ne progressait plus. Par conséquent, son nouveau parti veut réduire les impôts et le montant du salaire minimum. (…)

Racisme

En juillet 2004, l’ancien politicien Marcel van Dam avait également comparé Wilders avec Janmaat. Wilders s’est plaint de cette comparaison et du fait d’être « continuellement stigmatisé par l’intelligentsia de gauche ». Mais cela est dû à ses opinions d’extrême droite. A ses yeux, les immigrés, les musulmans et la gauche sont responsables de tous les problèmes du monde. Il cherche à créer des tensions entre les groupes sociaux et des discriminations fondées sur les origines et la religion en voulant empêcher les immigrants non-occidentaux et musulmans d’entrer aux Pays-Bas. Il ne s’agit pas seulement pour lui de critiquer le fondamentalisme musulman, mais d’attaquer l’islam dans son ensemble, et il est clair qu’il méprise tous les immigrés non occidentaux. Ces idées sont des idées d’extrême droite, qui le placent dans la même catégorie que Janmaat, Fini, Dewinter et Le Pen.

Les idées de Wilders peuvent compter sur beaucoup de sympathie au sein de la société néerlandaise. C’est remarquable, car les Pays-Bas subissent en ce moment le gouvernement le plus à droite depuis des années. (…) Au niveau européen, les Pays-Bas sont très en avance en ce qui concerne les mesures d’expulsion des réfugiés et des immigrants, et les politiques destinées à les empêcher d’entrer sur le territoire néerlandais. Et depuis plusieurs années, nous voyons se déployer une agitation raciste contre les réfugiés et les immigrés dans les médias et au sein des différents partis politiques, au nom de la « liberté d’expression ». Si l’on en croit la popularité de Wilders, cela ne serait pas encore suffisant pour une large partie de la population.

1. « Ik lust ze rauw », Frans van Deijl. Dans HP/De Tijd, 6.2.2004.

2. « Burger wil geen immigratie, wel integratie », Geert Wilders, De Volkskrant, 9.10.2004.

(Gerrit de Wit, janvier 2005)

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Qui est vraiment Geert Wilders ?

Le 22 novembre 2006, pas moins de 579 490 personnes ont voté pour le Parti du peuple et de la liberté (PVV) de Geert Wilders. Avec ses 9 députés, le PVV est désormais le cinquième parti des Pays-Bas. La victoire de l’extrême droite est caractéristique du climat de durcissement de la droite néerlandaise qui est intervenu durant ces dernières années.

(…) Le PVV veut réduire les impôts, ce qui profiterait surtout aux riches et aux entreprises les plus prospères. Si l’on appliquait son programme, il faudrait licencier un tiers des fonctionnaires, soit pas moins de 330 000 personnes. En ce qui concerne les immigrés et les réfugiés le PVV est un parti d’extrême droite dont le point de vue ressemble à celui des Démocrates du centre. Il veut enlever leur nationalité néerlandaise aux « terroristes marocains qui peuplent les rues » et ont la double nationalité et bien sûr les expulser. Afin de promouvoir le nationalisme, le PVV considère qu’il faut réhabiliter l’histoire et l’identité néerlandaises. Selon Geert Wilders, il faut supprimer l’article n° 1 de la Constitution des Pays-Bas qui défend le principe d’égalité entre tous et interdit les discriminations. Il veut le remplacer par une phrase affirmant que « les normes et les valeurs de la société néerlandaise sont fondées sur la tradition judéo-chrétienne et humaniste ». De plus, le PVV désire imposer un moratoire de 5 ans contre la création de nouvelles écoles islamiques et contre l’immigration des travailleurs non occidentaux.

Pendant la dernière campagne législative, Wilders a prononcé plusieurs déclarations choquantes et discriminatoires. Il a affirmé que « la culture néerlandaise est mille fois meilleure que l’islam » et qu’il existe un lien « absolu » entre l’islam et la criminalité. Selon lui, les Pays-Bas sont sur le point d’être victimes du « tsunami de l’islamisation ». Il veut aussi interdire la construction de nouvelles mosquées. « Nous avons trop de mosquées, elles me rendent fou », a-t-il affirmé.

Wilders dresse les gens les uns contre les autres et veut créer des discriminations fondées sur la religion. Il souhaite interdire l’entrée des Pays-Bas à tous les non-Occidentaux et aux musulmans. Il ne se contente pas de critiquer l’intégrisme, il prône la lutte contre tous les musulmans et exprime son aversion contre tous les « étrangers non occidentaux ». Ses idées sont tout simplement des idées d’extrême droite (…).

Le soutien du Vlaams Belang

Le lendemain des élections, le dirigeant du Vlaams Belang, Franck Vanhecke, a félicité Geert Wilders pour sa victoire électorale. « Ses positions claires et courageuses ont été approuvées par les électeurs néerlandais », a déclaré l’extrémiste de droite flamand. (…) De nombreuses déclarations de Wilders sont tout aussi radicales que celles du parti ultraréactionnaire flamand. Le Vlaams Belang observe avec envie comment Wilders réussit à tenir des propos d’extrême droite et racistes sans pour autant être poursuivi par la justice. En fait, le PVV espère gagner de l’espace politique afin de pouvoir ensuite soutenir des mesures encore plus répressives et de tenir des propos encore plus réactionnaires.

Il existe certaines différences entre les idées de Wilders et celles du Vlaams Belang. Le parti flamand provient d’une tradition fasciste, ce qui n’est pas le cas du PVV. Il faut cependant souligner que de nombreuses personnes de l’extrême droite traditionnelle néerlandaise ont soutenu Geert Wilders et l’ont aidé à collecter des signatures. (…) Ce n’est pas un hasard si plusieurs forums d’extrême droite comme Holland-Hardcore et Stormfront Nederland se sont réjoui de la victoire de Wilders, même si de nombreux nazis néerlandais n’apprécient pas ses positions pro-israéliennes.

Un programme néolibéral

De nombreux électeurs des quartiers ouvriers les plus pauvres ont voté pour Wilders. Cette popularité est liée surtout à ses propos racistes et au fait qu’il désigne les musulmans et les étrangers comme des boucs émissaires. En réalité, Wilders défend les conceptions de la droite, néolibérale en matière économique, et il n’a que la misère à offrir aux travailleurs. Il est inquiétant que tant de gens votent pour Wilders, alors que les Pays-Bas subissent depuis 2002 un gouvernement qui a opéré des coupes rigoureuses dans le budget de l’Etat-providence et adopté des mesures plus restrictives contre les réfugiés et les immigrés. (...)

(Décembre 2007, Gerrit De Wit).

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On retrouvera la version intégrale de ces textes aux côtés de nombreux autres articles sur l’immigration et les sans-papiers aux Pays-Bas, les dérives nationalistes de l’altermondialisme, etc., au sein du livre publié par Ni patrie ni frontières : « La Fable de l’illégalité : Sans-papiers, immigration et intégration forcée aux Pays-Bas », 358 pages, 10 euros (frais de port inclus).

Pour toute commande écrire à yvescoleman@wanadoo.fr ou Yves Coleman 10 rue Jean-Dolent 75014 Paris

Les articles se trouvent aussi sur ce site

http://www.mondialisme.org/spip.php?rubrique12

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Sur les questions de l’islam et de l’islamisme la revue "Ni patrie ni frontières" a publié de nombreux textes dont certains ont été recueillis dans un livre (Islam, islamisme, "islamophobie", 10 euros) et que l’on peut aussi trouver sur ce site à la rubrique suivante

http://www.mondialisme.org/spip.php?article1423

D’autres articles sur Riposte laïque 1505 et 1507