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Dans le monde, une classe en lutte avril 2009

publié le mardi 28 avril 2009

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La crise continue de déferler dans le monde entier

Ce n’est ni une crise financière, ni une crise due à l’incompétence ou à l’avidité de quelques dirigeants, ni une crise due à la démission des politiques devant les impératifs du monde capitaliste, ni une crise due à la mise en œuvre durant des décennies d’une politique libérale à laquelle aurait pu s’opposer une politique de « régulation » du système capitaliste. C’est ce système capitaliste lui-même qui est en crise (voir à ce sujet la première page du précédent bulletin, janvier 2009). Tout ce qu’on nous annonce comme les « maux » divers qui en seraient la cause et qu’il faudrait éliminer pour la surmonter ne sont à la fois que des palliatifs temporaires, des masques d’espoirs fallacieux et tous les plans de relance ne feront que relancer la crise.

Tout cela est d’abord destiné à prévenir la révolte de ceux qui subissent le plus durement les conséquences de cette crise. De ceux du monde entier sans lesquels le capitalisme ne serait rien, ceux dont l’exploitation du travail fait la richesse et la puissance du capital. Il n’est pas possible dans ces lignes de retracer les causes profondes de la crise du capital. Le capital rénové, reconstruit, régulé, rafistolé, sous quelque forme que ce soit reste LE capital. Et c’est du capital que nous ne voulons plus.

Ce n’est pas un des moindres paradoxes de la crise qu’alors que plus de la moitié de la population du monde vit dans la misère, elle se manifeste comme une crise de surproduction entraînant fermetures d’usines, licenciements, chômage, réduction des salaires et de tous avantages. La capacité du capital à surmonter cette crise, ou tout au moins de le tenter, réside dans la possibilité : – de faire accepter aux travailleurs la réduction drastique de leur niveau de vie ; – de mater les révoltes que cette réduction pourrait entraîner.

Ce sont les points essentiels qui nous intéressent aujourd’hui, parce qu’ils concernent l’ensemble des travailleurs, et c’est autour de ces deux thèmes que nous voulons présenter la situation actuelle. Il ne fait aucun doute que ce que nous présentons comporte bien des lacunes. D’une part, tout ce qui peut nous parvenir à ce sujet est d’une telle abondance qu’il est impossible de tout citer. D’autre part, bien des luttes du monde entier ne nous sont pas connues (on a déjà de la peine à savoir ce qui se passe dans l’Hexagone). Mais ce qui se passe ici ou ailleurs, et qui peut avoir l’air d’une lutte ponctuelle, est un symptôme d’une situation qui peut se généraliser et doit être considéré comme un élément d’une lutte d’ensemble qui monte en puissance.

Tous les gouvernements (c’est-à-dire les capitalistes) sont bien conscients d’une tension sociale latente et, en toute incertitude devant des explosions sociales, prennent des mesures préventives. Ces mesures sont à la fois un renforcement des appareils et des dispositions légales répressives, et des démonstrations de force inégalées en toutes circonstances. Il s’agit, tout en faisant faire aux flics et et aux juges des exercices sur le terrain, de créer une atmosphère de dilution et d’absorption face à des tensions dont personne ne sait où et comment elles surgiront. En première ligne dans cette lutte de classes, les syndicats jouent leur rôle traditionnel de diffusion de ces tensions sociales. Ils ne peuvent guère prévenir les explosions ponctuelles de violence mais ils peuvent encore organiser ces contre-feux que sont les manifestations-promenades nationales. Un des membres du cartel syndical a déclaré récemment : « Il faut qu’il y ait de plus en plus de monde dans la rue et éviter que ne se développent des conflits durs dans les entreprises. »

Le 1er mai, nous assisterons à la troisième manifestation-promenade de l’année. L’unité nationale des appareils ne peut faire illusion : au contraire. Elle porte la marque de cette même tension sociale et d’une pression de base qui les contraint à une unité qui n’est jamais porteuse d’une radicalisation de la lutte.

Les poussées de violence au niveau des entreprises qui se répètent ponctuellement un peu partout en France expriment une autre forme d’unité de base dans l’action, et une cassure entre les bases syndicales et les appareils que ceux-ci essaient de combler par ces contre-feux espacés dans le temps.

LES DIFFERENTES FORMES D’IRRUPTION DE LA VIOLENCE DE CLASSE DANS LE MONDE

Toute forme de refus, même non vio­lente est en elle-même une vio­lence contre le système, une trans­gres­sion des règles dont le système néc­es­site l’obser­vance pour son fonc­tion­ne­ment. Occupations d’usines, séqu­est­rations de diri­geants, mani­fes­ta­tions de rue peu ortho­doxes se répètent depuis des mois. Le pou­voir poli­ti­que a une double atti­tude dans la répr­ession. D’une part, ces actions ouvrières n’entraînent pas jusqu’à présent de répr­ession vio­lente, mani­fes­te­ment pour éviter une riposte ouvrière par­ti­cu­lière ou col­lec­tive de soli­da­rité sur le site concerné ; les gou­ver­nants peu­vent éga­lement penser que les syn­di­cats peu­vent jouer leur rôle de contrôle social. D’autre part, par crainte d’actions direc­tes, soit dans leurs dép­la­cements indi­vi­duels, soit dans leurs concer­ta­tions col­lec­ti­ves, les gou­ver­nants s’entou­rent de pro­tec­tions poli­cières hors de toute pro­por­tion avec ce qui se fai­sait habi­tuel­le­ment. Sur ce plan, il y a des pré­cédents anciens et/ou récents dont nous par­lons ci-après et ces « préc­autions » ne sont peut-être pas si sur­fai­tes que cela.Pour le moment, les luttes ne met­tent pas en cause le système lui-même, bien qu’indi­rec­te­ment elles le fas­sent en s’atta­quant à la pro­priété et aux diri­geants de l’entre­prise, sym­bo­les même des bases du système. Pour le moment aussi, les reven­di­ca­tions ne concer­nent pas les fer­me­tu­res ou les licen­cie­ments (les tra­vailleurs impli­qués sem­blent bien cons­cients qu’une reprise d’acti­vité sous une forme quel­conque dans le contexte mon­dial est quel­que chose d’impos­si­ble) mais concer­nent les indem­nités, soit pour le res­pect des obli­ga­tions finan­cières légales, soit pour davan­tage que celles-ci .Il n’est pas pos­si­ble, dans la situa­tion actuelle des luttes de dire com­ment elle peu­vent se géné­ra­liser et de qu’elles inno­ve­ront par rap­port aux luttes antéri­eures

Tout de que l’on a pu voir dans les der­niers mois Plus qu’une mani­fes­ta­tion. Est-ce un com­men­ce­ment ?

Chine – *4/4/2009 - Une marche vers la capi­tale. Dans le Hebei, pro­vince au sud de Beijing, Baoding, une usine tex­tile, est fermée depuis une semaine pour un trans­fert d’un exploi­teur à un autre, lais­sant les 4 000 tra­vailleurs sans res­sour­ces. 1 000 d’entre eux décident de mar­cher sur la capi­tale dis­tante de 140 km mais ils sont stoppés après 40 km , après pala­bres, mena­ces et dis­sua­sions. Seuls quel­ques irréd­uc­tibles sont encore sur les lieux. D’une cer­taine façon, les tra­vailleurs de Continental qui veu­lent marche sur l’Elysée pour u accom­pa­gner leurs délégués procèdent de la même dém­arche poli­ti­que.

Le blo­cage de l’usine par des piquets de grève.

France – *23 février 2009 – Les tra­vailleurs d’Eurostyle (gar­ni­tu­res plas­ti­ques de voi­tu­res), sous-trai­tant de l’auto­mo­bile à Château­roux (Indre), blo­quent l’usine. L’entre­prise qui emploie sur toute la France 1000 tra­vailleurs est en faillite et un repre­neur en licen­cie­rait la moitié. Ils sont rejoints dans leur grève avec blo­cage par les autres usines du groupe de Lieu-Saint-Amand (Nord), Saint-Clément (Yonne) et Falaise (Calvados). Le but est de para­ly­ser les cons­truc­teurs-clients pour qu’ils inter­vien­nent pour faire aug­men­ter les indem­nités de licen­cie­ment. Le 24 février, les tra­vailleurs de Plastic Omnium de Saint-Romain-de-Colbosc (Seine-Maritime), qui doit fermer en juin, ont obtenu après seize jours de blo­cage une hausse de leurs indem­nités. *Début mars, Graphic Packaging, trust mon­dial de l’embal­lage et du condi­tion­ne­ment (15 000 tra­vailleurs dans le monde) implanté à Masnières près de Cambrai (Nord) (127 tra­vailleurs) et à Pont-de-Claix près de Grenoble (Isère) annonce la fer­me­ture de cette der­nière usine pour le 9 mars. Les ouvriers de l’Isère ten­tent de blo­quer l’usine du Nord le 23 février. Mais c’est sans len­de­main et le 27 février, ils accep­tent le plan social et lèvent le blocus de leur usine pour repren­dre quel­ques jours de pro­duc­tion. Etats-Unis – *21/3/2009 –Les tra­vailleurs Dover Chemical Co à Dover (Ohio) en sont à leur sixième semaine de grève après avoir rejeté par 104 contre 2 le nou­veau contrat pro­posé par le direc­tion. Le piquet de grève a été atta­qué. *20/3/2009 – Dans le mine de Rosebud dans le Montana ( Western Energy) 300 mineurs sont en grève pour les salai­res et une amél­io­ration du nou­veau contrat offert par la firme. *28/1/2009 – Chez un sous-trai­tant de l’aéron­au­tique, Vought Aircraft à Nashville dans le Tennessee , les 900 tra­vailleurs met­tent fin à trois mois et demi de grève suite à la menace d’embau­cher des tra­vailleurs de rem­pla­ce­ment (qui, d’après la loi amé­ric­aine, peu­vent pren­dre la place des tra­vailleurs en grève même après la reprise du tra­vail). Ils doi­vent accep­ter un nou­veau contrat lequel, contre une aug­men­ta­tion imméd­iate de 0,75 $ de l’heure et 0,50 les deux années sui­van­tes, sup­prime pour les entrants la retraite, impose le gel des salai­res pour ceux qui ont moins de 16 ans d’ancien­neté et prévoir un plan de départ volon­taire pour ceux qui ont plus de 16 ans d’ancien­neté, avec de 20 à 25 000 dol­lars d’indem­nité

Les occupations dans le monde

France- Plus d’une cen­taine de tra­vailleurs sans-papiers occu­pent tou­jours sans fai­blir depuis de dix mois l’annexe de la Bourse du tra­vail de Paris qui est deve­nue une sorte de squat per­ma­nent, sans qu’une expul­sion poli­cière ou syn­di­cale ait été tentée. *Le 5 mars, 40 sans-papiers occu­pent un centre de tri de déchets de Montlignon ( Val-d’Oise) pour obte­nir leur régu­la­ri­sation. La société Val d’Horizon, filiale de SITA, les embau­che à la journée et la preuve de leur contrat tem­po­raire ne leur est remise que lors de leur paie men­suelle.- * 6 mars 2009 – Nantes ( Loire-Atlantique) : Gross International ( matériel d’impri­me­rie), filiale à 100 % d’un fonds de pen­sion amé­ricain pra­ti­quant le LBO veut liqui­der l’entre­prise pour capi­ta­li­ser en argent frais son acqui­si­tion. La pre­mière étape est la fer­me­ture de l’usine de Nantes, avec trans­fert de toute la pro­duc­tion à l’autre usine du groupe à Montataire (Val-d’Oise), au nord de Paris : les 300 tra­vailleurs réag­issent, occu­pent l’usine et deman­dent l’annu­la­tion du trans­fert et la réint­égration du direc­teur, licen­cié pour s’être opposé à l’opé­ration. L’occu­pa­tion prend fin le 11 mars sur la pro­messe trans­mise par un délégué CFDT que des dis­cus­sions vont com­men­cer pour que cer­tains ser­vi­ces soient main­te­nus à Nantes.

Canada – *mars 2009 – A Bauer Industries à Windsor ( ville fron­ta­lière très proche de Detroit), four­nis­seur de General Motors, 35 ouvriers blo­quent l’usine pen­dant cinq jours pour empêcher tout mou­ve­ment de pièces et de matériel après l’annonce qu’ils n’auront pas de tra­vail jusqu’à nouvel ordre *.6 mars 2009 – A la suite d’une grève de trois semai­nes, la firme Simmons a fermé en sep­tem­bre 2008, défi­ni­ti­vement, son usine de mate­las de Toronto, jetant à la rue 150 tra­vailleurs. Mais sans leur payer les indem­nités légales. De guerre lasse, 30 ouvriers occu­pent l’usine le 6 mars et sont décidés à y rester tant que la banque de la firme n’aura pas fourni une lettre auto­ri­sant un crédit per­met­tant de payer l’arriéré de six semai­nes de salai­res. *12 mars 2009 – A l’annonce de leurs licen­cie­ments parce que Chrysler a rompu le contrat de sous-trai­tance, les 80 ouvriers des firmes sœurs Aradco et Aramco à Windsor blo­quent les usines pour empêcher la sortie des stocks et des machi­nes outils. Aidés par des tra­vailleurs des usines voi­si­nes, ils stop­pent tout mou­ve­ment de camions pour fina­le­ment entrer dans les usines et les occu­per jour et nuit. L’occu­pa­tion se ter­mine le 19 mars après que le syn­di­cat CAW ait obtenu de Chrysler un accord d’indem­ni­sa­tion voté par 64 % des ouvriers qui évacuent alors les usines.

Venezuela – *De jan­vier à mars, différents sites de mon­tage auto­mo­bile sont occupés pour des ques­tions de salai­res et d’avan­ta­ges sociaux. Mitsubishi , Hyundai et Fusi en jan­vier, et le 24 mars, 1 600 ouvriers de l’usine Toyota de Cumana.

Grande-Bretagne – *2/4/2009 – Visteon, filiale équi­pem­entière de Ford (33 500 tra­vailleurs dans le monde), avec trois usines au Royaume-Uni où la direc­tion annonce le licen­cie­ment de 565 tra­vailleurs sur 610 : d’abord à Finaghy près de Belfast (Ulster), où 200 ouvriers occu­pent imméd­ia­tement l’usine, à Basildon ( ban­lieue est de Londres) puis à Enfield ( ban­lieue nord de Londres) où 130 ouvriers s’ins­tal­lent sur le toit de l’usine. Ils envoient des piquets à l’usine proche Ford de Dagenham. En France, conflit latent à l’usine Visteon de Gondecourt (Nord), après la sup­pres­sion de 101 postes d’inté­rim­aires.

Hollande -*16 mars 2009 - Après une grève d’aver­tis­se­ment sur le tas le 6 mars, les 500 net­toyeurs d’avions de l’aéroport de Schiphol près d’Amsterdam se sont mis en grève géné­rale le 16 mars, occu­pant les lieux. Après une ten­ta­tive avortée de faire déc­larer la grève illé­gale par un tri­bu­nal, les com­pa­gnies ten­tent de briser la grève avec des jaunes mais le 31 mars, la grève était tou­jours reconduite de 24 heures en 24 heures. Parmi les reven­di­ca­tions, l’obli­ga­tion de four­nir des trans­ports, des locaux pro­pres et la sécurité d’emploi.

Russie –* 31/3/2009 – Mine de Chikha près de Rostov. Les mineurs res­tent au fond de la mine et jurent de ne remon­ter qu’après paie­ment de trois mois d’arriérés de salai­res.

Irlande – *Waterford Crystal, ver­re­rie, a cessé toute acti­vité en jan­vier der­nier. Le 30 jan­vier, une partie des 480 tra­vailleurs licen­ciés ont bous­culé les gardes de l’usine vide et l’ont enva­hie. Ils ont été rejoints par 200 ouvriers d’autres usines de la ville licen­ciés en 2008. L’usine occupée est deve­nue une sorte de QG des chômeurs du coin, aménagé pour toutes formes de survie. Grève et occu­pa­tion se ter­mi­nent le 22 mars après huit semai­nes avec l’intru­sion d’un repre­neur qui ne main­tien­dra que 176 postes de tra­vail sur 480 ; 800 tra­vailleurs au chômage se par­ta­ge­ront 10 mil­lions d’euros (12 500 par tête).

L’occupation et la reprise d’activité en autogestion

Cela n’est pos­si­ble que dans de peti­tes unités éco­no­miques qui fabri­quent un pro­duit ven­da­ble direc­te­ment au public, sou­vent au prix d’énormes dif­fi­cultés juri­di­ques autant que d’appro­vi­sion­ne­ment. Pour le moment, on n’en parle qu’en Argentine, dans la foulée de l’insur­rec­tion de 2001. Récemment, deux peti­tes entre­pri­ses aban­données par leur patron ont été « repri­ses » et ten­tent de s’autogérer sous forme de coopé­ra­tives : une fabri­que de pâte Disco de Oro (11 famil­les en vivaient) semble avoir sur­monté des dif­fi­cultés de four­ni­ture de farine ;- une usine tex­tile ( fila­ture et tis­sage de coton), Febatex à Quilmès, dans la ban­lieue de Buenos Aires : après des licen­cie­ments suc­ces­sifs malgré une charge de tra­vail de 12 heures par jour, s’est vue d’abord couper le cou­rant et cher­che une reconnais­sance juri­di­que.

Blocage de voies de com­mu­ni­ca­tion

France -* 6/3/2009 – Des étudiants et des profs blo­quent pen­dant trois quarts d’heure les voies de la gare Montparnasse à Paris. Ils sont atta­qués par la police alors qu’ils se reti­rent.

Egypte- *5 /2/2009 – 500 che­mi­nots des ate­liers Kom Abu Radi à al Wasta au Caire en grève sau­vage ten­tent de blo­quer la gare prin­ci­pale Ramsès et se bagar­rent avec les forces spéc­iales de sécurité venues les en chas­ser. Le conflit concerne une pro­messe de primes majorées impayée. Menace de repren­dre la grève si de nou­veaux enga­ge­ments présentés par le syn­di­cat offi­ciel ne sont pas tenus.

Bangladesh – *9/3/2009 – Pratiquement tous les conflits font sortir les tra­vailleurs des usines pour blo­quer les prin­ci­pa­les routes alen­tour. A Chittagong, prin­ci­pal port du pays, les ouvriers d’Azam Knitting blo­quent l’auto­route proche de l’usine pour des salai­res impayés. A Jurain, près de la capi­tale Dhaka, plu­sieurs cen­tai­nes d’ouvriers de General Garment mani­fes­tent et blo­quent éga­lement un axe rou­tier proche pour une reva­lo­ri­sa­tion du salaire aux pièces.

Séquestrations

Chine – *25/2/2009 –Usine Panasonic Electronic Devices à Beijing : les tra­vailleurs licen­ciés occu­pent l’usine pen­dant six heures et y séqu­estrent trois des diri­geants.

France –* 2/2/2009 – L’usine Brocard et Roux (BRS) de Devecey, près de Besançon (Doubs), équi­pem­entier, veut délo­ca­liser en Slovaquie et entre­prend de démé­nager clan­des­ti­ne­ment le matériel tout en met­tant en faillite. Les 40 ouvriers blo­quent les camions de démé­na­gement, séqu­estrent le patron anglais et l’accom­pa­gnent au tri­bu­nal pour la liqui­da­tion judi­ciaire qui auto­rise la pour­suite de l’acti­vité. Le patron doit rapa­trier tout le matériel déjà transféré. *13/3/2009 – Pontonx-sur-l’Adour (Landes) : usine Sony ( élect­ro­nique), séqu­est­ration du P-DG dans l’usine blo­quée contre la fer­me­ture du site le 17 avril met­tant 311 tra­vailleurs à la rue. Une journée de négoc­iations suffit pour obte­nir une indem­ni­sa­tion conséqu­ente : 10 000 euros par tra­vailleurs, en plus d’un mois de salaire par année d’ancien­neté, avec un plan­cher de 45 000 euros. *24/3/2009 – Usine phar­ma­ceu­ti­que 3M à Pithiviers (Loiret). Le trust veut sup­pri­mer 110 emplois sur 235. La grève illi­mitée a débuté le 20 mars pour une meilleure indem­ni­sa­tion et pour des garan­ties d’emploi. Le direc­teur est séqu­estré le 24 et libéré le 25 à minuit avec l’ouver­ture de pour­par­lers. Reprise le 2 avril après un vote à 80 % pour un accord com­por­tant le report des licen­cie­ments à novem­bre 2010, une prime plan­cher de départ de 30 000 euros, une prime de trans­fert de 5 000 à 7 000 euros et des garan­ties d’emploi de quinze mois pour les licen­ciés. *30 et 31 mars 2009 – Deux usines Caterpillar ( trust mon­dial : 22 000 tra­vailleurs) de Grenoble et d’Echirolles (ban­lieue d e Grenoble) annon­cent 733 licen­cie­ments sur 2 800 tra­vailleurs. Les usines sont occupées et 4 direc­teurs sont séqu­estrés mais libérés le 1er avril. Depuis, les trac­ta­tions conti­nuent pour aug­men­ter les indem­ni­sa­tions (der­nières pro­po­si­tions patro­na­les : 60 % du salaire men­suel par année de prés­ence avec un pla­fond de 10 000 euros) *31/3/2009 – A la sortie d’un comité d’entre­prise européen du groupe PPR (grands maga­sins et indus­trie du luxe, plus de 141 % de béné­fices en 2008) au cours duquel a été annoncé la sup­pres­sion de 1 800 postes dans les ensei­gnes La Redoute (vente par cor­res­pon­dance), Conforama ( ins­tal­la­tions d’intérieur), FNAC (livres, disque, élect­ro­nique, fer­me­ture de FNAC Bastille, 400 licen­cie­ments), Grand Hôtel, Monoprix, le « grand patron » Pinault ( ami de Sarkozy) est bloqué dans un taxi par un bar­rage de pou­bel­les et 100 tra­vailleurs du groupe, rue de Javel dans le 15e arron­dis­se­ment de Paris et copieu­se­ment inju­rié. Il doit être délivré par les flics au bout d’une heure. *30/3/2009- FCI Microcommunications (cartes à puce, firme passée de fonds de pen­sion en Areva et autes mains). Usine de Mantes-la-Jolie (Yvelines, ban­lieue ouest de Paris) fermée pour délo­ca­li­sation à Singapour . 400 tra­vailleurs sont en grève avec occu­pa­tion jour et nuit depuis cinq semai­nes pour une meilleure indem­ni­sa­tion. 2 direc­teurs séqu­estrés pen­dant quatre heures doi­vent être délivrés par les flics. Malgré un juge­ment d’expul­sion, l’occu­pa­tion est main­te­nue. *29/1/2009 – Fulmen, bat­te­ries de voi­tu­res et de camions, usine du trust Exide Technologies, doit être fermée : les tra­vailleurs en grève contrai­gnent le patron à mani­fes­ter avec eux à Auxerre (Yonne) lors de la journée de grève inter­syn­di­cale, l’ayant obligé à revêtir un tee-shirt por­tant le nombre de tra­vailleurs licen­ciés. *11/3/2009 – A l’automne 2007, les deux usines du trust Continental de Clairoix (Oise) et de Sarreguemines avaient accepté, sous les chan­tage à la fer­me­ture, l’aban­don des 35 heures et le pas­sage aux 40 heures. Au début de l’année, le trust du pneu­ma­ti­que annonce qu’il va fermer deux usines europé­ennes, celle de Hanovre (5 000 tra­vailleurs) et celle de Clairoix (1 100 tra­vailleurs) à la date limite du 31 mars 2010, les pre­miers licen­cie­ments débutant en octo­bre 2009. Cette usine se met en grève et la colère éclate lors­que les ouvriers font au direc­teur une haie d’hon­neur sous une pluie d’œufs et de godas­ses ; il reçoit même un coup de bâton sur le crâne. Le 25 mars, alors que les représ­entants syn­di­caux sont reçus à l’Elysée, 1 000 tra­vailleurs, épaulés par d’autres tra­vailleurs de la région pari­sienne ten­tent de gagner l’Elysée mais, blo­qués par les flics place Saint-Augustin, y font un bar­rage de pneus enflammés. Un comité cen­tral d’entre­prise qui devait se tenir près de l’usine a été « délo­calisé » à Nice pour fuir loin de l’action ouvrière. L’occu­pa­tion de l’usine et différ­entes mani­fes­ta­tions dont celle de Paris qui a vu pour la pre­mière fois une grande avenue de la capi­tale barrée par une bar­ri­cade de pneus en flam­mes, mais n’ont guère modi­fié prés­en­tement la situa­tion. Cela fait long­temps qu’une mani­fes­ta­tion de tra­vailleurs dans la capi­tale réussit à blo­quer une grande avenue. Dans le même temps, Continental embau­che en Roumanie et envi­sage de délo­ca­liser en Chine. Le niveau de la com­ba­ti­vité ouvrière peut être donné par ce propos d’un ouvrier de Clairoix : « Il nous faut des sous pour payer un train pour aller jusqu’à Hanovre ( le 23 avril au CE du groupe), mais ça peut aussi nous servir pour ache­ter des kalach­ni­kov, des bazoo­kas, des tanks… » Il y a une forte volonté pour tenter d’ouvrir le conflit vers l’extérieur, non seu­le­ment vers les usines du coin mais aussi vers des sites placés dans la même situa­tion comme les aciéries de Gandrange. Pour le moment, le mou­ve­ment semble sta­gner, pris dans des pro­blèmes juri­di­ques. Les dif­fi­cultés du groupe Continental ne sont pas tant dues à la crise qu’à une reprise hasar­deuse par un autre trust alle­mand : Schaeffer, un petit qui, ten­tant d’absor­ber un gros, ne peut faire face aux rem­bour­se­ments des crédits ban­cai­res ayant permis cette opé­ration.

.La désobéissance civile

France – *Dans le der­nier bul­le­tin, nous avons parlé des ensei­gnants du pri­maire qui refu­sent d’appli­quer des réf­ormes qu’ils jugent inu­ti­les et dan­ge­reu­ses. Plus de 2 000 se sont déclarés comme « déso­béissants » mais ils seraient plus nom­breux à adop­ter cette pra­ti­que sans le dire, car se déc­larer entraîne des sanc­tions, pas seu­le­ment finan­cières. Distinctement de cette pra­ti­que dans l’Education Nationale, un réseau nommé Les Désobéissants s’est cons­ti­tué autour d’un Manifeste des déso­béissants qui comp­te­rait plus de 4 000 per­son­nes pou­vant se trou­ver impli­quées dans des actions tant indi­vi­duel­les que col­lec­ti­ves.

Mutineries

Bangladesh – *25/2/2009 – 45 000 para­mi­li­tai­res se rebel­lent depuis la capi­tale jusque dans les zones fron­ta­lières. Ils exé­cutent 73 offi­ciers (toute la hiér­archie de leur corps). Leur réb­ellion n’est aucu­ne­ment poli­ti­que mais éco­no­mique : ils deman­dent une hausse de salai­res, des primes diver­ses et des jours de repos. Encerclés par l’armée régulière, ils finis­sent par capi­tu­ler ; plus de 200 sont imméd­ia­tement arrêtés. Mais plu­sieurs cen­tai­nes réuss­issent à s’enfuir avec leurs armes et ce qu’ils ont dérobé aux offi­ciers.

.L’occupation des espaces publics

Quand les mani­fes­ta­tions ces­se­ront-elles d’être des pro­me­na­des contrôlées et quel­ques escar­mou­ches de « fins de manifs » ?

Irlande – *Dublin – 21 février - Plus de 120 000 mani­fes­tants dans la rue à l’appel du syn­di­cat ICTU, entre autres contre la baisse de 7 % des salai­res et des retrai­tes des fonc­tion­nai­res. Dans le calme. Ce qui permet d’orga­ni­ser une autre mani­fes­ta­tion tout aussi inef­fi­cace

Ukraine –* 24/12/2008 – A l’appel des syn­di­cats, des mil­liers de tra­vailleurs mani­fes­tent à Kiev, la capi­tale, contre licen­cie­ments et réd­uctions de salai­res.

France – *Une troi­sième mani­fes­ta­tion-pro­me­nade conviée par tous les syn­di­cats « unis » est prévue pour le 1er Mai, les deux pré­céd­entes n’ayant rie stoppé, sur­tout pas la vague de licen­cie­ments.

Japon – *Nouvel an 2008 : 6 500 tra­vailleurs tem­po­rai­res licen­ciés sans indem­nités et SDF impro­vi­sent une cité de tentes dans le parc adja­cent au ministère du Travail. Aujourd’hui, au Japon, plus d’un tiers des 55 mil­lions de tra­vailleurs sont des inté­rim­aires sans aucune garan­tie d’emploi et sans aucune pos­si­bi­lité d’une aide quel­conque s’ils sont licen­ciés. Des ras­sem­ble­ments publics se dér­oulent régul­ièrement dans les grands cen­tres indus­triels regrou­pant les tra­vailleurs licen­ciés. Les syn­di­cats ten­tent de cana­li­ser ces mou­ve­ments en créant des syn­di­cats pour les chômeurs ou pour les tra­vailleurs étr­angers. Comme le déc­lare le secrét­aire général de Rengo, la prin­ci­pale confé­dé­ration syn­di­cale japo­naise : " Nous pen­sons que les mou­ve­ments actuels doi­vent être guidés par un souci de soli­da­rité plus que par une volonté d’affron­te­ment ." *Mars 2009 – Cerizay (Deux-Sèvres), entre­prise Heuliez, sous-trai­tant de l’auto­mo­bile, pra­ti­que­ment en faillite. Plus de 100 tra­vailleurs sont menés en bateau autour du finan­ce­ment d’un projet d’une voi­ture élect­rique. Manifestations diver­ses et inter­ven­tions poli­ti­ques n’appa­rais­sent que des ater­moie­ments.

Les récupérations

France ( Voir pré­cédent bul­le­tin) *Le 18 février, pique-nique sau­vage au super­mar­ché Casino de Paris (20e ), à l’appel d’un col­lec­tif d’orga­ni­sa­tions et de coor­di­na­tions diver­ses, en toute impu­nité. Des actions sem­bla­bles à Rennes et à Grenoble.

Le pas­sage à l’étape supéri­eure, des cailloux aux plombs : la crise, l’huile sur le feu qui couve dans les ban­lieues

France – *14 mars 2009 – Quels que soient les inci­dents ponc­tuels (sou­vent un mort suite à des bavu­res poli­cières) qui sont l’étinc­elle d’une explo­sion locale tem­po­raire, ces explo­sions qui ne sont pas nou­vel­les mon­trent pour­tant des caractères ori­gi­naux, inquiétants pour le pou­voir. D’une part, la répé­tition d’inva­sion d’établ­is­sements sco­lai­res avec affron­te­ments vio­lents de bandes (que le pou­voir entend jugu­ler déris­oi­rement par l’ins­tal­la­tion de caméras-vidéos de sur­veillance et par la cri­mi­ni­li­sa­tion d’un nou­veau délit : l’appar­te­nance à une bande).D’autre part, l’usage des armes dans ces explo­sions ponc­tuel­les de vio­lence Le 2 février, à Grigny dans l’Essonne (ban­lieue sud-est de Paris), quatre poli­ciers sont tou­chés par des tirs de cara­bine ; *le 8 mars à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne, ban­lieue est de Paris), un CRS est blessé par un tir ; le 14 mars aux Mureaux ( Yvelines, ban­lieue ouest de Paris), dix flics sont blessés par balles ; dans la nuit du 14 au 15 mars, le com­mis­sa­riat de Montgeron (Essonne) reçoit la visite noc­turne des plombs d’un fusil de chasse. De tels tirs ne sont pas tota­le­ment nou­veaux mais étaient restés isolés alors que leur répé­tition tém­oigne d’un accrois­se­ment des ten­sions et d’une dét­er­mi­nation nou­velle. On peut ajou­ter à ce pal­marès l’uti­li­sa­tion d’armes à feu contre la police dans les réc­entes émeutes de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion

.La criminalité

France – 21/1/2009 – En 2008, les sta­tis­ti­ques offi­ciel­les de la cri­mi­na­lité révèlent une forte aug­men­ta­tion des bra­qua­ges contre les petits com­mer­ces et un essor jamais connu d’escro­que­ries et autres infrac­tions éco­no­miques et finan­cières ( notam­ment par Internet).

Quand rien d’autre n’est possible

France- *Sur le site de Lacq, l’usine chi­mi­que de Pardies (Pyrénées-Atlantique) d’Acetex Chimie, filiale de la mul­ti­na­tio­nale amé­ric­aine Celanese Corporation, annonce sa fer­me­ture le 23 mars. Cette fer­me­ture entraîne non seu­le­ment le licen­cie­ment de 350 tra­vailleurs mais aussi d’usines voi­si­nes qui en dép­endent : Yara (127 tra­vailleurs) et Air Liquide ( 29 tra­vailleurs). Tous entre­pren­nent une grève de la faim sym­bo­li­que se relayant pas groupe de trois chaque jour à partir du 28 mars.

Russie – *13/3/2009 – L’Aciérie ( aciers spéciaux pour l’aéron­au­tique, le spa­tial et les sous-marins) de Zlatoust (9 000 ouvriers), ville de 200 000 habi­tants à 160 km de Tcheliabinsk dans l’Oural, veut réd­uire les sala­ries d’un tiers et menace de licen­cier si non-accep­ta­tion (salaire de base : 5 000 rou­bles men­suels : 140 $) . La grève de la faim de 16 ouvriers sur le site est déclarée « illé­gale ». La plus grande aciérie de Russie Severstall a licen­cié 9 500 tra­vailleurs. Pour toute la Russie, en jan­vier et en février, offi­ciel­le­ment, 800 000 tra­vailleurs ont été licen­ciés, le taux de chômage atteint 8,1 %.

Les ambiguïtés de la lutte de classe Immigrés et préférence nationale

Union europé­enne - Le pro­blème est double : d’un côté, il y a les immi­grants, clan­des­tins ou pas, venant de tous les pays du monde hors UE ; d’une autre côté, les immi­grants venant d’un Etat de l’UE pour tra­vailler dans un autre Etat de l’UE et à qui sont garan­ties la liberté de cir­cu­la­tion et d’établ­is­sement dans toute l’UE. Tant que l’éco­nomie était prospère, ces deux sortes d’immi­grants étaient tolérés, ce qui n’excluait pas des conflits. Leur cause n’était pas tant due à une compé­tition éco­no­mique car, sou­vent, les pre­miers pre­naient les emplois que les natio­naux ne recher­chaient pas, ces der­niers trou­vant faci­le­ment des emplois moins durs et mieux payés. Mais, vivant dans des condi­tions préc­aires, ces immi­grants de tous ordres, bien que contri­buant à la prospérité des Etats « accueillants » (dou­ble­ment, direc­te­ment par leurs condi­tions de tra­vail et de salai­res et indi­rec­te­ment par la pres­sion sur le niveau global des salai­res), étaient sou­vent considérés comme des « mar­gi­naux », un sous-prolé­tariat plus ou moins dan­ge­reux. Les ten­sions entre « natio­naux » et « non-natio­naux » étaient exa­cerbées par les différ­ences cultu­rel­les et de modes de vie, et elles ont par­fois dégénéré en des affron­te­ments vio­lents. La crise éco­no­mique a accru ces ten­sions, d’autant plus que le chômage a poussé les natio­naux vers les emplois occupés par les immi­grants. Des son­da­ges récents dans les pays « riches » de l’UE ont montré l’ampleur d’un revi­re­ment d’opi­nion et quel­ques conflits ont confirmé cette oppo­si­tion entre « natio­naux » et « immi­grants ». Deux pays retien­nent par­ti­cu­liè­rement l’atten­tion des enquêteurs : l’Espagne, où les 5 mil­lions d’immi­grants venus d’Afrique, d’Europe de l’Est et d’Amérique Latine dans les dix der­nières années doi­vent affron­ter la réalité d’un chômage qui atteint 20 % de la popu­la­tion active. La Grande-Bretagne, qui a attiré 1 500 000 Polonais (la moitié dans la capi­tale) arrivés après 2004, et où des évé­nements récents que nous évoq­uerons dans le pro­chain bul­le­tin ont entraîné des débats poli­ti­ques autant qu’idéo­lo­giques.

Etats-Unis – *mars 2009 – Chacun sait qu’aucune dis­po­si­tion tech­ni­que ( notam­ment la bar­rière à la fron­tière mexi­caine) ou répr­es­sive n’endi­gue le flux de tous les Latinos qui, au péril de leur vie, ten­tent d’entrer sur le ter­ri­toire amé­ricain. On essaie de limi­ter le flux par tous les moyens, même les plus indi­rects. Dans la loi sur le sau­ve­tage des ban­ques votée réc­emment par le Congrès, un dis­po­si­tion a été intro­duite subrep­ti­ce­ment, limi­tant l’accès aux ban­ques ayant obtenu des avan­ces de l’Etat pour les firmes ayant obtenu des visas pour l’embau­che de tra­vailleurs immi­grés.

Grande-Bretagne - *Arme de dis­sua­sion – 17/3/2009 – Le minis­tre bri­tan­ni­que de l’Immigration a annoncé être en négoc­iation avec son homo­lo­gue français pour cons­truire à Calais un centre de rét­ention spéc­ia­lement des­tiné à ceux qui rêvent de tra­ver­ser la Manche, et qui n’ont pas le profil pour y accéder. La Grande-Bretagne finan­ce­rait des char­ters pour les recondui­tes dans les pays sup­posés d’ori­gine, à grands ren­forts de publi­cité pour dis­sua­der les can­di­dats éventuels d’entre­pren­dre le voyage.

Dubaï –* 17/3/2009 – Ne pas confon­dre. Il ne faut pas confon­dre les expa­triés — les expats — et les immi­grants. Les pre­miers sont des cols blancs bien payés qui n’ont rien de commun avec ce sous-prolé­tariat d’escla­ves drainés de tout le Sud-Est asia­ti­que vers les émirats pét­roliers. Mais la crise les frappe tout autant. Pour eux, le gou­ver­ne­ment de Dubaï amé­nage les règles qui contrai­gnent un immi­grant au chômage à quit­ter le pays dans les trente jours, avec inter­dic­tion d’aller s’embau­cher direc­te­ment dans une autre entre­prise. Ils s’aperç­oivent aussi qu’ils ne sont pas mieux lotis que le tout-venant des immi­grants : ils peu­vent avoir du mal à se faire payer leur der­nier salaire, quand aux indem­nités de licen­cie­ment et autres avan­ta­ges d’une vie appa­rem­ment dorée, comme l’écrit un com­men­ta­teur, « l’Eldorado s’est évanoui dans le désert ». Plus de 3 000 voi­tu­res sont aban­données sur le par­king de l’aéroport de Dubaï par des immi­grants cols blancs qui se sont endettés et qui, ayant perdu leur emploi, éch­appent ainsi en s’enfuyant clan­des­ti­ne­ment à la prison pour dette, encore pra­ti­quée dans cet eldo­rado. Plusieurs dizai­nes de mil­liers d’expats auraient rega­gné la mère-patrie de cette façon. Chine -*Février 2009 – On trouve pas mal d’arti­cles sur les fer­me­tu­res d’entre­pri­ses en Chine et sur les licen­cie­ments conséquents (sou­vent avec salai­res impayés), ce qui décl­enche des rév­oltes loca­les que les gou­ver­ne­ments locaux ten­tent d’endi­guer en se sub­sti­tuant aux patrons défaillants pour régler les dus, tout au moins en partie. Mais peu de chose sur le sort des quel­que 20 mil­lions de migrants qui furent les pre­miers jetés à la rue ( ils seraient 15 % parmi les 130 mil­lions de migrants). Un cer­tain nombre ont pu retour­ner dans leur cam­pa­gne d’ori­gine ce qui, dans les régions pau­vres, est une chute dans la misère.

Espagne – *Février 2009 – Depuis que la crise frappe dure­ment l’Espagne ( chômage à 14 %), la chasse aux clan­des­tins s’est inten­si­fiée. Une cir­cu­laire poli­cière ordonne aux flics « d’inter­pel­ler les sans-papiers où qu’ils soient, où bon leur semble », avec des quotas d’arres­ta­tions heb­do­ma­dai­res ; les Marocains seraient davan­tage ciblés car leur rapa­trie­ment ne coûte pra­ti­que­ment rien ( ils n’ont que le Détroit à tra­ver­ser). Depuis 2007, plus de 100 000 sans-papiers ont été ainsi expulsés.

Italie – *Février 2009 – L’étape que cons­ti­tuait l’île de Lampedusa pour pren­dre pied sur le ter­ri­toire ita­lien a changé de rôle : ce qui était un centre d’accueil auto­ri­sant quel­que espoir ( 30 000 immi­grants en 2008) a été trans­formé en centre d’expul­sion. Le 24 jan­vier, 700 immi­grés de ce centre se sont révoltés, ont enfoncé les grilles de clôture et ont mani­festé dans la ville de Lampedusa. Le 18 février, les pri­son­niers ont mis le feu au centre pour pro­tes­ter contre le rapa­trie­ment de 107 Tunisiens ; 60 immi­grants blessés lors de l’inter­ven­tion des flics.

.Ukraine – *Décembre 2008 – Le com­merce des immi­grants. Pour ceux-ci, la mafia ukrai­nienne est beau­coup moins chère que la mafia turque, ce qui fait que le flot de ceux qui veu­lent entrer dans l’Union europé­enne ne tarit pa . Pour tenter d’y remédier, un autre com­merce s’est développé : l’UE finance ( 40 mil­lions d’euros) la cons­truc­tion de cen­tres de rét­ention en Ukraine contre les pro­mes­ses d’un future entrée dans le cercle européen. Mais ceux qui se font pren­dre ne peu­vent rester plus de six mois empri­sonnés et ten­tent de nou­veau et imméd­ia­tement leur « chance ».

Grèce, une situation de résistances exceptionnelles.

(voir pré­cédent bul­le­tin sur les émeutes de déc­embre 2008). *Janvier. Au moins 62 uni­ver­sités encore occupées et ouver­tes à tous et aussi quel­ques lycées Les employés de la Compagnie des eaux à Thessalonique sont en grève contre la pri­va­ti­sa­tion et la cor­rup­tion des chefs, occu­pant le bâtiment de la com­pa­gnie (même s’ils sont ter­ro­risés par les patrons). Le bâtiment du syn­di­cat des Journalistes est occupé par des jeunes et des employés des médias (Athènes). Un café muni­ci­pal est occupé par des anti-auto­ri­tai­res pour fonc­tion­ner comme espace ouvert pour la contre-infor­ma­tion, la dis­cus­sion et la coor­di­na­tion des actions. *Fin jan­vier, pen­dant près de deux semai­nes, occu­pa­tion de l’Opéra natio­nal par des dan­seurs, ouverte à tout le monde pour des dis­cus­sions et des débats. Beaucoup d’actions à cette pér­iode étaient liées à l’atta­que d’acide sul­fu­ri­que contre une grév­iste, Konstantina Kouneva (voir pré­cédent bul­le­tin) femme de ménage, meneuse d’une grève. La société pour laquelle elle tra­vaillait était dirigée par un député du Parti socia­liste. *Mardi 3 mars, à une heure du matin, après avoir demandé aux voya­geurs de sortir (c’était le der­nier arrêt), quel­ques pas­sa­gers mas­qués et déguisés ont brûlé entiè­rement un train et le feu s’est étendu aux autres wagons, cau­sant 16 mil­lions d’euros de dégâts. La société fer­ro­viaire ISAP était l’employeur de Konstantina Kouneva *Vendredi 6 mars, des acti­vis­tes ont occupé une gare de la société ISAP met­tant hors d’action les dis­tri­bu­teurs de billets. *Samedi 7 mars, les bureaux de la Compagnie natio­nale d’élect­ricité, une autre entre­prise qui emploie des femmes de ménage alors en grève, étaient incen­diés et 7 véhi­cules de cette société étaient détruits. Précédemment, les bureaux avaient été occupés par des mani­fes­tants par soli­da­rité avec K. K., comme d’ailleurs quel­ques bureaux d’ISAP. Il y eut beau­coup d’atta­ques contre les dis­tri­bu­teurs de mar­chan­dise et les maga­sins (par­ti­cu­liè­rement ceux des ven­deurs de voi­tu­res de luxe). *Début jan­vier, des chaînes d’épi­ceries étaient atta­quées et les cha­riots rem­plis avec de la nour­ri­ture et d’autres mar­chan­di­ses furent donnés aux gens fai­sant leurs cour­ses dans les mar­chés. Mais plus réc­emment (diman­che 8 mars), il y eut des incen­dies contre un grand centre com­mer­cial dans le sud d’Athènes (Dafni), qui fut com­plè­tement détruit. Le 8 mars aussi, le Secrétariat général d’employés (à Kalithea) et le bureau de l’Inspection du tra­vail (à Agioi Anargyroi) étaient séri­eu­sement endom­magés. *En jan­vier et février, il y eut beau­coup d’actions de la part des fer­miers/pay­sans deman­dant une aug­men­ta­tion des sub­ven­tions, des retrai­tes, et la baisse du prix de l’essence. En jan­vier plu­sieurs auto­rou­tes ont été blo­quées en Grèce pen­dant quel­ques jours, et en Crète ils ont occupé des pistes de l’aéroport, impo­sant l’annu­la­tion de plu­sieurs vols. 500 mil­lions d’euros d’aug­men­ta­tion des sub­ven­tions ont été obte­nus, mais la Crète n’était pas incluse dans cet arran­ge­ment. *Début février, 1 000 fer­miers de Crète sont arrivés au port du Pirée pour une « opé­ration escar­got » à Athènes mais les flics les ont blo­qués et atta­qués avec des bombes lacry­mogènes et des matra­ques ; les fer­miers ont rép­ondu avec des pier­res et autres pro­jec­ti­les, ont brûlé des pou­bel­les et atta­qué les flics avec des trac­teurs. En rép­onse à la bru­ta­lité des flics, il y eut une grève sau­vage, géné­rale et spon­tanée en Crète qui a duré plu­sieurs jours : tous les fonc­tion­nai­res sont sortis de leurs bureaux, les chauf­feurs de taxis se sont mis en grève, les sta­tions-ser­vice et même les maga­sins ont été fermés. Les fer­miers ont occupé deux bureaux du ministère de l’Economie et ont bloqué la Banque de Grèce. *Mardi 24 février, des fas­cis­tes ont lancé une gre­nade contre un centre d’immi­grés à Athènes, où avaient lieu deux réunions. Par chance, la gre­nade a rebondi et explosé dans la rue. Deux jours plus tard, il y eut une manif contre cette atta­que et un grand groupe d’anar­chis­tes est sorti de la manif pour atta­quer les bureaux d’un quo­ti­dien de droite, avec des mar­teaux de for­ge­ron et autres choses. Plusieurs voi­tu­res appar­te­nant à des jour­na­lis­tes étaient aussi brûlées. *Une deuxième manif, le 5 mars, était atta­quée par les flics et il s’ensui­vit une grande émeute. Quelques ban­ques et des maga­sins pour riches furent atta­qués et le bureau de l’orga­ni­sa­tion fas­ciste la plus asso­ciée aux flics (Aube dorée, res­pon­sa­ble de beau­coup d’atta­ques contre le mou­ve­ment) fut com­plè­tement détruit par le feu. Il y eut aussi une émeute à Salonique ce jour-là. *Lundi, 2 mars à Patras, un immi­gré Afghan a tenté de monter à l’arrière d’un camion et un autre camion a accéléré pour l’écraser entre les deux véhi­cules. Dans l’ambiance des atta­ques racis­tes, sou­vent sou­te­nues par les flics, la réaction de plus de 1 000 Afghans ainsi que celle d’autres per­son­nes du coin fut de faire des bar­ri­ca­des enflammées et d’affron­ter les flics sou­te­nus par des fas­cis­tes locaux. Les lacry­mogènes et les atta­ques bru­ta­les ont poussé les Afghans à se reti­rer dans la zone ghet­toïsée. Plus tard, des Grecs du coin ont empêché les fas­cis­tes éta­tiques d’atta­quer ce ghetto en jetant des bou­teilles et d’autres pro­jec­ti­les depuis les bal­cons. Mercredi, 4 mars, des jeunes se sont ras­sem­blés sur le lieu de l’assas­si­nat d’Alexandros Grigoropoulos. Ils ont essayé d’arrêter la cons­truc­tion d’un immeu­ble à côté du lieu en atta­quant les véhi­cules de cons­truc­tion et en brûlant et détr­uisant un grand bull­do­zer. Les flics ont atta­qué avec des lacry­mogènes. *De même, quand fin jan­vier et début février fut occupé un des rares parcs à Athènes, où la mairie vou­lait cons­truire un par­king privé. Des bar­ri­ca­des furent érigées et les bull­do­zers détruits, les flics ont atta­qué avec des matra­ques et encore des lacry­mogènes, mais les occu­pants ont rép­ondu avec des pier­res et des bar­ri­ca­des sur la route prin­ci­pale, pen­dant que quel­ques mani­fes­tants atta­quaient 2 com­mis­sa­riats locaux, brûlant des véhi­cules de police. L’occu­pa­tion du parc a conti­nué pen­dant plu­sieurs semai­nes, avec des fêtes et des dis­cus­sions aux­quel­les tout le quar­tier a par­ti­cipé. *Le mou­ve­ment des lycéens conti­nue. Un exem­ple : ven­dredi 27 février, des élèves de 2 collèges publics à Athènes ont atta­qué une école privée réservée aux enfants de la classe domi­nante. Ils ont cassé une des entrées et le poste de garde, ins­cri­vant des graf­fi­tis anar­chis­tes, et ils ont jeté des feux d’arti­fice et des oran­ges contre des cars. En essayant de pénétrer dans le bâtiment prin­ci­pal du collège, ils se sont heurtés aux flics qui ont essayé d’inter­pel­ler une fille de 12 ans et un gars de 13 qui furent frappés. Mais, entourés par des élèves et des profs, qui les ont accusés de bru­ta­lité, ils ont dû les relâcher. *9 mars : l’Assemblé ouverte pour la santé a occupé une partie d’un hôpital de la Croix-Rouge à Athènes pen­dant quatre heures, deman­dant « des soins médicaux gra­tuits pour tous ». Il y eut éga­lement 3 atta­ques contre des ban­ques, 2 avec des pier­res et des bâtons, une avec une bombe, cette der­nière reven­di­quée par Lutte révo­luti­onn­aire, un groupe pro­ba­ble­ment mani­pulé par l’Etat. 11 mars : des dockers licen­ciés au Pirée ont essayé d’occu­per le ministère de la Marine com­mer­ciale, mais ils furent repoussés par des flics avec du gaz et des flash-balls. Ils ont cassé les grilles de l’entrée prin­ci­pale. *A peu près deux semai­nes aupa­ra­vant, il y avait eu des confron­ta­tions simi­lai­res au Pirée suite à un « acci­dent » sur­venu en juillet 2008 et dans lequel 8 dockers étaient morts (en juillet, les dockers du Pirée s’étaient atta­qués aux flics, brûlant plu­sieurs de leurs véhi­cules). *Le 11 mars, les tra­vailleurs du ministère de la Culture, qui n’étaient pas payés depuis quatre mois, ont bloqué l’Acropole. Affrontements entre les mani­fes­tants, soli­dai­res des inter­pellés de déc­embre, et les flics quand les mani­fes­tants ont arrêté quel­ques bus à Athènes et les ont cou­verts de graf­fi­tis. *12 mars : les ambu­lan­ciers ont bloqué le ministère de Macédoine et de Thrace à Salonique, deman­dant une amél­io­ration de leurs condi­tions de tra­vail. 13 mars : 2 manifs pour sou­te­nir un anar­chiste pour­suivi pour des atta­ques de ban­ques se sont vite trans­formées en émeutes. A Athènes, le quar­tier le plus bour­geois, à côté du par­le­ment grec, était atta­qué, des dizai­nes de maga­sins et de voi­tu­res de luxe, ainsi que des ban­ques, furent van­da­lisés. De même à Salonique, où il y eut beau­coup de ban­ques sac­cagées. *Egalement le 13 mars à Patras, il y eut un grand affron­te­ment entre étudiants et flics quand les étudiants essayèrent de per­tur­ber une réunion (ayant pour objet des « refor­mes édu­ca­tives ») entre le minis­tre de l’Education et des diri­geants de l’IUT. *14 mars : malgré le harcè­lement des flics, les habi­tants d’Exarcheia ont conti­nué à trans­for­mer le par­king (situé à côté du lieu de l’assas­si­nat d’Alexandros Grigoropoulos) en parc avec des arbres et des aires de jeu pour les enfants, et ont orga­nisé des concerts, etc. Pendant la nuit, autour du ministère de la Culture situé non loin de là, il y eut des affron­te­ments entre anar­chis­tes et flics. Ailleurs à Athènes, les habi­tants d’une ban­lieue ont mani­festé pour la des­truc­tion d’un bâtiment affreux réservé à l’élite (le club de Da Vinci et Ferrari), deman­dant la trans­for­ma­tion de l’endroit en espace vert non com­mer­cial. Ils ont bloqué l’entrée et jeté des œufs contre la façade, puis ils ont bloqué la route prin­ci­pale et ont marché sur la mairie, où ils ont encore jeté des œufs. *Il semble que la Grèce se dirige rapi­de­ment vers une autre grande confron­ta­tion entre les forces bru­ta­les qui main­tien­nent cette société malade et celles qui s’y oppo­sent, confron­ta­tion peut-être plus explo­sive qu’en déc­embre, avec des forces d’Etat et des médias davan­tage préparés. Après avoir consulté le chef de la police bri­tan­ni­que et des conseillers pour la sécurité de l’Etat amé­ricain, le gou­ver­ne­ment vient de donner carte blan­che aux flics anti-émeute pour exer­cer sans limi­tes la force contre les mani­fes­tants. De plus, le gou­ver­ne­ment a annoncé la création d’une force de 300 poli­ciers armés et montés sur des motos très rapi­des pour patrouiller dans le centre d’Athènes, et l’uti­li­sa­tion de chiens par des patrouilles à pied. Le ministère de la « Justice » a aussi annoncé une nou­velle loi qui punira les per­son­nes por­tant, dans les manifs, des capu­ches, des mas­ques et autres vêtements cachant le visage. Il vou­drait aussi sup­pri­mer la loi de 1974 qui déc­lare les uni­ver­sités zone protégée, où les flics ne peu­vent pénétrer.

*Lundi,16 mars : occu­pa­tion du bureau du pré­sident de l’uni­ver­sité Aristote de Thessalonique, pour deman­der la fin des contrats d’escla­ves offerts par des sociétés de sous-trai­tance (ce qui permet aux employeurs d’éviter les lois sur l’emploi). Les occu­pants ont été expulsés le 31 mars, ce qui a décl­enché plu­sieurs occu­pa­tions dans différ­entes uni­ver­sités de Grèce. Mercredi 18 mars : Katerina Goulioni — une pri­son­nière et une des plus acti­ves orga­ni­sa­tri­ces des droits de pri­son­niers (en par­ti­cu­lier, des pro­tes­ta­tions contre les ins­pec­tions vagi­na­les, qu’elle a désigné comme « viol infor­mel ») — est morte, battu par des poli­ciers lors d’un trans­fert. Plusieurs com­pa­gnons de son ancienne prison se sont mis en grève de la faim. La lutte contre la condi­tion de mort-vivant des pri­son­niers conti­nue en Grèce : diman­che 22 mars, une prison pour femmes à Thèbes s’est sou­levée en soli­da­rité à Katerina Goulioni : une partie de la prison était gra­ve­ment brûlée pen­dant qu’à l’extérieur, il y avait une écha­uffourée entre mani­fes­tants et les flics anti-émeute. Simultanément, dans une prison à Athènes (Koridallos), il y eut une pro­tes­ta­tion de 200 pri­son­niers en soli­da­rité avec le soulè­vement de Thèbes. La veille, il y eut un soulè­vement contre la sur­po­pu­la­tion dans une prison (Chania) à Crète : les pri­son­niers ont occupé la cour de la prison et ont cons­truit des bar­ri­ca­des. Une manif à l’extérieur a occupé une sta­tion de radio pour émettre des infor­ma­tions sur le soulè­vement.

*Jeudi 19 mars : des infir­mières, en grève pen­dant 48 heures dans tout le pays, ont occupé le ministère de la Santé et de la Solidarité sociale ; elles en ont été expulsées par les flics anti-émeute..

*30 mars : des cen­tai­nes de ber­gers ont occupé le ministère de l’Agriculture et ont entouré le minis­tre dans sa voi­ture, décl­enchant l’inter­ven­tion de flics anti-émeute.

Une nou­velle grève géné­rale syn­di­cale début avril fait plus figure de contre-feux par rap­port à la situa­tion qui est ainsi déc­rite, que sou­tien à cet arrière-plan d’agi­ta­tion vio­lente qui se pour­suit. Informations plus com­plètes sur le site http://www.endan­ge­red­phoe­nix.com/

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