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Sionisme et "territorialisme" : un article de Mother Earth (1906) sur l’"atavisme national"

mardi 29 avril 2008, par Yves

Atavisme national

Publié dans Mother Earth, en mars 1906 et signé « L’Internationaliste », cet article critique, d’un point de vue anarchiste, le « territorialisme », en particulier les libertaires juifs qui souhaitaient créer des « communes libres » dans un pays non précisé mais qui formerait un territoire pour la nation juive. Les responsables de l’édition des œuvres de la « période américaine » de Goldman considèrent que ce texte n’a pas été écrit par Emma, et ce même si elle animait la revue (Mother Earth) où il a paru et si elle en approuvait certainement le contenu. Quel qu’en soit le mystérieux auteur, cet article illustre, plus largement, ce que pensaient beaucoup d’intellectuels juifs, non sionistes, et même non révolutionnaires, avant la création d’Israël, et ce que pensent aujourd’hui de nombreux intellectuels israéliens (1) : les Juifs avaient tout intérêt à ne pas disposer du pouvoir politique, à ne pas créer un Etat exclusivement juif, s’ils ne voulaient pas y « perdre leur âme ». L’histoire d’Israël-Palestine depuis 1948 leur a donné raison, sans qu’apparaisse pour autant une solution alternative viable et crédible, au sein du monde capitaliste, pour ceux qui ne souhaitaient pas s’engager dans une entreprise coloniale ou la cautionner, mais en même temps voulaient rester (ou venir vivre) dans ce coin du Moyen-Orient pour y fuir les persécutions et l’antisémitisme.

(Ni patrie ni frontières)

Les milieux juifs de New York, Boston, Philadelphie et d’autres villes américaines sont agités par la visite d’un spectre que l’on appelle le nationalisme, alias le territorialisme. Comme tous les fantômes, celui-ci sème la zizanie et une grande confusion dans la population juive.
L’esprit de notre ancêtre, Abraham, est revenu à la vie. Comme Abraham, quand Jéhovah lui a ordonné de partir à la recherche de la Terre promise, les nationalistes juifs se persuadent et tentent de persuader les autres qu’ils attendent avec impatience le moment où, avec leurs femmes, leurs enfants et tous leurs biens, ils émigreront vers cet endroit sur la terre qui représentera l’Etat juif, où les caractéristiques juives auront une chance de se développer dans une paix idyllique.

Les sciences de la nature utilisent le terme d’atavisme pour qualifier la régression d’une espèce qui montre des vestiges d’une étape antérieure de l’évolution qui a déjà été franchie. On peut appliquer le même mot à la section progressiste de la population juive qui a écouté l’appel des nationalistes [juifs]. Ces ex-progressistes ont abandonné leur vision universaliste pour régresser vers une philosophie enfermée dans des frontières bien définies ; de l’admirable conception selon laquelle « La terre est ma patrie », ils sont passés à une conception fermée sur elle-même. Ils ont rétréci leur vaste vision et l’ont transformée en une vision étroite et superficielle.

Le sionisme de Max Nordau et de ses partisans n’a jamais été autre chose qu’un sport sentimental pour les membres aisés de la communauté juive. Les nationalistes modernes, cependant, tentent de convaincre les Juifs qui avaient jusqu’ici suivi le drapeau de l’internationalisme et de la révolution ; et ce à un moment où les révolutionnaires de toutes les nationalités et de toutes les races ont le plus besoin d’unité et de solidarité. Rien ne pourrait être plus injurieux pour la révolution russe, rien ne montre davantage un manque de confiance dans son succès que la présente agitation nationaliste.
La caractéristique la plus encourageante et la plus admirable des révolutions est qu’elles purifient l’atmosphère en chassant les miasmes épais et empoisonnés des préjugés et de la superstition.

Depuis des temps immémoriaux les révolutions ont été le seul espoir et le seul refuge de tous les opprimés contre les jougs nationaux et sociaux. Les Juifs nationalistes radicaux semblent avoir oublié que leur enthousiasme, leur foi et leur espoir dans le pouvoir d’un grand changement social vacillent maintenant devant la question : cela nous donnera-t-il notre propre territoire où nous pourrons nous entourer de murs et de tours de guet ? Oui, ceux-là mêmes qui vantaient autrefois, avec une flamme extraordinaire, la beauté de la solidarité entre tous les individus et tous les peuples, se laissent maintenant aller à prononcer des phrases creuses selon lesquelles, les Juifs seraient désarmés, n’auraient aucun endroit à eux sur terre, où ils puissent rendre justice à leur nature, et devraient d’abord conquérir leurs droits nationaux, comme toutes les nations, avant d’aller plus loin.
Ces lamentations contiennent plus d’éléments de fiction que de vérité, plus de sentimentalisme que de logique.
Les Polonais ont leur propre territoire ; cette réalité n’empêche pas la Russie de brutaliser la Pologne ou de fouetter et tuer ses enfants ; cela n’empêche pas le gouvernement prussien de maltraiter ses sujets polonais et de les obliger à faire disparaître leur langue. Et quelle est l’utilité, pour les petites nations des Balkans, d’avoir un territoire natal, quand l’influence de la Russie, de la Turquie et de l’Autriche les maintient dans une condition soumise et dépendante ?

Différents raids et expéditions menés contre eux par leurs puissants Etats voisins ont montré la faiblesse de la protection que leur a procuré l’indépendance territoriale contre la coercition brutale. L’existence indépendante des petits peuples a toujours servi aux Etats puissants de prétextes pour des agressions venimeuses, des pillages et des tentatives d’annexion. Il ne leur reste pas d’autre solution que de se courber devant les grandes puissances, ou de se préparer à des guerres cruelles qui pourront parfois alléger temporairement leur domination tyrannique, mais ne réussiront pas à renverser complètement un ennemi puissant. On cite souvent la Suisse comme l’exemple d’une nation unie, capable de rester en paix avec ses voisins et de conserver sa neutralité. Il est peut-être utile de préciser les circonstances qui ont rendu cela possible. Il est incontestable que la Suisse agit comme l’agent exécutif des puissances européennes : celles-ci la considèrent comme une agence de détectives étrangères qui surveille, harcèle et persécute les réfugiés persécutés et les opposants politiques.
Les espions italiens, russes et allemands voient la Suisse comme un terrain de chasse, et la police suisse est toujours heureuse de rendre service aux gouvernements des Etats limitrophes. Il est fréquent que la police suisse applique les ordres de l’Allemagne ou de l’Italie, qu’elle arrête des réfugiés politiques originaires de ces pays, les reconduise à la frontière et les remette entre les mains des gendarmes italiens ou allemands. Quelle indépendance nationale attrayante, n’est-ce pas !

D’ex-révolutionnaires et d’anciens combattants enthousiastes de la liberté, maintenant convertis au nationalisme, souhaitent-ils vraiment vivre dans de telles conditions ? Ceux qui refusent d’être séduits par les discours nationalistes et qui préfèrent suivre le chemin de l’internationalisme sont accusés d’être indifférents aux souffrances de la race juive et de manquer de sympathie envers elle. Il nous semble plutôt que les partisans de la création d’une nation juive manquent sérieusement de jugement.
L’aile radicale du nationalisme semble particulièrement empêtrée dans de belles phrases. Ils ont honte de l’étiquette « nationaliste » parce qu’elle exprime une telle régression, qu’elle rappelle tant de haines, de guerres barbares et de persécutions sauvages, qu’il est difficile, pour ceux qui se prétendent progressistes et modernes, de se réclamer d’une telle étiquette. Et qui ne souhaite pas apparaître progressiste et moderne ? C’est pourquoi ces gens-là rejettent le terme de nationalistes, et préfèrent celui de territorialistes, comme si les deux concepts n’étaient pas équivalents. Certes, les territorialistes n’auront rien à voir avec un Etat juif organisé ; ils veulent créer des communes libres. Cependant, s’il est inévitable que les petits Etats soient subordonnés aux grandes puissances et que celles-ci ne fassent que tolérer leur existence, il est encore plus évident que des communes libres, fonctionnant à l’intérieur de puissants Etats construits sur la spoliation des terres et la coercition, ont encore moins de chances de mener une existence libre. Les aigles que sont les principales puissances ne voudront pas avoir de tels œufs de coucou dans leurs nids. Une communauté [anarchiste], qui aurait aboli l’exploitation et l’esclavage en son sein, aurait le même effet sur ces puissances qu’un chiffon rouge devant le nez d’un taureau. Elle symboliserait un reproche éternel, une accusation permanente, qu’il leur faudrait éliminer aussi rapidement que possible.Ou alors la gloire nationale des Juifs commencera-t-elle après la révolution sociale ?

Si nous devons abandonner complètement l’espoir que l’humanité atteindra un jour un stade supérieur à partir duquel nous considérerons comme insignifiantes les différences concernant notre nationalité et nos ancêtres, alors très bien, devenons des patriotes et continuons à chérir nos caractéristiques nationales ; mais nous devrions au moins avoir la décence de ne pas nous draper dans le manteau de Faust, en effectuant cette volte-face subite. Nous devrions au moins déclarer ouvertement que la vie de tous les peuples ne sera jamais rien d’autre qu’un mélange monstrueux de patriotisme imbécile, d’orgueil national, d’agressivité permanente et de désir vorace de richesse et de suprématie.
Par ailleurs, ne doit-on pas se demander comment l’idée d’une unité nationale juive pourrait résister face au profond fossé social qui sépare les différences couches de la race (sic) juive ?

Ce n’est pas un hasard si le Bund, la plus grande organisation du prolétariat juif, ne veut rien avoir à faire avec l’agitation nationaliste. Les motifs sociaux et économiques pour une action ou une séparation concertée ont une influence beaucoup plus grande que les facteurs nationaux.
Le sentiment de solidarité des travailleurs est forcément plus solide que la glu nationaliste. Quant au reste des partisans du mouvement nationaliste [juif], ils sont recrutés dans les rangs de la classe moyenne juive.
Le banquier juif, par exemple, se sent beaucoup plus proche du banquier chrétien ou mahométan, que de son ouvrier juif ou de son locataire juif. De même l’ouvrier juif, conscient des effets révolutionnaires de la lutte quotidienne entre le travail et les puissances d’argent, considérera comme son frère son collègue ouvrier, et non un banquier juif.
Certes, l’ouvrier juif souffre pour deux raisons ; il est exploité, opprimé et volé car il appartient à l’humanité souffrante ; mais il est aussi méprisé, haï et piétiné parce qu’il est juif. Mais il ne lui servirait à rien de se tourner vers les Juifs prospères pour qu’ils deviennent ses amis ou ses sauveurs. Tout comme le patron et le riche chrétien, les bourgeois juifs ont intérêt au maintien du système qui sous-tend et défend l’esclavage salarié, la subordination sociale et la dépendance économique de la grande masse de l’humanité.
La population juive de l’East Side [de New York] n’a pas grand-chose en commun avec le propriétaire d’un hôtel particulier sur la Cinquième Avenue. Elle a beaucoup plus de choses en commun avec les ouvriers d’autres nationalités qui vivent dans le même pays – avec eux, elle partage les mêmes peines, les mêmes luttes, les mêmes indignations et les mêmes espoirs de liberté. Elle espère en une reconstruction totale de la société, pas en un changement de décor nationaliste. Elle ne peut améliorer sa condition qu’en s’unissant avec ses compagnons de souffrance, en s’appuyant sur la fraternité humaine, et non sur la séparation et les frontières entre les hommes. Dans sa lutte contre les humiliations, les traitements inhumains, les pressions économiques, elle ne peut compter que sur la solidarité de ses camarades non juifs, et elle ne peut compter sur l’aide des entrepreneurs ou des spéculateurs juifs. Comment pourrait-elle donc espérer construire avec eux une nation juive ?

La lutte qui amènera la liberté, la paix et le bien-être à l’humanité est une lutte de nature culturelle, sociale et économique, et non nationaliste. La première éclaire et élargit l’horizon, tandis que la seconde fige les capacités de raisonnement, paralyse et étouffe les émotions, et sème la zizanie et la haine au lieu de l’amour et de la tendresse dans le cœur des hommes. Tout ce qui est grand et beau dans ce monde a été créé par des penseurs et des artistes dont la vision dépasse de loin la sphère liliputienne du nationalisme. Seul ce qui abrite le pouls de la vie de l’humanité nous grandit et nous libère. C’est pourquoi toute tentative de créer un art national, une littérature patriotique, une philosophie de vie marquée par le sceau d’un gouvernement est vouée à être plate et insignifiante.

Ce serait positif et sain si toutes les œuvres vantant la gloire et les victoires des nations, le courage national et les chansons patriotiques pouvaient servir à allumer des feux de joie. Nous pourrions les remplacer par les poèmes de Shelley et de Whitman, les essais d’Emerson ou de Thoreau, le Livre des Abeilles, par Maeterlinck, la musique de Wagner, Beethoven et Tchaïkovski, l’art merveilleux de l’actrice Eleanore Duse.
J’éprouve une profonde sympathie pour tous les Juifs qui ont subi des massacres et des persécutions ; et je considère qu’il est juste et normal que les Juifs déploient tous leurs efforts pour mettre fin à de telles atrocités, comme celles que l’on a pu constater dans le monde civilisé au cours des dernières années. Mais il ne faut pas oublier que c’est le gouvernement russe, le parti réactionnaire russe, y compris l’Eglise russe, et non le peuple russe, qui sont responsables du massacre des Juifs.

Cependant, les socialistes et anarchistes juifs, qui ont rejoint les rangs des nationalistes [juifs] et qui ont oublié de souligner la distinction fondamentale entre le peuple russe et les forces réactionnaires de ce pays, qui a combattu et combat encore si courageusement pour leur liberté et pour la libération de tous ceux qui sont opprimés, méritent d’être sévèrement critiqués. Ils ont rejeté la responsabilité des massacres [des pogromes de 1905] sur le peuple russe (1) et ont même accusé les révolutionnaires, alors qu’il est indéniable que l’agitation contre les Juifs a été lancée et financée par la clique dominante, dans l’espoir que la haine et le mécontentement du peuple russe se détourneraient des dirigeants, des véritables criminels, pour frapper les Juifs. Ces socialistes et anarchistes affirment : « Nous n’avons aucun droit en Russie, on nous vole, on nous traque, on noue tue ; laissons les Russes s’occuper de leurs affaires, tournons-leur le dos. »

Mes frères juifs seraient-ils pas plus perspicaces s’ils analysaient la situation en ces termes : « Notre peuple est maltraité, insulté, frappé et tué par les mercenaires du despotisme russe. Renforçons nos liens avec les intellectuels, les paysans, les éléments rebelles du peuple pour renverser l’abominable tyrannie [du tsar] ; et quand nous aurons accompli cela, coopérons tous ensemble pour construire une structure sociale dans laquelle l’humanité, et non la nation, ou la race, pourra vivre et se développer dans la beauté. »
Celui qui a un esprit étroit et fanatique ne réussira jamais à vaincre ses préjugés. Si, face à une explosion brutale de sentiment national, l’on brandit la revendication d’une autre forme de nationalisme, on ne fait que poser les bases d’une nouvelle persécution qui se produira forcément un jour ou l’autre. Si les idées rétrogrades des nationalistes juifs se matérialisaient, le monde verrait, au bout de quelques années, comment certains Juifs en persécutent d’autres.

Les Juifs ne sont vraiment un « peuple élu » que sur un seul point. Ils n’ont été « élus » ni par la grâce de Dieu, ni par leurs particularités nationales, particularités qui n’expriment que leur étroitesse nationale, comme celle de tous les peuples. Ils ont été « élus » par une nécessité qui les a délivrés de nombreux préjugés, qui a empêché le développement de beaucoup des stupidités contre lesquelles d’autres nations ont dû déployer de grands efforts avant d’en triompher. Les persécutions répétées qu’ils ont subies ont beaucoup éprouvé les Juifs ; ces malheurs leur ont permis d’acquérir une plus grande endurance, une plus vaste compréhension de la souffrance humaine et d’éprouver davantage de sympathie pour les luttes et les espoirs de l’âme humaine.
Chassés d’un pays à l’autre, ils se sont vengés en produisant de grands penseurs, des théoriciens habiles, des dirigeants héroïques du combat pour le progrès. Tous les gouvernements regrettent que les Juifs aient fourni les combattants les plus courageux aux armées de toutes les guerres de libération de l’humanité.

Grâce au fait qu’ils n’avaient pas de pays à eux, les Juifs ont développé, cristallisé et idéalisé leur capacité de raisonnement cosmopolite. Certes, ils ne disposent pas de leur propre empire, mais beaucoup d’entre eux apportent leur contribution à ce grand moment où la terre deviendra la maison de tous, quels que soient nos ancêtres ou notre race. C’est certainement un idéal plus grand, plus noble et plus authentique qu’une misérable nationalité.
C’est cet idéal qui attire chaque jour de nouveaux Juifs et de nouveaux Gentils ; et toutes les tentatives d’interrompre cette évolution, tel le présent mouvement nationaliste [juif], seront balayées par la tempête qui précède la naissance d’une nouvelle ère – celle où l’humanité connaîtra la fraternité universelle.

« L’Internationaliste », Mother Earth, mars 1906

(1) Dans la lettre de Berkman à Goldman (p. 131 de ce livre) s’exprime un point de vue beaucoup plus pessimiste : « la haine des Juifs est un instinct profondément ancré chez les Russes » , écrit-il (NPNF).

Notes

1. On lira à ce sujet l’ouvrage de Yoram Hazony, L’Etat juif, sionisme, postsionisme et destins d’Israël (Editions de l’Eclat, 2007). Même si l’auteur est un réactionnaire patenté, sa dénonciation argumentée et bien documentée de ce qu’il n’ose appeler ouvertement une « cinquième colonne » de traîtres chez les intellectuels israéliens montre, pour qui lit son ouvrage avec un œil critique, à quel point le « sionisme » est miné par de formidables et mortelles contradictions. Il montre aussi (même si ce n’est pas du tout son but, puisqu’il s’agit d’un proche de Netanhyahou et des néoconservateurs américains Kristol et Podhoretz) le potentiel qu’il y a pour une lutte commune entre Israéliens et Palestiniens, tant l’idéologie nationaliste israélienne est fragile, contrairement à ce que croient beaucoup d’antisionistes qui voient tous les « Juifs », les « sionistes » ou les « Israéliens » comme un bloc monolitique de colons racistes et fanatisés. Mais cela supposerait évidemment aussi que les Palestiniens se livrent, de leur côté, à une critique parallèle de leurs propres nationalismes (laïques ou religieux), et envisagent une perspective de révolution sociale commune. On en est très loin… (Ni patrie ni frontières).

Ce texte est extrait de la compilation n° 1 de Ni patrie ni frontières : "Question juive" et antisémitisme ; sionisme et antisionisme qui paraît en mai 2008