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Cambodge : Syndicats pro-patronaux à Pnom-Penh

lundi 29 octobre 2007

Sept personnes ont été blessées en mai, au cours d’un affrontement entre des grévistes et des agents de sécurité d’une usine de confection textile de Pnom-Penh, la capitale cambodgienne. Les manifestants protestaient contre les heures supplémentaires imposées par la direction. Un mouvement social démarré le 23 avril dans l’usine de confection textile L.A. de l’arrondissement phnompenhois de Russey Kéo a dégénéré jeudi en affrontement avec les agents de sécurité. Bilan : sept blessés, parmi lesquels deux gardiens de l’usine.

Les ouvriers réclamaient le départ d’un responsable de l’administration car il les forçait, selon eux, à faire des heures supplémentaires. L’indifférence du patron auprès duquel ils s’en étaient plaints les a conduit à changer de tactique pour se faire entendre.
« On a voulu tous sortir de l’usine pour protester mais on nous en a empêchés. Un gardien a attrapé une ouvrière qu’il a ensuite frappée avec ses menottes jusqu’à ce qu’elle pisse le sang ! Quand on a vu ça, on s’est énervé et une bagarre avec les gardiens a commencé », rapporte Hem Chanthol, l’un des manifestants.

Selon lui, le responsable de l’administration qu’ils veulent voir partir « milite pour un syndicat qui défend les seuls intérêts des patrons. » « Depuis son arrivée, l’ambiance s’est dégradée. Il a recruté beaucoup de gardes de sécurité. Il nous oblige à faire des heures supplémentaires et ne nous laisse pas prendre notre pause déjeuner avant 15 heures. Et quelques jours avant la grève, un de nos représentants a été menacé par des gens armés alors qu’il rentrait chez lui », dénonce-t-il.

Une réconciliation a été organisée par le département de résolution des conflits du ministère des Affaires sociales. Khiev Savuth, le directeur adjoint, annonçait samedi le règlement du problème après que la direction eut accepté de licencier l’administrateur. Les ouvriers ont repris le travail ce lundi.

Chea Mony, président du puissant Syndicat indépendant des ouvriers du royaume du Cambodge (Siorc), reconnaît que cette usine est régulièrement secouée par des grèves mais a défendu le respect en général du Code du travail par la direction. Il a cependant mis en cause les agissements de certains syndicats pro-patrons.
« Au départ, un conflit explose entre deux personnes puis il s’étend à l’ensemble du personnel. Malgré tout, les ouvriers doivent résoudre ces différends en saisissant le Conseil d’arbitrage ou la justice mais pas par la violence », a-t-il insisté.

Cambodge Soir, 7 mai 2007

Voir aussi Lutte de classe et concurrence dans l’industrie textile.

Tiré de : http://communisme.wordpress.com/200...