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La situation des classes laborieuses au Japon (11.3 : Katayama Sen [1859-1933])

publié le samedi 6 février 2010

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Katayama Sen est né dans l’actuelle préf­ec­ture d’Okayama dans une famille de pay­sans aisés qui assu­mait les fonc­tions de chef du vil­lage. Il était ouvrier impri­meur de pro­fes­sion. Ses ori­gi­nes géog­rap­hiques, fami­lia­les et pro­fes­sio­nel­les en font un cas à part dans les milieux socia­lis­tes japo­nais. Il adhère au chris­tia­nisme social ensei­gné par les évang­élistes amé­ricains, et en 1884, il part pour les Etats-Unis où, en dépit de dif­fi­cultés finan­cières, il obtient une licence de théo­logie à l’uni­ver­sité de Yale.

Il rentre au Japon en 1896, et par­ti­cipe l’année sui­vante à la fon­da­tion de l’Association pour la pro­mo­tion des syn­di­cats ouvriers (Rôdô kumiai kisei­kai) aux côtés de Takano Fusatarô, et à la nais­sance du syn­di­cat des mét­all­urg­istes (Tekkô kumiai) et de la revue socia­liste Rôdô sekai (Le Monde du tra­vail) (voir Echanges n° 109, p. 35). Cette revue qui connut deux pér­iodes de paru­tion, de déc­embre 1897 à déc­embre 1901, puis d’avril 1902 à février 1903, conte­nait quel­ques colon­nes en anglais afin de faci­li­ter les contacts inter­na­tio­naux. Il publie la même année une bio­gra­phie de l’Allemand Ferdinand Lassalle (1825-1864), Rôdôsha no ryôyû Lasâruden (Biographie d’un ami des tra­vailleurs, Lassalle).

Jusqu’en 1900, il mène conjoin­te­ment une action syn­di­cale et poli­ti­que. Après la pro­mul­ga­tion de la Loi de police sur la sécurité publi­que (Chian kei­satsu hô) cette même année, il s’oriente défi­ni­ti­vement vers l’action poli­ti­que et pati­cipe en 1901 à la fon­da­tion du Parti social-démoc­rate (Shakai min­shûtô), inter­dit deux jours après sa création. En déc­embre 1903, il repart aux Etats-Unis, où il rési­dera jusqu’en 1906. Pendant la guerre russo-japo­naise (1904-1905), il par­ti­ci­pera au 6e Congrès de la Deuxième Internationale à Amsterdam (août 1904) en tant que délégué des sociaux-démoc­rates japo­nais ; une pho­to­gra­phie l’immor­ta­li­sera ser­rant la main du délégué russe Plekhanov. Après son retour au Japon, il s’oppose au cou­rant représenté par Kôtoku Shûsui. Il conti­nuera de faire de la pro­pa­gande socia­liste au sein de la classe ouvrière malgré la répr­ession gou­ver­ne­men­tale, dont l’affaire des dra­peaux rouges (Akahata jiken [juin 1908]) et l’affaire du crime de lèse-majesté (Taigyaku jiken [1910-1911]) cons­ti­tuent les points forts.

En 1912, Katayama Sen est condamné à plu­sieurs mois de prison à la suite de la grève des employés des tram­ways de Tôkyô. A sa sortie de prison, en 1914, il quitte défi­ni­ti­vement le Japon pour les Etats-Unis, où il fréqu­en­tera les socia­lis­tes amé­ricains et des exilés russes tels que Léon Trotsky et Alexandra Kollontai. Il devien­dra le porte-parole du com­mu­nisme japo­nais au sein du Comintern après la révo­lution russe, et assu­mera diver­ses tâches pour celui-ci (il inter­vien­dra par exem­ple dans les que­rel­les inter­nes au Parti com­mu­niste mexi­cain, selon Barry Carr, Marxism and Communism in Twentieth Century Mexico, University of Nebraska, 1982).

Il par­ti­cipe en août 1921 à la fon­da­tion du Parti com­mu­niste ouvrier de l’aube (Gyômin kyôsantô) qui sera à l’ori­gine du Parti com­mu­niste japo­nais (Nihon kyôsantô), fondé le 5 juillet 1922. Katayama Sen a résidé à Moscou de 1921 jusqu’à sa mort en 1933.


La situa­tion de la classe labo­rieuse au Japon dans Echanges :
- I. Introduction. La bureau­cra­tie. Les employeurs. Les tra­vailleurs n° 107, hiver 2003-2004, p. 37.
- II. La guerre sino-japo­naise (1894-1895). L’entre-deux guer­res (1896-1904). La guerre russo-japo­naise (1904-1905). Lutte de clans au sein du gou­ver­ne­ment n° 108, prin­temps 2004, p. 35.
- III. Avant 1914 : La com­po­si­tion de la classe ouvrière. La dis­ci­pline du tra­vail et l’ensei­gne­ment. Industrialisation et classe ouvrière . Les luttes ouvrières. Les syn­di­cats n° 109, été 2004, p. 25.
- IV. Les ori­gi­nes du socia­lisme japo­nais : Le socia­lisme sans prolé­tariat. Ses ori­gi­nes intel­lec­tuel­les japo­nai­ses, le bushidó. Ses ori­gi­nes intel­lec­tuel­les étrangères. Marxisme contre anar­chisme n° 110, automne 2004, p. 25.
- IV bis. Chronologie juillet 1853-août 1914 n° 112, prin­temps 2005, p. 18.
- V. Bouleversements éco­no­miques et sociaux pen­dant la Grande Guerre. Un ennemi : l’Allemagne. Le com­merce. L’indus­trie. La classe ouvrière. Les Coréens au Japon n° 114, automne 2005, p. 32.
- VI. Les grèves pen­dant la pre­mière guerre mon­diale. Les conflits du tra­vail de 1914 à 1916. Un tour­nant : 1917-1918. Les émeutes du riz . n° 115, hiver 2005-2006, p. 41
- VII. La dépr­ession de 1920-1923. Le grand trem­ble­ment de terre du Kantô. La crise ban­caire de 1927. La crise de 1929 n° 117, été 2006, p. 39.
- VIII. Entre pre­mière et deuxième guer­res mon­dia­les. Le tay­lo­risme. Les zai­batsu. La lutte des clas­ses. Les Coréens n° 119, hiver 2006-2007, p. 24.
- IX. Les ori­gi­nes réf­orm­istes du syn­di­ca­lisme ouvrier. Parlementarisme et syn­di­ca­lisme. Les conflits entre syn­di­cats pren­nent le pas sur la lutte de clas­ses. La guerre contre la classe ouvrière n° 121, été 2007, p. 21.
- X. Les tra­vailleurs des cam­pa­gnes. Les Coréens. Les bura­ku­min. Patronat et fonc­tion­nai­res. Les yakuza n°124, prin­temps 2008, p. 23.]
- XI. Les partis de gou­ver­ne­ment. Les socia­lis­tes. Les anar­chis­tes. Le bol­che­visme.. - Osugi Sakae. - Kawakami Hajime. - Katayama Sen.
- XII, 1. Qu’est-ce que la litté­ra­ture prolé­tari­enne ? Les écrivains prolé­tariens japo­nais. Les Semeurs. Revues et orga­ni­sa­tions.
- XII, 2. Le roman prolé­tarien


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