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Économie de la misère

publié par admin, le mercredi 21 janvier 2004

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Économie de la misère Misère de l’éco­nomie, droit au tra­vail, pré­carité, loi du marché, pro­duc­tion immatéri­elle, revenu garanti, alié­nation, fou­riér­isme, paresse, plai­sir, révo­lution. Claude Guillon, La Digitale, 1999

Écrit avec verve et humour, le livre de Claude Guillon pro­pose, sans amba­ges, une véri­table réflexion cri­ti­que sur les idées reçues de l’extrême-gauche, sur ses contra­dic­tions et la fai­blesse de ses éla­bo­rations nou­vel­les en matière d’éco­nomie. Ses pré­oc­cu­pations rejoi­gnent celles du Cercle social : com­ment penser une société libérée du tra­vail, un monde où le droit au bon­heur succède à l’alié­nation et à l’escla­vage sala­rié. Il dresse l’his­toire de la cri­ti­que du tra­vail (Stirner, Lafargue, Faure, Kropoktine, Breton, Tzara, Clastres, Sahlins,...) en parallèle avec le tra­vaillisme for­cené de cer­tains théo­riciens « révo­luti­onn­aires » (Proudhon, Bakounine, Pouget,...), sans oublier de mon­trer toute l’ambi­guïté de la notion de tra­vail volon­taire et de plai­sir dans le tra­vail, développée par cer­tains cri­ti­ques.

Claude Guillon s’intér­esse sur­tout à la notion de revenu garanti, lar­ge­ment développée au sein de l’extrême-gauche franç­aise. Il en trace éga­lement l’his­toire. Il va ainsi de l’abon­dan­cisme de Duboin dans les années 30, cou­rant passé par la Collaboration et aujourd’hui main­tenu par le jour­nal La Grande relève, jusqu’aux réflexions actuel­les menées par No Pasaran !, la revue Alice ou Toni Negri. Le phi­lo­so­phe ita­lien n’est guère ménagé, et les cri­ti­ques sont très pro­ches de celles for­mulées par le Cercle social (07/02/00).

L’idée de revenu garanti est fondée sur un droit natu­rel de l’être humain à béné­ficier de moyens pour vivre, qu’il tra­vaille ou non. Sur le prin­cipe, cette pro­po­si­tion ne manque pas d’intérêt, même si elle ne rompt pas tota­le­ment avec l’éco­nomie monét­aire. Mais elle repose sur la base d’un état-pro­vi­dence chargé de dis­tri­buer cette manne. Dans la pra­ti­que, elle se trouve asso­ciée à une cri­ti­que qui ne porte pas sur l’exis­tence même de l’état, mais seu­le­ment sur sa ten­dance au tota­li­ta­risme sous la forme du contrôle social.

Autrement dit, la reven­di­ca­tion de revenu garanti rés­ulte d’une ana­lyse insuf­fi­sante de la nature de l’État, et déb­ouche effec­ti­ve­ment sur une volonté de contour­ner la Révolution, sans poser clai­re­ment le pro­blème du pou­voir. Malgré sa radi­ca­lité appa­rente, elle devient ainsi un élément de la pro­pa­gande néo-réf­orm­iste.

Nicolas (01/06/00) Proclamons-le donc contre la « paix sociale » et la « guerre huma­ni­taire » : impos­si­ble de faire l’éco­nomie d’une révo­lution pour en finir avec un monde où l’hor­reur, la misère et l’ennui sont mon­naie cou­rante. Claude Guillon

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