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« Contre le mythe autogestionnaire » (note de lecture)

publié le mercredi 3 février 2010

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Cet arti­cle est paru dans Echanges n° 131 (hiver 2009-2010).

Contre le mythe auto­ges­tion­naire Téléchargeable, ou prix libre en librai­rie (Infokiosk...)

80 p.

Contact : Ottogeyrtonnex live.fr

Commençons par citer cette déc­la­ration des auteurs de Contre le mythe auto­ges­tion­naire : « Ce texte est une ten­ta­tive d’éla­borer une cri­ti­que de cette pers­pec­tive lar­ge­ment rép­andue aujourd’hui dans les milieux mili­tants qui se reven­di­quent, du moins for­mel­le­ment, de la nécesité de chan­ger radi­ca­le­ment le monde. » Cette cri­ti­que de l’auto­ges­tion vise à « nous per­met­tre de mieux saisir où nous en sommes aujourd’hui à tra­vers toute nos forces et nos contra­dic­tions inter­nes ». Elle se veut éga­lement un « appel pour que d’autres prolét­aires, d’autres révo­luti­onn­aires appor­tent leur contri­bu­tion dans un per­ma­nent mou­ve­ment de cons­ti­tu­tion et de ren­for­ce­ment de notre classe. »

Quant au texte lui-même, il se divise en deux par­ties d’égale dimen­sion : une ana­lyse cri­ti­que des mou­ve­ments his­to­ri­ques reven­di­qués par le cou­rant auto­ges­tion­naire, et des considé­rations sur des pers­pec­ti­ves révo­luti­onn­aires.

Le choix his­to­ri­que concerne l’ Espagne auto­ges­tion­naire de 1936, l’ate­lier Lip à Besançon (France) en 1971, l’Argentine de 2001 (c’est la partie la plus développée, d’autant plus que les auteurs revien­nent sur ce sujet dans la seconde partie, ce qui se com­prend car c’est la référ­ence actuelle). Des annexes ajou­tent des docu­ments, sur Lip (« Les syn­di­cats copro­priét­aires de la classe ouvrière ») et sur l’Argentine (« La grande escro­que­rie du troc’n’roll »). En revan­che, la bro­chure fait l’impasse sur tout le cou­rant et les expéri­ences auto­ges­tion­nai­res bri­tan­ni­ques dans les années 1970 et d’aures beau­coup moins connues.

Ce qui appa­raît dans ces exposés his­to­ri­ques et ces docu­ments est repris d’une manière plus géné­rale et systé­ma­tique dans la deuxième partie, qui se veut une « Critique théo­rique de l’impos­ture auto­ges­tion­naire » (p. 34). Il faut enfon­cer le clou : « Ce que [les] auto­ges­tion­nai­res ne com­pren­nent pas ou ne veu­lent pas com­pren­dre c’est que tou­cher un salaire impli­que un éch­ange : ma force de tra­vail contre le fric sans lequel je peux crever dans ce monde où l’argent est roi » Rappelant qu’au xixe siècle on pou­vait écrire : « Au lieu du mot d’ordre conser­va­teur “Un salaire équi­table pour une journée équi­table”, [les tra­vailleurs] doi­vent ins­crire sur leur dra­peau le mot d’ordre révo­luti­onn­aire “Abolition du sala­riat” » (Marx), le texte regrette la dis­pa­ri­tion de cette idée.

Sa cri­ti­que est détaillée en plu­sieurs thèmes : 1) la croyance en l’idéal­isme et en la volonté de chan­ger le monde ; 2) la croyance que l’auto­rité faç­onne la société ; 3) la croyance que le fédé­ral­isme garan­tit l’auto­no­mie ouvrière. S’ensuit toute une série d’affir­ma­tions (par­fois contra­dic­toi­res) qui sont aussi des ques­tion­ne­ments, sous le titre « Insurrection versus auto­ges­tion (et récip­roq­uement »), et des « Perspectives ».

Il s’agit de réaff­irmer l’idée que si occu­per des usines peut être un acte révo­luti­onn­aire, orga­ni­ser une pro­duc­tion en fonc­tion des besoins d’une unité de fabri­ca­tion (de quoi que ce soit) est contre-révo­luti­onn­aire..., et de briser l’iden­ti­fi­ca­tion du prolét­aire à son tra­vail.

Des pers­pec­ti­ves qui appel­lent une plus longue dis­cus­sion.

H. S.

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