Accueil du site > Ni patrie, ni frontières > 27-28-29 Gauchisme post moderne – Sans-papiers – Venezuela, (...) > Chomsky, le bouffon de Chavez

Chomsky, le bouffon de Chavez

publié par Yves, le vendredi 18 septembre 2009

Enregistrer au format PDF

Les livres de Chomsky sont ennuyeux, répé­tit­ifs, et enfon­cent le plus sou­vent des portes ouver­tes : l’impér­ial­isme amé­ricain est san­gui­naire, les médias sont au ser­vice du Capital, les gran­des entre­pri­ses ont leurs pions au sein du pou­voir poli­ti­que, etc. Il est quand même assez révé­lateur que sur ses 80 livres publiés en anglais un seul de ses livres (du moins son titre) soit consa­cré à la cri­ti­que du sta­li­nisme ! Comme si l’exploi­ta­tion et l’oppres­sion s’étaient arrêtées aux portes du rideau de fer ! Cette atti­tude rap­pelle les propos d’une brave conseillère muni­ci­pale de Die Linke (le parti qui fait l’admi­ra­tion de Jean-Luc Mélenchon et du Parti de Gauche en France) qui déc­larait lors d’une réc­ente émission consa­crée à la « gauche » en Allemagne que le sta­li­nisme n’avait, après tout, fait des misères qu’à un mil­lion d’Allemands de l’Est sur 16 mil­lions… Avec cette logi­que comp­ta­ble, beau­coup de crimes seraient par­donnés à Salazar, Pinochet ou aux dic­ta­teurs argen­tins ou bré­siliens.

Les der­nières embras­sa­des de Chomsky avec le colo­nel Chavez ne pour­ront que ren­for­cer sa popu­la­rité auprès de toute la « gauche » alter­mon­dia­liste, mou­vance qui, malgré sa dimen­sion « glo­bale », est en fait très natio­na­liste dans chaque pays, pour peu que l’on se mette à grat­ter un peu ce qu’il y a der­rière ses pro­cla­ma­tions plei­nes de bons sen­ti­ments. En France, Le Monde diplo­ma­ti­que est leur Bible, et ce n’est pas un hasard si ce men­suel ne cri­ti­que jamais séri­eu­sement l’impér­ial­isme français et prône une « bonne coopé­ration » inter­na­tio­nale avec les pays du Sud dans le cadre d’un gentil capi­ta­lisme mon­dial. Mais c’est la même chose avec les alter­mon­dia­lis­tes aux Pays-Bas ou aux Etats-Unis comme l’ont montré les cama­ra­des de De Fabel van de ille­gaal dans leur livre tra­duit en français et édité par nos soins : La Fable de l’illé­galité.

Nous ne par­ta­geons pas toutes les ana­ly­ses de ce cama­rade de Cuba Libertaria, et avons placé en notes quel­ques remar­ques cri­ti­ques, mais cet arti­cle pourra peut-être ouvrir une dis­cus­sion utile, raison pour laquelle nous l’avons tra­duit.

P.S. Ceux qui s’intér­essent à Chomsky pour­ront lire l’arti­cle 1186 sur ce site. Quant à ceux qui sou­hai­tent une ana­lyse his­to­ri­que et poli­ti­que séri­euse des Forces armées vénéz­ueli­ennes, et non la vision du tou­riste-poli­ti­que-mal -informé-gau­chiste-moyen, ils se repor­te­ront à l’arti­cle 1116 qui est en fait une véri­table bro­chure écrite par un mili­tant vénézuélien. Ou encore cette excel­lente inter­view de liber­tai­res locaux 1190.

Ni patrie ni fron­tières.

Chomsky, le bouf­fon de Chavez

Contrairement à ce que pen­sent beau­coup de gens, la capa­cité de croire en des men­son­ges et d’accep­ter aveu­glément une fic­tion, aussi ridi­cule et fausse soit-elle, n’est pas l’apa­nage des imbé­ciles et des igno­rants. Le célèbre essayiste Noam Chomsky vient de nous mon­trer que les intel­lec­tuels, indi­vi­dus sou­vent cultivés, intel­li­gents et pers­pi­ca­ces, peu­vent, eux aussi, deve­nir cré­dules et accep­ter des com­por­te­ments et des actes poli­ti­ques clai­re­ment déma­go­giques, auto­ri­tai­res et fal­la­cieux. En tout cas, s’ils n’y croient pas, ils simu­lent bien.

Bien sûr, il n’y a rien de nou­veau dans le fait qu’un intel­lec­tuel de grande qua­lité tombe dans une telle contra­dic­tion. Déjà avec l’Union sovié­tique et la Chine maoïste nous avions assisté au phénomène irra­tion­nel (1) des « com­pa­gnons de route » ... Ces intel­lec­tuels, dont beau­coup d’entre eux croyaient de bonne foi (2) en l’ins­tau­ra­tion du « socia­lisme » et à la cons­truc­tion de « l’homme nou­veau » dans ces pays, jusqu’à ce que les évé­nements les for­cent à com­pren­dre la véri­table nature de ces régimes.

Toutefois, même si de telles erreurs ne sont pas tou­jours motivées par la quête d’une réc­omp­ense quel­conque et sem­blent sincères, si elles ne sont que de sim­ples fata­lités anthro­po­lo­gi­ques, il est logi­que de se deman­der pour­quoi de tels com­por­te­ments exis­tent et com­ment ils se mani­fes­tent. Et même s’il est plus facile de penser qu’il s’agit sim­ple­ment d’un effet de la croyance, que nul être humain, même le plus ration­nel, ne peut éviter en per­ma­nence, dans le cas de Chomsky il nous est impos­si­ble d’oublier qu’il a com­battu les effets de la croyance dans le passé.

C’est pour­quoi nous sommes obligés de nous deman­der : com­ment un homme appa­rem­ment capa­ble de rai­son­ner, d’ana­ly­ser de façon cri­ti­que ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui, peut-il se rendre au Venezuela afin de louer les vertus du « socia­lisme du XXIe siècle » sans se rendre compte de la men­ta­lité mili­taire de son inven­teur, le Comandante Chavez, ni du gro­tes­que popu­lisme de sa prét­endue « révo­lution boli­va­rienne » ?

Comment Chomsky peut-il com­met­tre la même erreur que celle com­mise au siècle passé par ces intel­lec­tuels célèbres qui ont fait l’éloge de Staline puis, plus tard, de Mao et de son « Petit Livre rouge » ? Ceux-ci ont cru qu’en Russie et en Chine se cons­trui­sait le « véri­table » com­mu­nisme et celui-là croit aujourd’hui que le Venezuela serait en train de créer « un monde nou­veau, un monde différent ».

Comment a-t-il pu oublier que tous ces intel­lec­tuels ont été forcés de battre leur coulpe (3) pour cet aveu­gle­ment idéo­lo­gique qui les empêchait de voir ce que dis­si­mu­lait la rhé­to­rique révo­luti­onn­aire sta­li­nienne et maoïste ? Ce tota­li­ta­risme res­pon­sa­ble de la mort de mil­lions de per­son­nes, par la faim ou la persé­cution, qui a ins­piré Castro et lui a permis d’impo­ser une dic­ta­ture cin­quan­te­naire dont Chavez est un admi­ra­teur fer­vent.

Mais ce qui frappe, ces der­nières années, chez Chomsky ce n’est pas seu­le­ment cette appa­rente amnésie his­to­ri­que, mais le fait qu’il soit sen­si­ble aux louan­ges d’un his­trion mili­taire. ( « Je t’accueille très cha­leu­reu­se­ment (...) il était temps que tu nous rendes visite et que le peuple vénézuélien te voie et t’entende direc­te­ment ») et l’ait remer­cié pour ses « paro­les aima­bles et génér­euses ». Le bouf­fon Chomsky a aussi déclaré qu’il était « ému » de « voir com­ment au Venezuela se cons­truit cet autre monde pos­si­ble et de ren­contrer l’un des hommes qui a ins­piré cette situa­tion ».

Le plus sur­pre­nant de cette conver­sion à la foi mes­sia­ni­que, sem­bla­ble à des conver­sions au catho­li­cisme célèbres comme celles de Baudelaire, Péguy, ou Claudel, c’est que ce mira­cle se pro­duise après l’effon­dre­ment du « socia­lisme réel » d’ins­pi­ra­tion sovié­tique et l’intro­duc­tion du capi­ta­lisme en Chine (4) par le Parti com­mu­niste que Mao laissa au pou­voir. Contrairement à ces jeunes intel­lec­tuels « idéal­istes », qui ont tressé des louan­ges à Staline ou à Mao avant que se pro­dui­sent ces évé­nements his­to­ri­ques impor­tants et signi­fi­ca­tifs, Chomsky a pu les obser­ver tout au long de sa vie ; c’est pour­quoi il est plus dif­fi­cile de penser qu’il les ait aujourd’hui oubliés. Surtout que les échecs du mes­sia­nisme révo­luti­onn­aire ont confirmé de manière indis­cu­ta­ble ses pro­phéties.

Il est vrai que nous assis­tons déjà depuis plu­sieurs années à l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion de Chomsky dans plu­sieurs direc­tions. Et cela malgré le fait que sa posi­tion éthique, ses référ­ences idéo­lo­giques et ses actes poli­ti­ques soient à l’exact opposé des posi­tions de beau­coup de ceux qui prét­endent aujourd’hui l’apprécier et le pren­nent comme maître à penser. Et il est facile de le cons­ta­ter à la simple lec­ture de ses livres. A moins que le Chomsky d’aujourd’hui ne soit plus le même qui écrivait : « Nous sommes dans une pér­iode d’expan­sion du cor­po­ra­tisme, de conso­li­da­tion, de cen­tra­li­sa­tion du pou­voir . Certains sup­po­sent que cela est bon si ces mesu­res sont prises par un pro­gres­siste ou un marxiste-lénin­iste. Trois phénomènes impor­tants ont les mêmes anté­cédents : le fas­cisme, le bol­che­visme, et la tyran­nie cor­po­ra­tiste. Tous trois ont en grande partie les mêmes raci­nes hégéli­ennes ». (Chomsky, Class Warfare).

Nous pou­vons aussi citer ce que, plus tard, il a écrit sur le pays issu du coup d’État bol­che­vi­que d’Octobre 1917. Pour Chomsky, ce coup d’Etat avait éliminé les struc­tu­res socia­lis­tes émerg­entes en Russie : « Ce sont les mêmes com­mu­nis­tes imbé­ciles, les imbé­ciles sta­li­niens qui étaient au pou­voir il y a encore deux ans, qui super­vi­sent aujourd’hui les ban­ques » et sont « les ges­tion­nai­res enthou­sias­tes de l’éco­nomie de marché ». Et de nous livrer une conclu­sion pes­si­miste : « Ceux qui ten­tent de s’asso­cier à des orga­ni­sa­tions popu­lai­res et d’aider la popu­la­tion à s’orga­ni­ser par elle-même, ceux qui appuient les mou­ve­ments popu­lai­res de cette manière, ne peu­vent tout sim­ple­ment pas sur­vi­vre dans la pér­iode actuelle où le pou­voir atteint un tel degré de concen­tra­tion. » (Chomsky, To unders­tand power).

Comment Chomsky peut-il aujourd’hui com­met­tre la même erreur faite autre­fois par les « com­pa­gnons de route » pro-chi­nois, tout aussi aveu­gles poli­ti­que­ment que la géné­ration qui les avait précédés, celle des vieux sta­li­niens qui se sont livrés à une auto-cri­ti­que tar­dive, alors qu’il a lui-même été le témoin cri­ti­que d’un tel aveu­gle­ment ? Le pire, dans son cas, c’est que ces expéri­ences ne lui ont servi à rien, bien qu’il les ait connues et dénoncées.

L’atti­tude actuelle de Chomsky nous incite aussi à nous poser des ques­tions sur le « mystère » de l’étr­ange coha­bi­ta­tion entre l’intel­li­gence la plus aiguë et la cré­dulité la plus obtuse dans l’esprit d’un même être humain. D’autant plus que, autre­fois, il a été l’un de ceux qui ont le plus for­te­ment cri­ti­qué la cécité de beau­coup de ses collègues intel­lec­tuels qui cons­ti­tuaient avec lui la crème (5) de l’intel­li­gent­sia occi­den­tale – Sartre et bien d’autres grands phi­lo­so­phes, his­to­riens, socio­lo­gues, des jour­na­lis­tes ou uni­ver­si­tai­res de pre­mier plan.

Il s’agit vrai­ment d’un « mystère » car la plu­part (6) des intel­lec­tuels ont dû admet­tre qu’ils s’étaient trompés et reconnaître que Chomsky avait eu raison de dén­oncer l’aveu­gle­ment qui les avait amenés à com­met­tre une aussi grave erreur d’appréc­iation dans le passé. Comment Chomsky a-t-il pu oublier tout cela ? Il est vrai que la cécité des anciens sta­li­niens, mille fois (7) avouée et ana­lysée dans des arti­cles, des inter­views et des livres, n’a rien appris aux jeunes maoïstes occi­den­taux, puis­que, vingt ans plus tard, ils ont repro­duit le même type d’erreur. Et avec le même orgueil et la même fatuité que leurs pré­déc­esseurs.

Mais il faut pré­ciser que ces jeunes maoïstes adhéraient aveu­glément à ce qui se prés­entait comme une révo­lution libé­rat­rice. Chomsky, lui, a suivi l’évo­lution inverse : il a com­mencé par la dén­onc­iation, l’ana­lyse objec­tive, ration­nelle, rigou­reu­se­ment cri­ti­que, puis finit aujourd’hui par l’aveu­gle­ment ...

Il est vrai que sa lutte contre l’impér­ial­isme amé­ricain l’a amené à une rela­tive dis­crétion au sujet de l’auto­ri­ta­risme crois­sant des san­di­nis­tes au cours de leur pas­sage au pou­voir dans les années 1980 au Nicaragua, et à propos de la dic­ta­ture de Fidel Castro depuis des déc­ennies. Cela malgré le fait que, parmi les vic­ti­mes de ce der­nier, cer­tai­nes ont beau­coup de points com­muns avec les mili­tants anti-impér­ial­istes pro-cubains du reste de l’Amérique latine.

Est-ce cette lutte opiniâtre contre l’impér­ial­isme amé­ricain, le fait que (pour lui) le plus impor­tant soit de dén­oncer les injus­ti­ces qui règnent aux Etats-Unis et celles créées par ce pays à l’éch­elle mon­diale, est-ce cela qui le conduit à pren­dre des posi­tions aussi déc­onc­ert­antes à propos de ce qui se passe sur le conti­nent amé­ricain ? En effet, même si Chomsky se considère tou­jours comme « anar­cho-liber­taire », il est clair que, pour lui, les considé­rations idéo­lo­giques doi­vent passer au second plan et qu’il faut établir une sorte de gra­da­tion entre les injus­ti­ces, selon le degré de danger planét­aire des cibles contre les­quel­les la cri­ti­que est dirigée.

Le pro­blème est que ce rela­ti­visme poli­ti­que permet à beau­coup de marxis­tes-lénin­istes, de popu­lis­tes et de poli­ti­ciens, dont la seule pré­oc­cu­pation est de conquérir le pou­voir, l’exer­cer et le conser­ver, de s’appuyer uni­que­ment sur ses argu­ments anti-impér­ial­istes au lieu de se pré­oc­cuper d’aider la popu­la­tion à s’orga­ni­ser elle-même. Et c’est un vrai pro­blème parce que Chomsky ne dit rien pour les déc­ou­rager de le faire. Au contraire, en conser­vant, avec tant de persé­vér­ance, cette dis­crétion immo­rale et en se lais­sant pho­to­gra­phier à côté de Castro et Chavez il se fait le com­plice des bouf­fon­ne­ries et des dérives auto­ri­tai­res, dic­ta­to­ria­les, de ces nou­veaux oli­gar­ques – même si ses éloges sont dis­crets et de cir­cons­tance.

Malheureusement, ce main­tien per­sis­tant d’une dis­crétion aussi mani­ché­enne (parce qu’il considère moins dan­ge­reuse l’acces­sion de ces popu­lis­tes au pou­voir que les rava­ges commis par l’impér­ial­isme amé­ricain dans le monde), cette atti­tude est non seu­le­ment inef­fi­cace pour pré­venir de tels rava­ges (en effet, ces popu­lis­tes conti­nuent à faire des affai­res avec les mul­ti­na­tio­na­les de l’empire), mais elle contri­bue aussi à démo­bi­liser les gens et à rendre la tâche encore plus dif­fi­cile à ceux qui lut­tent avec cohér­ence contre la domi­na­tion mon­diale du Capital et de l’Etat.

Peut-être que, vu son âge, Chomsky ne peut pas le reconnaître (8), mais il est impos­si­ble de penser qu’il n’est pas cons­cient de la dis­tance qui le sépare de tous ceux qui récupèrent ses argu­ments contre l’impér­ial­isme amé­ricain et qui, en même temps, se mon­trent très réticents, par intérêt ou par conve­nance, à dén­oncer les formes de domi­na­tion imposées par ces régimes popu­lis­tes pseudo-révo­luti­onn­aires.

Octavio Alberola

Cuba Libertaria, sep­tem­bre 2009

Notes de Ni patrie ni fron­tières

1. Ce phénomène n’avait rien d’irra­tion­nel. Un com­pa­gnon de route, sur­tout s’il débutait dans le domaine littér­aire ou artis­ti­que, se voyait invité aux fêtes du Parti, ses œuvres étaient pro­mues, ven­dues, mises en scène ou pro­jetées dans les muni­ci­pa­lités com­mu­nis­tes, son tra­vail était loué dans la presse du parti. Il pou­vait faire des piges dans la presse com­mu­niste, être embau­ché dans une entre­prise du PC, avoir un loge­ment au loyer très éco­no­mique, etc. Sans comp­ter les invi­ta­tions dans les pays « socia­lis­tes » ou amis du camp « socia­liste » (Y.C.).

2. Quiconque se ren­dait, ne serait-ce qu’une journée dans un pays sta­li­nien (ce fut mon cas à Berlin Est en 1966), ne pou­vait que se rendre imméd­ia­tement compte de la dis­tance entre la pro­pa­gande et la réalité (Y.C.).

3. En fait, pro­por­tion­nel­le­ment au nombre impres­sion­nant de « com­pa­gnons de route », il y a eu peu de « mea culpa » et encore moins d’ana­ly­ses de qua­lité de ce qu’était le sta­li­nisme. En France on peut les comp­ter sur les doigts d’une seule main (Y.C.).

4. Le capi­ta­lisme n’a jamais été chassé de Chine, aussi n’y eut-il nul besoin de l’intro­duire après la mort de Mao. L’auteur confond la forme (l’appro­pria­tion privée ou publi­que de la plus value ou du sur­tra­vail) avec le fond (la domi­na­tion du Capital sur le Travail). Un comble pour un liber­taire ! (Y.C.).

5. La « crème » en ques­tion est toute rela­tive. Ce ne sont pas les phi­lo­so­phes, éco­nom­istes ou his­to­riens sta­li­niens ou philo sta­li­niens qui ont laissé les œuvres les plus utiles pour les géné­rations révo­luti­onn­aires sui­van­tes. Combien de jeunes « radi­caux » lisent aujourd’hui Soboul, Bettelheim ou Althusser, voire Sartre ? (Y.C.)

6. L’auteur de l’arti­cle confond une poi­gnée d’intel­lec­tuels qui ont fait leur car­rière post-sta­li­nienne dans la dén­onc­iation du « com­mu­nisme », avec un phénomène qui serait d’une ampleur signi­fi­ca­tive. Pour pren­dre un exem­ple en dehors de l’Hexagone, les excel­lents his­to­riens marxis­tes bri­tan­ni­ques qui ont quitté le PCGB après 1956 se sont bien gardé d’étudier… le sta­li­nisme qu’ils avaient adoré. Ou les his­to­riens ou éco­nom­istes marxis­tes amé­ricains, ex com­pa­gnons de route du PC, n’ont rien pro­duit d’intér­essant sur leurs Partis-Etats préférés. En cela d’ailleurs Chomsky ne déroge pas à une tra­di­tion de la gauche intel­lec­tuelle anglo­saxonne, tra­di­tion­nel­le­ment dis­crète, pour ne pas dire muette, sur les crimes du sta­li­nisme… (Y.C.)

7. Les mili­tants d’extrême gauche ou liber­tai­res ont en général une culture poli­ti­que très frag­men­taire et très orientée. Lors des beaux jours du sta­li­nisme, la plu­part des tém­oig­nages des repen­tis ex-sta­li­niens étaient publiés dans des mai­sons de droite quand ce n’est pas d’extrême droite. Et tout comme aujourd’hui à propos du Venezuela ou de Cuba, la plu­part des mili­tants ne lisaient pas ces ouvra­ges… (Y.C.)

8. Ce n’est pas une ques­tion d’âge : lors de la polé­mique à propos de Faurisson, il y a trente ans, Chomsky fut tout autant inca­pa­ble de reconnaître qu’il s’était fait mani­pu­ler par les négati­onn­istes, comme l’expli­que d’ailleurs Serge Thion dans le film hagio­gra­phi­que sur Chomsky (« Les médias ou les illu­sions néc­ess­aires ») où le dis­tin­gué lin­guiste nous apprend par ailleurs que ce qui se rap­pro­chait pour lui le plus du socia­lisme liber­taire à une époque était le… « kib­boutz »… Une absur­dité (sym­pa­thi­que par ailleurs quand on connaît la répu­tation « antisé­mite » que lui taillent ses détr­acteurs igno­rants) qu’aucun de ses admi­ra­teurs, anar­chis­tes ou tiers­mon­dis­tes « anti­sio­nis­tes », n’a jamais relevée ! (Y.C.)

Nouveautés sur le Web

Diffusion

 

  • Suivre la vie du site RSS 2.0
  • Informations

    mondialisme.org | publié sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0 fr | généré dynamiquement par SPIP & Blog'n Glop