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Editeur « révolutionnaire » cherche auteurs travaillant gratos

publié par Yves, le vendredi 16 janvier 2009

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pour ali­men­ter sa caisse, pardon, sa "guerre civile" !

L’éditeur Eric Hazan, a déclaré dans une inter­view sur Daily motion et Mediapart (http://www.dai­ly­mo­tion.com/rele­vanc... eric%2Bha­zan/ video/x7er61_eric- hazan-inter­view-pour-media­part_news) du 15 novem­bre 2008 que "L’insur­rec­tion qui vient" était une bonne affaire pour sa maison d’éditions, même s’il s’était « moins vendu qu’un prix Goncourt" (sic). Un prix Goncourt est censé se vendre en moyenne 237 000 exem­plai­res, même si cer­tains attei­gnent 700 000 exem­plai­res.

Soit, si l’on en croit les chif­fres (très pes­si­mis­tes pour les éditeurs et très opti­mis­tes pour les auteurs) four­nis par Eric Vigne, sur le prix de vente au public « 5,5 % de TVA, - 10 à 12% pour l’auteur, - 5 à 8% pour l’équipe de représ­entants (dif­fu­sion) - 10 à 12% pour la chaîne de la dis­tri­bu­tion et du sto­ckage - 35 à 40% pour le libraire, - 12 à 20% pour l’impri­meur », il reste entre 8 et 23 % pour l’éditeur.

Donc admet­trons que "L’insur­rec­tion qui vient "se soit vendu à 135 000 exem­plai­res (la moitié de la moyenne des ventes d’un Goncourt), cela rap­porte à l’éditeur entre 8 et 23 % de pres­que un mil­lion d¹euros soit entre 75 000 et 217 000 euros. Comme en général les éditeurs « de gauche » rognent au maxi­mum sur leurs marges et paient leurs auteurs (sur­tout si c’est leur pre­mier livre et s’ils sont « gau­chis­tes ») avec un élas­tique (sou­vent les auteurs reç­oivent un for­fait genre 1000 ou 2000 euros), je parie­rais plutôt sur la four­chette haute des chif­fres ci-dessus. Finalement, c’est pas mal comme opé­ration finan­cière, sur­tout si l’on cal­cule que les ventes peu­vent être « boostées » par l’actua­lité, et des tournées pro­mo­tion­nel­les de l’éditeur un peu par­tout en France.

Les considé­rations mer­can­ti­les et finan­cières ne sont jamais bien loin quand un éditeur (de gauche ou de droite) décide de publier un auteur qui dén­once la « société du spec­ta­cle »...

C’est un des pièges dans lequel tom­bent la plu­part des « radi­caux » qui décident de donner leur prose à un éditeur. L’unique solu­tion qui leur res­te­rait, s’ils vou­laient rester fidèles à leurs prin­ci­pes, serait de vendre à prix coûtant, en auto-édition, mais évid­emment, dans ce cas-là, la voie vers la renommée est net­te­ment plus escarpée...

La FNAC (ce temple de la consom­ma­tion qu’ils dén­oncent pour mieux s’y mon­trer) ne leur ouvri­rait pas aussi faci­le­ment les bras.

Cruel dilemme !

20/11/2008

PS. Interviewé dans Libération le 8 jan­vier 2009, Eric Hazan a fina­le­ment déclaré, à propos de la rému­nération des auteurs du livre : qu’il n’avait pas signé de contrat avec eux, qu’il n’y avait de droits d’auteur prévus (les droits d’auteur sont la seule rému­nération d’un auteur), et que « la seule chose qu’ils deman­daient, c’est d’avoir des exem­plai­res gra­tuits ».

En clair, ils ont bossé gratos et cet éditeur « révo­luti­onn­aire » touche de l’argent sur les fruits de leur tra­vail intel­lec­tuel (fruits un peu riqui­qui, de notre point de vue, mais bon, tout tra­vail même « immatériel » mérite rému­nération non ?). On nous per­met­tra donc d’être scep­ti­que sur les déc­la­rations "radi­ca­les" d’un éditeur qui déc­lare « dans la guerre civile en cours, avec mes fai­bles moyens, je me bats pour mon camp. Le camp des opprimés »….

Les opprimés, même végé­tariens et bio, ont besoin de bouf­fer dans la « guerre civile » en cours !

Y.C.

PPS (19 jan­vier).

Les rap­ports de classe, ça existe aussi dans l’édition dite "de gauche"

(Réponse ins­pirée par les com­men­tai­res parus sur le site de l’Endehors qui a gen­ti­ment repro­duit le texte ci-dessus)

Un des thèmes favo­ris des situa­tion­nis­tes et des post-situa­tion­nis­tes, cou­rant auquel se rat­ta­chent les auteurs de "L’Insurrection qui vient" est jus­te­ment de dén­oncer la mar­chan­di­sa­tion des idées, fus­sent-elles les plus radi­ca­les, en appa­rence ou en réalité.

Je n’ai jamais été un fan de la "théorie du spec­ta­cle" (et sur­tout du sno­bisme élit­iste de ses par­ti­sans), mais il me semble que ce qui se passe autour de ce livre illus­tre bien la cécité poli­ti­que de cer­tains lec­teurs de textes pro­si­tus.

On a d’un côté des auteurs généreux (ceux de ’L’insur­rec­tion..") qui ne veu­lent pas se faire payer (notons que leur éditeur aurait très bien pu accéder à leur désir de ne pas rece­voir d’argent tout en prévoyant un contrat et des droits d’auteur qui seraient reversés, en cas de succès, à telle ou telle bonne cause. Mais il s’est bien gardé de leur faire cette pro­po­si­tion puisqu’il se vante dans "Libération" de ne leur avoir fait ni contrat ni pro­messe de leur verser la moin­dre rému­nération à part quel­ques exem­plai­res gra­tuits en guise d’aumône).

En refu­sant de se faire payer, non seu­le­ment les auteurs de "L’insur­rec­tion qui vient" ont fait un joli cadeau finan­cier à leur éditeur (leur patron, car ne l’oublions jamais un éditeur, même s’il se dit "du côté des opprimés", reste un employeur qui vit des béné­fices finan­ciers qu’il tire de ses sala­riés et du tra­vail intel­lec­tuel de ses auteurs) mais ils font plus lar­ge­ment le jeu de tous ces éditeurs qui refu­sent de payer les écrivains ou les sous-payent (1000 ou 2000 euros un livre), quand ils ne les obli­gent pas à finan­cer eux-mêmes l’impres­sion de leurs livres.

Ils les invi­tent dans de bons res­tau­rants et leur van­tent les qua­lités de leur roman, de leurs poèmes ou de leurs essais, mais "vous com­pre­nez, mon cher ami, votre oeuvre s’adresse à un public trop res­treint pour que je puisse vous rémunérer". Ou tout autre prét­exte sur la crise, les char­ges socia­les, les mau­vais rés­ultats de cette année, etc.

Si n’importe quel patron d’une usine auto­mo­bile ou le direc­teur d’une radio ou d’un res­tau­rant refu­sait d’établir un contrat à ses sala­riés, refu­sait de leur verser une rému­nération, on ver­rait tous les "radi­caux" de France et de Navarre le dén­oncer comme un exploi­teur, un suceur du sang des prolét­aires. Quand c’est un éditeur "radi­cal" qui exploite un ou des auteurs, et qui de sur­croît s’en vante ouver­te­ment lors de plu­sieurs inter­views, alors cer­tains trou­vent cela normal...

Quel mépris incons­cient pour le tra­vail des auteurs de "L’insur­rec­tion qui vient" s’exprime dans une telle com­plai­sance !

Travaillant depuis près de quatre déc­ennies dans l’édition, dans la pré­carité per­ma­nente (aucune garan­tie de rému­nération fixe ; tra­vail le week-end et les jours fériés à cause de délais très courts ; chômage inter­mit­tent qu’il est pra­ti­que­ment impos­si­ble de faire reconnaître comme du chômage, etc.), en tant que cor­rec­teur et en tant que tra­duc­teur, je connais trop bien ce milieu pour croire en l’inno­cence ou en la radi­ca­lité des struc­tu­res d’édition repo­sant sur l’exploi­ta­tion des sala­riés "maison" et des auteurs ou des tra­duc­teurs "extérieurs".

Dans l’édition aussi, une fron­tière de classe sépare les petits sala­riés et la plu­part des auteurs ou tra­duc­teurs, d’un côté, et, de l’autre, leurs patrons éditeurs, qu’ils soient pro­priét­aires de leur boîte ou sala­riés eux-mêmes. C’est une des mys­ti­fi­ca­tions les plus cou­ran­tes du milieu édi­torial que de considérer que nous ferions tous partie, exploités et exploi­teurs, d’une grande famille, celle de la Culture, celle de l’Edition. Et plus les livres édités sont à gauche ou de qua­lité, plus la mys­ti­fi­ca­tion opère faci­le­ment chez les petits sala­riés ou les col­la­bo­ra­teurs extérieurs de ces mai­sons. Pour moi, de la part d’un patron, je n’attends qu’une seule forme de res­pect tan­gi­ble, c’est le mon­tant de la rému­nération qu’il m’accorde. Tout le reste n’est que...litté­ra­ture.

Il est cruel­le­ment iro­ni­que que nous ayons ce débat à propos d’auteurs qui dén­oncent jus­te­ment dans leurs écrits les faux-sem­blants, les mira­ges mul­ti­ples de la société capi­ta­liste moderne, et dont les lec­teurs enthou­sias­tes devraient être les pre­miers à posséder un sens cri­ti­que aiguisé...

La cri­ti­que radi­cale n’a d’intérêt pour moi que si elle ne reste pas dans le ciel éthéré des idées, des pro­cla­ma­tions de bonnes inten­tions, et si elle devient une arme poli­ti­que.

Y.C.

PPS : Un inter­naute ayant remar­qué que le "Comité invi­si­ble" ne pou­vait être ramené à une dém­arche d’ "auteurs" (c’est très curieux, ce mépris pour les écrivains de la part de gens qui, en prin­cipe, lisent des livres, de sur­croît écrits par des gens affi­chant ouver­te­ment leurs prét­entions de style et qui parsèmant leurs textes d’allu­sions littér­aires ou phi­lo­so­phi­ques), voici quel­ques tém­oig­nages écl­airants :

Selon les sites, info-pales­tine et alte­rinfo : « Julien Coupat est un écrivain très intér­essant. »

Selon son père, Gérard Coupat : « Je connais­sais ses acti­vités d’écrivain. »

Selon son ami Olivier Pascaut, c’est une « excel­lente plume littér­aire » .

Et enfin selon Arnaud Viviant et France Culture :

« Julien Coupat diri­geait bel et bien, jusqu’en 2001, une revue aussi intel­lec­tuelle que confi­den­tielle, Tiqqun (…) que France Culture déc­rivait comme ayant été dans le droit fil des gran­des revues d’avant-garde, comme l’Acéphale ou Le Grand Jeu (...). D’ailleurs, deux arti­cles de cette revue ont fait l’objet de publi­ca­tions en livres, Théorie de la jeune fille aux éditions Mille et une Nuits et Théorie du Bloom aux éditions de la Fabrique. »

Pour ceux qui l’igno­re­raient, "Acéphale" est une revue dans laquelle écrivait des "auteurs" aussi pres­ti­gieux que George Bataille, Pierre Klossowski, Roger Caillois et Jean Wahl. Quant au « Grand Jeu », cette revue béné­ficia des plumes de René Daumal et Roger Vailland.

Bref, tous des pota­ches inconnus et ano­ny­mes qui n’ont jamais eu la moin­dre ambi­tion d’être des « auteurs » ?

******

Qui tient la plume et qui rem­plit l’encrier ?

Il est intér­essant de voir dans le "débat" engagé sur le side de l’en dehors l’inten­sité des réactions épid­er­miques face à la ques­tion de l’ano­ny­mat des écrits dits poli­ti­ques.

Tout d’abord deux pré­cisions :

- de nom­breux pen­seurs révo­luti­onn­aires de toutes ten­dan­ces ont écrit en leur nom propre et n’ont pas pour autant cher­ché à faire une car­rière édi­tor­iale ou mon­daine ; il n’y a donc pas de lien auto­ma­ti­que entre le dév­oi­lement de l’iden­tité d’un auteur et son ascen­sion sociale dans la société capi­ta­liste ; il s’agit d’avoir et de res­pec­ter cer­tains prin­ci­pes poli­ti­ques élém­ent­aires et de refu­ser toute une série de com­pro­mis, d’invi­ta­tions, de por­traits per­son­nels (dans Libé par exem­ple...), de refu­ser de rép­ondre à des ques­tions sur sa vie privée, de refu­ser de par­ti­ci­per à n’importe quelle émission avec n’importe qui (je pense à Krivine présent dans la même émission que Soral par exem­ple), etc. Et si l’on est publié par une maison d’édition d’une cer­taine taille les pres­sions sont très fortes sur l’auteur. A lui ou à elle de mon­trer s’il tient à ses prin­ci­pes ou à l’aug­men­ta­tion de son compte en banque...

- les grou­pes qui veu­lent vrai­ment protéger l’ano­ny­mat des mili­tants qui écrivent des arti­cles ou des bro­chu­res pour eux y arri­vent par­fai­te­ment. Et j’en connais de nom­breux exem­ples. Evidemment cela sup­pose d’éditer soi-même ces textes, d’en contrôler la dif­fu­sion et de ne pas confier ses écrits à une maison d’édition qui a besoin des médias, de l’expo­si­tion au grand jour pour exis­ter.

Mais dans l’affaire qui nous occupe, je crois que l’hyper­sen­si­bi­lité par rap­port à la ques­tion des auteurs de "L’Insurrection qui vient" (non pas de leur iden­tité pré­cise, mais du fait qu’un livre soit tout sim­ple­ment écrit par un ou des indi­vi­dus) tient à un vieux mythe situ et post situ.

C’est l’idée que les mem­bres d’un groupe par­ti­ci­pent tous de manière éga­lit­aire à l’écri­ture d’un texte, ne serait-ce parce qu’ils don­nent leur opi­nion, que cette opi­nion est prise en compte, ou alors qu’ils font des recher­ches col­lec­ti­ves pour étoffer l’argu­men­ta­tion, ou encore même que cer­tai­nes par­ties sont écrites ou cor­rigées par plu­sieurs per­son­nes. En théorie, cet éga­li­tar­isme devant l’écri­ture peut sem­bler une bonne idée. Néanmoins qui­conque a par­ti­cipé à la simple dis­cus­sion col­lec­tive autour d’un tract sait que cela peut pren­dre plu­sieurs semai­nes pour se mettre d’accord sur un texte de deux pages, même quand il s’agit de dén­oncer un truc assez évident. Alors per­sonne ne me fera croire qu’il soit vrai­ment réa­li­sable d’écrire un livre à 10 ou à 20 per­son­nes.

En général, qu’est-ce qui se passe ? Un indi­vidu a des capa­cités d’écri­ture reconnues par le groupe dont il fait partie ; ses amis ou cama­ra­des dis­cu­tent avec lui de ce qu’ils aime­raient mettre dans le texte (enfin là je prends la ver­sion la plus opti­miste, mais cer­tai­ne­ment pas la plus cou­rante), l’ "écrivain" fait son boulot et ensuite il le soumet à la dis­cus­sion et aux amen­de­ments, etc.

Vu le style volon­tai­re­ment recher­ché (même si pour ma part je le trouve ampoulé et prét­entieux) de "L’insur­rec­tion qui vient" il est peu pro­ba­ble que 10 per­son­nes (je donne ce chif­fre au hasard) soient arrivées toutes à maît­riser de la même façon ce style auquel les post-situs tien­nent tant. Donc au mieux, si écri­ture col­lec­tive il y a, une per­sonne retra­vaille tous les matériaux dans le même style pour qu’il y ait unité de ton. C’est en fait elle le véri­table auteur car elle réécrit tout et y met une patte très per­son­nelle, même si son inter­ven­tion est acceptée par tous.

La mytho­lo­gie de l’écri­ture col­lec­tive repose sur l’idée que tous les mem­bres d’un groupe seraient au même titre et éga­lit­ai­rement non seu­le­ment cores­pon­sa­bles du contenu poli­ti­que (ce qui est une bonne idée et une valeur juste) mais aussi litté­ra­lement tous co-auteurs (ce qui est une escro­que­rie).

En effet, vu les effets de la divi­sion du tra­vail sur les indi­vi­dus dans la société capi­ta­liste, il est illu­soire de penser que, même au sein de la petite couche pri­vilégiée des étudiants disons en let­tres ou en philo ou en scien­ces humai­nes tout le monde possède la même maît­rise de l’écri­ture, ait lu et assi­milé les mêmes livres.

Si l’on vou­lait réa­liser une telle égalité devant l’écri­ture, il fau­drait que les tenants de cette idéo­logie orga­ni­sent des ate­liers d’écri­ture et sans doute qu’au bout de deux ou trois ans on arri­ve­rait à ce qu’un cer­tain nombre de gens soient beau­coup plus à l’aise pour écrire, non seu­le­ment d’un point de vue psy­cho­lo­gi­que (écrire c’est s’expo­ser à la cri­ti­que et au regard sans pitié des autres), mais aussi du point de vue tech­ni­que (gram­maire, ortho­gra­phe, cons­truc­tion, trucs d’écri­ture, etc.).

En général, quand on écrit des textes poli­ti­ques, c’est dans l’urgence pas avec 2 ou 3 années de délais pour peau­fi­ner un texte col­lec­ti­ve­ment. Donc on pare au plus pressé et on met à contri­bu­tion celui ou celle qui écrit le plus vite et le mieux...

D’où mes doutes quant à l’écri­ture col­lec­tive en matière poli­ti­que. Doutes ren­forcés par l’expéri­ence des situa­tion­nis­tes, où l’on a bien vu, avec le temps, qui tenait la plume et qui rem­plis­sait l’encrier, qui a fait car­rière et qui est resté ano­nyme.

Il me semble donc que der­rière les réactions pas­sionnées pro­vo­quées par mes cri­ti­ques, il y a un mythe auquel cer­tains croient aussi fana­ti­que­ment que d’autres à la vir­gi­nité de la Vierge Marie. C’est leur droit le plus strict de tenir à cette fic­tion ou à celle de l’édition génér­euse de gauche.

C’est mon droit de tenter d’ins­til­ler un peu de réal­isme dans la dis­cus­sion sans que qui­conque perde sa part de rêve et d’utopie, qui nous est à tous néc­ess­aire. Mais évid­emment cela ne plaît pas aux boni­men­teurs et aux phra­seurs radi­caux...

Enfin, je trouve curieux que parler d’argent, de droits d’auteur, de chif­fres de vente, de contrat, etc., à propos de la pro­duc­tion intel­lec­tuelle (fusse-t-elle révo­luti­onn­aire) sus­cite de telles réactions de colère.

Comme je l’ai déjà dit, ce sont les tou­jours les exploi­teurs (de l’édition ou d’ailleurs) qui met­tent l’accent sur les satis­fac­tions sym­bo­li­ques qu’apporte un tra­vail pres­ti­gieux (manuel ou intel­lec­tuel), l’appar­te­nance à une entre­prise pres­ti­gieuse ou la renommée dans les médias ou ailleurs. Et ce sont les mêmes qui se met­tent en colère quand on leur oppose que l’Homme ou la Femme ne se nour­rit pas que de com­pli­ments, de médaille du tra­vail ou de diplômes des­tinés à être enca­drés.

Ceux qui n’aiment pas parler de fric (car "nous sommes au-dessus de ça") sont géné­ra­lement ceux qui en ont....

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