Accueil du site > Echanges et mouvements > Dans le monde, une classe en lutte > Dans le monde, une classe en lutte septembre 2008

Dans le monde, une classe en lutte septembre 2008

publié le lundi 22 septembre 2008

Enregistrer au format PDF

UNE VAGUE REVENDICATIVE EUROPEENNE ?

Alors que depuis des années, le capital s’employait dans les pays industrialisés à tenter de réduire les coûts de production, non par des attaques frontales mais par une récupération de tout ce qui s’apparentait au salaire différé, une récupération difficile à contrer pour les travailleurs car habilement dosée pour que les réactions ne soient que catégorielles, divisées et finalement inefficaces. Parallèlement, tentant tant bien que mal de bloquer toute hausse des salaires. Les répercussions des hausses des matières premières, quelles qu’en soient les causes dont on peut discuter mais indéniables, ont fait que les hausses de prix des produits de consommation de base ont mis au premier plan ce que par euphémisme on appelle la « baisse du niveau de vie ». Les nécessités quotidiennes ont fait que les travailleurs sont contraints de se poser la question de leur rémunération Bien sûr, les conséquences sur leur vie quotidienne ne sont pas identiques : elles prennent beaucoup plus d’importance pour les prolétaires des couches sociales les plus défavorisées, qui n’ont aucune autre possibilité que de se restreindre sur les besoins élémentaire (nourriture, logement, chauffage habillement, santé). Les couches moyennes des prolétaires plus favorisées par le montant de leur salaire peuvent effectuer des transferts, rognant sur les accessoires, mais conservant à peu près l’essentiel de la survie du quotidien. En apparence d’une manière quelque peu paradoxale, ce sont ces couches moyennes prolétaires qui peuvent être le plus enclines à s’engager dans des luttes car elles ressentent cette atteinte à leur standing comme une dégradation humiliante dans ce qu’elles espéraient d’un système qu’elles pouvaient soutenir jusqu’alors. Par contre, les couches prolétaires les plus défavorisées, vivant déjà dans la précarité pouvaient ne voir dans leurs difficultés présentes qu’un épisode de plus dans leur précarité et, d’une certaine façon, elles étaient, par nécessité et par leur expériences antérieures, mieux armées pour faire face à la dégradation de leurs conditions d’existence. Ces circonstances, tout comme les positions sociales déterminent les formes des luttes. Globalement elles ne sont plus des luttes défensives contre des mesures spécifiques (depuis les licenciements pour délocalisation jusqu’à l’âge de la retraite des sociétés nationales) mais des luttes identiques tout simplement pour avoir plus d’argent d’abord dans la rémunération du travail. Comme toujours, ces formes de lutte sont déterminées par la position dans le système de production. : si l’on est salarié, que ce soit dans une entreprise privée ou un service public, quel que soit le statut, ce qui s’impose, c’est le recours classique à la grève. Si l’on n’est pas salarié et dépendant d’une forme ou d’une autre de salaire social, la protestation, la lutte peut prendre la forme de « tensions sociales » qui peuvent s’exprimer dans la participation à des manifestations diverses ou à des actions plus radicales comme les accès de révolte des banlieues n’en donnent qu’un exemple. Pour ceux qui sont salariés, les structures présentes du système d’exploitation et le cadre juridique qui en a découlé avec l’extension de la sous-traitance, la quasi-disparition des conventions collectives d’industrie, conditionnent les formes de la lutte. Pour tout le secteur privé, il n’y a plus de luttes globales mais tout un ensemble de conflits locaux individualisés dont le nombre et la récurrence amènent une réflexion sur le pouvoir des travailleurs et le rôle des syndicats ( avec la réforme de la représentativité syndicale au niveau de l’entreprise). Pour le secteur public, on retrouve en apparence la lutte de grandes collectivités ; mais là aussi, toute une politique de gestion des grandes unités divisées en sections autonomes pose le même type de problème de luttes que dans le secteur privé. Ces « tensions sociales » avec leurs différentes formes de lutte ne peuvent que s’accroître à mesure que se développe la crise économique. C’est pour y parer que se met en place tout un système visant à intégrer dans une précarité organisée tous ceux que la crise rejette de la permanence de l’exploitation. Une autre forme d’intégration des tensions sociales, quelles que soient les couches distinctes du prolétariat, c’est le rôle que peuvent jouer les oppositions syndicales et/ou politiques en renouvelant l’illusion qu’une politique nationale ou même européenne puisse pallier. à une crise économique mondiale (ce dont chacun peut être persuadé), Les tentatives de construire ces oppositions, que ce soit sous la forme de « Nouveau Parti Anticapitaliste » ou de « syndicats révolutionnaires » ne sont finalement que la même expression de cette intégration que le capital tente, avec l’organisation de la précarité, à l’autre bout de la domination du système d’exploitation. Restent les luttes que nous allons tenter de recenser pour quelques pays et qui contraignent souvent les patrons à céder tout simplement parce que la compétition aiguisée par la crise les oblige à maintenir la production. D’où une augmentation des coûts de production, (selon l’OCDE, le coût de l’unité de travail dans l’industrie européenne de 28 pays a augmenté de 0,50 % dans les trois premiers mois de 2008) situation à laquelle les entreprises avaient tenté d’échapper dans la période précédente. Pour maintenir la compétitivité, il n’existe que trois réponses : augmenter la productivité c’est-à-dire les conditions d’exploitation, licencier (c’est ce que projette Renault) ou augmenter les prix de la marchandise. Le problème ici n’est pas seulement posé au niveau de l’entreprise mais sur un plan global, national et européen d’abord en termes de balance économique, mais sur un plan mondial en termes de taux de profit. La liste qui suit n’est ni exhaustive ni complète, chacun peut la compléter

UNE VAGUE REVENDICATIVE EUROPEENNE ?

Alors que depuis des années, le capi­tal s’employait dans les pays indus­tria­lisés à tenter de réd­uire les coûts de pro­duc­tion, non par des atta­ques fron­ta­les mais par une récu­pération de tout ce qui s’appa­ren­tait au salaire différé, une récu­pération dif­fi­cile à contrer pour les tra­vailleurs car habi­le­ment dosée pour que les réactions ne soient que caté­gori­elles, divisées et fina­le­ment inef­fi­ca­ces. Parallèlement, ten­tant tant bien que mal de blo­quer toute hausse des salai­res. Les rép­erc­ussions des haus­ses des matières pre­mières, quel­les qu’en soient les causes dont on peut dis­cu­ter mais indén­iables, ont fait que les haus­ses de prix des pro­duits de consom­ma­tion de base ont mis au pre­mier plan ce que par euphém­isme on appelle la « baisse du niveau de vie ». Les néc­essités quo­ti­dien­nes ont fait que les tra­vailleurs sont contraints de se poser la ques­tion de leur rému­nération Bien sûr, les conséqu­ences sur leur vie quo­ti­dienne ne sont pas iden­ti­ques : elles pren­nent beau­coup plus d’impor­tance pour les prolét­aires des cou­ches socia­les les plus défa­vorisées, qui n’ont aucune autre pos­si­bi­lité que de se res­trein­dre sur les besoins élém­ent­aire (nour­ri­ture, loge­ment, chauf­fage habille­ment, santé). Les cou­ches moyen­nes des prolét­aires plus favo­risées par le mon­tant de leur salaire peu­vent effec­tuer des trans­ferts, rognant sur les acces­soi­res, mais conser­vant à peu près l’essen­tiel de la survie du quo­ti­dien. En appa­rence d’une manière quel­que peu para­doxale, ce sont ces cou­ches moyen­nes prolét­aires qui peu­vent être le plus encli­nes à s’enga­ger dans des luttes car elles res­sen­tent cette atteinte à leur stan­ding comme une dég­ra­dation humi­liante dans ce qu’elles espéraient d’un système qu’elles pou­vaient sou­te­nir jusqu’alors. Par contre, les cou­ches prolét­aires les plus défa­vorisées, vivant déjà dans la pré­carité pou­vaient ne voir dans leurs dif­fi­cultés prés­entes qu’un épi­sode de plus dans leur pré­carité et, d’une cer­taine façon, elles étaient, par néc­essité et par leur expéri­ences antéri­eures, mieux armées pour faire face à la dég­ra­dation de leurs condi­tions d’exis­tence. Ces cir­cons­tan­ces, tout comme les posi­tions socia­les dét­er­minent les formes des luttes. Globalement elles ne sont plus des luttes déf­en­sives contre des mesu­res spé­ci­fiques (depuis les licen­cie­ments pour délo­ca­li­sation jusqu’à l’âge de la retraite des sociétés natio­na­les) mais des luttes iden­ti­ques tout sim­ple­ment pour avoir plus d’argent d’abord dans la rému­nération du tra­vail. Comme tou­jours, ces formes de lutte sont dét­erminées par la posi­tion dans le système de pro­duc­tion. : si l’on est sala­rié, que ce soit dans une entre­prise privée ou un ser­vice public, quel que soit le statut, ce qui s’impose, c’est le recours clas­si­que à la grève. Si l’on n’est pas sala­rié et dép­endant d’une forme ou d’une autre de salaire social, la pro­tes­ta­tion, la lutte peut pren­dre la forme de « ten­sions socia­les » qui peu­vent s’expri­mer dans la par­ti­ci­pa­tion à des mani­fes­ta­tions diver­ses ou à des actions plus radi­ca­les comme les accès de rév­olte des ban­lieues n’en don­nent qu’un exem­ple. Pour ceux qui sont sala­riés, les struc­tu­res prés­entes du système d’exploi­ta­tion et le cadre juri­di­que qui en a découlé avec l’exten­sion de la sous-trai­tance, la quasi-dis­pa­ri­tion des conven­tions col­lec­ti­ves d’indus­trie, condi­tion­nent les formes de la lutte. Pour tout le sec­teur privé, il n’y a plus de luttes glo­ba­les mais tout un ensem­ble de conflits locaux indi­vi­dua­lisés dont le nombre et la réc­urr­ence amènent une réflexion sur le pou­voir des tra­vailleurs et le rôle des syn­di­cats ( avec la réf­orme de la représ­en­ta­tivité syn­di­cale au niveau de l’entre­prise). Pour le sec­teur public, on retrouve en appa­rence la lutte de gran­des col­lec­ti­vités ; mais là aussi, toute une poli­ti­que de ges­tion des gran­des unités divisées en sec­tions auto­no­mes pose le même type de pro­blème de luttes que dans le sec­teur privé. Ces « ten­sions socia­les » avec leurs différ­entes formes de lutte ne peu­vent que s’accroître à mesure que se dével­oppe la crise éco­no­mique. C’est pour y parer que se met en place tout un système visant à intégrer dans une pré­carité orga­nisée tous ceux que la crise rejette de la per­ma­nence de l’exploi­ta­tion. Une autre forme d’intég­ration des ten­sions socia­les, quel­les que soient les cou­ches dis­tinc­tes du prolé­tariat, c’est le rôle que peu­vent jouer les oppo­si­tions syn­di­ca­les et/ou poli­ti­ques en renou­ve­lant l’illu­sion qu’une poli­ti­que natio­nale ou même europé­enne puisse pal­lier. à une crise éco­no­mique mon­diale (ce dont chacun peut être per­suadé), Les ten­ta­ti­ves de cons­truire ces oppo­si­tions, que ce soit sous la forme de « Nouveau Parti Anticapitaliste » ou de « syn­di­cats révo­luti­onn­aires » ne sont fina­le­ment que la même expres­sion de cette intég­ration que le capi­tal tente, avec l’orga­ni­sa­tion de la pré­carité, à l’autre bout de la domi­na­tion du système d’exploi­ta­tion. Restent les luttes que nous allons tenter de recen­ser pour quel­ques pays et qui contrai­gnent sou­vent les patrons à céder tout sim­ple­ment parce que la compé­tition aiguisée par la crise les oblige à main­te­nir la pro­duc­tion. D’où une aug­men­ta­tion des coûts de pro­duc­tion, (selon l’OCDE, le coût de l’unité de tra­vail dans l’indus­trie europé­enne de 28 pays a aug­menté de 0,50 % dans les trois pre­miers mois de 2008) situa­tion à laquelle les entre­pri­ses avaient tenté d’éch­apper dans la pér­iode pré­céd­ente. Pour main­te­nir la compé­ti­tivité, il n’existe que trois rép­onses : aug­men­ter la pro­duc­ti­vité c’est-à-dire les condi­tions d’exploi­ta­tion, licen­cier (c’est ce que pro­jette Renault) ou aug­men­ter les prix de la mar­chan­dise. Le pro­blème ici n’est pas seu­le­ment posé au niveau de l’entre­prise mais sur un plan global, natio­nal et européen d’abord en termes de balance éco­no­mique, mais sur un plan mon­dial en termes de taux de profit. La liste qui suit n’est ni exhaus­tive ni com­plète, chacun peut la com­pléter

Allemagne

Sous la pres­sion de la base, le gou­ver­ne­ment étend l’appli­ca­tion d’un sala­rie mini­mum (dans le bâtiment, le net­toyage et les sec­teurs dépo­urvus de conven­tions col­lec­ti­ves, ceci malgré une forte oppo­si­tion du patro­nat) qui avait com­mencé à être appli­qué par Deutsche Post et les syn­di­cats ne peu­vent que poser des reven­di­ca­tions de salai­res pour faire face à une infla­tion de 3, 3% en juin. Les agents de conduite ont par leur longue action obtenu 11% (voir pré­cédents bul­le­tins) Après 124 mois d’actions diver­ses, les tra­vailleurs du com­merce de détail ont obtenu 3%. Dans le pre­mier semes­tre 2008, plus de 900 000 tra­vailleurs ont par­ti­cipé à des grèves d’aver­tis­se­ment pour les salai­res ; 27/7/2008 – A l’appel du syn­di­cat du sec­teur public Ver di les tra­vailleurs de la com­pa­gnie aéri­enne Lufthansa (13 500 volants, 34 000 ram­pants) après un vote de la grève à 90% (contesté) du per­son­nel au sol, une grève pour les salai­res (reven­di­ca­tion 9,8% sur 12 mois, offre 6,7% sur 21 mois). pour le lundi 28/7 est annulée au der­nier moment Une pre­mière grève d’aver­tis­se­ment de 36 heures de pilo­tes de sous-trai­tants (Eurowing et Cityline) avait entraîné l’annu­la­tion de 900 vols intérieurs. La grève prévue pour pren­dre de l’ampleur gra­duel­le­ment ne tou­chant au départ que les aéroports de Francfort et de Hambourg. L’accord de fin de grève prévoit une aug­men­ta­tion de 7,4% sur 21 mois mais 14 000 pilo­tes refu­sent cet accord. La situa­tion est plus com­plexe en raison de la prés­ence d’un syn­di­cat caté­goriel des ste­wards qui a obtenu une conven­tion col­lec­tive dis­tincte en 2005 (on peut rap­pro­cher cette situa­tion de celle des agents de conduite de la Deutsche Bahn (voir pré­cédents bul­le­tins)

Belgique (voir bulletin de mars 2008)

19/2/2008) – grève spon­tanée de 103 tra­vailleurs dans une unité d’Aldi Roulers groupe de dis­tri­bu­tion avec 7600 filia­les dont 400 en Belgique. Pour les salai­res. Fin mars 2008, un mou­ve­ment de grève débute dans une cen­trale ther­mi­que d’Electrabel, le trust belge de l’élect­ricité pour les salai­res et s’étend à tous les autres sec­teurs de la firme, pre­nant des formes diver­ses 14/5/2008 – 200 tra­vailleurs de l’hôpital de Berchem occu­pent l’hôpital menacé de fer­me­ture et séqu­estrent la direc­tion. 18/6/2008 – Une filiale d’Arcelor Mittal, Tailored Blaks (pièces détachées pour l’auto­mo­bile) à Liège après deux jours de grève pour un ali­gne­ment des salai­res sur ceux de la maison mère obtient une prime de 900 euros et l’ouver­ture de négoc­iations. 12/6/2008 – série de mani­fes­ta­tions syn­di­ca­les contre l’aug­men­ta­tion du prix de l’énergie ; des dizai­nes de mil­liers de mani­fes­tants dans toutes les villes du pays. 25/4/2008 – bras­se­rie Intev : 3 jours de grève obtien­nent une aug­men­ta­tion de 30 euros

France

1/2/2008 – usine de camions Renault Trucks à Blainville près de Caen ; 450 tra­vailleurs débraient pour les salai­res 3/2/2008 – Hérouville (Normandie) Benoist-Girard – 300 tra­vailleurs, après 4 jours de grève et le blo­cage de l’usine obtien­nent 3% d’aug­men­ta­tion
- 13/2/2008 – Ciments Calcia à Ranville (Calvados) près de Caen, après une semaine de débra­yage le direc­tion cède 2,7 %
- 24/2/2008 – hyper­mar­ché Leclerc de Caen pre­mière grève depuis 29 ans de 260 tra­vailleurs pour les salai­res.
- 4/3/2008 – onze chauf­feurs d’une entre­prise de livrai­son de gaz de Vire (Calvados) sont en grève pour les salai­res 9/3/2008 – Mondeville (Caen) 600 tra­vailleurs de Valeo (sous-trai­tant de l’auto­mo­bile) blo­quent les entrées de l’usine pour les salai­res, la direc­tion ne pro­po­sant que 2,1%

Afrique du Sud

7/8/2008 – « Eat the rich », c’est un des slo­gans lus dans les grèves et mani­fes­ta­tions (mons­tres regrou­pant plu­sieurs mil­lions de tra­vailleurs) d’une journée appelée par le syn­di­cat COSATU sous la pres­sion de la base contre les haus­ses de prix (entre autres le prix de l’élect­ricité a aug­menté de 27,5 %). Grève lar­ge­ment suivie qui para­lyse tout le pays. Avec la pro­messe de recom­men­cer en sep­tem­bre si rien n’est fait. Les pro­blèmes de salaire et de niveau de vie sont encore plus com­plexes dans le fait que, par vétusté et manque d’inves­tis­se­ments, le réseau élect­rique est si obsolète que cela entraîne des cou­pu­res d’élect­ricité et des réd­uction d’acti­vité d’où des réd­uction des salai­res qui ont atteint, en 2008, 4,5 %

Russie

– du 27 mars au 4 avril une cen­taine de mineurs de la mine de bauxite Petit Chaperon Rouge (North Ural Bauxite, filiale du trust RusAl) font la grève au fond pour les salai­res et obtien­nent l’ouver­ture de négoc­iations.

Roumanie

– 17/7/2008 – Après la grève de Dacia Renault et à Arcelor-Mittal (voir bul­le­tin de juin 2008), une nou­velle grève le 17 juillet touche les dockers du port de Constantsa sur la Mer Noire au ter­mi­nal de conte­neurs Agigea Sud qui assure 85% du trafic de conte­neurs de Roumanie, Ils reven­di­quent une aug­men­ta­tion men­suelle de 200 euros, (salaire actuel 400 euros et on leur en pro­pose 500). une prime d’ancien­neté, une majo­ra­tion des heures sup­plém­ent­aires et un amé­na­gement des horai­res. La grève a été orga­nisée par deux syn­di­cats affi­liés au syn­di­cat natio­nal des dockers FNSP sous la pres­sion de la base. Les dockers tra­vaillent par équipes de 12 heures, jour ou nuit et lorsqu’ils sont au repos ils peu­vent être appelés à tous moment étant dans l’obli­ga­tion d’être cons­tam­ment joints par por­ta­ble (s’ils ne rép­ondent pas ils sont considérés comme absents sans motif, 3 d’entre eux ont été licen­ciés pour ce motif). Des négoc­iations traînant depuis le 5 mai ont été repri­ses mais à 12 km du port d’où les porte-conte­neurs sont déroutés sur l’Ukraine

Grande-Bretagne

- 29/7/2008 – Pour tenter de faire face à la montée des reven­di­ca­tions, la confé­dé­ration des Trade Union a présenté au minis­tre tra­vailliste et au Labour (parti tra­vailliste) 131 reven­di­ca­tions (dont l’abo­li­tion de l’inter­dic­tion des piquets secondai­res, l’ouver­ture de dis­cus­sions sur les salai­res du sec­teur public, l’impo­si­tion des plus hauts reve­nus…) qui ont toutes été rejetées par le pre­mier minis­tre, à la satis­fac­tion du patro­nat
- 27/8/2008 – 1 000 tra­vailleurs de l’entre­tien du métro de Londres en grève 72 heures pour les salai­res et mena­cent de recom­men­cer.
- Mai 2008 - 2 jours de grève à la raf­fi­ne­rie de Grangement
- Fin juin - 640 chauf­feurs de dis­tri­bu­tion des car­bu­rants de Shell mènent 4 jours de grève pour les salai­res. Au même moment 12 000 che­mi­nots de l’entre­tien de Network Rail en grève une journée pour salai­res et condi­tions de tra­vail
- 16/7/2008 - 650 000 agents des col­lec­ti­vités loca­les (éboueurs, net­toyage, ensei­gnants, hos­pi­ta­liers) en grève deux jours pour une hausse des salai­res com­pen­sant l’aug­men­ta­tion de 10% du prix des denrées ali­men­tai­res de base (l’infla­tion « reconnue » étant évaluée à 3,8 % sur un an).
- 17/7/2008 - 24h de grève aux maga­sins de vente par cor­res­pon­dante Argos
- 4 jours de grève aux aciéries Brow Steels dans le West Midlands
- Plus de 7 grèves loca­les dans les sociétés de trans­ports de Londres
- Le 29/8, après avoir rejeté une offre de 3,,5 %, 2 500 chauf­feurs de bus de la firme First Group blo­quent avec des piquets tout les trans­ports de sur­face dans l’est et l’ouest de Londres. Ils mena­cent de recom­men­cer pour 48 heures le 12 sep­tem­bre. D’autres grèves ont été votées réc­emment par les tra­vailleurs des autres com­pa­gnies privées de bus lon­do­niens

Danemark -

- avril 2008 – 12 000 infir­mières en grève pour les salai­res

Suède –
- avril 2008 – grèves tour­nan­tes de 3 500 infir­mières pour les salai­res.

CHINE

Jeux Olympiques, Tibet, droits de l’homme, tout le délire mer­di­que des médias y a passé durant les mois d’été. Bien peu sur l’exploi­ta­tion des prolét­aires chi­nois par les mêmes capi­ta­lis­tes qui tis­sent la morale des pays dits démoc­ra­tiques. Les prolét­aires, aussi les pay­sans, aussi toutes les vic­ti­mes d’injus­ti­ces trop crian­tes ont conti­nué à se battre comme tou­jours, mais ça n’a guère défrayé la chro­ni­que. Pourtant, le Journal du Peuple, organe quasi offi­ciel du Parti a reconnu réc­emment que les conflits du tra­vail ont conti­nuel­le­ment aug­menté dans les années réc­entes. En mai 2008, l’infla­tion aurait atteint 8,5 % tou­chant prin­ci­pa­le­ment les pro­duits ali­men­tai­res de base (22%) dont la viande (47%)
- 22/8/2008 – 5 000 tra­vailleurs d’une usine de por­ta­bles à Shenzhen près de Hong Kong en grève contre un projet d’accroître les horai­res de tra­vail sans aug­men­ta­tion de salaire
- 22/8/2008 – dans la pro­vince de Hubei 600 mineurs sont en grève dans une mine privée de char­bon contre des réd­uctions de salaire
- Avril 2008 – Des intel­lec­tuels ont lancé en déc­embre 2007 un réseau de rés­ist­ance contre les exac­tions des gou­ver­neurs de pro­vince et des pro­mo­teurs immo­bi­liers qui déto­urnent les terres agri­co­les (la Chine compte encore 750 mil­lions de pay­sans). Plus des ¾ de ces opé­rations sont enta­chées de cor­rup­tion et les expul­sions irré­gulières entraient sou­vent des conflits. Dans le Shaanxi, 70 000 pay­sans se bat­tent en vain depuis 10 ans pour récupérer 120 000 hec­ta­res de terres confis­quées de cette façon, les recours légaux entraînant une répr­ession et vic­ti­mi­sa­tion des auto­rités loca­les

LES CRIMES DU CAPITAL

Monde -24/7/2008 – Un mil­liard d’habi­tants sur la terre vivent avec moins d’un dollar par jour : ce qu’on pou­vait ache­ter avec ça a été sou­dai­ne­ment divisé par 2 avec l’envolée du prix des denrées ali­men­tai­res de base Sans doute pour les besoins des affai­res et savoir com­ment procéder dans tel ou tel pays, des son­da­ges ont établi une éch­elle de cor­rup­tion de 1 à 10 depuis les pays les moins cor­rom­pus (1) aux plus cor­rom­pus (10). Les ¾ des nations sont dans le haut de l’éch­elle, et ils comp­tent éga­lement parmi ceux dont le revenu par tête est le plus bas. Les pays indus­tria­lisés se situent dans la bonne moyenne. On doit dire que toutes les nations quel­les qu’elles soient s’en accom­mo­dent et y trou­vent même éventu­el­lement un intérêt car la cor­rup­tion est une des bases du fonc­tion­ne­ment du système basé sur la compé­tition. L’essen­tiel est de savoir où l’on met les pieds d’où l’uti­lité de telles études tout comme du Bottin Mondain. En 10 ans, les dép­enses mili­tai­res mon­dia­les ont pro­gressé de 45% ali­men­tant 14 conflits armés, et 61 opé­rations de « main­tien de la paix ». Après l’amiante et autres pro­duits nocifs assiste-t-on à un nouvel assaut des tech­no­lo­gies sur la santé de tout un chacun. Insidieusement, les nano­tech­no­lo­gies pénètrent dans le quo­ti­dien. Tout aussi insi­dieu­se­ment les ris­ques sani­tai­res com­men­cent à se poin­ter dans une intox qui rap­pelle celle cen­te­naire de l’amiante. Un groupe de tra­vail du CNRS en donne la mesure en déc­larant : « L’exis­tence de dan­gers poten­tiels pour l’homme et l’envi­ron­ne­ment liés à la toxi­cité, l’écoto­xicité et au risque d’explo­sion ne peu­vent être écartés ».

Inde

- 21/8/2008 – Délocalisation par les labos phar­ma­ceu­ti­ques des cen­tres d’expé­rim­en­tation des nou­veaux médi­caments Sur 4 142 bébés indiens cobayes, 49 sont morts depuis le 1/1/2008 suite à des tests cli­ni­ques des labos étr­angers dont Novartis et Roche. Les cobayes humains indiens coûtent de 20 à 60% de moins que leurs homo­lo­gues européens et les can­di­dats poussés par la misère ne man­quent pas. Le gou­ver­ne­ment indien a même donné l’auto­ri­sa­tion de tester les médi­caments sur des patients avant même que leur inno­cuité soit dém­ontrée par des expéri­ences sur des ani­maux.

France

– 19/8/2008 - Les coûts de pro­duc­tion aug­men­tant dans tous les domai­nes, les entre­pri­ses ten­tent de blo­quer les salai­res et de rogner sur toutes les dép­enses acces­soi­res de la pro­duc­tion, notam­ment sur l’entre­tien et la sécurité. La grande presse s’est fait l’écho de res­tric­tions mon­dia­les quant à l’entre­tien des avions et à l’appro­vi­sion­ne­ment en car­bu­rant pour chaque vol. Moins spec­ta­cu­laire est l’aban­don des mesu­res de sécurité dans le BTP. Rien quez pour la Haute-Garonne, alors que le nombre annuel des tués est passé de 361 à 158 de 1996 à 2006, dans la même pér­iode, le nombre d’acci­dents ayant entraîné une inca­pa­cité de tra­vail est passé de 1760 à 9 500. Le BTP, à lui seul col­lec­tionne 30% du total des acci­dents mor­tels alors que ses effec­tifs ne for­ment que 8,4% de la popu­la­tion active.
- avril 2008 – Martignac (Haute-Garonne) vit au rythme des pol­lu­tions. L’usine cana­dienne de recy­clage Thermo Magnésium France pour la récu­pération du Tungstène fonc­tionne à effec­tif réduit suite à des pro­tes­ta­tions sur la sécurité ayant entraîné des licen­cie­ment et comme usine d’inciné­ration dév­ersant des pol­lu­tions diver­ses dans cette vallée pyréné­enne. Le patron a tou­jours trouvé jusqu’à présent toutes les astu­ces juri­di­ques pos­si­bles pour éch­apper aux sanc­tions et conti­nuer cette même acti­vité de nui­san­ces.

Chine

- juin 2008 – Gold Peak Industry est une mul­ti­na­tio­nale de Hong Kong qui exploite des usines de piles et de bat­te­ries dans ses usines de Shenzhen et de Guizhou. Là, 400 tra­vailleurs intoxi­qués gra­ve­ment pour avoir mani­pulé sans aucune sécurité des pro­duits toxi­ques dont le cad­mium. Depuis 2004, ils atta­quent la firme pour obte­nir une indem­ni­sa­tion des conséqu­ences de ces empoi­son­ne­ments. : pro­po­si­tion d’indem­ni­sa­tion contre une dém­ission, assis­tance finan­cière très insuf­fi­sante pour les intoxi­qués. En juin 2006 trois orga­ni­sa­tions de déf­ense sont pour­sui­vies pour dif­fa­ma­tion. Toutes les ana­ly­ses pour établir la matér­ialité des intoxi­ca­tions sont fal­si­fiées par le biais de cor­rup­tion.

CRISE ET LICENCIEMENTS

Il y a une muta­tion dans la cause des licen­cie­ments qui étaient encore il y a peu (voir les pré­cédents bul­le­tins) la conséqu­ence des délo­ca­li­sations et des restruc­tu­ra­tions autour de ces trans­ferts de pro­duc­tion vers la pays à bas coût de la force de tra­vail. Ce qui vient sur le devant de la scène, ce sont les licen­cie­ments pour faillite des entre­prise ou ralen­tis­se­ment d’acti­vité due à la crise. Tous les sec­teurs sont tou­chés depuis l’indus­trie jusqu’aux ser­vi­ces. La liste en est fort longue et mon­diale et ce n’est qu’un début. La lutte pour tenter de grap­piller des indem­nités est encore plus dif­fi­cile que lors des délo­ca­li­sations. On a tenté de clas­ser ce que l’on en sait par sec­teur, mais, habi­tuel­le­ment, les médias ne par­lent que des plus gros paquets de tra­vailleurs jetés dans le chômage pas de la foule des peti­tes boîtes (sous-trai­tants ou autres) qui subis­sent le crise de plein fouet.. Cette liste n’est pas exhaus­tive et omet les luttes dans tout le sud européen. A chacun de com­pléter ou de trans­met­tre des infor­ma­tions.

Compagnies aéri­ennes :-14/5/2008-SAS (Scandinavie) (25 000 tra­vailleurs) réduit sa flotte et sup­prime 500 emplois en sus de 2 000 sup­primés antéri­eu­rement
- 11/7/2008 – Northwest Airlines (210 000 tra­vailleurs) licen­cie 2 500 après une réd­uction de 10% de ses vols intérieurs aux Etats-Unis Automobile :
- 6/8/2008 Toyota (Japon), suite à la chute de la vente de cer­tains modèles licen­cie 800 tra­vailleurs
- 31/8/2008—General Motors veut céder son usine de Strasbourg (boîtes de vitesse)/ Des licen­cie­ments mena­ce­raient alors les 1 250 tra­vailleurs
- Début sep­tem­bre 2008—Renault envi­sage de sup­pri­mer 4 000 postes en France ( éventu­el­lement 1 000 sup­plém­ent­aires) par des départs volon­tai­res (ce qui impli­que aussi des licen­cie­ments chez les sous-trai­tants) Finance
- 25/6/2008 – 80 000 licen­cie­ments dans le monde dans les établ­is­sements finan­ciers (toutes acti­vités tou­chées, titri­sa­tion, conseils, experts en fusions, etc.…) y com­pris dans les places fortes de la finance Wall Street ou la City : 10% du per­son­nel, chez Goldman Sachs, 6 500 dans le City Group en plus de 9 000 licen­ciés fin mars
- 11/7/2008 – Novartis : 80 licen­cie­ments hors de France
- juin 2008 - Les Assurances Générales de France, contrôlé par le trust assu­rance-banque alle­mand Allianz veut licen­cier avec fer­me­ture des cen­tres de Reims, Nice, Grenoble et Montpellier avec trans­fert sur d’autres cen­tres. Des mou­ve­ments divers de pro­tes­ta­tion.

Automobile
- Etats- Unis – 28/5/2008 : American Axle (sous-trai­tant prin­ci­pa­le­ment de General Motors) après trois mois de grève, un nou­veau contrat signé par le syn­di­cat UAW est approuvé à une faible majo­rité enté­rine le licen­cie­ment de 2 000 tra­vailleurs sur 4 500 et une réd­uction dras­ti­que des salai­res de près de moitié. Cette réd­uction d’acti­vité aux USA s’accom­pa­gne d’une délo­ca­li­sation au Mexique où le salaire quo­ti­dien est envi­ron le salaire horaire des Etats-Unis
- France – 6/6/2008 – Bosch ( sous- trai­tant de l’auto­mo­bile)ferme son usine de Beauvais (Oise) licen­ciant 240 tra­vailleurs bien que ceux-ci aient accepté de tra­vailler plus en gagnant moins ( suo­pres­sion de 12 jours de RTT et gel des salai­res)

Chimie France – Saint-Gobain sup­prime 6 000 postes dans ses usines hors France en sus de 3 000 en 2007 fer­mant 14 usines aux Etats-Unis en 2007 et 5 en 2008 en Grande-Bretagne et en Espagne Electronique et cons­truc­tion élect­rique - Allemagne – 10/7/2008 – Siemens (400 000 tra­vailleurs dont 170 000 en Allemagne et 12 000 en France) sup­prime 16 750 emplois dont 6 400 en Allemagne sur­tout dans l’admi­nis­tra­tion et la ges­tion Construction aéri­enne
- 11/8/2008 – Brésil – Embraser sup­prime 250 emplois (cadres et ges­tion)( nous par­le­rons dans un pro­chain bul­le­tin de la grève qui vient de débuter chez Boeing) Industries ali­men­tai­res France – 23/7/2008 – L’indus­triel Doux (troi­sième pro­duc­teur mon­dial d’abat­tage et de condi­tion­ne­ment de volailles), rat­trapé par la mon­dia­li­sa­tion délo­ca­lise (notam­ment au Brésil, aux salai res de 200 euros men­suels), ferme et licen­cie : 650 emplois sup­primés prin­ci­pa­le­ment en Bretagne

Distribution Grande-Bretagne - 17/7/2008 – Wolsley, chaîne de dis­tri­bu­tion de matériel de chauf­fage et plom­be­rie licen­cie 6 000 tra­vailleurs sur 75 000 ayant déjà sup­primé 10 000 emplois en 24 mois.

Textile – Indonésie – 25/4/2008 – en novem­bre 2006, 6129 tra­vailleurs de PTS Spitee et 4 500 de PT Dong Joe, sous-trai­tants de Reebok et Adidas sont mis à la rue, sans indem­nités et der­niers sala­ries im payés suite à la baisse des ventes des don­neurs d’ordre et leur chan­tage à la baise des coûts auprès des sous-trai­tants. Pourtant par exem­ple Dong Joe avait exploité les tra­vailleurs jusqu’à 19 h par jour pour exé­cuter une com­mande de 400 000 chaus­su­res pour Adidas Divers France – 20/6/2008 – Le trust bri­tan­ni­que du tabac Imperial Tobacco, repre­neur de l’espa­gnol Altadis, acquéreur de la SEITA, licen­cie 2 000 emplois en Europe dont 1 100 en France, fer­mant les usines de Metz et Strasbourg Grande-Bretagne – 25/8/2008 – Dans les trois der­niers mois, plus de 60 000 tra­vailleurs ont été licen­ciés dans l’indus­trie et le nombre de chômeurs est passé de 1,67 mil­lions à 2 mil­lions. Les sec­teurs les plus tou­chés outre l’indus­trie sont le bâtiment et la finance

ACTIVITES SYNDICALES

Belgique -18/6/2008 – Pour tenter d’endi­guer les conflits locaux, les che­mins de fer belges SNCB ont conclu un accord avec les syn­di­cats CSC et FGTB pour limi­ter les grèves. Seules les ins­tan­ces natio­na­les de ces syn­di­cats pour­ront lancer un ordre de grève avec un préavis de 10 jours ce qui décl­enc­hera la désig­nation d’un méd­iateur social. Aucune action sau­vage ne pourra être étendue d’un dépôt à un autre ou d’une caté­gorie à une autre ; tout contre­ve­nant sera déclaré en « absence illé­gale » tout comme pour toute grève décl­enchée sans préavis. Allemagne – 27/7/2008 – Alors que le syn­di­cat Ver di se lance dans la grève avec Lufthansa, le pré­sident du syn­di­cat s’envole en vacan­ces, voyage payé par la com­pa­gnie aéri­enne.

France – le 20/10/2007 , dans une fête de vil­lage, un ouvrier de l’usine d’eau miné­rale Perrier, tré­sorier du comité d’entre­prise, casse la gueule d’un cadre (appa­rem­ment pour une his­toire de fille). Le syn­di­cat des cadres s’empare de l’affaire pure­ment privée et obtient de la direc­tion le licen­cie­ment du « cou­pa­ble ». Licenciement refusé par l’ins­pec­teur du tra­vail local mais auto­risé par le minis­tre de tutelle. Ce qui décl­enche le 28/7 2008 une grève d’une semaine, l’annu­la­tion de la décision ministéri­elle par le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif et la réint­égration du tré­sorier en atten­dant qu’une solu­tion diplo­ma­ti­que soit trouvée.
- Juillet-août 2008 Deux usines de pneu­ma­ti­ques dans la même ville Amiens, de la même mul­ti­na­tio­nale Goodyear ayant repris les usines Dunlop. Une restruc­tu­ra­tion concerne les deux usines avec une réor­ga­ni­sation totale des condi­tions de tra­vail, dont le pas­sage aux 4x8 qui bou­le­verse la vie des tra­vailleurs. Un vote commun aux deux usines rejette la pro­po­si­tion patro­nale à 64% malgré le chan­tage à un licen­cie­ment massif si le nouvel horaire n’est pas accepté. Dans l’une de ces usines – Amiens Sud – 1000 tra­vailleurs, malgré le vote de rejet, le syn­di­cat CGT signe l’accep­ta­tion du projet qui devient effec­tif dans cette usine. La Fédération Chimie natio­nale démet bureau­cra­ti­que­ment les délégués syn­di­caux CGT de l’usine. Dans l’autre usine Amiens Nord (1450 tra­vailleurs), 95% des tra­vailleurs postés sont en grève depuis le 4 juillet, mais un juge­ment du tri­bu­nal le 8 juillet ordonne la levée du blo­cage de l’usine sous menace en cas d’infrac­tion d’une pénalité de 2 000 euros par per­sonne et par infrac­tion cons­tatée. Les CRS veillent à l’appli­ca­tion du juge­ment. Les syn­di­cats CGT (majo­ri­taire), SUD, FO et CFDT refu­sent de signer mais la CFTC et la CGC signent. Finalement, dans cette der­nière usine, 402 tra­vailleurs seront licen­ciés dont 26 délégués CGT.
- 27/6/2008 – Défense juri­di­que et plans sociaux – Le pro­priét­aire suisse d’Aubade à St-Savin (Vienne) (lin­ge­rie fémi­nine) a fermé l’usine il y a plus d’un an en délo­ca­lisant en Tunisie (salaire 200 euros men­suels contre 1 000 en France pour 9 h quo­ti­diens, 48 heures heb­do­ma­dai­res) La cel­lule de reclas­se­ment est dis­soute le 27/6. Seulement 48% des 124 ouvrières ont trouvé des solu­tions diver­ses plus ou moins bâtardes. 29/7/2008 – Personne ne pense séri­eu­sement à dév­oiler le des­sous des cartes dans la dis­tri­bu­tion de pots-de-vin par l’UIMM aux syn­di­cats et/ou syn­di­ca­lis­tes ( voir bul­le­tin de mars 2008) Un des ex-diri­geants du syn­di­cat patro­nal de la mét­all­urgie a pour­tant craqué en avouant des dis­tri­bu­tion en espèces, tant à la CGT qu’à la CFDT, FO et la CFTC, sous des formes diver­ses renou­ve­lant la poli­ti­que suivie avant la der­nière guerre par le célèbre Comité des Forges, syn­di­cat patro­nal tout puis­sant de la sidér­urgie. Etats-Unis – 19/5/2008 –Les grèves des « jani­tors » (tra­vailleurs d’entre­tien, de gar­dien­nage et de ser­vi­ces de toutes sortes d’immeu­bles de bureaux d’hôtels, etc prin­ci­pa­le­ment lati­nos) avaient dans les années écoulées eut un grand reten­tis­se­ment car elles expri­maient une montée reven­di­ca­tive de prolét­aires par­ti­cu­liè­rement exploités et jusqu’alors com­plè­tement laissés de côté par le mou­ve­ment syn­di­cal amé­ricain. Suite à ces luttes un syn­di­cat des ser­vi­ces SEIU (Service Employees International Union) s’était cons­ti­tué et avait acquis assez d’impor­tance pour poser au sein de la confé­dé­ration AFL-CIO des ques­tions de pou­voir qui avaient initié une scis­sion dans cette confé­dé­ration (voir pré­cédents bul­le­tins). Ce même syn­di­cat grandi à tra­vers ces luttes, plus ou moins sau­va­ges à l’ori­gine, vient de signer avec des grands grou­pes de ser­vi­ces du sec­teur -Aramark (300 000 tra­vailleurs) et Sodexho Compass Group un contrat col­lec­tif renonçant à lancer des grèves, à faire des cri­ti­ques du mana­ge­ment, et à mettre des piquets infor­ma­tifs sur le lieu de tra­vail. Finalement, en vertu de ces accords, les tra­vailleurs ont moins de droits que lorsqu’il n’étaient pas embri­gadés dans un syn­di­cat. Cette évo­lution est par­ti­cu­liè­rement signi­fi­ca­tive de la situa­tion du mou­ve­ment syn­di­cal aux Etats-Unis. Chine – 25/7/2008 – La mul­ti­na­tio­nale de la dis­tri­bu­tion Wal-Mart est réputée pour faire la chasse aux syn­di­cats et à toute représ­en­tation syn­di­cale dans ses nom­breux établ­is­sements sur le ter­ri­toire amé­ricain. Il n’en est pas de même en Chine où, pour pou­voir y établir des hyper­mar­chés, le trust a dû com­po­ser avec le Parti Communiste et accep­ter la par­ti­ci­pa­tion du syn­di­cat offi­ciel, l’A C F T U ; Un accord col­lec­tif vient d’être signé avec ce syn­di­cat dans deux villes chi­noi­ses dont Shenyang et dans le Guangzhou qui fixe notam­ment les salai­res. Cette par­ti­ci­pa­tion syn­di­cale offre toute garan­tie puis­que la grève décl­enchée hors ce syn­di­cat est illé­gale et que toute autre for­ma­tion syn­di­cale est inter­dite et réprimée

ARGENTINE

- Juin 2008 – Le mou­ve­ment des exploi­tants agri­co­les (mêlant d’une façon très ambi­guë l’oli­gar­chie ter­rienne et les petits fer­miers) a réussi à faire annu­ler le projet de taxes à l’expor­ta­tion des pro­duits agri­co­les qui était présentée comme per­met­tant une redis­tri­bu­tion des reve­nus au profit de la santé et des infra­struc­tu­res rou­tières.
- 6/9/2008 – De nou­veau (une sem­bla­ble émeute en 2005) une rév­olte des usa­gers des trains dans la ban­lieue de Buenos-Aires s’exprime par sabo­tage, van­da­lisme et incen­die de wagons. Il est dif­fi­cile de situer l’ori­gine et le dével­op­pement de cette rév­olte causée par l’état du réseau fer­ro­viaire et les mul­ti­ples retards qu’il occa­sionne. Les mani­fes­tants ont dû être dis­persés par l’armée, la police locale s’étant avérée impuis­sante à endi­guer l’exten­sion de cette rév­olte le long de la ligne concernée.

EMEUTES

Les émeutes sont des mani­fes­ta­tions de la lutte de classe qui peu­vent avoir des causes diver­ses bien qu’elles puis­sent trou­ver une même cause com­mune dans l’aggra­va­tion des condi­tions de vie et/ou d’exploi­ta­tion du tra­vail. Suivant les cou­ches socia­les tou­chées, elles peu­vent pren­dre des traits différents mais glo­ba­le­ment elles sont l’atta­que de prolét­aires ou ex ou futurs prolét­aires qui n’ont pas d’autres moyens de se faire enten­dre que l’action vio­lente, s’atta­quent à ce qui est à leur portée. Dans nombre de cas, elles peu­vent être mani­pulées ou uti­lisées par des oppo­si­tions poli­ti­ques contre le pou­voir en place, caractère qu’elles sont iné­vi­tab­lement intrinsèq­uement par leur exis­tence même indép­end­amment de toute exploi­ta­tion poli­ti­que par des orga­ni­sa­tion poli­ti­ques et/ou syn­di­ca­les. Pour illus­trer les émeutes de la faim dues pour partie à l’envolée du prix des denrées ali­men­tai­res, voici la part du revenu fami­lial consa­cré seu­le­ment à la nour­ri­ture dans cer­tains ^pays :Etats-Unis – 10%, Brésil 30%, Chine 30%, Kenya 50%, Bangladesh 65%

France – 24/6/2008 – Une rév­olte des 250 immi­grés sans papiers en ins­tance d’expul­sion dans le centre de rét­ention de Vincennes réduit en cen­dres le centre qui doit être tota­le­ment évacué. Des inci­dents de moin­dre ampleur mar­quent le sur­peu­ple­ment d’un autre centre dans la ban­lieue de Paris au Mesnil-Amelot. 20/21 /6 2008 – Lors du ras­sem­ble­ment de 5 000 lycéens fêtant la fin du bac­ca­lauréat sur le Champ-de-Mars, au centre de Paris des grou­pes de 250 à 300 jeunes trou­blent la fête et se rép­andent ensuite dans une rue du 15e arron­dis­se­ment van­da­li­sant tous les com­mer­ces. Le maire de Paris, socia­liste fait chorus avec le pou­voir exi­geant « la plus grande fer­meté » contre ceux qui per­tur­bent l’ordre social. 14/6/2008 –Vitry-le-François (petite ville de la Marne) Suite au meur­tre d’un des leurs, des grou­pes de jeunes sac­ca­gent le centre ville et brûlent 60 voi­tu­res. Mongolie – 1/7/2008 – Suite à des élections contestées à cause de frau­des en fait expres­sion de ten­sions socia­les, des émeutes éclatent dans la capi­tale Oulan-Bator avec pillage et incen­die des bâtiments offi­ciels. La déc­la­ration de l’état d’urgence masque mal la vio­lence des affron­te­ments : 5 tués, 329 blessés dont 108 flics. Bangladesh – Les émeutes consé­cu­tives à des grèves sont sou­vent décl­enchées par l’inter­ven­tion de la police qui tente de dis­per­ser les tra­vailleurs qui, lut­tant pour les salai­res, sor­tent de l’usine et blo­quent les axes rou­tiers et fer­ro­viai­res. (voir pré­cédents bul­le­tins). Dans les zones éco­no­miques spéc­iales (EPZ), une inter­dic­tion des grèves expire le 31/10/2008 ; mais des pro­jets prévoient de la pro­lon­ger jusqu’au 31/10/2010. Ce règ­lement permet de licen­cier sans indem­nité tout tra­vailleur considéré comme res­pon­sa­ble des « trou­bles sociaux ». Interdictions et répr­essions ne réuss­issent pas à endi­guer la per­sis­tance de luttes pour les salai­res qui toutes se ter­mi­nent par l’inva­sion des usines, leur sac­cage et/ou leur incen­die Le 20/8, on recense depuis le début de l’année 200 usines ainsi atta­quées pour des ques­tions de salai­res

Tunisie – (voir bul­le­tin de juin 2008) – 22/6/2008 – Suite aux émeutes dans cette région minière (mines de phos­phate de Gafsa, taux de chômage 30%) et à leur répr­ession (un mort, 22 blessés), des ani­ma­teurs du mou­ve­ment de rés­ist­ance ont été arrêtés, d’autres mili­tants sont kid­nappés et tous ras­sem­ble­ment est inter­dit et dis­persé par la police et l’armée. Le gou­ver­ne­ment tout en main­te­nant la répr­ession annonce un « plan d’aide » le 19/7.

Pérou _ 18/6/2008 – Pour obte­nir une rép­ar­tition plus équi­table des taxes payées par la com­pa­gnie exploi­tant une mine de cuivre de la région andine, une mani­fes­ta­tion dans la ville de Moquegna se ter­mine par la prise en otage d’un général et de 65 poli­ciers qui sont enfermés dans la cathéd­rale. Tout un sym­bole 25/8/2008 - Grèves et bar­ra­ges rou­tiers des 14 000 mem­bres des com­mu­nautés indien­nes des Andes depuis le 20/8 ont fait annu­ler les décrets faci­li­tant les inves­tis­se­ments privés sur les ter­ri­toi­res com­mu­nau­tai­res qui était en fait une éviction de la pro­priété col­lec­tive.

Inde –31/8/2008—Les ten­sions socia­les déviées sur des insur­rec­tions reli­gieu­ses. Dans l’état d’Orissa ( côte est de l’Inde), l’assas­si­nat d’un digni­taire hindou , apôtre des conver­sions forcées décl­enche de vio­len­tes émeutes anti-chréti­ennes dans toute la pro­vince. ; Plus de 500 mil­lions d’habi­tants sub­sis­tent avec moins de 2 dol­lars (1,50 euro) par jour. Une grève le 20/8 d’une journée orga­nisée par les syn­di­cats, lar­ge­ment suivie contre les pri­va­ti­sa­tion et lpour des haus­ses de salai­res n’atténue guère la ten­sion sociale qui est déviées sur des pro­blèmes locaux eth­ni­ques ou reli­gieux.

Thaïlande—31/8/2008— A cause de la crise éco­no­mique et des haus­ses de prix situa­tion confuse et climat insur­rec­tion­nel dans la capi­tale Bangkok avec d’inces­san­tes mani­fes­ta­tions, des grèves (che­mins de fer, aéroports), des atta­ques et occu­pa­tions de bâtiments offi­ciels

IMMIGRATION –ESCLAVAGE

Bangladesh – Le rêve doré de l’exode en Malaisie tourne le plus sou­vent au cau­che­mar. Pour avoir un contrat de trois ans, les can­di­dats migrants doi­vent emprun­ter, sou­vent vendre leur peu de terre pour trou­ver des condi­tions pri­mi­ti­ves d’exploi­ta­tion qui leur laisse sou­vent tout juste de quoi payer les intérêts des emprunts. En octo­bre 2007, 800 tra­vailleurs de 4 usines tex­ti­les de Malaisie mani­fes­tent contre les mét­hodes de la police (jusqu’à la tor­ture) contre tout immi­gré qui tente par des actions diver­ses de chan­ger quel­que peu ses condi­tions d’exploi­ta­tion. La répr­ession uti­li­sant tous moyens de pres­sion pos­si­bles. les contraint à repren­dre le tra­vail. Les condi­tions sont tel­le­ment insou­te­na­bles qu’on assiste à un mou­ve­ment de retour vers le pays d’ori­gine. La cor­rup­tion qui accom­pa­gne ce com­merce d’escla­ves atteint les plus hauts som­mets poli­ti­ques : 4 337 immi­grants du Bangladesh ont ainsi « béné­ficié » de visas délivrés col­lec­ti­ve­ment par un minis­tre malais à des négriers moder­nes contre des pots-de-vin payés par les can­di­dats à l’immi­gra­tion. France – 13/8/2008 – Une entre­prise du bâtiment SBTP Méditerranée recrute par un négrier Euromark, des tra­vailleurs polo­nais qui « four­nit » à la demande. 15 polo­nais se retrou­vent ainsi sur les bords de la Méditerranée et après avoir tra­vaillé quel­que temps se retrou­vent sur le car­reau sous prét­exte qu’ils n’ont pas la qua­li­fi­ca­tion requise. Ils doi­vent repar­tir sans avoir perçu de salaire. 18/8/2008 – Laisser pour­rir la situa­tion est sans conteste la poli­ti­que du gou­ver­ne­ment face au conflit des « sans-papiers tra­vailleurs », les uns en grève sou­vent avec occu­pa­tion toute sym­bo­li­que sou­te­nus par la CGT, les autres occu­pant depuis le prin­temps une annexe de la Bourse du Travail à Paris. Sur les 1500 dos­siers présentés par la CGT, seuls entre 800 et 900 ont été « régu­larisés », une goutte d’eau dans l’océan de ces sans-papiers que le minis­tre des expul­sions chif­fre lui-même entre 200 000 et 400 000. Il est évident que la sta­gna­tion de la situa­tion dans ces deux cas syn­di­cal et péris­yn­dical ne peut qu’abou­tir au déc­ou­ra­gement et à la fin du mou­ve­ment, faute d’un spec­ta­cu­laire sur­saut qui ne serait pas sym­bo­li­que mais effi­cace sur le procès de pro­duc­tion dont les immi­grés cons­ti­tuent un impor­tant maillon.

Japon -24/6/2008 – Le Japon compte 2 mil­lions d’immi­grés (Coréens, Chinois, Brésiliens et Philippins) pour 128 mil­lions d’habi­tants. Le vieillis­se­ment de la popu­la­tion oblige non seu­le­ment de recou­rir plus lar­ge­ment à la main-d’œuvre fémi­nine, à pro­ro­ger l’âge de la mise à la retraite, à accé­lérer la robo­ti­sa­tion de la pro­duc­tion et à envi­sa­ger une émig­ration sél­ec­tive alors qu’en 2007, 25 000 immi­grants illégaux ont été expulsés

Afrique du Sud – 28/6/2008 – L’Afrique est au centre d’une émig­ration intéri­eure intense (7,5 mil­lions pour la seule Afrique de l’Ouest) alors que des mil­lions d’autres ten­tent de gagner l’Europe. L’Afrique du Sud, même avec un taux de chômage de 23% de la popu­la­tion active (40% des 15-24 ans) attire, par son niveau de dével­op­pement indus­triel tous ceux qui fuient le chaos et la misère des pays voi­sins, par­ti­cu­liè­rement du Zimbabwe. Cet afflux d’immi­grés exa­cerbe les ten­sions socia­les rés­ultant de la trans­for­ma­tion de l’apar­theid racial en apar­theid social. Les effets de la crise mon­diale ont trans­formé ces ten­sions en une situa­tion explo­sive dont ces immi­grés ont été les vic­ti­mes dans de véri­tables pogroms

Libye – 28/6/2008 – La poli­ti­que anti-immi­grée de l’Europe vise en partie à passer des accords avec les pays de tran­sit pour blo­quer les can­di­dats à l’immi­gra­tion hors du ter­ri­toire européen. La Libye de Kadafi joue sur les deux tableaux : rete­nant pour les exploi­ter comme dans tous les pays pét­roliers les immi­grés escla­ves (ils for­ment 20% de la popu­la­tion libyenne) et régulant leur entrée par des expul­sions mas­si­ves avec le sou­tien de l’Union Européenne. Pour main­te­nir la pres­sion glo­bale sur les escla­ves, des pogroms vien­nent de temps à autre rap­pe­ler, par-delà les répr­essions légales tous les dan­gers et l’insé­curité de l’immi­gra­tion (qui se sou­vient qu’en 2 000 des émeutes racis­tes avaient fait des cen­tai­nes de morts)

Algérie—4/9/2008—Une loi prévoit que toute sortie illé­gale du ter­ri­toire peut être punie de six mois de prison et ceux qui les aident de 10 ans. Le Maroc, la Tunisie et d’autres pays afri­cains ont adopté des mesu­res iden­ti­ques avec le chan­tage de la France et de l’Union Européenne qui les éch­angent contre des sub­si­des et des contrats com­mer­ciaux.

Liban - 3/0/2008—plus de 200 000 migran­tes sont exploitées dans les tra­vaux domes­ti­ques d’ori­gine en majo­rité sri-lan­kaise ou éth­iopi­enne. dont plus de la moitié sont des « illé­gales ». Leurs condi­tions d’exploi­ta­tion sont telles que dans les 18 mois écoulés 95 se sont sui­cidés ou sont mortes en essayant de s’enfuir.

MANIPULATIONS

France – 10/7/2008 – La Poste sur la voie de la pri­va­ti­sa­tion avec comme pre­mière étape sa trans­for­ma­tion en société ano­nyme. Avec pro­messe que l’Etat y conser­vera la majo­rité pour « protéger le ser­vice public ». Voir ce qui s’est passé avec de telles pro­mes­ses à France Telecom ou à Gaz de France. Les syn­di­cats par­lent d’une « riposte » avec une « mobi­li­sa­tion natio­nale ». La Poste ne compte plus que 50% de fonc­tion­nai­res et les autres 50% n’en ont cure d’être « pri­va­tisés » car ils le sont déjà étant des sala­riés sous statut privé.
- Les atta­ques systé­ma­tiques sur la santé- Plus les pré­lè­vements obli­ga­toi­res en fait de nou­veaux impôts (du style CSG ou CRDS) aug­men­tent plus les rem­bour­se­ments dimi­nuent. Le but évident est de faire couler de plus en plus l’argent obli­ga­toire et volon­taire payé par tout sala­rié pour être garanti contre le risque mala­die de la Sécurité Sociale vers les mutuel­les ou com­pa­gnies d’assu­ran­ces ; là où la mala­die n’est plus une ques­tion de soli­da­rité mais de ren­ta­bi­lité .d’un capi­tal investi et une source d’inves­tis­se­ments privés tout aussi ren­ta­bles. Pour ne pren­dre que le rem­bour­se­ment des dép­enses mala­die par tout sala­rié on peut voir que depuis dix années celui-ci s’est pro­gres­si­ve­ment ame­nuisé, non dans un seule atta­que glo­bale mais par peti­tes tou­ches dont le rés­ultat global frappe évid­emment plus dure­ment les plus démunis du prolé­tariat.

1986 Le « Plan Séguin » sup­prime le rem­bour­se­ment à 100% des dép­enses des Affections de Longue Durée pour tout ce qui n’est pas lié direc­te­ment à cette affec­tion (réc­emment il a même été ques­tion de sup­pri­mer ce rem­bour­se­ment à 100% mais devant une levée de bou­clier ce projet a été remisé dans les car­tons).

1986 – dér­embo­ur­sement de nom­breux médi­caments 2004 pré­lè­vement de 1 euro par acte médical et de 18 euros pour les soins hos­pi­ta­liers ; hausse du ticket modé­rateur si l’on ne passe pas par le médecin trai­tant

2008 – ins­ti­tu­tion d’une fran­chise médi­cale Le rés­ultat est qu’en 2008 ; 7% de la popu­la­tion n’à pas de quoi se faire rem­bour­ser les com­pléments de soins et que 14% renon­cent à se faire soi­gner. 30/8/2008 - Rien de nou­veau depuis les Misérables . Bonne cons­cience d’un pro­cu­reur : « Même si on peut com­pren­dre que cer­tai­nes per­son­nes soient dans il tel besoin qu’ils volent pour se nour­rir on ne peut pas l’accep­ter ».Moyennant quoi, le tri­bu­nal d’Evry (Essonne, ban­lieue sud est de Paris) a condamné un réci­div­iste de 41 ans à deux ans de prison ( système des peines plan­cher) pour vol d’un por­ta­ble après sa sortie de prison avec rien d’autre que 70 euros en poche.

Etats-Unis - 28 000 mili­tai­res ser­vant en Irak et en Afghanistan ont été réformés pour ce qui est appelé par euphém­isme « trou­bles de la per­son­na­lité », en réalité qui devraient être classés comme PTSD ( Post Traumatic Stress Disorder – trou­bles causés par un stress post trau­ma­ti­que) qui se mani­fes­tent sur le ter­rain par l’usage de dro­gues dont l’alcool, le refus de la dis­ci­pline, etc.… Donnant le « mau­vais exem­ple » ils sont réformés mais pas selon le pro­ces­sus habi­tuel qui leur ouvri­rait des droits. Jetés de l’armée pour « mau­vaise conduite » ils n’ont aucun droit, et de plus il leur devient par­ti­cu­liè­rement dif­fi­cile de trou­ver un tra­vail en raison du motif qui les marque indé­lé­bi­lement à jamais. Le nombre des dés­ertions est passé de 3 300 par an en 2006 à 4 483 en 2007 (contre 4597 en 2001)

Danemark—30/8/2008—La mort du réf­orm­isme. Le modèle danois tant vanté par les pour­fen­deurs français du système social est frappé en plein vol par les tour­ments de l’éco­nomie mon­diale. Des ban­ques font faillite tou­chées par la crise des crédits hypo­théc­aires vic­ti­mes de la baisse du niveau de vie. Pour contrain­dre les « béné­fici­aires » du système de pro­tec­tion antérieur à accep­ter n’impor­ter quel tra­vail, il est prévu une baisse des indem­nités de chômage et la réf­orme du système de pré­retr­aite.

COREE DU SUD

(suite de DLM juin 2008) Juillet 2008 – Manifestations et grèves conti­nuent. Le 5 juillet, une nou­velle mani­fes­ta­tion pour l’annu­la­tion de l’accord pour les impor­ta­tions de bœuf amé­ricain conti­nue avec une par­ti­ci­pa­tion mas­sive de toute la popu­la­tion, lycéens, étudiants, une forte prés­ence des femmes. Les reven­di­ca­tions se sont élargies de la dém­ission du pre­mier minis­tre à des pro­tes­ta­tions contre la pri­va­ti­sa­tion des ser­vi­ces publics (édu­cation, santé). Le mou­ve­ment touche toutes les cou­ches socia­les et est l’expres­sion d’un méc­ont­en­tement général et d’inquié­tudes quant à la situa­tion éco­no­mique et sociale. Il touche par­ti­cu­liè­rement les clas­ses moyen­nes et ne s’est pas étendu aux préc­aires La dém­ission du pre­mier minis­tre sera-t-elle un fusi­ble suf­fi­sant pour stop­per ce mou­ve­ment ? Parallèlement, mais dis­tinc­te­ment, 17 000 ouvriers du bâtiment ont mani­festé à Séoul pour les salai­res et la hausse du prix des car­bu­rants. De même les ports coréens ont été blo­qués pour des reven­di­ca­tions sem­bla­bles .

OÙ EN SONT LES 35 HEURES EN FRANCE ?

Dans toutes les dis­cus­sions sur les 35 heures, si elles exis­tent encore ou si elles ont dis­paru, on omet pra­ti­que­ment tou­jours ce qui en a été l’essen­tiel et qui n’est nul­le­ment contesté ni par le patro­nat, ni par le gou­ver­ne­ment, ni par les pro­mo­teurs socia­lis­tes : l’annua­li­sa­tion du temps de tra­vail et sa flexi­bi­lité totale. Le prin­ci­pal avan­tage pour le patro­nat a été l’exten­sion de la pra­ti­que du flux tendu à la force de tra­vail, en d’autres mots l’ins­tau­ra­tion du zéro stock de cette force de tra­vail, chaque tra­vailleur pou­vant ainsi être exploité de manière opti­mum quand il en est requis par les impé­rat­ifs de la pro­duc­tion com­mandés par le marché spé­ci­fique de l’entre­prise qui met en œuvre cette force de tra­vail. Les seuls points qui ont fait l’objet d’amé­na­gements divers sont le nombre des heures sup­plém­ent­aires auto­risées au-delà des 35 heures de moyenne dans l’année (qui res­tent la mesure de base du temps de tra­vail, les divers « avan­ta­ges » nou­veaux qui y sont atta­chés (majo­ra­tions, fis­ca­lité, etc..) et les modu­la­tions pos­si­bles concer­nant les RTT. Un autre aspect peut-être le plus dan­ge­reux pour les tra­vailleurs est la pos­si­bi­lité de déro­gations par des accords d’entre­prise, mais cela s’était déjà vu dans des cas isolés où le chan­tage à la fer­me­ture contrai­gnait les tra­vailleurs à accep­ter par exem­ple l’aban­don de RTT.

La lég­ende des tra­vailleurs français devant être incités à « tra­vailler plus pour gagner plus » ne tient pas devant les chif­fres : selon l’INSEE, en 2007, le temps moyen de tra­vail com­plet est de 41 h par semaine. Mais ce chif­fre doit être nuancé car, d’une part les ouvriers et employés font en moyenne 38 heures par semaine alors que dans l’agri­culture et chez les arti­sans, ce temps est lar­ge­ment dépassé. Sur une popu­la­tion active de 27,8% de la popu­la­tion, 19,8 % de cette même popu­la­tion active sont en CDI et 3,3% dans des contrats préc­aires (c’est-à-dire 12% des actifs) Une femme sur trois tra­vaille à temps par­tiel pour une moyenne de 23 heures par semaine. 41% des moins de 25 ans ne font que des « petits bou­lots ». Chez les chômeurs de plus de 50 ans, 60% sont au chômage depuis plus d’un an et 38% depuis plus de deux ans. Contrairement à ce que l’on essaie de pro­mou­voir ou de nous faire croire et malgré toutes les mani­pu­la­tions sur les condi­tions de départ à la retraite, 99% des retraités ne sou­hai­tent pas tra­vailler au-delà de 60 ans. La réf­orme de 2003, sup­posée inci­ter à une départ à la retraite différé n’a rien change quant à l’âge du départ qui a même baissé entre 2003 et 2006 ( 60,7 ans au lieu de 61,4 ans).

echanges.mouvement laposte.net

Pour le res­pect des obli­ga­tions légales Le res­pon­sa­ble de publi­ca­tion—H. Simon

Nouveautés sur le Web

Diffusion

 

  • Suivre la vie du site RSS 2.0
  • Informations

    mondialisme.org | publié sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0 fr | généré dynamiquement par SPIP & Blog'n Glop